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Ces exercices corrigés sur « Y a-t-il des classes sociales dans les sociétés contemporaines ? » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité ses. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : La stratification sociale : notion centrale, Marx : les classes sociales comme rapport de production, Weber : statuts, partis et ordres sociaux, Bourdieu : capital, champ et habitus. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité ses en terminale.
Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Exercice 1 — Calculer et interpréter des indicateurs de structure sociale
Réalisez chaque calcul en posant la formule, puis donnez le résultat arrondi à une décimale et une courte interprétation.
- Dans une population active de 30 millions de personnes, les cadres représentent 5,7 millions : calculez la part des cadres dans la population active.
- Le 9e décile de niveau de vie s'élève à 39 600 € par an et le 1er décile à 11 000 € : calculez le rapport interdécile D9/D1 et interprétez-le.
- Le patrimoine moyen des 10 % les plus riches est de 1 200 000 € et celui des 10 % les plus pauvres de 4 000 € : exprimez ce rapport et comparez-le à l'inégalité de niveau de vie précédente.
- Entre 1982 et 2022, la part des ouvriers dans la population active passe de 30,5 % à 19,8 % : calculez la variation en points de pourcentage puis le taux de variation, et distinguez bien les deux.
Méthode. Distinguez toujours une part (effectif / total × 100), un rapport (une grandeur divisée par une autre, sans unité) et un taux de variation (en %), à ne pas confondre avec une variation en points.
• Part des cadres = 5,7 / 30 × 100 = 19,0 % : environ un actif sur cinq est cadre, ce qui traduit l'expansion des PCS supérieures.
• Rapport interdécile D9/D1 = 39 600 / 11 000 = 3,6 : les 10 % les plus aisés disposent d'un niveau de vie au moins 3,6 fois supérieur au plafond des 10 % les plus modestes. C'est un indicateur d'inégalité de revenus.
• Rapport de patrimoine = 1 200 000 / 4 000 = 300 : l'inégalité de patrimoine (rapport de 300) est très supérieure à l'inégalité de niveau de vie (rapport de 3,6). Les inégalités de patrimoine sont bien plus marquées que celles de revenus.
• Ouvriers : variation = 19,8 − 30,5 = −10,7 points de pourcentage. Taux de variation = (19,8 − 30,5) / 30,5 × 100 ≈ −35,1 %. La part a reculé de près de 11 points, soit une baisse relative de plus d'un tiers : ce n'est pas « −10,7 % » mais bien −10,7 points.
Exercice 2 — Lire une table de destinée et une table de recrutement
À partir des deux extraits chiffrés, répondez en faisant la phrase de lecture exacte attendue pour chaque pourcentage.
- Faites la phrase de lecture du chiffre « 47 % » de la table de destinée.
- Faites la phrase de lecture du chiffre « 43 % » de la table de destinée.
- Faites la phrase de lecture du chiffre « 21 % » de la table de recrutement.
- À partir de ces données, montrez que la reproduction sociale est forte aux deux extrémités de la hiérarchie, tout en soulignant l'existence d'une mobilité.
Méthode. Dans une table de mobilité, une table de destinée se lit en ligne (que deviennent les fils d'une origine donnée ?) et une table de recrutement en colonne (d'où viennent ceux qui occupent une position donnée ?). La phrase doit nommer le champ (« parmi… »), l'effectif de référence et la part.
• « 47 % » (destinée). « Parmi les fils de cadres, 47 % sont eux-mêmes devenus cadres. » → forte reproduction au sommet.
• « 43 % » (destinée). « Parmi les fils d'ouvriers, 43 % sont eux-mêmes ouvriers. » → forte reproduction à la base.
• « 21 % » (recrutement). « Parmi les cadres actuels, 21 % ont un père ouvrier. » → mesure le recrutement, pas la destinée.
