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Nombres premiers
Rappels du collège (nombres premiers jusqu’à 100, décomposition, fractions irréductibles), diviseur premier et test de primalité, crible d’Ératosthène, infinité des nombres premiers démontrée, existence et unicité de la décomposition en facteurs premiers, lemme d’Euclide, nombre et somme des diviseurs, PGCD et PPCM par les décompositions, petit théorème de Fermat.
À propos de cette page
Rappels du collège : nombres premiers et décomposition
Définition. Un entier naturel est premier lorsqu’il admet exactement deux diviseurs positifs : et . En particulier . Un entier qui n’est pas premier est dit composé : il s’écrit avec .
Cas particuliers. et ne sont ni premiers ni composés : n’a qu’un diviseur positif, et tout entier non nul divise . est le seul nombre premier pair : tout autre entier pair admet comme diviseur.
Les nombres premiers inférieurs à (à connaître) : , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , .
Critères de divisibilité (collège). Un entier est divisible par si son chiffre des unités est pair ; par (resp. ) si la somme de ses chiffres est divisible par (resp. ) ; par si son chiffre des unités est ou . Pour , , …, on effectue la division.
Décomposer en facteurs premiers. On divise par le plus petit nombre premier possible (, puis , , …), on recommence avec le quotient, et on s’arrête quand le quotient vaut . On écrit le produit avec des puissances, facteurs dans l’ordre croissant.
Fraction irréductible. On décompose le numérateur et le dénominateur, puis on simplifie par tous les facteurs premiers communs.
Premier ou composé ? est impair, n’est pas divisible par , il ne se termine ni par ni par , et (reste ). Mais : est composé, bien qu’aucun critère du collège ne le révèle.
Décomposition rédigée de . ; , donc ; enfin . D’où Contrôle : .
Fraction irréductible. . Les facteurs premiers communs avec sont , , et , chacun avec l’exposant : . Donc , irréductible car et n’ont aucun facteur premier commun.
Réflexe — Pour décomposer, je teste les nombres premiers dans l’ordre croissant, je garde le même tant qu’il divise le quotient, et je contrôle en remultipliant les facteurs.
Attention — est une égalité juste, mais ce n’est pas une décomposition en facteurs premiers : et ne sont pas premiers. Et un entier impair n’est pas forcément premier : .
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Diviseur premier, test de primalité et crible d’Ératosthène
Existence d’un diviseur premier. Tout entier admet au moins un diviseur premier : son plus petit diviseur supérieur ou égal à est un nombre premier.
Test de primalité. Si un entier est composé, il admet un diviseur premier tel que . Par contraposée : si aucun nombre premier vérifiant ne divise , alors est premier.
Méthode. J’encadre entre deux carrés consécutifs, , puis je teste la divisibilité de par les nombres premiers inférieurs ou égaux à . Si aucun ne divise , est premier.
Crible d’Ératosthène (liste des nombres premiers jusqu’à ). On écrit les entiers de à . Tant que , on garde le plus petit entier non encore traité et non rayé, et on raye ses multiples à partir de . Les entiers non rayés sont exactement les nombres premiers inférieurs ou égaux à . La méthode est attribuée à Ératosthène de Cyrène, savant grec du IIIe siècle av. J.-C., par Nicomaque de Gérase.
Répartition. Les nombres premiers se raréfient, sans disparaître :
| Tranche | à | à | à | à | à |
|---|---|---|---|---|---|
| Nombres premiers |
Démonstration de l’existence d’un diviseur premier. L’ensemble des diviseurs de supérieurs ou égaux à est une partie non vide de (il contient ) : il admet un plus petit élément . Si n’était pas premier, il aurait un diviseur tel que ; comme divise et divise , diviserait , ce qui contredit le choix de . Donc est premier.
Démonstration du test. Si est composé, avec , donc . Le plus petit diviseur premier de vérifie , donc ; et divise , qui divise , donc divise .
