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Spécialité SES · Classe de Terminale

Comment expliquer la mobilité sociale ?

Mesure, déterminants et enjeux de la mobilité sociale dans la société française (programme de Terminale SES)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Comment expliquer la mobilité sociale ? » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité ses. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : La mobilité sociale : définitions et enjeux, Les outils de mesure de la mobilité sociale, Mobilité observée et fluidité sociale, Les déterminants de la mobilité sociale. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité ses en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Lire une table de mobilité

À partir de la table de destinée ci-dessous, lisez et calculez les données demandées en précisant à chaque fois ce que représente le chiffre.

  1. Faites une phrase exprimant correctement la signification du chiffre « 45 » situé sur la première ligne (fils de cadres).
  2. Pour 100 fils d'ouvriers, combien ont connu une mobilité ascendante vers le groupe des cadres ou des professions intermédiaires ?
  3. Calculez le taux d'immobilité (ou de reproduction) des fils d'ouvriers et celui des fils de cadres, puis comparez-les.
  4. Cette table est-elle une table de destinée ou de recrutement ? Justifiez en une phrase à partir de sa lecture.
Méthode. Une table de destinée se lit toujours en ligne : on part d'une origine sociale (le père) et on regarde ce que deviennent ses fils. Le total de chaque ligne fait 100 %.

Lecture du « 45 ». Sur 100 fils de cadres, 45 sont eux-mêmes cadres. C'est un cas d'immobilité / reproduction sociale au sommet de la hiérarchie.

Mobilité ascendante des fils d'ouvriers. Vers cadre (10) + vers profession intermédiaire (23) = 33 fils sur 100 ont connu une promotion sociale vers les deux catégories supérieures.

Taux d'immobilité. Fils d'ouvriers restés ouvriers : 45 % ; fils de cadres restés cadres : 45 %. Les deux taux sont égaux (45 %), ce qui montre une forte reproduction aux deux extrêmes de la hiérarchie sociale : la position d'origine pèse lourdement sur la destinée.

Type de table. C'est une table de destinée : chaque ligne part d'une PCS de père et se répartit (total 100 %) entre les PCS des fils ; elle répond à la question « que deviennent les fils de… ? ».

Exercice 2 — Distinguer les formes de mobilité

Pour chaque situation, qualifiez la mobilité sociale en jeu (ascendante, descendante/déclassement, horizontale, ou immobilité) et précisez s'il s'agit de mobilité inter- ou intragénérationnelle.

  1. Fille d'une employée de banque, Léa devient médecin hospitalier.
  2. Fils d'un cadre supérieur, Marc occupe un poste d'ouvrier qualifié après l'échec de ses études.
  3. Recruté comme manutentionnaire à 20 ans, Karim devient chef d'équipe logistique à 40 ans.
  4. Fils d'un instituteur, Paul devient à son tour professeur des écoles.
  5. Technicienne en électronique, Nadia change d'entreprise pour un poste de technicienne en informatique au même niveau de qualification.
Méthode. Pour qualifier la mobilité, comparez deux positions : si la comparaison se fait avec les parents, la mobilité est intergénérationnelle ; si elle se fait au cours de la carrière du même individu, elle est intragénérationnelle. Puis jugez le sens (vers le haut, vers le bas, ou rang inchangé).

• Léa (employée → médecin) : mobilité ascendante intergénérationnelle (promotion sociale par rapport à la mère).
• Marc (fils de cadre → ouvrier) : mobilité descendante intergénérationnelle, c'est-à-dire un déclassement par rapport au père.
• Karim (manutentionnaire → chef d'équipe) : mobilité ascendante intragénérationnelle (mobilité de carrière, promotion au cours de la vie active).
• Paul (fils d'instituteur → professeur des écoles) : immobilité (reproduction) intergénérationnelle : il occupe une position équivalente à celle de son père.
• Nadia (technicienne → technicienne) : mobilité horizontale intragénérationnelle : changement de métier sans modification du rang social.

Exercice 3 — Vrai ou faux justifié sur la mesure

Indiquez si chaque affirmation est vraie ou fausse et justifiez systématiquement par le mécanisme ou la définition pertinente.

  1. « Une hausse du taux de mobilité brute prouve que l'égalité des chances a progressé. »
  2. « Un odds ratio égal à 1 traduit une fluidité sociale parfaite. »
  3. « La tertiarisation de l'économie est un effet de structure qui gonfle la mobilité observée. »
  4. « La table de recrutement se lit en ligne et indique ce que deviennent les fils d'une catégorie. »
Méthode. Pour chaque item, distinguez ce qui relève de la mobilité brute (observée) de ce qui relève de la fluidité (mobilité nette des effets de structure).

Faux. Une hausse de la mobilité brute peut provenir uniquement de l'effet de structure (transformation des emplois). Pour conclure sur l'égalité des chances, il faut mesurer la fluidité sociale via les odds ratios. En France, la mobilité brute a augmenté alors que la fluidité est restée stable.

Vrai. Un odds ratio de 1 signifie que les chances relatives d'accéder à une position sont identiques quelle que soit l'origine sociale : c'est la fluidité parfaite (égalité des chances).

Vrai. La tertiarisation augmente le nombre de postes qualifiés (cadres, professions intermédiaires) et réduit l'emploi ouvrier : des fils d'ouvriers accèdent mécaniquement à des positions supérieures, ce qui gonfle la mobilité observée sans hausse de fluidité.

Faux. La table qui se lit en ligne et indique ce que deviennent les fils est la table de destinée. La table de recrutement se lit en colonne et indique d'où viennent les membres actuels d'une catégorie.

