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Œuvre intégrale en roman ou récit et parcours associé

Objet d'étude : Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle — la méthode pour lire une œuvre complète, l'articuler à son parcours et la défendre aux épreuves

À propos de cette page
Ce lexique sur « Œuvre intégrale en roman ou récit et parcours associé » en première donne les définitions précises dont on a besoin au bac : chaque terme avec ses synonymes, ses antonymes et les distinctions à ne pas manquer. Au programme : Le contrat de l'année : quatre œuvres, quatre parcours, Lire une construction, pas seulement une histoire, Le système des personnages : qui veut quoi, contre qui, Les points de bascule : là où le récit change de régime. Le sens de chaque mot est repris selon l'époque et selon le point de vue, parce qu'une définition bien posée ouvre une partie de devoir. Les repères d'analyse sont expliqués avec l'usage qu'on en fait dans une copie. Lexique gratuit rédigé par un professeur particulier à Marseille pour les élèves de première.

Œuvre intégrale

Œuvre lue et étudiée en entier, choisie par le professeur dans le programme national d'œuvres, et dont plusieurs extraits expliqués en classe figurent au descriptif de l'oral.

Synonymes

  • Œuvre au programme — désigne le même livre du point de vue institutionnel : l'expression insiste sur le choix officiel, non sur la lecture complète
  • Lecture intégrale — désigne l'acte de lire tout le livre ; l'œuvre intégrale désigne l'objet d'étude lui-même, extraits expliqués compris

Antonymes

  • Extrait — un extrait s'explique sans que le reste du livre soit connu ; l'œuvre intégrale se juge sur sa construction d'ensemble
  • Morceaux choisis — anthologie d'extraits sans continuité : elle interdit précisément ce que l'œuvre intégrale permet, l'étude d'une architecture

À ne pas confondre

  • Lecture cursive — la lecture cursive est lue en entier aussi, mais elle n'est pas expliquée en classe et ne fournit pas de texte au descriptif
  • Groupement de textes — le groupement rassemble des textes d'auteurs différents autour du parcours ; l'œuvre intégrale est un seul livre

Selon l'époque et le point de vue — L'étude d'œuvres complètes s'impose au lycée à partir des années 1980-1990 contre la tradition des « morceaux choisis » du XIXe siècle ; depuis 2019, un programme national fixe les œuvres de première et les renouvelle régulièrement — celles du roman changent en 2026-2027.

Ce que le mot permet d'écrire — Dans une copie ou à l'oral, nomme le genre exact (« roman en vers du XIIe siècle », « roman naturaliste », « récit de vie ») avant d'analyser : c'est ce qui prouve qu'on a lu le livre et non une fiche. Faute à éviter : parler de « chapitres » pour un roman en vers médiéval.

Parcours associé

Thème imposé par le programme qui accompagne chaque œuvre intégrale ; il s'étudie par des textes complémentaires et sert de fil pour interpréter l'œuvre.

Synonymes

  • Parcours de lecture — formulation courante en classe ; le terme officiel « parcours associé » rappelle qu'il est lié à une œuvre précise et non libre
  • Axe thématique — un axe est une entrée d'analyse que l'on choisit ; le parcours, lui, est imposé et évaluable à l'écrit

Antonymes

  • Hors-sujet — traiter l'œuvre sans jamais nommer le parcours produit exactement cela dans une dissertation sur œuvre
  • Thème libre — le parcours n'est pas négociable : sa formulation officielle doit être reprise mot à mot dans l'introduction

À ne pas confondre

  • Objet d'étude — l'objet d'étude est un domaine vaste (le roman du Moyen Âge au XXIe siècle) ; le parcours est un angle précis à l'intérieur d'une œuvre
  • Problématique — le parcours est un thème ; la problématique est la question discutable qu'on en tire

Selon l'époque et le point de vue — Le dispositif « une œuvre + un parcours » naît du programme de 2019 : il remplace les anciennes « séquences » libres et vise à empêcher que l'œuvre ne soit étudiée seule, hors de toute mise en perspective.

