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Suites de matrices
Suites de matrices colonnes Uₙ₊₁ = AUₙ + B : rappels sur les suites arithmético-géométriques, écriture matricielle d’évolutions couplées, cas homogène Uₙ = AⁿU₀, calcul de Aⁿ avec une matrice diagonale, état stable, expression de Uₙ et convergence.
À propos de cette page
Rappels : suites géométriques et arithmético-géométriques
Rappels de 1re et de Terminale (spécialité). Ce chapitre généralise aux matrices une méthode déjà connue pour les suites numériques.
Suite géométrique. Si pour tout , alors . Limite de : si , tend vers ; si , ; si , tend vers ; si , n’a pas de limite. Pour : .
Suite arithmético-géométrique. Si avec , on l’étudie en quatre étapes :
- on cherche le réel tel que , soit ;
- on pose : , donc est géométrique de raison ;
- , d’où ;
- on conclut avec la limite de : si , converge vers , quel que soit .
Le lien avec ce chapitre. Tout le chapitre reprend ce schéma avec des matrices : le réel devient une matrice carrée , la constante une matrice colonne , le point fixe un état stable , et la suite géométrique une suite .
Une suite qui converge. et . Point fixe : donne , soit . On pose : . La suite est géométrique de raison et de premier terme , donc .
Comme , tend vers et converge vers .
Une suite qui diverge. et . Le point fixe vérifie , soit , et , car . Comme , tend vers , et le coefficient est positif : tend vers .
Réflexe — Devant , je calcule le point fixe , je démontre que est géométrique, j’écris en fonction de et je lis la limite sur .
Attention — La suite elle-même n’est pas géométrique : . Et le point fixe n’est la limite que si : pour , le point fixe vaut mais la suite tend vers .
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Écrire une suite de matrices colonnes
Suite de matrices colonnes. Une suite de matrices colonnes de taille associe à chaque entier naturel une matrice colonne, par exemple pour . Les suites numériques et sont ses suites coordonnées : plusieurs suites qui dépendent les unes des autres deviennent une seule suite de matrices.
Relation de récurrence. Soient une matrice carrée d’ordre et une matrice colonne de taille . La suite définie par et, pour tout , est dite homogène si est la matrice nulle, et affine sinon. Le programme officiel note la colonne constante ; ici, désignera l’état stable (partie 5).
Lire sur le système. La ligne de donne les coefficients de la -ième équation : le coefficient de la ligne et de la colonne multiplie la -ième suite dans l’expression de la -ième. Une suite absente d’une équation a pour coefficient .
Modéliser des transferts. Quand des quantités passent d’un compartiment à l’autre, la colonne de décrit ce que devient le contenu du compartiment : la part qui reste (sur la diagonale) et la part qui part vers chacun des autres. Si chaque colonne a pour somme , rien ne se perd et la somme reste constante ; si elle est inférieure à , une partie sort du système.
Convergence. La suite converge vers la matrice colonne lorsque chaque suite coordonnée converge vers le coefficient correspondant de : la convergence se lit coefficient par coefficient. De même, une suite de matrices carrées converge lorsque chacun de ses coefficients converge.
Du système à la matrice. Le système s’écrit avec et (première ligne de lue sur la première équation).
Avec : , puis .
D’un énoncé à la matrice. Chaque année, des habitants d’une ville partent s’installer en périphérie et des habitants de la périphérie viennent en ville ; les autres ne bougent pas. Avec et les populations de la ville et de la périphérie : et , donc avec . La première colonne, , dit ce que deviennent les habitants de la ville. Pour , on obtient .
Réflexe — J’écris une équation par suite, dans l’ordre puis , je recopie les coefficients ligne par ligne dans et les constantes dans . Contrôle : je calcule avec le système, puis avec , et je compare.
Attention — Lire colonne par colonne sur le système donne la mauvaise matrice (ses lignes et ses colonnes échangées), et l’évolution calculée n’a plus rien à voir. Le produit s’écrit dans cet ordre : n’existe pas.
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Suite homogène : Uₙ = AⁿU₀
Propriété. Si pour tout entier naturel , alors pour tout . Plus généralement, .
