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Spécialité SES · Classe de Terminale

Comment les inégalités économiques et sociales se sont-elles transformées ?

Mesure, évolution et facteurs des inégalités de revenus, de patrimoine et de conditions de vie en France et dans le monde — programme de Spécialité SES Terminale

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Comment les inégalités économiques et sociales se sont-elles transformées ? » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité ses. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Définir et distinguer les inégalités économiques et sociales, Mesurer les inégalités : indicateurs et outils statistiques, L'évolution des inégalités de revenus en France et dans le monde, Les inégalités de patrimoine : une concentration persistante. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité ses en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Calculer les indicateurs d'inégalités

Pour chaque cas, posez la formule, effectuez le calcul, puis donnez le résultat arrondi à une décimale et son interprétation en une phrase.

  1. Dans un pays, le neuvième décile de niveau de vie est de 39 600 € et le premier décile de 11 000 € : calculez le rapport interdécile D9/D1 et interprétez-le.
  2. Le niveau de vie médian d'un pays est de 24 500 €/an : calculez le seuil de pauvreté relative (60 % du médian) et précisez ce qu'il signifie.
  3. Le patrimoine médian d'un ménage est de 120 000 € et le patrimoine moyen de 290 000 € : que révèle l'écart entre moyenne et médiane sur la forme de la distribution ?
  4. Les 10 % les plus aisés détiennent 50 % du patrimoine total et les 50 % les plus modestes en détiennent 7 % : que peut-on en conclure sur la concentration du patrimoine ?
Méthode. Un rapport interdécile se lit comme un multiple (« combien de fois plus »), un seuil de pauvreté comme un montant, et l'écart moyenne/médiane renseigne sur l'asymétrie d'une distribution.

D9/D1 = 39 600 / 11 000 = 3,6. Les 10 % les plus aisés disposent d'un niveau de vie minimal 3,6 fois supérieur au niveau de vie maximal des 10 % les plus modestes : c'est une mesure de l'écart entre les extrêmes de la distribution.

Seuil de pauvreté relative = 0,60 × 24 500 = 14 700 €/an (soit ≈ 1 225 €/mois). Toute personne vivant en dessous de ce montant est comptée comme pauvre au sens relatif (référence aux standards de vie de la société, et non aux besoins vitaux).

Moyenne > médiane. La moyenne (290 000 €) est très supérieure à la médiane (120 000 €) : la distribution est asymétrique vers la droite. Quelques très gros patrimoines tirent la moyenne vers le haut, alors que la moitié des ménages possède moins de 120 000 €. La médiane décrit donc mieux le ménage « typique » que la moyenne.

Concentration. Si 10 % détiennent 50 % du patrimoine et 50 % n'en détiennent que 7 %, la répartition est très inégalitaire : la part détenue par le décile supérieur est environ 7 fois sa part « égalitaire » (qui serait de 10 %), tandis que la moitié inférieure pèse 7 fois moins que sa part égalitaire (qui serait de 50 %). La courbe de Lorenz du patrimoine s'écarte donc fortement de la diagonale d'égalité.

Exercice 2 — Lire une courbe de Lorenz

Observez la courbe de Lorenz ci-dessous et répondez aux questions de lecture et d'interprétation.

  1. Faites une phrase de lecture du point (40 ; 18) de la distribution observée.
  2. Que représente la diagonale en pointillés et que signifierait une courbe confondue avec elle ?
  3. Comment évolue le coefficient de Gini quand la courbe observée s'éloigne de la diagonale ? Justifiez à partir de la définition du Gini.
Méthode. Sur une courbe de Lorenz, l'axe des abscisses cumule la population (du plus pauvre au plus riche) et l'axe des ordonnées la part de revenu détenue.

Lecture du point (40 ; 18). Les 40 % les plus modestes de la population ne détiennent que 18 % du revenu total. Comme une part « équitable » serait de 40 %, ce groupe est nettement sous-doté : c'est le signe d'une inégalité.

La diagonale représente l'égalité parfaite : à chaque part de population correspond une part identique de revenu (20 % de la population = 20 % du revenu, etc.). Une courbe observée confondue avec la diagonale signifierait que tout le monde a exactement le même revenu (Gini = 0).

Gini. Le coefficient de Gini est égal à l'aire comprise entre la diagonale et la courbe de Lorenz, rapportée à l'aire totale du triangle ($G = A/(A+B)$). Plus la courbe s'éloigne de la diagonale, plus l'aire A augmente, donc plus le Gini se rapproche de 1 : les inégalités sont plus fortes. À l'inverse, une courbe collée à la diagonale donne un Gini proche de 0.