Ce que le mot permet d'écrire — Écris toujours la phrase de liaison : un mécanisme de l'œuvre + un chapitre + une citation, rattachés au mot du parcours. « Dévoiler les rouages » se prouve par la dot des Josserand, pas par une généralité sur le XIXe siècle.

Lecture cursive

Œuvre lue en entier de manière personnelle et suivie, conseillée ou imposée par le professeur pour élargir le parcours, mais non expliquée en classe.

Synonymes

  • Lecture personnelle — insiste sur l'initiative de l'élève ; la lecture cursive reste inscrite dans le parcours et peut être demandée à l'entretien
  • Lecture d'accompagnement — formulation qui dit bien sa fonction, mais qui masque qu'elle est une lecture intégrale, pas un survol

Antonymes

  • Lecture analytique — la lecture analytique décortique un extrait en classe et produit un texte du descriptif ; la cursive n'en fournit aucun
  • Lecture en diagonale — la cursive est suivie et complète : la survoler prive l'entretien de son meilleur appui

À ne pas confondre

  • Œuvre intégrale — les deux se lisent en entier, mais seule l'œuvre intégrale donne des extraits expliqués et peut tomber en dissertation
  • Lecture d'été — une liste de vacances n'a pas de fonction dans le parcours ; la cursive éclaire un thème précis

Selon l'époque et le point de vue — La distinction cursive / analytique est fixée par les programmes de lycée depuis les années 2000 ; elle vise à préserver le plaisir d'une lecture suivie à côté du travail d'explication, réputé décourageant s'il est seul.

Ce que le mot permet d'écrire — À l'entretien, une lecture cursive bien maîtrisée vaut mieux qu'une œuvre intégrale mal lue : tu peux la choisir comme œuvre de présentation. Mais annonce clairement son statut, sans laisser croire qu'elle a été étudiée en classe.

Descriptif des lectures et activités

Document récapitulatif préparé par le professeur : il liste les œuvres intégrales, les parcours, les textes expliqués et les lectures cursives de l'année, et fixe le périmètre de l'oral.

Synonymes

  • Récapitulatif d'oral — appellation familière ; le terme officiel rappelle qu'il contient aussi les activités et les lectures cursives, pas seulement les textes

Antonymes

  • Programme national — le programme fixe les œuvres possibles pour tous ; le descriptif est propre à une classe et à son professeur

À ne pas confondre

  • Carnet de lecture — le descriptif est un document officiel visé par le professeur ; le carnet est ton outil de travail personnel

Selon l'époque et le point de vue — Héritier de la « liste de textes » de l'ancien oral du bac de français, le descriptif est devenu, depuis 2019, la pièce qui garantit à l'examinateur que le candidat a bien travaillé quatre œuvres et quatre parcours.

Ce que le mot permet d'écrire — Connais-le par cœur : le nombre de textes (une vingtaine en voie générale, une douzaine en voie technologique), leur auteur et leur date. Se tromper sur son propre descriptif, devant l'examinateur, coûte immédiatement la confiance.

Incipit

Ouverture d'un récit — première phrase, première page ou premier chapitre — qui installe un monde, un ton et un contrat de lecture.

Synonymes

  • Ouverture — terme général et musical ; « incipit » désigne techniquement le seuil du texte, souvent les premières lignes seulement
  • Scène d'exposition — emprunté au théâtre : l'incipit romanesque peut au contraire refuser d'exposer et plonger le lecteur dans l'action (in medias res)

Antonymes

  • Explicit — l'explicit clôt le récit ; l'analyse consiste précisément à comparer ce que l'incipit promet et ce que l'explicit tient
  • Dénouement — le dénouement résout l'intrigue ; l'incipit, lui, la rend possible sans rien résoudre

À ne pas confondre

  • Préface — la préface est un discours de l'auteur sur son livre — celle de Thérèse Raquin (1868) par exemple — et non le début de la fiction

Selon l'époque et le point de vue — Le roman réaliste du XIXe siècle fait de l'incipit un tableau qui détermine les personnages (Balzac, Zola) ; le XXe siècle le brouille volontiers, en commençant par une voix sans repères ou par une scène déjà lancée.

