06 29 33 79 32 Je réserve ici
Terminale

Ressources · Terminale ·

Le temps et les roches : chronologie relative et radiochronologie

Principes de chronologie relative (superposition, recoupement, inclusion, continuité), fossiles stratigraphiques, radiochronologie (décroissance, droite isochrone Rb-Sr, K-Ar) (programme de Terminale spécialité SVT)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Le temps et les roches : chronologie relative et radiochronologie » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en . Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : L'essentiel, La chronologie relative : quatre principes, Fossiles stratigraphiques et échelle des temps géologiques, La radiochronologie : une horloge naturelle. Chaque exercice est suivi d'une correction rédigée, à déplier une fois la recherche faite au brouillon. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Ordonner les événements d'une falaise

Facile

Sur une falaise, on observe de bas en haut, en couches horizontales et continues : des grès G, des argiles A puis des calcaires C. Une faille F décale G et A mais s'arrête sous C, qui la recouvre sans être décalé. Un filon de basalte β traverse G, A et C. À la base des calcaires C, on trouve des fragments d'argile A remaniés.

  1. a) Classer G, A et C du plus ancien au plus récent en nommant le principe utilisé.
  2. b) Situer la faille F dans cette chronologie. Justifier.
  3. c) Situer le filon β. Justifier.
  4. d) Quel principe les fragments d'argile contenus dans C permettent-ils d'appliquer ? Que confirment-ils ?
  5. e) Donner la chronologie complète des événements.

a) Les couches sont horizontales : la série n'est pas renversée et l'on peut appliquer le principe de superposition (une couche est plus récente que celle qu'elle recouvre). Ordre : G, puis A, puis C.

b) F décale G et A : d'après le principe de recoupement, elle leur est postérieure. C recouvre la faille sans être décalé : C s'est déposé après le jeu de F. Donc A → F → C.

c) β traverse G, A et C : par recoupement, il est postérieur à ces trois couches. C'est le dernier événement enregistré.

d) C'est le principe d'inclusion : un élément inclus est plus ancien que la roche qui le contient. Les fragments de A dans C confirment que A est plus ancien que C ; ils montrent aussi que A a été en partie érodé avant ou pendant le dépôt de C.

e) Dépôt de G → dépôt de A → jeu de la faille F et érosion partielle de A → dépôt de C → mise en place du filon β.

Exercice 2 — Choisir un fossile stratigraphique

Facile

Le tableau présente quatre espèces fossiles trouvées dans une même région.

EspèceDurée d'existenceRépartition géographiqueAbondance
Ammonite P0,6 Matous les océanstrès abondante
Brachiopode Q45 Matous les océansabondant
Oursin R0,9 Maun seul golfeabondant
Gastéropode S0,7 Mamondialetrois exemplaires connus

  1. a) Définir un fossile stratigraphique.
  2. b) Montrer que seule l'espèce P est un bon fossile stratigraphique, en éliminant les trois autres.
  3. c) Deux couches distantes de 1 200 km contiennent toutes deux l'ammonite P. Que peut-on conclure, avec quelle précision et grâce à quel principe ?
  4. d) Un élève affirme que la présence de P donne directement l'âge de ces couches en millions d'années. Expliquer ce qui manque à son raisonnement.

a) Un fossile stratigraphique est le reste d'une espèce qui a vécu peu de temps, sur une large zone géographique, et qui est abondante et facile à identifier. Il sert à dater relativement des couches et à les corréler.

b) Q a existé 45 Ma : une couche qui le contient peut avoir n'importe quel âge dans cet intervalle, la datation serait très imprécise. R est limité à un seul golfe : il ne permet pas de corréler des régions éloignées. S est si rare qu'on a très peu de chances de le trouver. P réunit les trois critères : courte durée (0,6 Ma), répartition mondiale, grande abondance. P est le seul bon fossile stratigraphique.

c) D'après le principe d'identité paléontologique, les deux couches ont le même âge : elles se sont déposées pendant l'intervalle de 0,6 Ma où P a vécu. La précision est donc de l'ordre de 0,6 Ma ; les deux couches peuvent être de nature différente.

d) Un fossile ne fournit qu'une datation relative : il situe la couche dans une division de l'échelle stratigraphique. L'âge chiffré de cette division provient de la radiochronologie de roches magmatiques associées à des couches à P, ailleurs. Sans ce calage, P permet seulement de dire « même âge que », « plus ancien que » ou « plus récent que ».

