Mesure, évolution et facteurs des inégalités de revenus, de patrimoine et de conditions de vie en France et dans le monde — programme de Spécialité SES Terminale
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Épreuve composée — Partie 1 (EC1) : Mobilisation des connaissances
Corrigé EC1 :
Q1 — Inégalités cumulatives (3 pts) :
• Définition : Les inégalités cumulées désignent une situation où plusieurs désavantages se renforcent mutuellement chez les mêmes individus ou groupes.
• Mécanisme : Un faible revenu (inégalité économique) limite l'accès à un logement de qualité (inégalité de logement), ce qui nuit à la santé (inégalité sanitaire) et à la réussite scolaire (inégalité éducative), réduisant les perspectives d'emploi et de revenus futurs → cercle vicieux.
• Exemple attendu : Espérance de vie selon la catégorie sociale (6–7 ans d'écart entre ouvriers et cadres), taux de réussite scolaire selon l'origine sociale (3× plus de chances d'obtenir un diplôme du supérieur pour un enfant de cadre).
Q2 — Mondialisation et inégalités (3 pts) :
• Inégalités inter-pays : La mondialisation a favorisé le rattrapage des pays émergents (Chine, Inde), dont la croissance rapide a élevé le revenu de milliards de personnes. Les inégalités entre pays riches et pauvres se sont donc globalement réduites depuis 1990.
• Inégalités intra-pays : Dans les pays développés, la concurrence des économies à bas salaires a comprimé les salaires des travailleurs peu qualifiés (délocalisations, outsourcing), tandis que les travailleurs qualifiés et les détenteurs de capital ont vu leurs revenus progresser. Résultat : des inégalités internes accrues.
• Nuance : Des pays émergents (Chine) ont aussi connu une hausse des inégalités internes malgré la croissance.
Exercice 2 — Épreuve composée — Partie 2 (EC2) : Étude d'un document
Corrigé EC2 :
Présentation du document (1 pt) : Extrait du World Inequality Report 2022, source internationale de référence sur la mesure des inégalités mondiales de revenus. Il présente la répartition du revenu mondial entre groupes de population.
Analyse des données (3 pts) :
• Inégalités fortes : Les 10 % les plus riches captent 52 % du revenu mondial, contre 8,5 % pour les 50 % les plus pauvres. Le rapport est saisissant : 10 % de la population perçoit 6× plus que 50 % de la population réunie. Le 1 % le plus riche seul concentre 19 % du revenu total.
• Évolution haussière générale : La part du 1 % le plus riche a augmenté dans la majorité des pays depuis 1990, illustrant la thèse de Piketty (r > g) et l'essor des revenus du capital.
• Contrastes selon les pays : Les États-providence développés (Europe du Nord) ont partiellement amorti ces tendances grâce à la redistribution, alors que les pays anglo-saxons (États-Unis, Royaume-Uni) et les pays en développement connaissent des hausses marquées. Cela souligne le rôle crucial des institutions redistributives nationales.
Exercice 3 — Épreuve composée — Partie 3 (EC3) : Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire
Corrigé EC3 — Plan et éléments attendus :
Introduction : Accroche (ex. : citation ou donnée frappante), définitions (inégalités cumulatives, redistribution), annonce du plan.
I. Les inégalités économiques et sociales s'alimentent mutuellement (mécanismes cumulatifs)
• 1a. Les inégalités de revenus engendrent des inégalités de conditions de vie : Doc. 1 → hausse du Gini primaire. Les inégalités de revenus primaires (revenus du capital > revenus du travail, précarisation) se répercutent sur le logement, l'alimentation, la santé.
• 1b. Inégalités de santé et d'éducation s'auto-entretiennent : Doc. 2 → 6–7 ans d'écart d'espérance de vie. Doc. 3 → 3× plus de chances pour un enfant de cadre. Bourdieu : capital culturel transmis familialement renforce les inégalités scolaires. Santé dégradée → absentéisme → moindre diplôme → faible revenu → mauvaise santé.
II. Les politiques publiques atténuent mais ne suppriment pas les inégalités
• 2a. La redistribution comprime les inégalités de revenus : Doc. 1 → Gini stable à 0,29 grâce à une réduction de 0,19 point. Impôts progressifs, minima sociaux (RSA), allocations familiales. Mais : les très hauts revenus bénéficient de niches fiscales, les revenus du capital sont moins taxés que le travail.
• 2b. Les politiques d'égalité des chances restent insuffisantes : Doc. 3 → REP+ n'ont pas supprimé les écarts de réussite. Limites : les politiques scolaires compensent partiellement les inégalités de capital culturel familial, mais ne s'attaquent pas aux inégalités de revenus et de patrimoine en amont. De plus, les inégalités de patrimoine (Gini ≈ 0,65) restent hors de portée de la redistribution des revenus.
Conclusion : Les inégalités forment un système cohérent et auto-reproducteur. La redistribution française a permis de stabiliser les inégalités de revenus disponibles, mais n'a pas réduit les inégalités de patrimoine ni les inégalités de conditions de vie (santé, éducation). Des politiques plus ambitieuses (impôt sur l'héritage, investissement massif en éducation, réduction des inégalités primaires) seraient nécessaires pour briser les cercles vicieux.
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