Exercice 3 — Distinguer les notions du chapitre

Pour chaque couple de notions, expliquez en deux ou trois phrases ce qui les distingue, à l'aide d'un exemple.

  1. Inégalités de résultat / inégalités des chances.
  2. Pauvreté absolue / pauvreté relative.
  3. Redistribution verticale / redistribution horizontale.
  4. Revenu primaire / revenu disponible.
Méthode. Pour distinguer deux notions, donnez le critère qui les sépare, puis un exemple qui rend la distinction concrète.

Résultat / chances. Les inégalités de résultat sont les écarts effectivement observés (de revenu, de diplôme, de santé). Les inégalités des chances portent sur l'inégal accès aux moyens de réussir, indépendamment du mérite. Exemple : deux élèves peuvent obtenir des notes différentes (résultat) ; mais si l'un dispose d'un environnement familial favorable et l'autre non, l'égalité des chances n'est pas respectée en amont.

Absolue / relative. La pauvreté absolue est l'impossibilité de couvrir des besoins vitaux (seuil Banque mondiale ≈ 2,15 $/jour). La pauvreté relative se définit par rapport au niveau de vie médian de la société (60 % en France). Exemple : une personne au-dessus du seuil de subsistance peut être pauvre relativement en France si elle vit avec moins de 60 % du médian.

Verticale / horizontale. La redistribution verticale transfère des ménages aisés vers les ménages modestes (impôt progressif, prestations sous condition de ressources) et modifie la hiérarchie des revenus. La redistribution horizontale couvre des risques (maladie, vieillesse) sans nécessairement transférer des riches vers les pauvres. Exemple : l'allocation de rentrée scolaire est verticale, le remboursement des soins par l'Assurance maladie est largement horizontal.

Primaire / disponible. Le revenu primaire est issu de la participation à la production (salaires, revenus du capital, revenus mixtes) avant intervention de l'État. Le revenu disponible s'obtient en ajoutant les prestations et en retirant les prélèvements (impôts, cotisations). Exemple : un retraité a un revenu primaire faible mais un revenu disponible plus élevé grâce aux pensions.

Exercice 4 — Expliquer des mécanismes

Rédigez pour chaque question une réponse argumentée et structurée d'une dizaine de lignes.

  1. Expliquez le mécanisme par lequel le progrès technique biaisé en faveur des qualifications accroît les inégalités salariales.
  2. Montrez comment l'héritage contribue à la reproduction des inégalités de patrimoine.
  3. Expliquez pourquoi les inégalités de conditions de vie tendent à se cumuler et à se renforcer mutuellement.
Méthode. Un mécanisme s'expose en chaîne : cause → enchaînement → effet sur les inégalités, illustré par un exemple.

Progrès technique biaisé. L'automatisation et la numérisation remplacent surtout les tâches routinières exercées par des travailleurs peu qualifiés, tout en augmentant la productivité des travailleurs qualifiés (qui complètent les machines). La demande relative de travail qualifié augmente, sa rémunération aussi ; à l'inverse, la demande de travail peu qualifié baisse, ce qui pèse sur ses salaires. L'écart de salaires se creuse, donc les inégalités de revenus du travail augmentent.

Héritage. Le patrimoine accumulé par une génération est transmis (successions, donations) à la suivante. Les ménages déjà aisés transmettent davantage, et le capital reçu produit lui-même des revenus (loyers, dividendes) et facilite l'accès au crédit (effet de levier). Les héritiers partent ainsi avec une avance que le seul travail ne permet pas de rattraper : les positions patrimoniales se reproduisent d'une génération à l'autre. C'est cohérent avec la thèse de Piketty : tant que $r > g$, le poids des patrimoines hérités s'accroît.

Cumul. Un faible revenu contraint à un logement précaire ; un logement précaire (humidité, surpeuplement, bruit) dégrade la santé et les conditions d'étude ; une moins bonne santé et un diplôme plus faible réduisent l'accès à un emploi stable et bien rémunéré, donc le revenu. Chaque désavantage devient cause des autres : on obtient un cercle vicieux qui explique la persistance des situations de pauvreté, alors que les inégalités prises isolément seraient plus facilement surmontables.

Exercice 5 — Comparer deux pays à partir de données

Exploitez le tableau de données ci-dessous pour répondre aux questions, en distinguant systématiquement avant et après redistribution.