• Analyse. La diagonale est élevée aux deux extrêmes (47 % chez les cadres, 43 % chez les ouvriers) : l'origine sociale pèse fortement sur le destin, ce qui traduit une reproduction sociale importante. Mais elle n'est pas totale : 53 % des fils de cadres ne sont pas cadres, 57 % des fils d'ouvriers ne sont pas ouvriers, et 11 % des fils d'ouvriers accèdent au statut de cadre. Il existe donc une mobilité sociale réelle, souvent de courte portée (vers les professions intermédiaires).
Exercice 3 — Mobilité structurelle ou fluidité sociale ?
Pour chaque situation, indiquez si la mobilité observée relève surtout de la mobilité structurelle (transformation de la structure des emplois) ou de la fluidité sociale (égalité des chances), et justifiez en une phrase.
- La forte hausse du nombre d'emplois de cadres et de professions intermédiaires au XXe siècle a permis à de nombreux fils d'ouvriers d'accéder à ces positions.
- À structure d'emplois inchangée, un fils d'ouvrier aurait exactement les mêmes chances qu'un fils de cadre de devenir cadre.
- La quasi-disparition des emplois agricoles a contraint les fils d'agriculteurs à exercer d'autres métiers que celui de leurs parents.
- Deux pays ont le même taux de mobilité observée, mais l'un offre des chances d'ascension bien plus égales selon l'origine que l'autre.
Méthode. Demandez-vous si la mobilité est « forcée » par le changement du nombre de places dans chaque PCS (mobilité structurelle) ou si elle reflète une réelle égalité des chances indépendamment de cette transformation (mobilité nette / fluidité sociale).
• Hausse du nombre de postes de cadres ouvrant des places aux fils d'ouvriers → mobilité structurelle : la mobilité tient à la transformation de la structure socioprofessionnelle, pas à un surcroît d'égalité des chances.
• Mêmes chances pour le fils d'ouvrier et le fils de cadre, à structure inchangée → fluidité sociale parfaite : c'est la définition d'une mobilité nette maximale (égalité des chances).
• Disparition des emplois agricoles imposant un changement de métier → mobilité structurelle : la mobilité est imposée par la contraction d'une catégorie.
• Même mobilité observée mais inégalité des chances différente → la différence porte sur la fluidité sociale : la mobilité observée (brute) peut être identique alors que la mobilité nette (chances réelles selon l'origine) diffère.
Exercice 4 — Vrai ou faux justifié sur les structures sociales
Indiquez si chaque affirmation est vraie ou fausse, et justifiez systématiquement par le mécanisme ou la notion pertinente.
- « Comme les frontières entre classes se sont brouillées, on peut affirmer que les inégalités ont disparu en France. »
- « La féminisation des emplois et la salarisation sont des facteurs qui ont contribué à transformer la structure socioprofessionnelle. »
- « Le fait qu'une majorité de Français se disent “classe moyenne” prouve la moyennisation objective de la société. »
- « Selon la multiplicité des critères de différenciation sociale, l'âge, le genre ou le lieu de résidence peuvent recouper et complexifier les frontières de classe. »
Méthode. Repérez d'abord la notion mobilisée, puis confrontez l'affirmation au mécanisme exact, en distinguant brouillage des frontières et disparition des inégalités.
• Faux. Le brouillage des frontières (mobilité accrue, classes moyennes élargies, modes de consommation convergents) ne signifie pas la disparition des inégalités : les écarts de revenus et surtout de patrimoine persistent, de même que la reproduction sociale. C'est une moyennisation partielle, pas une égalisation.
• Vrai. La salarisation (déclin du travail indépendant), la tertiarisation et la féminisation de la population active ont profondément modifié la structure socioprofessionnelle : recul des ouvriers et agriculteurs, essor des employés, des professions intermédiaires et des cadres.
• Faux. L'auto-identification aux « classes moyennes » relève d'une norme d'autoprésentation et de l'identité subjective de classe : elle ne renseigne pas sur la position objective (revenus, patrimoine, PCS). Un ménage du décile supérieur peut se dire « classe moyenne ».