Exercice 4 — Identifier l'auteur et sa thèse

Pour chaque analyse, identifiez l'auteur ou l'approche concernée et reformulez le mécanisme explicatif de la reproduction des inégalités.

  1. Les familles populaires choisissent des filières plus courtes car le coût perçu des études longues est élevé et le bénéfice attendu incertain.
  2. L'école valorise une culture légitime que seuls les enfants des classes supérieures maîtrisent, et fait percevoir cet avantage comme du mérite.
  3. Une part croissante des jeunes générations occupe une position sociale inférieure à celle de leur père.
  4. Disposer d'un réseau de simples connaissances permet d'accéder à des informations nouvelles sur les emplois disponibles.
Méthode. Repérez le levier mis en avant : stratégies rationnelles des acteurs renvoie à Boudon, transmission culturelle et habitus à Bourdieu, réseaux à Granovetter.

• Choix de filières courtes par calcul coût/bénéfice → Raymond Boudon : c'est l'effet secondaire des inégalités scolaires, lié aux stratégies d'orientation rationnelles des familles selon leur position sociale.

• L'école valorise la culture légitime et la fait passer pour du mérite → Pierre Bourdieu (et Passeron) : transmission du capital culturel et violence symbolique ; les dominés intériorisent leur échec comme naturel.

• Des jeunes en position inférieure à celle du père → Camille Peugny : analyse du déclassement intergénérationnel touchant les jeunes générations.

• Réseau de connaissances donnant accès à de l'information sur les emplois → Mark Granovetter : force des liens faibles, qui relient à des cercles sociaux différents et transmettent des informations nouvelles.

Exercice 5 — Raisonner sur l'effet de structure

Mobilisez le mécanisme de l'effet de structure pour répondre à chaque question de manière rédigée et chiffrée lorsque c'est demandé.

  1. Entre 1960 et aujourd'hui, la part des ouvriers dans la population active est passée d'environ 40 % à 20 %. Expliquez pourquoi cette évolution force, à elle seule, une partie des fils d'ouvriers à changer de PCS.
  2. Dans un pays imaginaire parfaitement rigide (aucune fluidité), peut-on néanmoins observer de la mobilité brute si la structure des emplois se transforme ? Justifiez.
  3. Pourquoi, pour comparer la fluidité sociale entre deux pays ou deux époques, est-il indispensable de neutraliser l'effet de structure ?
Méthode. L'effet de structure désigne la part de la mobilité observée imposée par la seule transformation de la structure des emplois, indépendamment de toute égalisation des chances.

Baisse de l'emploi ouvrier. Si les postes d'ouvriers se raréfient (40 % → 20 %), il n'y a plus assez de places pour que tous les fils d'ouvriers deviennent ouvriers à leur tour. Une partie d'entre eux est mécaniquement contrainte d'occuper d'autres positions (employés, professions intermédiaires…) : c'est une mobilité forcée par la structure, non par une hausse des chances.

Société rigide. Oui, on peut observer de la mobilité brute : même sans aucune fluidité, la transformation de la structure des emplois (création de postes qualifiés, disparition de postes ouvriers) oblige des individus à changer de PCS. Cette mobilité est entièrement structurelle.

Comparaisons. Deux pays peuvent avoir des structures d'emplois très différentes (l'un plus industriel, l'autre plus tertiaire). Leur mobilité brute n'est donc pas comparable directement. En neutralisant l'effet de structure (via les odds ratios), on isole la fluidité sociale, seule mesure pertinente pour comparer l'égalité des chances entre pays ou époques.

Exercice 6 — Étude de document — Mobilité des femmes

Lisez le document, puis répondez aux questions en mobilisant le texte ET vos connaissances.

  1. Pour quelle raison historique les tables de mobilité ne portaient-elles, à l'origine, que sur les hommes ?
  2. Quel changement social a rendu nécessaire la construction de tables incluant les femmes ? Relevez l'élément du texte.
  3. À l'aide du document et de vos connaissances, montrez que l'origine sociale ne suffit pas à expliquer la trajectoire des femmes.
  4. Pourquoi peut-on dire que la mobilité sociale ne se réduit pas à une comparaison père/fils ?
Méthode. Exploiter un document, c'est prélever les informations utiles (avec citations) puis les éclairer par les notions du cours.

1. Raison historique. Les femmes étaient « faiblement » présentes sur le marché du travail avant les années 1970 ; leur PCS était difficile à établir, ce qui rendait la comparaison intergénérationnelle peu opérante. Les tables se limitaient donc aux pères et aux fils.

2. Changement social. « L'élévation du niveau de diplôme des filles et la généralisation de l'emploi féminin » ont rendu nécessaire la prise en compte des trajectoires féminines, et donc la construction de tables croisant origines (père et mère) et destinée des filles.

3. Le genre comme déterminant. Le document indique qu'« à origine sociale équivalente, les femmes accèdent moins souvent que les hommes aux positions de cadres ». À cela s'ajoutent le temps partiel subi et les interruptions liées à la parentalité. Connaissances : les inégalités de genre (plafond de verre, inégalités salariales, partage inégal du travail domestique) se superposent à l'origine sociale : deux déterminants doivent être croisés.

4. Au-delà du père/fils. La mobilité concerne aussi les femmes (tables mères/filles), et plus largement les changements de mode de vie et de pratiques. Réduire la mesure à la comparaison père/fils masque la moitié de la population et les effets propres du genre : la mobilité sociale est un phénomène plus large que la seule trajectoire professionnelle masculine.
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