Le refuge suppose une clôture protectrice, l’ouverture une exposition consentie ; les deux sont possibles à partir d’un même repli. Le recueil commence dans un lieu retiré, mais le monde y entre, et le sujet finit par parler au pluriel.
Le retrait dans la forêt protège-t-il le sujet du monde, ou l’y expose-t-il autrement ?
Le plan en trois parties
Tout commence par un retrait
- La maison d’enfance et son paysage forment un lieu clos où le sujet revient chercher ses appuis.poèmes de la maison d’enfance, section II
- Le titre de la première section désigne une enveloppe, c’est-à-dire d’abord une protection, même incertaine.titre de la section I, « L’écorce incertaine »
- L’écoute du sous-bois suppose un isolement : le sujet se tait et se retire pour percevoir.poèmes de l’écoute du sous-bois, section I
Mais le monde ne cesse d’y pénétrer
- Les nouvelles lointaines se déposent dans le lieu retiré comme un bruit de fond : le refuge est poreux.poèmes où la rumeur du monde gagne le lieu retiré, section III
- Guerres, ruines et morts anonymes surgissent au milieu d’une méditation sur le vivant.poèmes des violences collectives, section III
- La destruction des milieux atteint le lieu même du repli : il n’y a pas d’arrière-pays préservé.poèmes de la destruction des milieux, section III
Le retrait devient la condition d’une ouverture
- Le passage au pluriel transforme l’expérience solitaire en expérience attribuable à d’autres.poèmes où le « je » devient « nous », section III
- Le titre de la troisième section fait de l’intime et de l’Histoire deux régimes du même bruissement.titre de la section III, « Le bruissement du temps »
- L’accord retrouvé avec le vivant est présenté comme un chemin à suivre, donc comme une sortie de soi plutôt qu’un abri.poèmes du rapport retrouvé au vivant, section IV
La poésie de l’intime est-elle, au fond, la voie la plus sûre pour atteindre le commun, ou seulement la plus indirecte ?