  1. Calculez pour chaque pays la réduction du Gini entre revenus primaires et revenus disponibles, et dites lequel redistribue le plus.
  2. Le pays A et le pays B ont des Gini primaires proches. Comment expliquer l'écart de leurs Gini disponibles ?
  3. Le pays B a un taux de pauvreté relative plus élevé que le pays A. Ce résultat est-il cohérent avec les autres données du tableau ? Justifiez.
  4. Peut-on conclure du tableau que le pays A est globalement « plus juste » que le pays B ? Discutez les limites de cette conclusion.
Méthode. Comparez d'abord les niveaux, puis raisonnez sur les écarts (avant/après) avant de prendre du recul critique.

Réduction du Gini. Pays A : 0,49 − 0,29 = 0,20 point de réduction. Pays B : 0,46 − 0,39 = 0,07 point. Le pays A redistribue donc nettement plus (sa fiscalité et ses transferts compriment beaucoup plus les inégalités primaires).

Écart des Gini disponibles. Bien que les inégalités primaires soient comparables, le pays A consacre une part bien plus élevée de son PIB à la protection sociale (31 % contre 19 %). Un État-providence plus développé (impôts progressifs, prestations) explique que le pays A parvienne à un Gini disponible beaucoup plus faible.

Cohérence. Oui : un pays qui redistribue peu (B) laisse subsister davantage d'inégalités après transferts, donc davantage de ménages sous le seuil de 60 % du médian. Un taux de pauvreté relative plus élevé (18 % contre 14 %) est cohérent avec un Gini disponible plus élevé et des dépenses sociales plus faibles.

Limites. On ne peut pas conclure de façon absolue que A est « plus juste » : (1) un faible Gini peut s'accompagner d'une croissance ou d'un niveau de vie médian plus bas — le tableau ne donne pas les niveaux de revenu ; (2) la « justice » dépend de la conception retenue (égalité des chances vs égalité des résultats) ; (3) le tableau ignore d'autres dimensions (patrimoine, santé, éducation, libertés). La comparaison renseigne sur l'intensité de la redistribution, pas sur le bien-être global.

Exercice 6 — Étude de document — la concentration du patrimoine

Lisez le document, puis répondez aux questions en prélevant des données précises et en mobilisant vos connaissances sans paraphraser le texte.

  1. Relevez deux données chiffrées du document montrant la concentration du patrimoine en France.
  2. Distinguez, à partir du texte, les deux grandes origines du patrimoine évoquées.
  3. Expliquez la phrase soulignée : « le rendement des actifs permet aux patrimoines élevés de croître plus vite que les revenus tirés du travail ». À quel auteur et à quelle inégalité célèbre cela renvoie-t-il ?
  4. En quoi la hausse de la part du patrimoine dans le revenu national « redonne-t-elle du poids à la richesse héritée » ? Mobilisez vos connaissances pour répondre.
Méthode. On prélève d'abord, on interprète ensuite, en reliant le document au cours sans le recopier.

Données. Les 10 % les mieux dotés possèdent environ 50 % du patrimoine total ; le 1 % le plus fortuné en détient près de 16 % ; la moitié la moins dotée n'en a que quelques pour cent. Ces chiffres confirment que la distribution du patrimoine est très concentrée au sommet.

Deux origines. Le texte distingue (1) le patrimoine constitué par l'épargne accumulée au cours de la vie de travail et (2) le patrimoine issu des transmissions familiales (héritages et donations). Le document souligne que la seconde origine est « déterminante ».

Phrase soulignée. Les actifs (immobilier, actions, épargne financière) procurent un rendement (loyers, dividendes, plus-values). Si ce rendement du capital ($r$) est supérieur au taux de croissance de l'économie ($g$), les patrimoines déjà constitués augmentent plus vite que les revenus du travail. Cela renvoie à Thomas Piketty et à la relation $r > g$ (Le Capital au XXIe siècle), qui décrit une tendance à l'accroissement des inégalités de patrimoine.

Poids de la richesse héritée. Quand la part du patrimoine dans le revenu national augmente, le stock de richesse devient grand par rapport aux flux de revenus annuels du travail. Les transmissions (qui portent sur ce stock) pèsent alors davantage dans la position sociale des individus : la réussite dépend de plus en plus de ce que l'on reçoit, et de moins en moins du seul travail. On parle d'un possible retour d'une société d'héritiers (ou « patrimoniale »), où l'origine sociale détermine fortement la trajectoire.
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