Exercice 3 — Demi-vie et carbone 14

Facile

Le carbone 14 a une demi-vie de 5 730 ans. Un être vivant échange du carbone avec son milieu : sa teneur en carbone 14 est alors identique à celle de l'atmosphère, supposée constante.

  1. a) Expliquer pourquoi l'horloge du carbone 14 démarre à la mort de l'organisme.
  2. b) Un fragment de bois ne contient plus que 12,5 % de son carbone 14 initial. Calculer son âge.
  3. c) Montrer qu'au bout de 57 300 ans il reste moins de 0,1 % du carbone 14 initial. Qu'en déduire sur le domaine d'utilisation de la méthode ?
  4. d) Un élève propose de dater au carbone 14 un basalte âgé d'environ 2,6 Ma. Expliquer ses deux erreurs.

a) Vivant, l'organisme est un système ouvert : le carbone 14 qui se désintègre est remplacé par celui qu'il absorbe, et sa teneur reste égale à celle de l'atmosphère. À sa mort, les échanges cessent : le système se ferme et le carbone 14 décroît sans être renouvelé. L'âge mesuré est donc le temps écoulé depuis la mort.

b) 12,5 % = 1/8 = (1/2)³ : il s'est écoulé 3 demi-vies. t=3×5730, soit t = 17 190 ans.

c) 57 300 ans = 10 × 5 730 ans, soit 10 demi-vies. Il reste (12)10=11024≈0,098%, donc moins de 0,1 %. Une quantité aussi faible n'est plus mesurable avec précision : la méthode est limitée à quelques dizaines de milliers d'années (environ 50 000 ans).

d) Première erreur : un basalte ne contient pas de carbone issu d'un être vivant ayant échangé avec l'atmosphère ; la méthode ne s'applique qu'aux restes organiques. Seconde erreur : 2,6 Ma représentent 26000005730≈454 demi-vies ; il ne resterait aucun carbone 14 mesurable. Un basalte se date par la méthode K-Ar.

Exercice 4 — Isochrone d'un granite

Moyen

On a analysé quatre échantillons de roche totale d'un même granite. λ(87Rb) = 1,42 × 10−11 an−1.

Échantillon87Rb/86Sr87Sr/86Sr
R10,850,7173
R23,400,7535
R37,100,8060
R412,600,8841

  1. a) Montrer que les quatre points sont alignés dans le diagramme 87Sr/86Sr en fonction de 87Rb/86Sr.
  2. b) Calculer la pente de la droite et son ordonnée à l'origine.
  3. c) En déduire l'âge du granite.
  4. d) Préciser l'événement daté et les conditions qui rendent ce résultat valable.

a) Pentes entre points successifs : R1R2 : 0,7535−0,71733,40−0,85=0,03622,55≈0,01420 ; R2R3 : 0,05253,70≈0,01419 ; R3R4 : 0,07815,50≈0,01420. Les pentes sont égales aux arrondis près : les quatre points sont alignés.

b) Avec les points les plus éloignés R1 et R4 : a=0,8841−0,717312,60−0,85=0,166811,75≈0,0142. Ordonnée à l'origine : y0=0,7173−0,0142×0,85=0,7173−0,0121≈0,7052. Pente ≈ 0,0142 ; ordonnée ≈ 0,7052.

c) La pente vaut a=eλt−1, donc t=ln(1+a)λ=ln(1,0142)1,42×10−11=0,014101,42×10−11≈9,93×108 ans. Le granite a environ 993 Ma (≈ 1,0 Ga).

d) Cet âge est celui de la fermeture des minéraux, c'est-à-dire de la cristallisation et du refroidissement du magma granitique. Il n'est valable que si les échantillons sont cogénétiques (même magma, même rapport initial 0,7052, même moment de fermeture) et si le système est resté clos depuis (ni gain ni perte de Rb ou de Sr). Le bon alignement des points plaide en ce sens.