Réponse rédigée : est-il premier ? : on teste , , , , , et . est impair ; n’est pas divisible par ; il ne se termine ni par ni par ; (reste ) ; (reste ) ; (reste ) ; (reste ). Aucun reste nul : est premier.
Aller jusqu’au bout. Pour : , on teste jusqu’à . Les essais de à échouent, mais : est composé. Le dernier nombre testé peut être le bon.
Crible jusqu’à . : il suffit de rayer les multiples de , , et . Il reste les nombres premiers inférieurs ou égaux à ; les cinq plus grands sont , , , et .
Réflexe — J’encadre entre deux carrés consécutifs, je ne teste que des nombres premiers, et je vais jusqu’à la racine carrée, ni plus loin, ni moins loin.
Attention — S’arrêter trop tôt fait déclarer premier un entier composé (). Le chiffre des unités ne prouve rien : un nombre premier supérieur à se termine par , , ou , mais se termine par sans être premier.
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L’infinité des nombres premiers
Théorème. L’ensemble des nombres premiers est infini. C’est une démonstration exigible du programme (ci-dessous).
L’idée. À partir d’une liste finie de nombres premiers , l’entier n’est divisible par aucun des (le reste de la division vaut ). Or admet un diviseur premier : c’est un nombre premier qui n’est pas dans la liste.
Un peu d’histoire. Le résultat figure dans les Éléments d’Euclide (livre IX, proposition 20), sous la forme : les nombres premiers sont plus nombreux que toute multitude de nombres premiers proposée. Euclide raisonne directement, comme dans l’idée ci-dessus ; la rédaction par l’absurde est aujourd’hui la plus courante.
Ce que le théorème ne dit pas. Il ne donne aucune formule produisant les nombres premiers, et il n’interdit pas de très longues plages d’entiers consécutifs tous composés (problème 4).
Démonstration (exigible), par l’absurde. Supposons qu’il n’existe qu’un nombre fini de nombres premiers, notés . Posons . Comme , admet un diviseur premier (partie 2). Par hypothèse, est l’un des : il divise donc le produit . Divisant et ce produit, divise leur différence, c’est-à-dire . C’est impossible, puisque . L’ensemble des nombres premiers est donc infini.
Sur deux listes. Avec la liste : . n’est pas premier, mais ses facteurs premiers et sont hors de la liste. Avec la liste : , qui est lui-même premier. Dans les deux cas, la construction fournit au moins un nombre premier nouveau.
Réflexe — Dans une rédaction par l’absurde, j’écris l’hypothèse (« un nombre fini de nombres premiers »), je construis , je cite l’existence d’un diviseur premier, puis j’aboutis à « divise ».
Attention — Il ne faut pas écrire que « est premier » : ne l’est pas. On affirme seulement que a un diviseur premier ; c’est l’appartenance de ce diviseur à la liste qui donne la contradiction.
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Décomposition en facteurs premiers et diviseurs
Théorème fondamental de l’arithmétique. Tout entier s’écrit comme un produit de nombres premiers avec premiers et des exposants , et cette écriture est unique : c’est la décomposition en facteurs premiers de .
Lemme d’Euclide. Si un nombre premier divise un produit , alors divise ou divise . Plus généralement, si divise un produit de plusieurs entiers, il divise l’un d’eux.
Diviseurs. Les diviseurs positifs de sont exactement les entiers avec pour tout . Il y en a , et leur somme, notée , vaut
Pourquoi. Un diviseur s’obtient en choisissant chaque exposant parmi les valeurs . En développant le produit qui donne , chaque diviseur apparaît une fois et une seule, grâce à l’unicité de la décomposition. Contrôle : chaque parenthèse est une somme géométrique, .
Carrés et cubes. est un carré parfait si et seulement si tous les exposants sont pairs ; c’est un cube parfait si et seulement s’ils sont tous multiples de . Conséquence : a un nombre impair de diviseurs positifs si et seulement si c’est un carré parfait (exercice 4.5).
Démonstration du lemme d’Euclide (avec le théorème de Gauss). Supposons que ne divise pas . Les seuls diviseurs positifs de sont et , et ne divise pas , donc . Comme divise et que est premier avec , le théorème de Gauss donne : divise .
