À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en première sur « L'Europe face aux révolutions (1789–1848) » suit le programme officiel d'histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : 1789, l'année des ruptures : la nation devient souveraine, Construire la nation : de la monarchie constitutionnelle à la République (1789-1799), Napoléon Bonaparte : stabiliser, gouverner seul, bouleverser l'Europe (1799-1815), 1815 : l'Europe du congrès de Vienne. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — La Révolution française et l'Empire : une nouvelle conception de la nation (1789-1815)
Analyse des termes — La nation désigne ici le corps des citoyens qui détient la souveraineté, par opposition au royaume de l'Ancien Régime, où le roi est souverain et les sujets divisés en ordres. Les bornes vont des États généraux (mai 1789) à Waterloo (juin 1815), en France mais aussi dans l'Europe conquise.
Problématique — Comment la Révolution et l'Empire font-ils naître une nation de citoyens souverains et égaux, et comment cette idée, exportée en Europe, se retourne-t-elle contre la France ?
Introduction rédigée« Qu'est-ce que le Tiers état ? Tout. » En janvier 1789, l'abbé Sieyès affirme que la nation n'est pas le roi ni ses ordres privilégiés, mais le corps des citoyens qui vivent sous une loi commune. Jusqu'alors, dans la France d'Ancien Régime, le roi était souverain de droit divin et ses sujets étaient divisés en trois ordres inégaux. Entre la réunion des États généraux en mai 1789 et la défaite de Waterloo en juin 1815, la France connaît une monarchie constitutionnelle, une République puis un Empire, et ses armées bouleversent l'Europe. Une nouvelle conception de la nation s'impose alors : une communauté de citoyens égaux, souveraine, qui fait la loi et qui se défend elle-même. Comment la Révolution et l'Empire font-ils naître une nation de citoyens souverains et égaux, et comment cette idée, exportée en Europe, se retourne-t-elle contre la France ? Nous verrons d'abord comment, en 1789, la nation devient souveraine ; puis comment, de 1792 à 1799, elle se fait République et nation en armes, entre universalisme et exclusions ; enfin comment Napoléon la stabilise et l'exporte, au point de susciter en Europe des nations dressées contre la France.
I. 1789-1791 : la nation devient souveraine
- Les députés du tiers s'emparent de la souveraineté au nom de la nation.Sieyès, Qu'est-ce que le Tiers état ? (janvier 1789) ; proclamation de l'Assemblée nationale le 17 juin 1789 ; serment du Jeu de paume le 20 juin.
- La nation est un corps de citoyens égaux en droits, sans ordres ni privilèges.Nuit du 4 août 1789 ; DDHC du 26 août 1789, articles 1 et 3.
- La nation s'unifie et se célèbre, mais sa citoyenneté politique reste limitée.83 départements (1790) ; fête de la Fédération le 14 juillet 1790 ; Constitution de 1791 et citoyens actifs (environ 4 millions).
II. 1792-1799 : la nation en armes et en République, entre universalisme et exclusions
- La guerre fait naître la nation en armes et le patriotisme.Guerre déclarée le 20 avril 1792 ; « la patrie en danger » (11 juillet) ; Valmy (20 septembre 1792) ; levée en masse (23 août 1793).
- La nation devient République et étend l'égalité.Abolition de la royauté (21 septembre 1792) ; Convention élue au suffrage universel masculin ; abolition de l'esclavage (4 février 1794).
- Mais la nation exclut et se déchire.Femmes exclues (clubs féminins interdits le 30 octobre 1793, Olympe de Gouges guillotinée) ; Vendée (1793) ; Terreur (1793-1794).
III. 1799-1815 : Napoléon stabilise la nation, l'exporte et suscite des nations contre la France
- Napoléon consolide la nation des égaux et un État centralisé.Préfets (1800), Concordat (1801), Légion d'honneur (1802), Code civil (21 mars 1804).
- Il la prive de ses libertés et rétablit des inégalités.Plébiscites, censure, sacre (2 décembre 1804) ; rétablissement de l'esclavage (20 mai 1802) ; art. 213 du Code civil.
- Exportée par la conquête, l'idée nationale se retourne contre la France.Code civil dans le Grand Empire (130 départements en 1811) ; soulèvement de Madrid (2 mai 1808) ; Fichte (1807-1808) ; Leipzig (octobre 1813).
Conclusion rédigéeDe 1789 à 1815, la nation cesse d'être le royaume d'un roi pour devenir le corps souverain des citoyens égaux. La Révolution en pose les principes, la guerre en fait une nation en armes, et Napoléon en consolide les cadres juridiques et administratifs, tout en confisquant ses libertés politiques et en maintenant de nombreuses exclusions, celles des femmes et des esclaves. Exportée par les armées françaises, l'idée nationale est reprise par les peuples conquis, qui l'utilisent contre la France au nom d'une nation fondée sur la langue et l'histoire. En 1815, les vainqueurs réunis à Vienne tentent d'effacer ces idées nouvelles en restaurant les dynasties légitimes : la question est désormais de savoir si l'Europe pourra longtemps ignorer les aspirations libérales et nationales nées de la Révolution.