Exercice 5 — Dater une coulée par la méthode K-Ar

Moyen

Un basalte frais d'une coulée contient, par gramme, 5,20 × 10−9 mol de 40K et 1,248 × 10−11 mol de 40Ar. On donne t=1λln(1+9,54r), où r = 40Ar/40K et λ = 5,54 × 10−10 an−1.

  1. a) Calculer le rapport r.
  2. b) Calculer l'âge de la coulée.
  3. c) Justifier l'hypothèse selon laquelle la lave ne contenait pas d'argon 40 au moment de sa solidification.
  4. d) Un autre échantillon de la même coulée, altéré, a perdu 20 % de son argon 40 (son potassium est intact). Montrer que l'âge obtenu serait d'environ 32,8 Ma, puis interpréter ce résultat.

a) r=1,248×10−115,20×10−9, soit r = 2,40 × 10−3.

b) 1+9,54×2,40×10−3=1,022896 ; ln(1,022896)≈0,02264. D'où t=0,022645,54×10−10≈4,09×107 ans. La coulée a environ 40,9 Ma.

c) L'argon est un gaz rare qui n'entre pas dans les cristaux : lors de l'éruption, il s'échappe du magma avec les autres gaz (dégazage). À la solidification, la roche en est dépourvue ; tout l'argon 40 mesuré est donc radiogénique, produit sur place par le potassium 40 depuis la fermeture du système.

d) L'échantillon altéré ne garde que 80 % de son argon : r′=0,80×2,40×10−3=1,92×10−3. Alors 1+9,54×1,92×10−3=1,01832 et t′=ln(1,01832)5,54×10−10=0,018155,54×10−10≈3,28×107 ans, soit environ 32,8 Ma. Cet âge est trop jeune : l'altération a rouvert le système et une partie du fils s'est échappée. On ne date donc que des échantillons frais.

Exercice 6 — Choisir la bonne méthode de datation

Moyen

Trois couples sont disponibles : carbone 14 (T = 5 730 ans), 40K/40Ar (T = 1,25 Ga) et 87Rb/87Sr (T = 48,8 Ga). Objets à dater : (1) charbons d'un foyer préhistorique estimé à 30 000 ans ; (2) coulée de basalte estimée entre 5 et 7 Ma ; (3) granite estimé à 2,7 Ga ; (4) calcaire à ammonites.

  1. a) Choisir un couple pour les objets 1, 2 et 3. Justifier chaque choix par la nature de l'objet et par la demi-vie.
  2. b) Pour l'objet 1, calculer la proportion de carbone 14 restante et conclure sur la faisabilité de la mesure.
  3. c) Expliquer pourquoi l'objet 4 ne peut pas être daté directement, et proposer une démarche pour situer son âge.
  4. d) Un élève affirme : « plus la demi-vie est longue, plus la datation est précise, quel que soit l'âge ». Expliquer l'erreur.

a) (1) Carbone 14 : le charbon est d'origine organique et 30 000 ans représentent environ 5 demi-vies, dans le domaine de la méthode ; avec les autres couples, il se serait formé trop peu de fils. (2) K-Ar : c'est une roche volcanique dont l'argon a été dégazé lors de l'éruption ; en 5 à 7 Ma, il s'est formé assez d'argon mesurable, alors que le carbone 14 aurait totalement disparu (environ 1 000 demi-vies). (3) Rb-Sr : un granite est riche en rubidium (micas, feldspaths potassiques) et 2,7 Ga est une durée suffisante pour accumuler du 87Sr radiogénique ; l'isochrone n'exige pas de connaître le strontium initial.

b) Nombre de demi-vies : 300005730≈5,24. Proportion restante : (12)5,24=e−5,24×0,693≈0,027, soit environ 2,7 %. Cette quantité est encore mesurable (bien au-dessus de 0,1 %) : la datation est possible.

c) Un calcaire est une roche sédimentaire : il ne contient pas de couple radioactif enfermé au moment du dépôt, et ses éventuels grains détritiques donneraient l'âge de leur roche d'origine. On le situe par ses ammonites (identité paléontologique : Mésozoïque, et plus précisément la zone de l'espèce) et, si possible, par un encadrement entre des roches volcaniques datées (coulée ou cendre sous-jacente, filon qui le recoupe).

d) Avec une demi-vie très longue, un objet jeune n'a produit qu'une quantité infime de fils. Pour le foyer de 30 000 ans daté par Rb-Sr, la fraction de rubidium désintégrée serait d'environ λt=1,42×10−11×30000≈4,3×10−7 : indétectable. Chaque couple a un domaine d'âges adapté à sa demi-vie : il faut assez de fils formé et assez de père restant.