Existence de la décomposition (récurrence forte). Supposons que tout entier tel que soit un produit de nombres premiers. Si est premier, c’est terminé. Sinon avec et : et sont des produits de nombres premiers, donc aussi.
Unicité (idée). Si avec des facteurs premiers, divise le produit des , donc l’un d’eux d’après le lemme d’Euclide ; ce étant premier, . On simplifie par et on recommence : les deux listes de facteurs sont les mêmes.
Réponse rédigée : diviseurs de . et , donc . Nombre de diviseurs : . Somme : .
Liste des diviseurs de . Ce sont les avec et : , , , , et , soit diviseurs.
Réflexe — Pour une question de diviseurs, je décompose d’abord ; je compte avec les exposants augmentés de ; je somme avec une parenthèse par facteur premier, de à .
Attention — Le nombre de diviseurs de est , pas : l’exposant compte. Et le lemme d’Euclide exige un nombre premier : divise sans diviser ni ni .
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PGCD et PPCM par les décompositions
Propriété. On écrit et (entiers supérieurs ou égaux à ) sur la même liste de nombres premiers , avec des exposants éventuellement nuls : et . Alors et
Relation. , car pour chaque .
Premiers entre eux. et sont premiers entre eux si et seulement s’ils n’ont aucun facteur premier commun ; on a alors .
Le PPCM, plus petit multiple commun strictement positif, n’est pas cité par le programme de maths expertes : il reste commode pour les phénomènes périodiques. Pour de grands entiers difficiles à décomposer, l’algorithme d’Euclide reste la méthode la plus rapide pour le PGCD.
Réponse rédigée. et . Sur la liste , , , : et . Exposants minimaux : . Exposants maximaux : . Contrôle : et .
Fraction irréductible. .
Démonstration pour le PGCD. Un diviseur positif commun à et s’écrit avec et , c’est-à-dire pour tout . Le plus grand s’obtient en prenant pour chaque . Pour les multiples communs, on raisonne de même avec .
Réflexe — J’écris les deux décompositions sur la même liste de nombres premiers (exposants nuls compris), je prends les exposants minimaux pour le PGCD, maximaux pour le PPCM, et je contrôle avec .
Attention — Le PGCD ne garde que les facteurs communs, le PPCM garde tous les facteurs. Et la relation ne vaut que pour deux entiers : pour , et , PGCD et PPCM valent , et .
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Petit théorème de Fermat
Petit théorème de Fermat. Soit un nombre premier et un entier.
- Si ne divise pas , alors .
- Pour tout entier , .
Reste d’une grande puissance. Si ne divise pas et si (division euclidienne de par ), alors .
Test de Fermat. Si un entier non divisible par vérifie , alors n’est pas premier : on dit que est un témoin. La réciproque du théorème est fausse : un entier composé peut vérifier (problème 5).
Un peu d’histoire. Pierre de Fermat énonce ce résultat dans une lettre à Bernard Frénicle de Bessy d’octobre 1640, sans démonstration. Leibniz en rédige une vers 1683 sans la publier ; les premières démonstrations publiées sont dues à Euler, à partir de 1741.
Démonstration (non exigible ; le programme la propose comme problème). Étape 1. Pour , divise . En effet , donc divise ; comme , ne divise pas et est premier avec : le théorème de Gauss donne divise .
Étape 2. Par la formule du binôme, , et chaque terme de la somme est un multiple de : .
Étape 3. Récurrence sur : ; si , alors . Pour négatif, on remplace par son reste modulo : .
Étape 4. Si ne divise pas : divise et est premier avec , donc, par le théorème de Gauss, divise .
Réponse rédigée : reste de modulo . est premier et ne divise pas : d’après le petit théorème de Fermat, . Or , donc . Enfin , soit , et . Le reste est .
Avec la seconde forme. Pour tout entier , : divise , même lorsque divise . Par exemple .
Un témoin. est-il premier ? , donc . Comme , . Puisque , n’est pas premier : est un témoin, et en effet .