Ce que le mot permet d'écrire — Ne dis pas « l'incipit présente les personnages » : montre ce qu'il programme. Sur le passage du Pont-Neuf de Thérèse Raquin, écris que l'humidité et la lumière sale enferment les corps avant toute action — l'effet, pas l'inventaire.

Explicit (clausule)

Fin d'une œuvre : dernières lignes qui referment le récit, et dont la forme — image, silence, retour au début — donne sa couleur définitive à la lecture.

Synonymes

  • Clausule — terme technique de rhétorique, plus précis : il désigne la toute dernière phrase, alors que l'explicit peut couvrir la dernière page
  • Chute — réservé aux formes brèves (nouvelle, conte), où la fin produit une surprise : un roman peut finir sans chute

Antonymes

  • Incipit — le couple est solidaire : on n'analyse un explicit qu'en le confrontant à ce que l'ouverture avait promis
  • Œuvre inachevée — Le Chevalier de la charrette, terminé par Godefroi de Lagny, n'a pas d'explicit de Chrétien de Troyes : c'est un sujet d'analyse en soi

À ne pas confondre

  • Épilogue — l'épilogue raconte l'après en se détachant de l'intrigue ; l'explicit est le dernier mouvement du récit lui-même

Selon l'époque et le point de vue — Le roman du XIXe siècle aime les fins qui referment le destin (mariage, mort, ruine) ; à partir du XXe, les fins ouvertes ou suspendues deviennent un procédé, la clôture étant tenue pour une illusion.

Ce que le mot permet d'écrire — Réserve une citation d'explicit pour tes conclusions : à l'écrit comme à l'oral, finir sur la dernière phrase de l'œuvre, interprétée en une ligne, donne l'impression — juste — que tu as lu le livre jusqu'au bout.

Schéma narratif (schéma quinaire)

Découpage d'un récit en cinq temps : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, élément de résolution, situation finale.

Synonymes

  • Structure du récit — expression vague : le schéma quinaire en est une modélisation précise, et n'est qu'un outil de repérage

Antonymes

  • Récit éclaté — beaucoup d'œuvres modernes résistent au schéma quinaire ; l'échec du schéma est alors lui-même un résultat d'analyse

À ne pas confondre

  • Système des personnages — le schéma narratif ordonne les étapes, le système des personnages ordonne les forces : les deux sont complémentaires
  • Point de bascule — le point de bascule est une notion d'interprétation (l'irréversible) ; le schéma quinaire est une grille formelle

Selon l'époque et le point de vue — Formalisé par la narratologie des années 1960-1970 à partir des contes, il éclaire bien les récits d'épreuves — les aventures successives du Chevalier de la charrette — et peine sur les romans construits par répétition, comme Pot-Bouille.

Ce que le mot permet d'écrire — Sers-t'en au brouillon pour situer un extrait dans l'œuvre, jamais comme plan de commentaire : un devoir qui déroule le schéma quinaire paraît scolaire. Écris plutôt ce que la construction produit comme effet.

Point de bascule

Moment du récit après lequel un retour en arrière est impossible : une situation, un savoir ou un rapport de force a changé durablement.

Synonymes

  • Nœud — terme dramaturgique : le nœud désigne la complication maximale, le point de bascule le passage irréversible, qui peut être discret
  • Élément perturbateur — l'élément perturbateur est unique et initial ; une œuvre compte plusieurs points de bascule, y compris tardifs

Antonymes

  • Péripétie — la péripétie agite le récit puis le laisse revenir à l'état antérieur ; le point de bascule, non
  • Statu quo — un épisode qui ne change ni savoir, ni lieu, ni rapport de force ne bascule rien

À ne pas confondre

  • Dénouement — le dénouement clôt ; le point de bascule ouvre une autre partie de l'œuvre

Selon l'époque et le point de vue — La notion vient de la critique du récit plus que des manuels : elle s'est imposée parce qu'elle décrit mieux les romans modernes, où le basculement décisif est souvent une phrase et non un coup de théâtre.

