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Spécialité SES · Classe de Terminale

Comment les inégalités économiques et sociales se sont-elles transformées ?

Mesure, évolution et facteurs des inégalités de revenus, de patrimoine et de conditions de vie en France et dans le monde — programme de Spécialité SES Terminale

À propos de cette page
Cette évaluation sur « Comment les inégalités économiques et sociales se sont-elles transformées ? » en terminale permet de faire le point sur ses connaissances en spécialité ses, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de terminale et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : Définir et distinguer les inégalités économiques et sociales, Mesurer les inégalités : indicateurs et outils statistiques, L'évolution des inégalités de revenus en France et dans le monde, Les inégalités de patrimoine : une concentration persistante. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale en spécialité ses.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 60 min · Noté sur 20
60:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Mobilisation des connaissances (EC1)

/ 4 pts

Répondez aux deux questions de manière rédigée et structurée, en mobilisant vos connaissances de cours (aucun document n'est fourni).

  1. (2 points) Vous montrerez que les inégalités de patrimoine sont plus fortes et plus difficiles à réduire que les inégalités de revenus.
  2. (2 points) À l'aide de deux exemples, vous présenterez deux instruments distincts par lesquels les pouvoirs publics cherchent à réduire les inégalités.

Exercice 2 — Étude d'un document chiffré (EC2)

/ 4 pts

Lisez le document, puis répondez aux questions en prélevant des données précises et en les interprétant.

  1. (2 pts) Faites une lecture précise du document : donnez, pour deux pays, le Gini des revenus disponibles et le niveau de dépenses sociales correspondant.
  2. (2 pts) Le document permet-il d'affirmer que des dépenses sociales plus élevées font baisser les inégalités ? Justifiez votre réponse en distinguant corrélation et causalité.

Exercice 3 — Raisonnement appuyé sur un dossier documentaire (EC3)

/ 8 pts

Rédigez un raisonnement organisé (introduction, développement argumenté en deux temps, conclusion) répondant au sujet, en exploitant les deux documents et vos connaissances.

  1. Sujet : Vous montrerez que la redistribution ne suffit pas, à elle seule, à réduire l'ensemble des inégalités.

  2. Document 1. « En France, les transferts et les prélèvements réduisent fortement les inégalités monétaires : le Gini passe d'environ 0,49 avant redistribution à 0,29 après. Mais cette redistribution agit surtout sur les revenus courants. Les inégalités de patrimoine, alimentées par l'héritage et le rendement du capital, restent très élevées et progressent. De même, les écarts d'espérance de vie entre cadres et ouvriers, ou les inégalités d'accès au diplôme selon l'origine sociale, ne se résorbent pas mécaniquement avec les seuls transferts monétaires. »
  3. Document 2. « Réduire durablement les inégalités suppose d'agir en amont, sur les inégalités des chances : qualité de l'école dans les quartiers défavorisés, accès aux soins, lutte contre les discriminations à l'embauche. Les services publics (éducation, santé) jouent ici un rôle de réduction des inégalités de conditions de vie que les prestations en espèces ne peuvent assurer seules. Mais ces politiques se heurtent au débat sur l'arbitrage entre équité et efficacité, et leurs effets ne s'observent qu'à long terme. »

Exercice 4 — Question de réflexion synthétique

/ 4 pts

Répondez en une dizaine de lignes argumentées, en prenant appui sur au moins un mécanisme et un exemple chiffré.

  1. (4 points) Une baisse de la pauvreté relative traduit-elle toujours une amélioration de la situation des plus modestes ? Vous nuancerez votre réponse.
Corrigé détaillé

Exercice 1 — Mobilisation des connaissances (EC1)
Éléments attendus.
Question 1 (2 pts). Attendre une comparaison appuyée sur des ordres de grandeur : le Gini du patrimoine (≈ 0,65) est très supérieur au Gini des revenus disponibles (≈ 0,29) ; les 10 % les mieux dotés détiennent environ la moitié du patrimoine. Mécanismes de plus grande rigidité : le patrimoine se transmet par héritage et donations, se cumule dans le temps et produit un rendement (effet boule de neige, $r > g$ de Piketty), tandis que les revenus du travail sont plus directement compressés par la redistribution courante (impôt sur le revenu, prestations). Valoriser une réponse qui distingue stock (patrimoine) et flux (revenus).
Question 2 (2 pts). Deux instruments distincts attendus parmi : (1) la redistribution monétaire (impôt progressif sur le revenu, prestations sociales sous condition de ressources) ; (2) les services publics / le salaire socialisé (école gratuite, santé universelle) qui réduisent les inégalités de conditions de vie sans transfert monétaire ; (3) la fiscalité du patrimoine et des successions ; (4) les politiques d'égalité des chances / lutte contre les discriminations (éducation prioritaire, testing, bourses). Exiger un exemple concret par instrument et que les deux relèvent de logiques différentes.

