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Histoire-Géographie · Classe de Terminale

Le monde depuis 1989 : vers un monde multipolaire ?

Histoire — Thème 2 : De l'unipolarité américaine à la multipolarisation du monde (programme de Terminale)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « Le monde depuis 1989 : vers un monde multipolaire ? » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en histoire-géographie. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : 1989-2001 : l'unipolarité américaine, Les États-Unis, hyperpuissance et ses limites, L'émergence de nouvelles puissances, La Chine, nouveau pôle mondial. Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser histoire-géographie en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Maîtriser les repères chronologiques

Datez précisément chaque événement (année, et mois quand il est significatif) et indiquez en une formule sa portée géopolitique.

  1. La réunification de l'Allemagne.
  2. La signature du traité de Maastricht fondant l'Union européenne.
  3. Le retrait des dernières troupes américaines d'Afghanistan et le retour des Talibans.
  4. L'entrée de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
  5. La première guerre de Tchétchénie déclenchée par la Russie.

Méthode. En histoire-géo, un repère n'est pas qu'une date : il faut savoir le situer (acteurs, lieu) et en énoncer la signification en une phrase. On rattache chaque date au mouvement d'ensemble du chapitre (fin de la bipolarité, recompositions, multipolarisation).

1. Réunification de l'Allemagne : 3 octobre 1990. Moins d'un an après la chute du Mur, la RDA est absorbée par la RFA. C'est un symbole de la victoire du bloc occidental et l'acte fondateur de la nouvelle architecture européenne post-Guerre froide.

2. Traité de Maastricht : signé en février 1992 (entré en vigueur le 1er novembre 1993). Il crée l'Union européenne, fonde la future monnaie unique (euro) et une politique étrangère et de sécurité commune (PESC) : l'Europe tente de s'affirmer comme un pôle dans le monde de l'après-Guerre froide.

3. Retrait américain d'Afghanistan : août 2021. Après vingt ans de présence, le retrait précipité et le retour immédiat des Talibans signent l'échec du nation building américain et illustrent les limites de l'hyperpuissance.

4. Entrée de la Chine à l'OMC : décembre 2001. Elle accélère l'intégration de la Chine dans la mondialisation et sa transformation en « atelier du monde », première étape de sa montée en puissance économique.

5. Première guerre de Tchétchénie : déclenchée en décembre 1994. La Russie cherche à conserver son intégrité territoriale face aux séparatismes : c'est un signe précoce de la volonté russe de réaffirmer sa puissance dans son « étranger proche ».

Exercice 2 — Identifier auteurs et concepts

Rattachez chaque concept ou formule à son auteur et explicitez en une phrase ce qu'il désigne.

  1. « La fin de l'histoire » : quel penseur, et que prétend-il annoncer après 1989 ?
  2. « Le choc des civilisations » : quel auteur, et quelle thèse oppose-t-il à la précédente ?
  3. Le concept de « puissance normative » appliqué à l'Union européenne.
  4. L'expression « Sud global » : que désigne-t-elle dans les relations internationales contemporaines ?

Méthode. Pour chaque notion, identifier l'auteur, l'ouvrage si possible, puis donner la définition en distinguant la notion des notions voisines.

1. « La fin de l'histoire » : Francis Fukuyama, La Fin de l'histoire et le dernier homme (1992). Après l'effondrement du communisme, il annonce le triomphe universel et définitif de la démocratie libérale et de l'économie de marché, qui n'auraient plus de rival idéologique crédible.

2. « Le choc des civilisations » : Samuel Huntington (1996). Il oppose à Fukuyama l'idée que les conflits de l'après-Guerre froide ne seront plus idéologiques mais culturels et religieux, opposant de grandes aires de civilisation (occidentale, islamique, sinique...).

3. « Puissance normative » : appliquée à l'Union européenne (notamment par Ian Manners). L'UE exerce son influence non par la force militaire mais par la diffusion de normes, de valeurs (droits de l'homme, État de droit), de standards juridiques et commerciaux : c'est une forme aboutie de soft power.

4. « Sud global » : désigne l'ensemble des pays émergents et en développement (Asie, Afrique, Amérique latine) qui revendiquent un poids accru et une voix propre, refusant de s'aligner mécaniquement sur l'Occident comme sur la Chine ou la Russie ; il prolonge l'esprit du non-alignement.

Exercice 3 — Localiser les foyers de tension

Pour chaque espace, situez-le géographiquement, nommez les acteurs en présence et indiquez l'enjeu du conflit ou de la rivalité.