Exercice 7 — Discordance et encadrement d'âges

Moyen

Coupe décrite de bas en haut. Une série S1 de schistes à trilobites est plissée. Un granite γ recoupe les plis de S1 et l'entoure d'une auréole de métamorphisme de contact. Une surface d'érosion Σ tronque à la fois les plis de S1 et le granite. Au-dessus repose une série S2 horizontale : conglomérat à galets de granite et de schiste, grès, coulée basaltique (qui ne cuit que les grès sous-jacents), puis calcaires. Le granite est daté à 318 Ma (Rb-Sr) et la coulée à 176 Ma (K-Ar).

  1. a) Reconstituer la succession des événements en justifiant chaque étape par un principe.
  2. b) Nommer la structure que forme Σ et préciser ce qu'elle représente en termes de temps.
  3. c) Encadrer l'âge du plissement de S1 d'une part, celui du conglomérat et des grès d'autre part.
  4. d) Expliquer pourquoi l'auréole de contact interdit d'interpréter le granite comme un socle sur lequel S1 se serait déposée.

a) 1. Dépôt de S1 : c'est la série la plus basse, recoupée par tous les autres objets. 2. Plissement de S1. 3. Intrusion du granite γ : il recoupe les plis, il est donc postérieur au plissement (recoupement), ce que confirme l'auréole. 4. Érosion formant Σ, qui tronque S1 et γ (recoupement) : le granite a été mis à l'affleurement. 5. Dépôt du conglomérat puis des grès sur Σ (superposition) ; les galets de granite et de schiste montrent que γ et S1 sont plus anciens (inclusion). 6. Épanchement de la coulée sur les grès (superposition) ; comme elle ne cuit que les grès situés dessous, c'est bien une coulée et non un sill. 7. Dépôt des calcaires.

b) Σ matérialise une discordance angulaire : une série horizontale repose sur une série plissée et érodée. Elle correspond à une lacune, une durée non enregistrée par les sédiments, pendant laquelle se sont succédé la fin du plissement, la mise en place et le refroidissement du granite, puis son dégagement par l'érosion.

c) Le plissement est postérieur au dépôt de S1 (Paléozoïque, d'après les trilobites) et antérieur au granite qui recoupe les plis : plissement antérieur à 318 Ma. Le conglomérat et les grès sont postérieurs au granite (galets inclus, dépôt sur Σ) et antérieurs à la coulée : dépôt entre 318 Ma et 176 Ma.

d) L'auréole résulte de la cuisson de S1 par la chaleur du magma : S1 existait donc déjà quand le magma chaud est arrivé à son contact. Le granite est intrusif, postérieur à S1. Si S1 s'était déposée sur un granite ancien et froid, il n'y aurait aucune auréole, mais un contact d'érosion, avec éventuellement des galets de granite à la base de S1.

Exercice 8 — Isochrone d'un granite et point aberrant

Difficile

Document 1. Un granite recoupe des schistes contenant des fossiles du Dévonien (419 à 359 Ma) et les entoure d'une auréole de métamorphisme de contact.

Document 2. Mesures isotopiques sur le granite (λ = 1,42 × 10−11 an−1).

Échantillon87Rb/86Sr87Sr/86Sr
Feldspath potassique0,450,7119
Roche totale RT11,200,7154
Roche totale RT22,900,7234
Muscovite38,50,8908
Biotite64,00,8920

  1. 1. Montrer que quatre des cinq points sont alignés et identifier celui qui s'en écarte.
  2. 2. Calculer l'âge du granite à partir des points alignés.
  3. 3. Calculer le rapport 87Sr/86Sr initial du magma et expliquer sa signification.
  4. 4. Calculer l'âge apparent de la biotite obtenu en l'associant au feldspath potassique, puis proposer une explication à ce désaccord.
  5. 5. Confronter l'âge du granite aux données du document 1.