Ce que le mot permet d'écrire — Rédige-le en trois temps — ce qui change, la preuve localisée, l'effet sur la suite. Ainsi formulé, il sert tel quel de paragraphe de commentaire, d'argument de dissertation ou de réponse d'entretien.

Système des personnages

Ensemble des relations (parenté, argent, désir, autorité) qui relient les personnages et attribuent à chacun une fonction dans le récit.

Synonymes

  • Schéma actantiel — modèle précis en cinq rôles (sujet, objet, adjuvant, opposant, destinataire) : une manière de formaliser le système
  • Constellation de personnages — image commode, mais qui suggère une simple juxtaposition là où le système suppose des forces opposées

Antonymes

  • Portrait isolé — analyser un personnage seul fait perdre ce qui le définit : sa position par rapport aux autres
  • Liste de personnages — une liste énumère, le système hiérarchise et oppose

À ne pas confondre

  • Protagoniste — le protagoniste est un élément du système ; dans Pot-Bouille, le véritable centre n'est pas un personnage mais une règle sociale

Selon l'époque et le point de vue — Issu de la sémiotique du récit (années 1960), le modèle actantiel a d'abord servi aux contes ; appliqué au roman réaliste, il révèle que les fonctions changent de titulaire — l'adjuvant du début devient l'opposant de la fin.

Ce que le mot permet d'écrire — Dessine une page par œuvre, avec un numéro de chapitre sur chaque flèche. Dans la copie, ne décris pas le schéma : utilise-le pour affirmer qu'une relation se renverse, et prouve le renversement.

Focalisation (point de vue)

Position à partir de laquelle le récit donne accès aux faits : focalisation zéro (savoir illimité), interne (le savoir d'un personnage), externe (les faits observables seulement).

Synonymes

  • Point de vue narratif — expression courante ; « focalisation » évite la confusion avec l'opinion de l'auteur
  • Perspective — utile pour parler d'un effet global ; la focalisation se prouve phrase par phrase, sur des marques de texte

Antonymes

  • Omniscience — c'est un cas de focalisation (zéro) et non son contraire : l'opposer à la focalisation est une erreur fréquente
  • Discours de l'auteur — l'auteur n'est pas dans le texte ; seul le narrateur voit et raconte

À ne pas confondre

  • Voix narrative — la voix répond à « qui parle », la focalisation à « qui voit » : un narrateur adulte peut raconter avec le regard de l'enfant qu'il fut

Selon l'époque et le point de vue — Le réalisme et le naturalisme exploitent la focalisation interne pour faire éprouver au lecteur l'aveuglement des personnages ; le XXe siècle en fait un principe de construction, jusqu'à priver le lecteur de tout point de vue sûr.

Ce que le mot permet d'écrire — Nomme la focalisation seulement si tu dis ce qu'elle produit : « l'interne enferme le lecteur dans le soupçon de Laurent, si bien que la cicatrice devient une hantise plutôt qu'une blessure ».

Voix narrative

Instance qui raconte : narrateur extérieur à l'histoire, ou narrateur qui est lui-même personnage et dit « je ».

Synonymes

  • Narrateur — le narrateur est la personne fictive qui parle ; la voix désigne aussi sa tonalité, son âge de narration, son rapport au lecteur
  • Instance narrative — terme technique neutre, utile quand la voix est difficile à attribuer

Antonymes

  • Auteur — distinction capitale : Zola n'est pas le narrateur de Pot-Bouille, et confondre les deux fait basculer la copie dans la biographie
  • Personnage muet — un personnage dont le récit ne livre jamais la parole : son silence s'analyse comme un choix de la voix

À ne pas confondre

  • Focalisation — qui parle n'est pas qui voit ; un récit à la première personne peut restreindre volontairement ce que le narrateur savait sur le moment

Selon l'époque et le point de vue — Le récit de vie à la première personne, longtemps réservé aux mémoires et à l'autobiographie, devient au XXe siècle un instrument majeur du roman : chez Simone Schwarz-Bart (1972), la narratrice inscrit sa vie dans la lignée des femmes qui l'ont précédée.