• Vrai. Les structures sociales se lisent selon une multiplicité de critères (PCS mais aussi âge, genre, composition du ménage, lieu de résidence) qui se croisent : ces facteurs peuvent renforcer ou recouper les positions de classe, rendant les frontières plus complexes à tracer.
Exercice 5 — Lecture de graphique — évolution de la structure socioprofessionnelle
Observez le graphique, puis répondez aux questions en prélevant des données chiffrées précises.
- Quelle est la part des ouvriers en 1962, et quelle est-elle en 2022 ?
- Décrivez en une phrase l'évolution de la part des cadres et professions supérieures sur l'ensemble de la période.
- Quel groupe connaît le déclin relatif le plus spectaculaire entre 1962 et 2022 ? Justifiez par les chiffres.
- À partir du graphique, montrez en quoi ces évolutions appuient l'idée d'une transformation de la structure sociale, sans pour autant prouver la fin des classes.
Méthode. Lisez d'abord les valeurs (lecture), puis dégagez les tendances (interprétation), sans déduire d'une recomposition des PCS une disparition des inégalités.
• Ouvriers : 39,0 % en 1962 ; 19,8 % en 2022.
• Cadres et professions supérieures : leur part progresse fortement et continûment, passant de 4,7 % en 1962 à 19,2 % en 2022 : elle est multipliée par plus de quatre.
• Le déclin le plus spectaculaire en valeur relative est celui des agriculteurs : de 15,8 % à 1,5 %, soit une division par plus de dix ; les ouvriers reculent fortement en points (−19,2 points) mais leur baisse relative (environ −49 %) est moindre que celle des agriculteurs.
• Interprétation. Le graphique illustre la tertiarisation et l'élévation du niveau de qualification : recul de l'emploi agricole et ouvrier, essor des cadres. La structure socioprofessionnelle s'est donc profondément recomposée. Mais cette transformation ne prouve pas la « fin des classes » : elle décrit la répartition des positions, pas la disparition des écarts de revenus, de patrimoine ni de la reproduction sociale. Un nombre croissant de cadres ne signifie pas l'égalité des chances d'y accéder.
Exercice 6 — Étude de document — identité de classe et auto-positionnement
Lisez le document, puis répondez aux questions en mobilisant le texte ET vos connaissances.
- Distinguez, à l'aide du texte, l'identité subjective de classe et la position objective dans la structure sociale.
- Pourquoi, selon le document, autant de Français se classent-ils dans la “classe moyenne” ?
- Relevez dans le texte deux éléments montrant que les conditions de vie restent objectivement différenciées.
- En quoi ce document invite-t-il à ne pas conclure de l'affaiblissement des identités de classe à la disparition des classes ?
Méthode. Mobiliser un document, c'est prélever les informations utiles (avec citations) puis les éclairer par les notions du cours, ici la distinction identité subjective / position objective.
1. L'identité subjective de classe est le sentiment d'appartenir à une classe (« se ranger dans la classe moyenne ») ; la position objective renvoie aux conditions mesurables (revenus, patrimoine, PCS, destin scolaire). Le texte montre que les deux peuvent diverger : des ménages « tout en haut » se disent « classe moyenne ».
2. Selon le document, c'est l'effet d'une norme sociale d'autoprésentation : « revendiquer une position de classe nette, en particulier supérieure, est devenu socialement peu valorisé ». L'auto-positionnement traduit donc une norme, pas la réalité des positions.
3. Deux éléments du texte : les pratiques « loisirs, lectures, vacances » restent différenciées ; les réseaux de relations et surtout les destins scolaires des enfants demeurent « nettement différenciés selon la position réelle ».
4. Le document distingue le brouillage subjectif (affaiblissement du sentiment d'appartenance, déclin des organisations collectives) de la persistance objective des écarts de conditions de vie et de la reproduction. On ne peut donc pas déduire de l'effacement des identités de classe la disparition des classes elles-mêmes : les positions restent inégalement distribuées et structurées.