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Spécialité HGGSP · Classe de Terminale

Patrimoine, mémoires collectives et identités nationales

Thème 6 — Patrimoine et mémoires : enjeux politiques (Tle spécialité HGGSP)

À propos de cette page
Cette évaluation sur « Patrimoine, mémoires collectives et identités nationales » en terminale permet de faire le point sur ses connaissances en spécialité hggsp, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de terminale et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : Patrimoine, mémoire, histoire : trois notions distinctes, La construction historique de la notion de patrimoine, Le patrimoine, instrument de l'identité nationale, Mémoires collectives et lieux de mémoire (Pierre Nora). Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de terminale en spécialité hggsp.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 120 min · Noté sur 20
120:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Dissertation

/ 10 pts
  1. Traitez le sujet de dissertation suivant en une copie organisée (introduction avec problématique, deux ou trois parties argumentées et illustrées, conclusion) :
  2. « Le patrimoine et les mémoires sont-ils au service de la construction des identités nationales ? »

Exercice 2 — Étude critique de document(s)

/ 10 pts
  1. Après avoir présenté le document, montrez comment il illustre les usages politiques de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale en France et apportez un regard critique en mobilisant vos connaissances.
  2. Document : Extrait du discours de Jacques Chirac lors de la commémoration de la rafle du Vél' d'Hiv, Paris, 16 juillet 1995 (adapté).
    « Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français. Il y a cinquante-trois ans, le 16 juillet 1942, 4 500 policiers et gendarmes français, sous l'autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis. [...] La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux. [...] Reconnaître les fautes du passé, et les fautes commises par l'État, [...] c'est tout simplement défendre une certaine idée de la France. »
Corrigé détaillé

Exercice 1 — Dissertation
Problématique : dans quelle mesure le patrimoine et les mémoires, loin d'être de simples héritages, sont-ils mobilisés et parfois instrumentalisés pour fabriquer et entretenir les identités nationales ?
Introduction : définir patrimoine (héritage choisi et transmis), mémoire (reconstruction collective, Halbwachs) et identité nationale (sentiment d'appartenance). Accroche possible : la restauration de Notre-Dame (2019) comme symbole national. Annoncer le plan.
I. Le patrimoine et les mémoires, des outils de construction de l'identité nationale. Le roman national diffusé par l'école (Lavisse, IIIe République) ; les lieux de mémoire (Pierre Nora) : Panthéon, 14 juillet, Marseille ; commémorations et panthéonisations (Jean Moulin 1964, Joséphine Baker 2021) ; politiques patrimoniales de l'État (Grégoire 1794, loi de 1913, Malraux 1959-1962). → Le passé est sélectionné pour créer un « nous » national.
II. Mais des identités plurielles et des mémoires concurrentes qui contestent le récit national. Mémoires de la guerre d'Algérie (harkis, pieds-noirs, FLN), de l'esclavage (loi Taubira 2001), de Vichy (du résistancialisme à la reconnaissance de 1995). L'histoire (Paxton, Rousso) brise les mythes. Les lois mémorielles, critiquées (« Liberté pour l'histoire », 2005), montrent les limites d'une identité imposée d'en haut.
III. Des enjeux qui dépassent le national (ouverture possible en 3e partie ou conclusion). Patrimoine mondial de l'UNESCO, soft power patrimonial, mémoricides (Palmyre 2015), restitutions (Sarr-Savoy 2018) : l'identité se joue aussi à l'échelle mondiale et post-coloniale.
Conclusion : oui, patrimoine et mémoires servent largement la construction des identités nationales, mais ce service est conflictuel et arbitré ; à l'heure de la mondialisation, l'identité devient plurielle et l'État doit composer avec des mémoires multiples. Références attendues : Halbwachs, Nora, Rousso, Paxton ; lois Gayssot (1990), Taubira (2001) ; UNESCO 1972/2003 ; reconnaissance Chirac (1995).

Exercice 2 — Étude critique de document(s)
Méthode (étude critique) : présenter, analyser le contenu en répondant à la consigne, puis porter un regard critique (portée, limites) avec ses connaissances. Ne pas paraphraser.
Présentation : discours officiel du président Jacques Chirac, prononcé le 16 juillet 1995 pour la commémoration de la rafle du Vél' d'Hiv (juillet 1942). C'est un acte mémoriel d'État, dans un contexte de centralité de la mémoire de la Shoah et des procès (Touvier 1994, Papon à venir).
Analyse — les usages politiques de la mémoire : Chirac reconnaît officiellement la responsabilité de l'État français (« l'État français », « des Français ») dans la déportation des Juifs. Il rompt avec la thèse gaullienne et mitterrandienne selon laquelle Vichy n'était pas la France et la République n'avait pas à répondre des actes de Vichy. La mémoire est ici mobilisée comme réparation symbolique et reconnaissance ; le discours fait de la commémoration un lieu de mémoire (au sens de Nora) et un acte fondateur. La référence aux « Lumières » et aux « Droits de l'Homme » réinscrit cette reconnaissance dans une certaine idée de la France.
Regard critique : ce discours illustre le passage du refoulement (résistancialisme analysé par Rousso) à l'obsession mémorielle des années 1990. Il s'inscrit dans un mouvement plus large (procès Papon 1997-1998, travaux de Paxton). Sa portée est majeure : l'État assume sa responsabilité, ce qui apaise une mémoire longtemps occultée. Ses limites : un discours politique reste sélectif et engage aussi l'image de son auteur ; certains historiens (débat « Liberté pour l'histoire ») rappellent que la reconnaissance officielle ne remplace pas le travail critique de l'histoire. Références mobilisables : Rousso (Le Syndrome de Vichy, 1987), Paxton (La France de Vichy, 1973), procès Barbie (1987) et Papon (1997-98), loi Gayssot (1990).

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