Le piège — Raconter la Révolution de 1789 à 1815 sans jamais revenir à la notion de nation : le sujet n'est pas « la Révolution française », c'est la nation, et chaque paragraphe doit dire ce que l'événement change à sa définition.
Sujet 2 — L'Europe entre restauration et révolution (1814-1848)
Analyse des termes — La restauration désigne le retour des dynasties légitimes et de l'ordre ancien voulu par le congrès de Vienne ; la révolution, les soulèvements libéraux et nationaux qui le contestent. Les bornes vont de l'abdication de Napoléon (avril 1814) et de l'ouverture du congrès de Vienne à l'échec du printemps des peuples, prolongé jusqu'en 1849, à l'échelle de l'Europe.
Problématique — Comment l'ordre conservateur imposé à l'Europe en 1815 résiste-t-il, puis cède-t-il, face aux aspirations libérales et nationales jusqu'aux révolutions de 1848 ?
Introduction rédigée« L'Italie est une expression géographique » : par cette formule de 1847, le chancelier autrichien Metternich résume l'ordre européen qu'il a construit en 1815, où les peuples n'ont pas voix au chapitre. Après la chute de Napoléon, les vainqueurs réunis au congrès de Vienne veulent en effet restaurer les dynasties légitimes et l'autorité des rois, contre les idées libérales et nationales diffusées par la Révolution française. De 1814 à 1848, l'Europe oscille entre cette restauration, retour à l'ordre ancien défendu par les monarchies, et la révolution, portée par les libéraux qui réclament des constitutions et par les peuples qui réclament un État. Comment l'ordre conservateur imposé à l'Europe en 1815 résiste-t-il, puis cède-t-il, face aux aspirations libérales et nationales jusqu'aux révolutions de 1848 ? Nous étudierons d'abord l'Europe restaurée de 1814-1820, puis les brèches ouvertes entre 1820 et 1831, enfin le printemps des peuples de 1848, triomphe éphémère et échec de la révolution.
I. 1814-1820 : l'Europe restaurée
- Le congrès de Vienne redessine l'Europe selon la légitimité et l'équilibre, sans tenir compte des nations.Congrès de septembre 1814 au 9 juin 1815 ; Confédération germanique de 39 États ; Pologne partagée ; Lombardie-Vénétie autrichienne.
- Les monarchies s'unissent pour surveiller les peuples.Sainte-Alliance (26 septembre 1815) ; Quadruple-Alliance (20 novembre 1815) ; décrets de Karlsbad (1819).
- Mais la Restauration ne peut effacer la Révolution.Charte du 4 juin 1814 : égalité devant la loi, Code civil maintenu, biens nationaux garantis.
II. 1820-1831 : libéraux et nationaux ouvrent des brèches
- Les révolutions libérales de 1820-1821 sont écrasées par le système des congrès.Riego en Espagne (1er janvier 1820) ; intervention autrichienne à Naples (1821) ; Trocadéro (31 août 1823) ; décembristes (décembre 1825).
- La Grèce obtient son indépendance grâce à l'opinion romantique et aux puissances.Insurrection de 1821 ; Byron mort à Missolonghi (1824) ; Navarin (20 octobre 1827) ; protocole de Londres (3 février 1830).
- 1830 fait tomber les Bourbons et naître la Belgique, mais la Pologne est écrasée.Trois Glorieuses (27-29 juillet 1830) ; indépendance belge (4 octobre 1830) ; Varsovie reprise par les Russes (septembre 1831).
III. 1848 : le printemps des peuples, triomphe et échec de la révolution
- Parti de Paris, l'embrasement renverse l'Europe de Metternich.Révolution de février (22-24 février) ; Metternich démissionne le 13 mars ; Berlin (18 mars) ; Cinq Journées de Milan (18-22 mars).
- Les révolutionnaires se divisent sur la question sociale et sur les nations.Journées de Juin à Paris (23-26 juin 1848) ; Congrès slave de Prague (juin 1848) ; conflit entre Hongrois et Croates.
- Les souverains reprennent la main, mais des acquis demeurent.Novare (mars 1849) ; refus de la couronne par Frédéric-Guillaume IV (avril 1849) ; Hongrie (13 août 1849) ; mais suffrage universel masculin et abolition de l'esclavage en France, fin des corvées en Autriche.
Conclusion rédigéeEntre 1814 et 1848, l'ordre de Vienne résiste aux premières révolutions grâce à la solidarité des monarchies, mais il se fissure en 1830 avec la chute des Bourbons et la naissance de la Belgique, avant de s'effondrer au printemps 1848. Pourtant, les révolutionnaires, divisés entre libéraux et démocrates, entre bourgeois et ouvriers, entre nations rivales, ne parviennent pas à fonder durablement de nouveaux États, et les souverains reprennent le contrôle en 1849. L'échec n'est cependant pas total : le suffrage universel masculin, l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises et la fin des corvées en Autriche demeurent, et la question nationale ne quitte plus la scène européenne. C'est désormais par la guerre et la diplomatie, avec Cavour et Bismarck, que les unités italienne et allemande se réaliseront entre 1859 et 1871.
Le piège — Faire un plan en deux blocs « restauration » puis « révolution » : les deux forces s'affrontent en permanence, et le plan doit suivre leurs rapports de force dans le temps (ordre, brèches, embrasement).