Réchauffement global, négociations internationales et justice climatique (Spécialité HGGSP Tle, Thème 5 : L'environnement, entre exploitation et protection)
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Exercice 1 — Dissertation : Le changement climatique, un enjeu de coopération ou de rivalité entre les États ?
Problématique possible : Dans quelle mesure la lutte contre le changement climatique, qui suppose une action collective mondiale, est-elle traversée par des rivalités de puissance qui en limitent l'efficacité ?
Introduction : définir le changement climatique (réchauffement anthropique, +1,2 °C depuis 1850) et son caractère planétaire ; rappeler qu'aucun État ne peut le résoudre seul (problème global) ; poser la tension entre la nécessité de coopérer et la persistance des rivalités d'intérêts. Annoncer le plan.
Plan détaillé proposé :
I. Le climat, un objet de coopération internationale croissante.
• La construction d'une gouvernance mondiale : Stockholm (1972), Rio et la CCNUCC (1992), Kyoto (1997), accord de Paris (COP21, 2015, 195 États).
• Le rôle fédérateur du savoir scientifique : le GIEC (1988), qui produit un consensus mondial et légitime l'action.
• Une coopération multi-acteurs : ONU, ONG, villes (C40), entreprises ; principe des RCMD et solidarité Nord-Sud (fonds pertes et préjudices, COP27-28).
II. Mais une coopération limitée et traversée de rivalités.
• La faiblesse des accords : CDN non contraignantes de l'accord de Paris, échec de Copenhague (2009), retraits américains (2017, 2025).
• Des intérêts divergents : pays pétroliers freins, tension Nord-Sud (100 milliards promis non tenus), responsabilités historiques contestées.
• Le climat comme facteur de rivalités géopolitiques : course aux renouvelables et aux métaux, fonte de l'Arctique (Russie, Canada, États-Unis), climat « multiplicateur de menaces » (Sahel).
III. (ouverture / dépassement) Vers une coopération sous contrainte, entre urgence et justice.
• La nécessité d'articuler développement du Sud et réduction des émissions ; le rôle ambigu de la Chine (1er émetteur, leader du solaire).
• L'exigence de justice climatique comme condition d'une coopération durable.
Conclusion : le climat est à la fois le terrain d'une coopération internationale inédite (universelle) et un révélateur de rivalités de puissance qui en bornent l'efficacité ; l'avenir dépend de la capacité à concilier coopération, justice et urgence. (Barème indicatif : problématisation 2 pts, connaissances et exemples 4 pts, structure et argumentation 3 pts, expression 1 pt.)
Exercice 2 — Étude critique de document : un extrait de l'accord de Paris
Présentation du document : il s'agit d'un extrait du texte de l'accord de Paris (articles 2 et 4), traité international adopté lors de la COP21 en décembre 2015, premier accord universel sur le climat (195 États signataires) dans le cadre de la CCNUCC.
Axe 1 — Un document porteur d'une ambition de coopération mondiale :
• Il fixe un objectif chiffré commun : contenir le réchauffement « nettement en dessous de 2 °C » et viser 1,5 °C, ce qui montre la reconnaissance partagée de l'urgence (fondée sur les travaux du GIEC).
• Il engage « chaque Partie » : c'est l'expression d'une coopération universelle, dépassant l'opposition Nord/Sud de Kyoto.
• Le mécanisme des CDN (contributions déterminées au niveau national) traduit une logique de responsabilité partagée et de dynamique collective.
Axe 2 — Regard critique sur la portée réelle :
• Les CDN sont fixées librement par chaque État : l'accord ne fixe pas d'objectifs contraignants ni de sanctions, ce qui en fait sa principale faiblesse (approche « bottom-up »).
• Le verbe « prévoit de réaliser » et l'absence de mécanisme coercitif montrent que l'engagement repose sur la bonne volonté : un État peut s'en retirer (États-Unis, 2017 puis 2025) sans sanction.
• L'écart entre les objectifs affichés et la trajectoire réelle des émissions (toujours croissantes) souligne les limites pratiques ; le document ne dit rien des moyens financiers (justice climatique, 100 milliards).
Conclusion : ce document fondateur incarne une avancée majeure de la coopération climatique (universalité, cap commun), mais sa nature non contraignante en limite l'efficacité, illustrant la tension entre l'ambition affichée et les rivalités d'intérêts des États. (Barème indicatif : présentation et compréhension du document 2 pts, analyse de l'ambition coopérative 3 pts, regard critique argumenté 3 pts, mobilisation de connaissances et expression 2 pts.)
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