Démonstration (à savoir refaire). On note : « ». Initialisation : , donc est vraie. Hérédité : si pour un entier , alors par associativité. Conclusion : par récurrence, pour tout .
Calculer (rappel du chapitre Définition et opérations). ; si est diagonale, on élève chaque coefficient diagonal à la puissance ; sinon, on calcule et , on conjecture et on démontre la conjecture par récurrence avec . La partie 4 donne une autre méthode.
Ce que cela change. Sans matrice, obtenir demande dix étapes. Avec l’expression de , on obtient d’un coup et en fonction de , donc leurs limites.
Conjecturer puis démontrer. Soit . On calcule et . Les coefficients , , valent , et : on conjecture .
Initialisation : pour , la formule donne . Hérédité : si la formule est vraie au rang , , et : la formule est vraie au rang . Conclusion : elle est vraie pour tout entier naturel .
Le terme général. Si et , alors . Les deux suites tendent vers , mais leur différence vaut toujours .
Réflexe — Suite homogène : j’écris « d’après le cours », je calcule , puis le produit par . Je contrôle avec (je dois retrouver ) et .
Attention — et non , qui n’existe pas. ne s’obtient pas en élevant chaque coefficient à la puissance , sauf si est diagonale. Une conjecture tirée de et doit être démontrée par récurrence.
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Calculer Aⁿ avec une matrice diagonale
Méthode. L’énoncé fournit une matrice inversible et une matrice diagonale (les trouver n’est pas au programme).
- On vérifie : c’est plus rapide que , car aucun inverse n’intervient.
- En multipliant à droite par : .
- Pour tout entier naturel , , avec .
Démonstration par récurrence. . Si , alors : les facteurs se simplifient.
Limite de . Chaque coefficient de s’écrit , avec et fixes. Si et , tous les coefficients de tendent vers : tend vers la matrice nulle. Si et , tend vers , qui n’est pas nulle. Si ou (ou de même pour ), la suite ne converge pas (résultat admis).
Suite homogène. Si tend vers une matrice , alors tend vers : la limite dépend de , sauf si est la matrice nulle.
Puissances de (la matrice de la partie 2), avec et . On calcule et : .
, donc et . Alors , et en développant :
Contrôle pour : , on retrouve bien le premier coefficient de . Comme et sont strictement compris entre et , et tendent vers : tend vers la matrice nulle.
Réflexe — vérifié, calculé, j’écris (récurrence). Pour , je calcule d’abord la colonne , puis fois cette colonne, puis fois le résultat : que des produits par une colonne.
Attention — L’ordre des facteurs est imposé : , et non ni . Une suite géométrique de raison négative peut tendre vers : tend vers , car .
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Suite affine : état stable et convergence
État stable. Une matrice colonne est un état stable (ou état d’équilibre) de la relation lorsque . Si , la suite est constante.
Existence. équivaut à . Si est inversible, l’état stable existe et il est unique : . Sinon, il n’y en a aucun ou une infinité.
Changement de suite. On pose . Alors , donc et
Démonstration. : la suite est homogène, et la partie 3 donne .
Convergence. Si l’état stable existe et si tend vers la matrice nulle, alors converge vers , quel que soit : chaque coefficient de est une somme de coefficients de multipliés par des constantes, il tend vers . Enfin, si converge vers une matrice colonne , en passant à la limite dans on obtient : la limite est un état stable. Sans état stable, la suite ne peut donc pas converger.
Formule générale. Pour tout , (démonstration par récurrence en exercice) : chaque apport est ensuite multiplié par à chaque étape. C’est l’analogue de la somme géométrique de la partie 1 ; elle sert surtout quand il n’y a pas d’état stable, où l’on peut aussi revenir aux suites coordonnées.
L’état stable. On reprend et . vérifie , soit c’est-à-dire et . La seconde donne ; en reportant : , donc , et . Le déterminant de vaut : est l’unique état stable.
Le terme général. Avec : . Avec et de la partie 4, , puis . Donc et .