1. Pentes calculées à partir du feldspath potassique : RT1 : 0,7154−0,71191,20−0,45=0,00350,75≈0,00467 ; RT2 : 0,01152,45≈0,00469 ; muscovite : 0,178938,05≈0,00470 ; biotite : 0,180163,55≈0,00283. Les trois premières valeurs sont égales aux arrondis près (une erreur de 0,0001 sur un rapport, rapportée à un écart de 0,75, suffit à expliquer la petite différence) : feldspath, RT1, RT2 et muscovite sont alignés. La biotite s'écarte nettement de la droite, bien en dessous.

2. On prend les points alignés les plus éloignés, feldspath et muscovite : a≈0,00470. Comme a=eλt−1 : t=ln(1,00470)1,42×10−11=0,0046891,42×10−11≈3,30×108 ans. Le granite a environ 330 Ma. (La pente étant petite, l'approximation t≈a/λ≈331 Ma donnerait presque le même résultat.)

3. y0=0,7119−0,00470×0,45=0,7119−0,0021≈ 0,7098. C'est le rapport 87Sr/86Sr du magma au moment de la cristallisation : il est commun à tous les minéraux, car la cristallisation ne sépare pas deux isotopes d'un même élément. Il témoigne de l'histoire de la source du magma.

4. Avec le feldspath et la biotite : a′=0,8920−0,711964,0−0,45≈0,00283, d'où t′=ln(1,00283)1,42×10−11=0,0028301,42×10−11≈1,99×108 ans, soit un âge apparent d'environ 199 Ma. La biotite contient moins de 87Sr que prévu : elle a perdu du strontium radiogénique, son système s'est rouvert après la cristallisation. La biotite se ferme à une température plus basse que la muscovite et le feldspath : un réchauffement ultérieur, vers 200 Ma, a pu remettre en partie son horloge à zéro. Son âge date au mieux cette réouverture, pas la cristallisation : elle doit être exclue de l'isochrone.

5. Le granite recoupe les schistes et les a cuits (recoupement, auréole) : il est postérieur à leur dépôt, donc plus jeune que le Dévonien, au plus tard 359 Ma. L'âge de 330 Ma est inférieur à 359 Ma : chronologie relative et radiochronologie sont cohérentes ; le granite s'est mis en place au Carbonifère.

Exercice 9 — Coulée ou sill : encadrer l'âge de marnes

Difficile

Document 1. Coupe décrite de bas en haut : calcaire L à ammonites du Jurassique (201 à 145 Ma) ; basalte B1 en niveau horizontal ; marnes M ; grès H. Un filon de dolérite δ traverse L, B1 et M ; il est tronqué par une surface d'érosion sur laquelle reposent les grès H. Le calcaire L est cuit au contact de B1 ; les marnes M, au-dessus de B1, ne montrent aucune trace de cuisson.

Document 2. Datation K-Ar sur échantillons frais : B1 : 40Ar/40K = 9,50 × 10−3 ; δ : 40Ar/40K = 7,20 × 10−3. On donne t=1λln(1+9,54r), où r = 40Ar/40K et λ = 5,54 × 10−10 an−1.

  1. 1. Montrer que B1 est une coulée et non un sill, et expliquer pourquoi cette distinction est indispensable pour la suite.
  2. 2. Établir la chronologie relative de L, B1, M, δ, de l'érosion et de H.
  3. 3. Calculer les âges de B1 et de δ.
  4. 4. Encadrer l'âge de dépôt des marnes M et donner une contrainte sur l'âge des grès H.
  5. 5. Un élève conclut que le calcaire L a le même âge que B1 « puisqu'il est juste dessous ». Expliquer l'erreur et préciser l'intervalle d'âge possible de L.

1. Une coulée s'épanche à la surface : elle cuit le terrain sur lequel elle s'écoule (ici L), puis les sédiments suivants se déposent sur une lave déjà refroidie et ne sont pas cuits. Un sill, injecté entre deux couches déjà déposées, cuirait à la fois L et M. Seul L est cuit : B1 est une coulée, mise en place entre le dépôt de L et celui de M. Si B1 était un sill, il serait postérieur à M, et son âge ne fournirait plus de limite inférieure à l'âge des marnes.