Ce que le mot permet d'écrire — Quand le récit dit « je », demande-toi toujours à qui il s'adresse et à quelle distance des faits il se situe. C'est ce décalage — et non le simple « je » — qui se commente.

Rythme narratif (scène, sommaire, ellipse, pause)

Rapport entre la durée des événements racontés et la place qu'ils occupent dans le texte : scène (durées égales), sommaire (accélération), ellipse (omission), pause (arrêt descriptif).

Synonymes

  • Vitesse du récit — formulation imagée ; les quatre termes techniques permettent de prouver l'accélération sur le texte

Antonymes

  • Temps uniforme — aucun récit long n'avance à vitesse constante : chercher les changements de régime est plus rentable que décrire une moyenne

À ne pas confondre

  • Ellipse / sommaire — le sommaire résume la durée en quelques lignes, l'ellipse la saute sans rien en dire : au lecteur de la reconstituer
  • Pause / description — toute description n'est pas une pause : celle qui fait avancer le regard d'un personnage appartient encore à la scène

Selon l'époque et le point de vue — Le roman réaliste alterne systématiquement grandes scènes (dîners, réunions de famille) et sommaires, pour donner l'illusion d'une vie entière ; le nouveau roman, au milieu du XXe siècle, dilate la pause jusqu'à suspendre l'intrigue.

Ce que le mot permet d'écrire — Une ellipse est presque toujours signifiante : ce que le récit tait — un accouchement caché, des mois de vie commune — indique ce que le roman juge indicible ou honteux. Écris cela, plutôt que « le récit va vite ».

Motif

Élément concret — objet, lieu, geste, mot — qui revient à des moments clés de l'œuvre et prend sens par sa répétition.

Synonymes

  • Leitmotiv — emprunté à la musique : insiste sur le retour presque mécanique, souvent lié à un personnage
  • Récurrence — désigne le fait de revenir, sans dire que l'élément est concret : un motif est toujours matériel et citable

Antonymes

  • Détail isolé — un détail qui n'apparaît qu'une fois peut être expressif, mais il ne structure pas l'œuvre
  • Thème — le thème est abstrait (l'argent, la mémoire), le motif est son incarnation répétée (une dot, une charrette, un escalier)

À ne pas confondre

  • Symbole — le symbole vaut pour autre chose dès sa première apparition ; le motif acquiert son sens par accumulation

Selon l'époque et le point de vue — Le roman du XIXe siècle installe des motifs matériels lourds de sens social (l'escalier, la vitrine, le linge sale) ; la critique thématique du XXe siècle en a fait l'une de ses entrées privilégiées.

Ce que le mot permet d'écrire — Le motif est le meilleur outil pour parler de l'œuvre entière depuis un extrait : cite deux occurrences éloignées et montre que la seconde relit la première. C'est exactement ce qu'attend la fin d'une explication linéaire.

Carnet de lecture

Outil personnel où l'on consigne, pendant la lecture, les citations référencées, l'effet de chacune, les schémas de personnages et les réactions de lecteur.

Synonymes

  • Journal de lecture — met l'accent sur la réaction subjective ; le carnet contient aussi l'appareil de preuves, citations et références
  • Carnet de citations — désigne sa partie la plus rentable, mais laisse de côté les questions de lecteur, matière de l'entretien

Antonymes

  • Fiche de lecture recopiée — une fiche donne l'intrigue et deux thèmes communs à tous les candidats ; le carnet est ce que personne d'autre n'a
  • Résumé — le résumé raconte, le carnet prépare des analyses : ce sont deux gestes opposés

À ne pas confondre

  • Descriptif — le descriptif est le document officiel du professeur ; le carnet reste un brouillon personnel, qu'on peut apporter en préparation d'oral selon les consignes

Selon l'époque et le point de vue — Hérité des « carnets de lecture » recommandés au collège depuis les années 2000, l'outil est devenu indispensable en première depuis 2019 : l'entretien exige une lecture personnelle qu'aucun cours ne peut fournir.