Exercice 2 — Étude d'un document chiffré (EC2)
Éléments attendus.
Lecture (2 pts). Exiger des phrases correctes mentionnant l'unité et l'année (illustrative). Exemple : « Aux États-Unis, le Gini des revenus disponibles est de 0,41 alors que les dépenses sociales ne représentent que 18 % du PIB ; au Danemark, le Gini est de 0,28 pour 28 % du PIB de dépenses sociales. » Tout couple correctement lu est valorisé.
Interprétation (2 pts). On observe une corrélation négative : les pays qui dépensent le plus en protection sociale ont, dans l'échantillon, un Gini disponible plus faible. Mais le document ne suffit pas à prouver une causalité : (1) il s'agit de données en coupe sur peu de pays, sans contrôle d'autres facteurs (structure des revenus primaires, marché du travail, démographie) ; (2) le sens de la relation pourrait être discuté ; (3) on ne dispose pas du Gini primaire, donc on ne mesure pas directement l'effet redistributif. Conclusion attendue : la corrélation est cohérente avec un effet réducteur de la redistribution, mais ne le démontre pas à elle seule.

Exercice 3 — Raisonnement appuyé sur un dossier documentaire (EC3)
Plan indicatif et éléments attendus.
Introduction. Définir redistribution (verticale/horizontale) et inégalités (économiques et sociales, de résultat et des chances) ; poser le paradoxe : la redistribution réduit nettement les inégalités monétaires courantes mais laisse subsister d'autres inégalités. Annonce du plan.

1) La redistribution réduit efficacement les inégalités de revenus courants (doc 1). Le Gini passe d'environ 0,49 (primaire) à 0,29 (disponible) : l'impôt progressif et les prestations compriment fortement les écarts de revenu disponible. C'est un acquis majeur de l'État-providence.

2) Mais elle laisse subsister, voire ne traite pas, d'autres inégalités. (a) Les inégalités de patrimoine (héritage, rendement du capital, $r > g$) échappent largement à la redistribution des revenus courants et progressent (doc 1). (b) Les inégalités de conditions de vie et des chances — espérance de vie cadre/ouvrier, accès au diplôme selon l'origine sociale, discriminations — ne se résorbent pas par les seuls transferts monétaires (doc 1 et 2). (c) Les services publics et les politiques d'égalité des chances (école, santé, lutte contre les discriminations) sont nécessaires pour agir en amont, mais leurs effets sont de long terme et se heurtent au débat équité/efficacité (doc 2).

Conclusion. La redistribution monétaire est un instrument puissant mais partiel : réduire l'ensemble des inégalités exige aussi d'agir sur le patrimoine, les services publics et l'égalité des chances. Ouverture possible sur l'arbitrage équité/efficacité ou sur la fiscalité du patrimoine.
Barème : maîtrise des notions et exploitation des deux documents (≈ 5 pts), structure et argumentation (≈ 3 pts), mobilisation de connaissances personnelles pertinentes (≈ 2 pts).

Exercice 4 — Question de réflexion synthétique
Éléments attendus.
La réponse doit être nuancée (ni « oui » ni « non » tranché).
Rappel de la définition. Le taux de pauvreté relative mesure la part de la population vivant sous 60 % du niveau de vie médian. Il dépend donc du médian, et pas seulement des revenus des plus pauvres.
Cas où la baisse est trompeuse. En période de crise touchant l'ensemble de la population, le médian peut baisser : le seuil de pauvreté baisse aussi, si bien que des ménages « sortent » statistiquement de la pauvreté alors que leur situation réelle se dégrade. Inversement, la pauvreté relative peut augmenter en période de croissance si le médian progresse plus vite que les bas revenus. (Exemple type : la crise de 2020, où le maintien des revenus médians a stabilisé le taux sans que les conditions de vie de tous s'améliorent.)
Limites de l'indicateur. Il ne dit rien de la profondeur de la pauvreté (à quelle distance du seuil vivent les pauvres) ni des inégalités non monétaires (logement, santé, accès aux soins).
Conclusion attendue. Une baisse du taux de pauvreté relative peut signaler une amélioration réelle, mais doit être interprétée avec prudence en la croisant avec d'autres indicateurs (pauvreté absolue, intensité de la pauvreté, conditions de vie).

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