  1. La mer de Chine méridionale.
  2. Le détroit de Taïwan.
  3. La péninsule de Crimée et le Donbass.
  4. Le Sahel (zone des « trois frontières »).

Méthode. Localiser, c'est nommer le continent/la sous-région et l'environnement (mer, détroit, frontière), puis croiser acteurs et enjeux. On distingue toujours l'enjeu de souveraineté, l'enjeu de ressources et l'enjeu de puissance symbolique.

1. Mer de Chine méridionale (Asie du Sud-Est, entre la Chine, le Vietnam, les Philippines, la Malaisie). Enjeux : revendications territoriales chinoises (« ligne en neuf traits »), construction d'îles artificielles militarisées, contrôle d'une voie maritime majeure du commerce mondial et de gisements d'hydrocarbures. La Chine y affronte indirectement les États-Unis qui défendent la liberté de navigation.

2. Détroit de Taïwan (entre la Chine continentale et l'île de Taïwan). Enjeu : la Chine considère Taïwan comme une province à réunifier, au besoin par la force ; les États-Unis soutiennent de fait l'île. C'est le point de friction le plus dangereux de la rivalité sino-américaine, doublé d'un enjeu stratégique (semi-conducteurs).

3. Crimée et Donbass (sud et est de l'Ukraine, façade de la mer Noire). Acteurs : Russie et Ukraine. Enjeux : la Russie a annexé la Crimée (2014, base navale de Sébastopol) et soutenu les séparatistes du Donbass, avant l'invasion de 2022. Il s'agit du contrôle de l'« étranger proche » russe et du refus de l'élargissement occidental.

4. Sahel, zone des « trois frontières » (Mali, Niger, Burkina Faso, en Afrique sahélienne). Acteurs : États sahéliens fragiles, groupes djihadistes, anciennes puissances (France, opération Barkhane), désormais influence russe (Wagner). Enjeux : effondrement de l'autorité étatique (États faillis), terrorisme, recompositions des influences extérieures.

Exercice 4 — Distinguer des notions voisines

Pour chaque couple, énoncez le critère qui les sépare et donnez un exemple discriminant tiré de la période.

  1. Multilatéralisme / unilatéralisme.
  2. Conflit interétatique / conflit asymétrique.
  3. Émergence économique / puissance globale.
  4. Maintien de la paix (ONU) / intervention militaire d'une coalition.

Méthode. Distinguer, ce n'est pas opposer en bloc : on isole le critère précis qui sépare les deux termes, puis on choisit un exemple où le partage est net.

1. Multilatéralisme / unilatéralisme. Critère : le nombre d'acteurs et le cadre de décision. Le multilatéralisme agit dans un cadre collectif et négocié (ONU, traités) ; l'unilatéralisme agit seul, selon ses seuls intérêts. Exemple : la guerre du Golfe de 1991 (coalition mandatée par l'ONU) relève du multilatéralisme ; l'invasion de l'Irak en 2003, sans mandat, relève de l'unilatéralisme.

2. Conflit interétatique / conflit asymétrique. Critère : la nature des belligérants. L'interétatique oppose des armées d'États ; l'asymétrique oppose une armée régulière à des acteurs non étatiques aux moyens très inférieurs (guérilla, terrorisme). Exemple : la guerre d'Ukraine (2022) est interétatique ; la « guerre contre le terrorisme » menée contre Al-Qaïda est asymétrique.

3. Émergence économique / puissance globale. Critère : la nature et l'étendue de la puissance. L'émergence est d'abord une croissance économique rapide ; la puissance globale combine toutes les dimensions (militaire, diplomatique, culturelle) et se projette mondialement. Exemple : le Brésil est une puissance émergente mais à rayonnement surtout régional ; la Chine est passée de l'émergence à la puissance globale.

4. Maintien de la paix / intervention de coalition. Critère : le mandat et le but. Les opérations de maintien de la paix (Casques bleus) s'interposent avec l'accord des parties sous l'égide de l'ONU ; une intervention de coalition est une opération de force menée par un groupe d'États. Exemple : la MINUSMA au Mali (maintien de la paix) contre l'intervention en Libye en 2011 (coalition, résolution 1973).

Exercice 5 — Réponse argumentée courte

Répondez à chaque question en quatre ou cinq phrases construites, en mobilisant un exemple précis.

  1. En quoi la position des pays du « Sud global » face à la guerre en Ukraine révèle-t-elle les limites de l'influence occidentale ?
  2. Pourquoi peut-on dire que la mondialisation économique n'a pas effacé le rôle des États ?

Méthode. Une réponse argumentée courte annonce sa thèse, développe une raison appuyée sur un fait daté ou localisé, puis nuance ou conclut. On évite l'énumération sans liens logiques.

1. Le Sud global et l'Ukraine. De nombreux États d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine ont refusé de s'aligner sur les sanctions occidentales contre la Russie après 2022, sans pour autant approuver l'invasion. Ils invoquent un « deux poids deux mesures » : l'Occident, qui appelle au respect du droit international, l'a lui-même contourné (Irak 2003). Cette neutralité révèle que la puissance normative occidentale ne suffit plus à entraîner le reste du monde et que les pays émergents revendiquent une autonomie diplomatique. La diversification de leurs partenaires (Chine, Russie, Golfe) confirme l'effritement de l'hégémonie occidentale et l'affirmation d'un monde multipolaire.

2. Mondialisation et États. La mondialisation a intensifié les flux (commerce, capitaux, information) et donné un grand poids à des acteurs transnationaux (firmes, ONG), ce qui pouvait faire croire à un effacement des États. Mais ce sont les États qui fixent les règles : guerre commerciale sino-américaine depuis 2018, politiques industrielles, contrôle des technologies stratégiques (semi-conducteurs). La crise de 2008 puis la pandémie ont montré que seuls les États pouvaient amortir les chocs (plans de relance, fermeture des frontières). Loin de disparaître, l'État reste l'acteur central qui encadre et instrumentalise la mondialisation au service de sa puissance.

Exercice 6 — Analyse de document guidée

Lisez le document puis répondez à chaque question en quelques phrases rédigées, en distinguant ce qui vient du texte et ce qui vient de vos connaissances.

  1. Présentez le document : auteur, date, contexte et nature.
  2. Quelle thèse Poutine défend-il sur l'ordre mondial ? Relevez les expressions du texte qui l'expriment.
  3. À l'aide de vos connaissances, citez deux faits postérieurs à 2007 qui semblent confirmer cette analyse d'un monde multipolaire.
  4. Pourquoi faut-il garder un regard critique sur ce discours ? Qui le prononce, et dans quel intérêt ?

Méthode. Toute analyse de document commence par sa présentation (PANDA : Présentation, Auteur, Nature, Date, idée principale), distingue le prélèvement (citations) de l'apport de connaissances, et se termine par une critique (portée et limites, intentions de l'auteur).

1. Présentation. Il s'agit d'un extrait de discours politique prononcé par Vladimir Poutine, président de la Russie, le 10 février 2007 à la Conférence de Munich sur la sécurité. Le contexte est celui de la réaffirmation de la puissance russe après les années 1990 de faiblesse, et de la contestation de l'hégémonie américaine. La nature (discours officiel) impose la prudence : c'est une parole d'acteur, intéressée.

2. La thèse. Poutine soutient que l'unipolarité américaine a échoué et qu'émerge un monde multipolaire. Les expressions clés : « le monde unipolaire [...] n'a pas eu lieu », « nouveaux centres de puissance », « les tentatives d'imposer un modèle unique [...] ont échoué », « monde multipolaire ». Il valorise la « souveraineté » et le « modèle de civilisation » de chaque pôle, c'est-à-dire le refus de l'ingérence occidentale.

3. Faits confirmant l'analyse (connaissances). Plusieurs faits postérieurs vont dans ce sens : la crise financière de 2008, partie des États-Unis, qui ébranle le modèle occidental ; la montée de la Chine, devenue 2e économie mondiale en 2010 et lançant la BRI en 2013 ; la réaffirmation militaire russe (Géorgie 2008, Crimée 2014, Syrie 2015) ; le refus du Sud global de s'aligner sur l'Occident après 2022.

4. Regard critique. Ce discours émane d'un dirigeant qui a tout intérêt à célébrer la fin de l'hégémonie américaine pour légitimer la puissance russe et son refus des normes occidentales. Derrière l'éloge de la « souveraineté » et de la « diversité des modèles » se cache la justification d'un projet de révision de l'ordre international (par la force en Ukraine dès 2014). Le discours décrit donc une tendance réelle (la multipolarisation), mais il la met au service d'une stratégie : il faut le confronter à d'autres sources pour ne pas confondre l'analyse et la propagande.

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