Ce que le mot permet d'écrire — Tiens un format unique : rubrique du parcours — « citation » (ch. X) — effet en huit mots. Vingt à trente entrées par œuvre suffisent. Faute à éviter : noter des citations sans référence, inutilisables dans une dissertation.

Problématique sur œuvre

Question qui engage à la fois l'œuvre intégrale et son parcours, et dont la réponse exige des preuves textuelles localisées.

Synonymes

  • Question directrice — formulation plus neutre ; « problématique » implique qu'une tension existe, donc deux réponses défendables

Antonymes

  • Question de cours — une question à réponse unique (« qui est Méléagant ? ») ne se disserte pas
  • Thème nu — « la société chez Zola » n'est pas une problématique : rien n'y est mis en tension

À ne pas confondre

  • Sujet de dissertation — le sujet est donné, souvent sous forme de citation ou d'affirmation ; la problématique est la reformulation que tu en fais

Selon l'époque et le point de vue — La dissertation sur œuvre, réintroduite à l'écrit des épreuves anticipées depuis 2019-2020, a rendu cette compétence décisive : les sujets portent sur l'œuvre étudiée et son parcours, jamais sur des généralités littéraires.

Ce que le mot permet d'écrire — Teste ta problématique : si l'on ne peut pas répondre « oui, mais », elle est mauvaise. Et vérifie qu'elle contient un mot du parcours et un élément propre à l'œuvre — sinon, la copie glissera vers le hors-sujet.

Explication linéaire

Analyse d'un extrait du descriptif qui suit l'ordre du texte, en le découpant en mouvements et en nommant ce que chacun produit.

Synonymes

  • Lecture linéaire — même exercice ; le mot « explication » rappelle qu'il faut expliquer des procédés, non paraphraser

Antonymes

  • Commentaire composé — le commentaire organise l'analyse en axes thématiques et abandonne l'ordre du texte ; l'explication linéaire l'épouse
  • Paraphrase — redire le texte dans un autre ordre de mots : c'est la faute que le format linéaire rend très tentante

À ne pas confondre

  • Entretien — l'explication porte sur un extrait imposé du descriptif, l'entretien sur une œuvre que le candidat choisit

Selon l'époque et le point de vue — L'explication linéaire, longue tradition de l'enseignement français, a remplacé la lecture analytique à l'oral des épreuves anticipées en 2019-2020, avec une question de grammaire ajoutée sur une phrase de l'extrait.

Ce que le mot permet d'écrire — Trois mouvements bien nommés valent mieux que six. Réserve toujours deux phrases finales pour rattacher l'extrait à l'œuvre entière et au parcours : c'est là que se gagnent les derniers points.

Entretien (deuxième partie de l'oral)

Échange de huit minutes, sur vingt, où le candidat présente une œuvre qu'il a choisie parmi celles étudiées, justifie ce choix et en discute avec l'examinateur.

Synonymes

  • Deuxième partie de l'oral — désignation officielle ; « entretien » dit mieux qu'il s'agit d'un dialogue et non d'un exposé récité

Antonymes

  • Exposé — un exposé se débite seul ; l'entretien attend des réponses aux relances, donc une lecture réellement personnelle
  • Interrogation de cours — on n'y vérifie pas des connaissances mais un rapport à une lecture, argumenté

À ne pas confondre

  • Explication linéaire — l'explication est notée sur l'extrait imposé ; l'entretien pèse 8 points et porte sur ton choix d'œuvre

Selon l'époque et le point de vue — L'entretien remplace en 2019-2020 l'ancien « second temps » de l'oral consacré à l'œuvre intégrale ; le choix laissé au candidat vise à valoriser la lecture cursive et l'appropriation personnelle.