Contrôle pour : et , comme dans la partie 2. Comme tend vers la matrice nulle, converge vers : les deux suites se stabilisent à et , quelles que soient leurs valeurs de départ. C’est , la plus lente des deux puissances à disparaître, qui fixe la vitesse de convergence.
Réflexe — Suite affine : je résous , je démontre en une ligne, j’écris , puis je conclus sur la limite avec .
Attention — Dans le cas affine, est faux, et aussi. Si tend vers la matrice nulle, tend vers , pas vers la matrice nulle : seul l’écart à l’équilibre disparaît.
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Pour aller plus loin
Opérations et inverse. Le produit, les puissances et la matrice identité sont dans le chapitre Définition et opérations ; le déterminant, l’inverse d’une matrice 2 × 2 et la résolution d’un système dans Matrice inverse et systèmes.
Chaînes de Markov. Une distribution de probabilité évolue selon : c’est une suite de matrices lignes, et le produit se fait à droite. Sa distribution invariante joue le rôle de l’état stable : chapitre Graphes probabilistes et chaînes de Markov.
Suites numériques. Les suites géométriques et arithmético-géométriques et les limites de sont traitées dans le chapitre Limites de suites de spécialité ; le raisonnement par récurrence dans Raisonnement par récurrence.
Pour aller plus loin (hors programme, on le voit dans le supérieur). Les nombres et de la matrice s’appellent les valeurs propres de , et trouver s’appelle diagonaliser . En Terminale, et sont toujours donnés par l’énoncé.
- Suite arithmético-géométrique : point fixe , géométrique, .
- Système → : la ligne de porte les coefficients de la -ième équation ; la convergence se lit coefficient par coefficient.
- Cas homogène : (récurrence) ; par conjecture et récurrence, ou par si avec diagonale.
- État stable : , soit ; avec : et .
- Si tend vers la matrice nulle, converge vers quel que soit ; sans état stable, ne converge pas.
Questions fréquentes
Quel est le lien entre les suites arithmético-géométriques et les suites de matrices ?
Pour uₙ₊₁ = auₙ + b, on cherche le point fixe ℓ = aℓ + b, on montre que uₙ − ℓ est géométrique de raison a, et uₙ = ℓ + (u₀ − ℓ)aⁿ. Les suites Uₙ₊₁ = AUₙ + B s’étudient exactement de la même façon : le point fixe devient l’état stable C, et la suite géométrique devient Vₙ = Uₙ − C = Aⁿ(U₀ − C).
Comment écrire un système de suites sous la forme Uₙ₊₁ = AUₙ + B ?
On écrit une équation par suite, dans l’ordre uₙ puis vₙ. La ligne i de A contient les coefficients de la i-ième équation, avec un 0 pour une suite absente, et B contient les constantes. On contrôle en calculant U₁ avec le système puis avec AU₀ + B.
Pourquoi Uₙ = AⁿU₀ quand Uₙ₊₁ = AUₙ ?
Par récurrence : U₀ = IU₀ = A⁰U₀, et si Uₙ = AⁿU₀, alors Uₙ₊₁ = AUₙ = A(AⁿU₀) = Aⁿ⁺¹U₀ par associativité. La formule est fausse dès que B n’est pas nulle : il faut alors passer par l’état stable.
Comment calculer Aⁿ avec une matrice P donnée ?
On vérifie AP = PD, où D est diagonale, on calcule P⁻¹, puis A = PDP⁻¹ et Aⁿ = PDⁿP⁻¹ par récurrence, car les facteurs P⁻¹P se simplifient. Dⁿ s’obtient en élevant chaque coefficient diagonal à la puissance n. La limite de Aⁿ se lit alors sur les puissances λⁿ et μⁿ des coefficients de D.
Qu’est-ce qu’un état stable et quand la suite converge-t-elle ?
C’est une matrice colonne C telle que C = AC + B, c’est-à-dire (I − A)C = B ; il est unique si I − A est inversible. Alors Uₙ = Aⁿ(U₀ − C) + C. Si Aⁿ tend vers la matrice nulle, Uₙ tend vers C quel que soit U₀. Sans état stable, la suite ne peut pas converger.
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