2. L (base de la série, superposition) → B1 épanchée sur L (superposition, cuisson de L) → M déposées sur B1 (superposition) → δ, qui traverse L, B1 et M (recoupement) → érosion qui tronque δ (recoupement) → H déposé sur la surface d'érosion (superposition).

3. B1 : 1+9,54×9,50×10−3=1,09063 ; t=ln(1,09063)5,54×10−10=0,086765,54×10−10≈1,57×108 ans, soit environ 157 Ma. δ : 1+9,54×7,20×10−3=1,06869 ; t=0,066435,54×10−10≈1,20×108 ans, soit environ 120 Ma.

4. M est postérieur à B1 (superposition) et antérieur à δ (recoupement) : M s'est déposé entre 157 et 120 Ma. H repose sur la surface d'érosion qui tronque δ : H a moins de 120 Ma.

5. Le principe de superposition ne donne qu'un ordre : L est plus ancien que B1, donc a plus de 157 Ma, mais une durée inconnue, voire une lacune, peut séparer la fin du dépôt de L et l'épanchement de B1. Les ammonites indiquent le Jurassique (201 à 145 Ma). En combinant : L s'est déposé entre 201 et 157 Ma.

Exercice 10 — L'âge des météorites et de la Terre

Difficile

Les chondrites sont des météorites considérées comme des fragments du matériau à partir duquel se sont formées les planètes du Système solaire.

Document 1. Mesures sur quatre chondrites (λ = 1,42 × 10−11 an−1).

Chondrite87Rb/86Sr87Sr/86Sr
C10,200,7123
C20,800,7524
C31,500,7991
C42,100,8392

Document 2. Les plus anciens minéraux terrestres connus, des zircons, ont environ 4,4 Ga ; les plus anciennes roches terrestres, environ 4,0 Ga.

  1. 1. Montrer que les quatre points sont alignés et calculer la pente de la droite.
  2. 2. Calculer l'âge obtenu.
  3. 3. Un élève utilise t≈aλ. Calculer le résultat qu'il obtient et expliquer pourquoi cette approximation est ici inadaptée.
  4. 4. Préciser les hypothèses nécessaires pour interpréter cette droite comme une isochrone.
  5. 5. Expliquer pourquoi on retient cet âge comme âge de la Terre, alors qu'aucune roche terrestre n'est aussi ancienne.

1. Pentes entre points successifs : C1C2 : 0,04010,60≈0,0668 ; C2C3 : 0,04670,70≈0,0667 ; C3C4 : 0,04010,60≈0,0668. Elles sont égales aux arrondis près : les points sont alignés. Avec C1 et C4 : a=0,8392−0,71232,10−0,20=0,12691,90≈ 0,0668.

2. t=ln(1+a)λ=ln(1,0668)1,42×10−11=0,064661,42×10−11≈4,55×109 ans. Les chondrites ont environ 4,55 Ga.

3. L'élève obtient 0,06681,42×10−11≈4,70×109 ans, soit 0,15 Ga de trop (environ 3 %). L'approximation ln(1+a)≈a n'est valable que si a est très petit devant 1 ; ici a≈0,07 n'est plus négligeable, et comme $\ln(1 + a) < a$, l'approximation surestime l'âge. Pour une pente de 0,002, l'écart serait d'environ 0,1 % seulement.

4. Les chondrites doivent être cogénétiques : formées au même moment à partir d'un même réservoir isotopiquement homogène, donc avec le même rapport 87Sr/86Sr initial (≈ 0,699), mais avec des rapports Rb/Sr différents. Elles doivent aussi être restées des systèmes clos depuis leur formation : ni gain ni perte de rubidium ou de strontium, pas de réchauffement ultérieur.

5. La Terre s'est formée en même temps que les autres corps du Système solaire, à partir du même matériau : son âge est donc celui des chondrites, environ 4,55 Ga. Ses roches initiales n'ont pas été conservées : l'activité interne (fusion, recyclage de la lithosphère) et l'érosion les ont détruites ou transformées. Les plus anciens matériaux terrestres (zircons de 4,4 Ga, roches de 4,0 Ga) sont plus jeunes que 4,55 Ga, ce qui est cohérent.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

Prof de SVT à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs