Ressources · Terminale · Maths complémentaires (option Tle)
Fonction logarithme népérien
Rappels sur l’exponentielle, ln réciproque de exp, propriétés algébriques, dérivée, variations, limites et courbe, équations et inéquations, seuils avec ln(qⁿ) = n ln q.
À propos de cette page
Rappels de 1re : la fonction exponentielle
Définition (1re). La fonction exponentielle est l’unique fonction dérivable sur telle que et . On note , avec .
Signe et variations. Pour tout réel , . Comme , la fonction exponentielle est strictement croissante sur . Ses limites ( en , en ) sont dans le chapitre Limites, continuité et théorème des valeurs intermédiaires.
Propriétés algébriques. Pour tous réels et et tout entier relatif :
| Produit | |
|---|---|
| Inverse | |
| Quotient | |
| Puissance |
Comparer deux exponentielles. et .
Lien avec les suites géométriques. Pour tout réel , : la suite est géométrique de raison .
Simplifier. .
Équation. .
Inéquation. : .
Signe d’un produit. : comme , a le signe de , négatif sur et positif sur .
Suite géométrique. : raison , la suite est croissante.
Ce qui manque encore. Résoudre , où n’est pas écrit sous la forme d’une exponentielle : c’est le rôle du logarithme.
Réflexe — Avec des exponentielles des deux côtés, je regroupe chaque membre en une seule exponentielle grâce aux propriétés, puis je compare les exposants : donne , et donne . Un facteur ne change jamais le signe d’un produit.
Attention — , et , pas . Une exponentielle n’est jamais nulle ni négative : et n’ont aucune solution.
1 / 6
Le logarithme népérien, réciproque de l’exponentielle
Définition. La fonction exponentielle est continue, strictement croissante sur , et prend toutes les valeurs de . Donc, pour tout réel , l’équation admet une unique solution réelle : on la note , le logarithme népérien de . La fonction , définie sur , est la fonction réciproque de la fonction exponentielle.
Équivalence fondamentale. Pour tout réel et tout réel : .
Conséquences. (car ) ; ; pour tout ; pour tout réel .
Résoudre . Si , l’unique solution est . Si , il n’y a aucune solution, car une exponentielle est strictement positive.
Courbes. Dans un repère orthonormé, les courbes de et de sont symétriques par rapport à la droite d’équation : le point est sur la courbe de si et seulement si le point est sur celle de .
Valeurs exactes. ; ; , avec .
Équation . , avec . En revanche, n’a aucune solution.
À la calculatrice. La touche ln donne . Contrôle : , très proche de .
Lire sur les courbes. Le point est sur la courbe de , donc le point est sur celle de : c’est l’égalité . Sur la figure, et se correspondent de la même façon.
Réflexe — Inconnue en exposant : j’applique ( donne si ). Inconnue sous un : j’applique ( donne ). Et je vérifie toujours que ce qui est sous le est strictement positif.
Attention — n’existe que pour : et n’ont aucun sens. Mais peut être négatif : , car impose . Ne pas confondre « » (condition d’existence) et « » (qui demande ).
2 / 6
Propriétés algébriques : l’équation fonctionnelle
Relation fondamentale. Pour tous réels et : . Le logarithme transforme les produits en sommes : c’est l’équation fonctionnelle .
Conséquences, pour , et entier relatif :
| Propriété | Exemple |
|---|---|
Il n’existe aucune formule pour , ni pour le produit .
Démonstration de . D’après les propriétés de l’exponentielle, . Le réel a donc pour exponentielle : par définition du logarithme, c’est .
Démonstration de . Avec la relation précédente : , donc . Le quotient s’en déduit : .
Puissance et racine. Pour , ; pour négatif, on passe par l’inverse. Comme , on a .
Valeurs approchées. , donc ; .
Regrouper. .
Mêler et . .
Réflexe — Pour développer, je décompose le nombre en facteurs premiers (), puis j’applique produit, quotient et puissance. Pour regrouper en un seul logarithme, je fais le chemin inverse : les coefficients deviennent des exposants, les sommes des produits, les différences des quotients.
Attention — et . De même, n’est pas : pour , le premier vaut et le second . Enfin, n’est vrai que pour .
3 / 6
Dérivée, variations, limites et courbe de ln
Dérivée. La fonction est dérivable sur (admis) et, pour tout , .
Variations et signe. sur : est strictement croissante. Pour et : et . Comme : sur et sur .
Limites. : l’axe des ordonnées est asymptote verticale à la courbe. , mais très lentement.
Courbe. Points repères : , , . La tangente au point d’abscisse a pour équation , et la courbe est au-dessous : pour tout .
Rappel. là où et, plus généralement, si : chapitre Dérivation : approfondissement.
Démonstration de (en admettant que est dérivable). Pour tout , . On dérive les deux membres ; à gauche, c’est la forme avec : , soit . Comme , .
Tableau de variations de .
| ↗ | ↗ | ↗ |
Démontrer que . Soit sur . , du signe de car : est croissante sur , décroissante sur , de maximum . Donc , c’est-à-dire , pour tout .
Limite d’une composée. Quand tend vers par valeurs supérieures, tend vers en restant positif, donc tend vers .
Étudier une fonction avec . est définie pour , soit sur . : le dénominateur est strictement positif, donc a le signe de . est croissante sur , décroissante sur , et son maximum vaut .
Une croissance très lente. . Pour que dépasse , il faut , soit environ .
Tangente au point d’abscisse . et le nombre dérivé vaut : , soit .
Réflexe — Pour étudier une fonction qui contient : (1) ensemble de définition (ce qui est sous le est strictement positif) ; (2) dérivée avec , mise au même dénominateur ; (3) signe du numérateur, puisque ; (4) tableau de variations, avec les limites aux bornes et les valeurs exactes.
Attention — On n’écrit jamais « » : n’existe pas, on parle de limite en . Et une croissance lente n’est pas une courbe bornée : finit par dépasser n’importe quel nombre.
4 / 6
Équations et inéquations avec ln et exp
D’abord, l’ensemble de validité. On cherche les réels pour lesquels toutes les expressions écrites sous un sont strictement positives ; les solutions trouvées doivent appartenir à cet ensemble.
| On a… | … si et seulement si | à condition que |
|---|---|---|
| et | ||
| et | ||
| réel quelconque | ||
| réel quelconque | ||
| (sinon, aucune solution) | ||
Second degré caché. Si l’équation ne contient que et , on pose ; si elle ne contient que et , on pose , avec . On résout alors une équation du second degré en .
Équation . . Elle a un sens si , soit . Alors , donc , qui est bien supérieur à : .
Équation . , donc , avec .
Inéquation . , avec ; la condition est alors automatiquement vérifiée.
Deux logarithmes. . Conditions : et , soit . Sur cet intervalle, étant strictement croissante : . .
Changement de variable. . On pose : , soit . est impossible car ; donne . .
Réflexe — (1) J’écris les conditions d’existence ; (2) je me ramène à , ou avec les propriétés algébriques ; (3) je résous ; (4) je ne garde que les solutions qui vérifient les conditions de l’étape (1).
Attention — Pour une inéquation , ne pas oublier : donne , pas seulement . Et une somme de logarithmes est le logarithme d’un produit, jamais celui d’une somme.
5 / 6
Seuils : ln(qⁿ) = n ln q
Relation clé. Pour tout réel et tout entier : , ce qui s’écrit aussi .
Résoudre (avec ). La fonction est strictement croissante, donc . On divise ensuite par en regardant son signe :
• si , : le sens est conservé, ;
• si , : le sens change ; par exemple, .
Temps de doublement. Une grandeur qui augmente de par période est multipliée par à chaque période : elle a doublé dès que , soit .
Demi-vie. Une grandeur (avec ) est divisée par au bout de la durée , quel que soit l’instant de départ.
Algorithme de seuil. Une boucle « tant que » calcule les termes un par un et renvoie le premier rang qui convient : elle permet de contrôler le calcul fait avec .
Croissance. À par an, et : la grandeur a doublé au bout de ans (et pas ).
Décroissance. Plus petit entier tel que . : le sens change car . Or , donc . Contrôle : et .