Réflexe — Avant d’écrire « d’après le petit théorème de Fermat », je vérifie que le module est premier et qu’il ne divise pas ; puis je divise l’exposant par et je garde le reste.
Attention — Le module doit être premier : , donc , et non , car n’est pas premier. Et l’exposant se réduit par division par , pas par .
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Pour aller plus loin
Division euclidienne et algorithme d’Euclide. Pour calculer le PGCD de grands entiers sans les décomposer, on enchaîne les divisions euclidiennes : voir Divisibilité, division euclidienne et PGCD.
Théorème de Gauss. Le lemme d’Euclide en est un cas particulier. Le théorème de Gauss, sa démonstration exigible et ses applications aux équations sont traités dans Théorèmes de Bézout et de Gauss.
Congruences. Les calculs modulo utilisés avec le petit théorème de Fermat (compatibilité avec les opérations, cycles des restes des puissances) sont détaillés dans Congruences.
Des questions encore ouvertes. Certaines questions très simples à énoncer restent sans réponse, comme l’existence d’une infinité de nombres premiers jumeaux, c’est-à-dire de couples de nombres premiers, tels que ou .
- Un nombre premier a exactement deux diviseurs positifs, et lui-même ; et ne sont pas premiers, est le seul nombre premier pair.
- Tout entier a un diviseur premier ; s’il est composé, il en a un, , tel que : on ne teste que les nombres premiers jusqu’à .
- L’ensemble des nombres premiers est infini : a un diviseur premier hors de toute liste finie .
- Décomposition unique ; diviseurs positifs ; carré parfait si et seulement si tous les exposants sont pairs.
- PGCD : exposants minimaux ; PPCM : exposants maximaux ; .
- Petit théorème de Fermat : si est premier et ne divise pas , ; pour tout entier , .
Questions fréquentes
Comment savoir si un entier est premier ?
On encadre l’entier n entre deux carrés consécutifs, puis on teste sa divisibilité par les seuls nombres premiers p tels que p² ≤ n. Pour 223 : 14² = 196 ≤ 223 < 225 = 15², on teste 2, 3, 5, 7, 11 et 13 ; aucun ne divise 223, donc 223 est premier. Inutile d’aller plus loin : un entier composé a toujours un diviseur premier inférieur ou égal à sa racine carrée.
Pourquoi 1 n’est-il pas un nombre premier ?
Un nombre premier a exactement deux diviseurs positifs, 1 et lui-même ; 1 n’en a qu’un seul. Ce choix garantit l’unicité de la décomposition en facteurs premiers : si 1 était premier, on pourrait écrire 6 = 2 × 3, mais aussi 6 = 1 × 2 × 3 ou 6 = 1 × 1 × 2 × 3, sans fin.
Comment démontrer qu’il existe une infinité de nombres premiers ?
Par l’absurde : si p₁, …, pᵣ étaient tous les nombres premiers, l’entier N = p₁ × … × pᵣ + 1 aurait un diviseur premier p, forcément dans la liste. Alors p diviserait le produit et N, donc leur différence 1 : impossible. C’est une démonstration exigible au programme de maths expertes.
Comment trouver le nombre de diviseurs d’un entier ?
On décompose l’entier en facteurs premiers, puis on multiplie les exposants augmentés de 1. Pour 1 225 = 5² × 7², on obtient (2 + 1)(2 + 1) = 9 diviseurs : un nombre impair, ce qui est normal, car 1 225 = 35² est un carré parfait.
Que dit le petit théorème de Fermat ?
Si p est un nombre premier qui ne divise pas l’entier a, alors a^(p − 1) ≡ 1 [p] ; et pour tout entier a, a^p ≡ a [p]. Il sert à trouver le reste d’une grande puissance : 10¹⁸ ≡ 1 [19], donc 10⁴⁰ = (10¹⁸)² × 10⁴ ≡ 10 000 [19], et comme 10 000 = 526 × 19 + 6, le reste de 10⁴⁰ modulo 19 est 6.
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