Ce que le mot permet d'écrire — Prépare trois minutes : pourquoi cette œuvre, un passage précis presque su par cœur, une réserve honnête, le lien au parcours. Puis anticipe la question « pourquoi pas une autre ? » — c'est celle qui distingue les candidats.

Les repères du programme

Ces couples de mots sont les outils qui font les plans : savoir les employer vaut mieux que connaître un auteur de plus.

Œuvre / parcours

L'œuvre est un livre singulier ; le parcours est le thème imposé qui oblige à la lire depuis un angle et à la comparer à d'autres textes.

Ce qu'il débloque — Sépare ce qui relève du livre (un chapitre, une citation) de ce qui relève du thème (une idée générale), puis relie explicitement les deux.

Exemple — Sur Pot-Bouille (1882), « l'immeuble à double escalier » appartient à l'œuvre ; « dévoiler les rouages » appartient au parcours ; la phrase qui les relie est celle qui rapporte des points.

Histoire / récit

L'histoire est ce qui se passe, dans l'ordre chronologique ; le récit est la manière dont le texte le dispose — ordre, vitesse, point de vue.

Ce qu'il débloque — Cette distinction empêche la paraphrase : dès qu'on parle du récit et non de l'histoire, on analyse.

Exemple — Dans Thérèse Raquin (1867), l'histoire commence par un mariage sans amour ; le récit, lui, commence par un couloir humide — et ce choix vaut interprétation.

Continuité / rupture

Certains passages prolongent l'état antérieur du récit, d'autres le rendent impossible : ce sont les points de bascule.

Ce qu'il débloque — Sert à hiérarchiser les épisodes au lieu de les énumérer, et donc à construire un plan.

Exemple — Dans Le Chevalier de la charrette (vers 1176-1181), les combats se succèdent ; la montée dans la charrette infamante, elle, change le statut du héros pour tout le reste de l'œuvre.

Personnage / fonction

Un personnage est un individu fictif ; sa fonction est le rôle qu'il tient dans la quête d'un autre (adjuvant, opposant, destinataire).

Ce qu'il débloque — Permet de montrer qu'une relation se renverse, ce qui vaut beaucoup plus qu'un portrait.

Exemple — Dans Pot-Bouille, Mme Josserand est l'adjuvante du mariage de sa fille Berthe, puis devient la principale force qui l'enferme dans ce mariage.

Citer / analyser

Citer, c'est produire la preuve ; analyser, c'est dire ce que la preuve établit. Les deux gestes sont distincts et doivent être tous deux présents.

Ce qu'il débloque — Relis toute copie en vérifiant qu'après chaque guillemet fermant vient une phrase d'interprétation.

Exemple — « Une sorte de corridor étroit et sombre » (Thérèse Raquin, ch. I) ne prouve rien tant qu'on n'a pas écrit que le décor enferme les corps avant que l'intrigue ne commence.

Lecture intégrale / lecture cursive

L'œuvre intégrale est expliquée en classe et fournit des textes au descriptif ; la lecture cursive est lue seul et élargit le parcours.

Ce qu'il débloque — Détermine ce qui peut tomber à l'écrit (l'œuvre intégrale) et ce que tu peux choisir pour l'entretien (les deux).

Exemple — Une dissertation ne portera jamais sur ta lecture cursive ; mais elle peut fournir, en une phrase, le contre-exemple qui montre que tu as lu au-delà du cours.

Explication linéaire / commentaire composé

L'une suit l'ordre du texte en mouvements, l'autre regroupe les observations en axes thématiques.

Ce qu'il débloque — Évite de préparer l'oral avec un plan d'écrit : le format linéaire exige un découpage, pas des axes.

Exemple — Le même incipit de Thérèse Raquin donnera, à l'oral, trois mouvements successifs, et à l'écrit deux axes — un décor carcéral, un programme naturaliste.

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