Le même seuil en Python.
def seuil():
n = 0
p = 1
while p >= 0.03:
p = 0.8 * p
n = n + 1
return n
L’appel seuil() renvoie .
Demi-vie. Pour : . Il faut , soit , et .
Réflexe — J’isole la puissance , j’applique (qui conserve l’ordre), je divise par en regardant son signe, puis je conclus par le plus petit entier qui convient et je le contrôle sur les deux rangs qui l’encadrent.
Attention — Diviser par avec , c’est diviser par un nombre négatif : le sens de l’inégalité change. Et n’est pas : on « descend » l’exposant avec , jamais en divisant par .
6 / 6
Pour aller plus loin
Dériver et . La formule , sa démonstration et les études de fonctions qui l’utilisent sont dans le chapitre Dérivation : approfondissement.
Primitives. est une primitive de sur , et une primitive de quand : chapitre Primitives.
Concavité. La courbe de est au-dessous de toutes ses tangentes : on dit que est concave (chapitre Convexité).
Le logarithme décimal. Les physiciens et les chimistes utilisent , qui a les mêmes propriétés algébriques que , avec et : le pH d’une solution ou le niveau sonore en décibels se calculent avec lui (voir le problème « Niveaux sonores »). Il n’est pas exigible en maths complémentaires.
Un peu d’histoire. John Napier (Neper) publie en 1614 les premières tables de logarithmes, pour remplacer les multiplications des astronomes par des additions ; Henry Briggs les calcule ensuite en base par des racines carrées successives (problème « L’algorithme de Briggs »).
Pour aller plus loin (spécialité). Les croissances comparées, comme , sont traitées dans le chapitre de spécialité Fonction logarithme népérien.
- Exponentielle (1re) : , , , et .
- Pour : ; , , , .
- , , , ; rien pour .
- : est strictement croissante, tend vers en et vers en ; .
- Équations et inéquations : conditions d’existence d’abord, puis , ou , puis tri des solutions.
- Seuils : ; on divise par , négatif si (le sens change).
Questions fréquentes
Quelles propriétés de l’exponentielle faut-il connaître pour le logarithme ?
Celles de 1re : eˣ > 0, e^(a+b) = eᵃeᵇ, e^(−a) = 1/eᵃ, (eᵃ)ⁿ = e^(na), et la stricte croissance, qui donne eᵃ = eᵇ ⇔ a = b et eᵃ < eᵇ ⇔ a < b. Le logarithme sert à résoudre eˣ = k quand k n’est pas écrit comme une exponentielle.
Qu’est-ce que le logarithme népérien ?
Pour x > 0, ln x est l’unique réel dont l’exponentielle vaut x : y = ln x ⇔ x = eʸ. La fonction ln, définie sur ]0 ; +∞[, est la réciproque de l’exponentielle ; on a ln 1 = 0, ln e = 1, e^(ln x) = x et ln(eʸ) = y.
Quelles sont les propriétés algébriques de ln ?
Pour a > 0 et b > 0 : ln(ab) = ln a + ln b, ln(1/a) = −ln a, ln(a/b) = ln a − ln b, ln(aⁿ) = n ln a et ln √a = (1/2) ln a. Il n’existe aucune formule pour ln(a + b).
Quelle est la dérivée de ln et quelles sont ses limites ?
(ln x)′ = 1/x sur ]0 ; +∞[ : ln est strictement croissante. Elle tend vers −∞ en 0⁺ (asymptote verticale) et vers +∞ en +∞, très lentement. Sa courbe est sous sa tangente en 1 : ln x ≤ x − 1.
Comment résoudre une équation ou une inéquation avec ln ?
On écrit d’abord les conditions (ce qui est sous un ln est strictement positif), on se ramène à ln A = ln B, ln A = k ou eᴬ = k, on résout, puis on ne garde que les solutions qui vérifient les conditions.
Comment trouver un seuil avec le logarithme ?
On isole qⁿ, on applique ln, qui conserve l’ordre : n ln q > ln s. On divise par ln q en regardant son signe (négatif si 0 < q < 1, le sens change), puis on prend le plus petit entier qui convient et on le contrôle.
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.
Prof de maths à Marseille · Cours particuliers au lycée · Aide aux devoirs