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Spécialité SVT · Classe de Terminale

Variation génétique et santé

Mutations, polymorphisme génétique et maladies héréditaires — programme de Spécialité SVT Terminale

À propos de cette page
Cette évaluation sur « Variation génétique et santé » en terminale permet de faire le point sur ses connaissances en spécialité svt, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de terminale et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : La variabilité génétique : sources et types de mutations, Conséquences moléculaires et cellulaires des mutations, Polymorphisme génétique dans les populations, Mutations et maladies héréditaires monogéniques. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale en spécialité svt.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 60 min · Noté sur 20
60:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Restitution organisée de connaissances : mutations et conséquences

/ 6 pts

Rédigez un développement structuré (introduction, parties, conclusion) répondant à la question posée.

  1. À partir de vos connaissances, exposez comment une mutation de l'ADN peut affecter la protéine codée, puis montrez que toutes les mutations n'ont pas les mêmes conséquences pour l'organisme. Un schéma reliant les différents types de mutations à leurs effets est attendu.

Exercice 2 — Raisonnement scientifique : une maladie autosomique récessive

/ 5 pts

Exploitez les documents pour construire un raisonnement rigoureux étayé par les données.

  1. Document 1 — Une famille consulte : les deux parents sont sains. Leur premier enfant est atteint de mucoviscidose, maladie due à des mutations du gène CFTR situé sur le chromosome 7. Document 2 — Le séquençage révèle que la fille atteinte porte deux copies de l'allèle muté (notées m), tandis que chaque parent porte une copie m et une copie normale M.
  2. 1. Déterminez le mode de transmission de la mucoviscidose en justifiant à partir des documents.
  3. 2. Écrivez les génotypes des deux parents et de la fille atteinte.
  4. 3. Le couple attend un second enfant : calculez la probabilité qu'il soit atteint, puis qu'il soit porteur sain.
  5. 4. Indiquez quelles options de diagnostic le conseil génétique peut proposer à ce couple.

Exercice 3 — Raisonnement scientifique : avantage hétérozygote

/ 5 pts

Analysez les documents pour expliquer le maintien d'un allèle pathogène dans une population.

  1. Document 1 — La drépanocytose est due à la mutation faux-sens GAG→GTG du gène HBB ; à l'état homozygote (HbS/HbS) elle est grave. Pourtant l'allèle HbS atteint 10 à 40 % de fréquence dans certaines régions d'Afrique subsaharienne. Document 2 — Carte : la répartition de l'allèle HbS coïncide avec les zones d'endémie du paludisme à Plasmodium falciparum. Les individus hétérozygotes HbA/HbS sont partiellement protégés contre les formes graves de paludisme.
  2. 1. Précisez la nature et la conséquence moléculaire de la mutation responsable de la drépanocytose.
  3. 2. Expliquez ce que désigne l'« avantage hétérozygote » à partir des documents.
  4. 3. Montrez comment cet avantage explique le maintien de l'allèle HbS à haute fréquence dans les zones impaludées.
  5. 4. Déduisez-en pourquoi cet allèle reste rare dans les régions où le paludisme est absent.

Exercice 4 — Thérapie génique et enjeux éthiques

/ 4 pts

Mobilisez vos connaissances pour répondre de façon argumentée.

  1. 1. Décrivez les deux composants essentiels du système CRISPR-Cas9 et le rôle de chacun.
  2. 2. Distinguez les stratégies de thérapie génique ex vivo et in vivo à l'aide d'un exemple.
  3. 3. Donnez deux arguments éthiques qui justifient l'interdiction de la thérapie génique germinale.
Corrigé détaillé

Exercice 1 — Restitution organisée de connaissances : mutations et conséquences
Corrigé — barème indicatif : introduction et plan 1 pt, types de mutations et effets moléculaires 2,5 pts, distinction germinale/somatique et population 1,5 pt, schéma 1 pt.

Introduction : une mutation est une modification stable et héréditaire de la séquence nucléotidique de l'ADN. Source première de la variabilité génétique, ses conséquences dépendent de sa nature et de la cellule touchée. On montre d'abord ses effets moléculaires, puis la diversité de ses conséquences.

1. De la mutation à la protéine. Les mutations ponctuelles regroupent substitutions, insertions et délétions. Une substitution peut être silencieuse (même acide aminé, grâce à la redondance du code), faux-sens (acide aminé différent, ex. drépanocytose : Glu→Val) ou non-sens (codon STOP prématuré, protéine tronquée). Une insertion ou délétion dont le nombre de bases n'est pas multiple de 3 décale le cadre de lecture (frameshift) et rend toute la suite de la protéine aberrante.

2. Des conséquences inégales. Beaucoup de mutations sont neutres (régions non codantes, mutations silencieuses) et participent au polymorphisme. D'autres modifient la fonction d'une protéine et causent une maladie. Les systèmes de réparation (NER, BER, MMR, recombinaison homologue) corrigent une grande partie des lésions ; leur défaillance accroît le risque pathologique.

