Les sciences humaines prennent pour objet des êtres qui donnent eux-mêmes un sens à leurs conduites ; le savant en fait partie. Le sujet interroge donc la possibilité d'une objectivité là où l'objet étudié est aussi un sujet.
La participation du chercheur à son objet interdit-elle l'objectivité, ou définit-elle une scientificité d'un autre type ?
Le plan en trois parties
Elles semblent manquer des conditions de la scientificité
- Leurs phénomènes ne se laissent ni isoler ni reproduire comme une expérience de physique.Claude Bernard, Introduction à l'étude de la médecine expérimentale
- Certaines de leurs théories s'accommodent de tous les faits, ce qui les rend irréfutables donc non scientifiques.Popper, Conjectures et réfutations
- Le savant partage les préjugés de la société qu'il étudie : l'objectivité y est constamment menacée.Bachelard, La Formation de l'esprit scientifique
Pourtant elles se sont constituées par une rupture méthodique
- Traiter les faits sociaux comme des choses : la règle fonde une objectivité propre au social.Durkheim, Les Règles de la méthode sociologique
- La neutralité axiologique permet d'établir des faits sans les confondre avec ses préférences.Weber, Le Savant et le Politique
- Leurs concepts sont construits, et cette construction est la marque même d'une démarche scientifique.Bachelard, Le Nouvel Esprit scientifique
Sciences, mais d'un type propre : compréhensives et critiques
- Elles comprennent des significations au lieu d'expliquer par des causes : c'est une autre rationalité, non une rationalité moindre.Dilthey, Introduction aux sciences de l'esprit
- Leur intérêt de connaissance est émancipatoire : elles éclairent les rapports de pouvoir qu'elles décrivent.Habermas, Connaissance et intérêt
- Leur vigilance propre consiste à repérer les idéologies scientifiques qui les guettent.Canguilhem, Idéologie et rationalité
Une science de l'homme qui transforme ce qu'elle décrit peut-elle rester une science, ou devient-elle déjà une politique ?