3. Selon la cellule touchée. Une mutation germinale est transmise à la descendance (maladie héréditaire) ; une mutation somatique reste limitée à l'individu mais peut, en s'accumulant, conduire à un cancer.

Conclusion : une mutation va de l'absence d'effet (polymorphisme) à la maladie héréditaire ou au cancer, selon sa nature moléculaire et la cellule atteinte.

Schéma attendu : Mutation de l'ADN → [silencieuse → aucun effet] / [faux-sens → protéine modifiée] / [non-sens → protéine tronquée] / [frameshift → protéine aberrante] ; en parallèle : germinale → transmise / somatique → cancer possible.

Exercice 2 — Raisonnement scientifique : une maladie autosomique récessive
Corrigé — barème indicatif : Q1 1,5 pt, Q2 1 pt, Q3 1,5 pt, Q4 1 pt.

1. Les deux parents sont sains mais ont une enfant malade : la maladie est donc récessive (les parents portent l'allèle sans l'exprimer). Le gène CFTR étant sur le chromosome 7 (un autosome) et non sur un gonosome, la transmission est autosomique récessive.

2. Parents : M m chacun (porteurs sains, hétérozygotes). Fille atteinte : m m (homozygote mutée), conforme au document 2.

3. Croisement Mm × Mm → 1/4 MM, 2/4 Mm, 1/4 mm. Probabilité que le second enfant soit atteint (mm) = 1/4 = 25 % ; qu'il soit porteur sain (Mm) = 2/4 = 50 %. (Remarque : chaque grossesse est indépendante, le premier enfant atteint ne modifie pas ces probabilités.)

4. Le conseil génétique peut proposer : un diagnostic prénatal (DPN) par amniocentèse ou biopsie de trophoblaste recherchant les mutations CFTR connues dans la famille ; un diagnostic préimplantatoire (DPI) sur embryons obtenus par FIV avant transfert ; il informe par ailleurs sur le risque de récurrence (25 %) et accompagne la décision du couple.

Exercice 3 — Raisonnement scientifique : avantage hétérozygote
Corrigé — barème indicatif : Q1 1 pt, Q2 1,5 pt, Q3 1,5 pt, Q4 1 pt.

1. La mutation GAG→GTG est une substitution faux-sens dans le gène HBB : elle remplace le glutamate (Glu) par la valine (Val) en position 6 de la chaîne β de l'hémoglobine. L'hémoglobine S ainsi formée polymérise en conditions hypoxiques et déforme les globules rouges en faucille.

2. L'avantage hétérozygote désigne la situation où les individus hétérozygotes (HbA/HbS) ont une valeur sélective (fitness) supérieure à celle des deux homozygotes : ils ne sont pas drépanocytaires (un allèle HbA suffit) et sont en plus protégés contre le paludisme grave (document 2).

3. Dans les zones impaludées, le paludisme tue de nombreux individus HbA/HbA, tandis que les homozygotes HbS/HbS meurent souvent de drépanocytose. Les hétérozygotes, eux, survivent mieux : la sélection naturelle favorise leur génotype et maintient l'allèle HbS à haute fréquence malgré son effet délétère à l'état homozygote.

4. Là où le paludisme est absent, l'allèle HbS n'apporte aucun avantage sélectif. Les homozygotes HbS/HbS ont une fitness réduite (maladie grave) sans contrepartie protectrice : la sélection élimine progressivement l'allèle, qui reste donc rare (ex. Europe du Nord).

Exercice 4 — Thérapie génique et enjeux éthiques
Corrigé — barème indicatif : Q1 1,5 pt, Q2 1,5 pt, Q3 1 pt.

1. CRISPR-Cas9 repose sur : l'ARN guide (sgRNA), complémentaire de la séquence cible, qui assure la spécificité en amenant le complexe au bon endroit du génome ; et la protéine Cas9, une nucléase qui réalise la coupure double brin de l'ADN au site ciblé. La cassure est ensuite réparée, soit par recombinaison homologue (correction précise avec un ADN matrice), soit par jonction non homologue (inactivation du gène).

2. En ex vivo, les cellules sont prélevées chez le patient, modifiées en laboratoire, puis réinjectées (ex. : Casgevy pour la drépanocytose, où les cellules souches hématopoïétiques sont éditées pour réactiver l'hémoglobine fœtale). En in vivo, le vecteur thérapeutique est administré directement dans l'organisme (ex. : injection d'un vecteur AAV pour une maladie liée à l'X).

3. Deux arguments : (1) impossibilité de consentement des générations futures, qui hériteront de la modification sans avoir pu y consentir ; (2) risque de dérives eugéniques et de transmission irréversible de mutations hors-cible à toute la descendance. (On accepte aussi : incertitude sur les effets à long terme.)

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