Histoire — Thème 2 : De l'unipolarité américaine à la multipolarisation du monde (programme de Terminale)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Traitez ce sujet de composition.
Traitez ce sujet de composition.
Analysez le document en répondant aux questions, puis rédigez une réponse organisée.
Exercice 1 — Les États-Unis et le monde depuis la fin de la Guerre froide
Analyse du sujet. Le sujet est centré sur les États-Unis comme acteur, et sur leur place relative dans le monde (et non sur la seule politique intérieure). Les bornes vont de 1991 (fin de l'URSS) à nos jours. La formule « hyperpuissance incontestée / puissance contestée » suggère une évolution : il s'agit d'expliquer comment et pourquoi la domination américaine s'est érodée.
Problématique possible. Dans quelle mesure les États-Unis sont-ils passés d'une domination sans rival à une puissance certes encore majeure, mais désormais contestée et contrainte au sein d'un monde multipolaire ?
I. Les années 1990 : l'« hyperpuissance » incontestée.
— Seule superpuissance après l'effondrement de l'URSS : « moment unipolaire ».
— Toutes les dimensions de la puissance réunies : militaire (1er budget mondial, présence globale), économique (~25 % du PIB, dollar roi), culturelle (soft power : Hollywood, GAFAM naissants).
— Rôle de « gendarme du monde » : guerre du Golfe (1991), interventions dans les Balkans (Bosnie 1995, Kosovo 1999).
II. Les années 2000 : l'apogée et les premières fractures.
— 11-Septembre 2001 : vulnérabilité du territoire, « guerre contre le terrorisme ».
— Tournant unilatéral : doctrine Bush, guerre préventive, invasion de l'Irak (2003) sans mandat de l'ONU, qui divise les alliés.
— Enlisements (Irak, Afghanistan) et crise de 2008 : la puissance s'use militairement et son modèle économique est ébranlé.
III. Depuis les années 2010 : une puissance contestée dans un monde multipolaire.
— Montée d'un rival structurel, la Chine (2e PIB, BRI, rivalité technologique) ; réaffirmation russe (Crimée 2014, Ukraine 2022).
— « Pivot vers l'Asie » (Obama, 2011), guerre commerciale (depuis 2018) : les États-Unis doivent désormais contenir plutôt que dominer.
— Tentation du repli (retrait d'Afghanistan 2021, retrait d'accords multilatéraux sous Trump) et perte d'influence sur le Sud global.
— Mais une puissance toujours majeure : 1re armée, dollar, innovation, alliances (OTAN réactivée).
Conclusion. Les États-Unis demeurent la première puissance mondiale, mais leur hégémonie des années 1990 a laissé place à un leadership contesté : ils sont devenus un pôle dominant parmi d'autres dans un monde multipolaire. Ouverture : la rivalité avec la Chine fera-t-elle basculer le XXIe siècle vers une nouvelle bipolarité ?
Exercice 2 — La Chine, une puissance à l'échelle mondiale
Analyse du sujet. Deux mots-clés : les « manifestations » (montrer les formes de la puissance) et les « limites » (nuancer). Le cadre chronologique commence aux années 2000 (entrée à l'OMC en 2001, accélération de l'émergence). Le danger serait de réciter un panégyrique : il faut équilibrer atouts et faiblesses.
Problématique possible. La Chine est-elle devenue une puissance complète et incontestable, ou sa montée en puissance reste-t-elle inachevée et fragile ?
I. Les manifestations d'une puissance globale.
— Économique : 2e PIB mondial (2010), 1er exportateur, « atelier du monde », réserves de change colossales.
— Projection mondiale : Belt and Road Initiative (2013) dans plus de 140 pays, présence en Afrique et en Asie centrale.
— Militaire et diplomatique : modernisation de l'armée, militarisation de la mer de Chine méridionale, membre permanent du Conseil de sécurité.
— Technologique : 5G (Huawei), intelligence artificielle, programme spatial.
II. Les limites et les fragilités.
— Soft power faible : répression au Xinjiang et à Hong Kong, modèle autoritaire peu attractif.
— Rivalité sino-américaine : guerre commerciale (2018), tensions sur Taïwan, dépendance aux semi-conducteurs étrangers.
— Fragilités internes : vieillissement démographique, ralentissement de la croissance, endettement, inégalités régionales.
— Dépendances extérieures : approvisionnements énergétiques, débouchés commerciaux.
Conclusion. La Chine est incontestablement devenue un pôle majeur du monde multipolaire, rivale directe des États-Unis, mais sa puissance demeure déséquilibrée (forte économiquement, plus faible en influence et minée par des fragilités internes). Ouverture : la rivalité sino-américaine structure désormais l'ordre mondial du XXIe siècle.
Exercice 3 — Analyse de document — Le multilatéralisme à l'épreuve
Méthode. On répond précisément à chaque question, en s'appuyant sur des prélèvements du texte (entre guillemets) puis sur des connaissances extérieures, et l'on termine la dernière question par une réponse nuancée (oui... mais...).
1. Le dysfonctionnement. Le document met en évidence la paralysie du Conseil de sécurité de l'ONU (« le Conseil de sécurité est aujourd'hui paralysé »). Le mécanisme en cause est le droit de veto des cinq membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) : chacun peut bloquer toute résolution qui menace ses intérêts ou ceux de ses alliés. Exemple cité : les vetos russes répétés sur la Syrie pour protéger le régime de Bachar al-Assad.
2. Une composition inadaptée. Le Conseil reflète le rapport de forces de 1945, celui des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Or le monde a changé : des puissances émergentes majeures — l'Inde (pays le plus peuplé), le Brésil, l'Afrique du Sud, mais aussi le Japon ou l'Allemagne — n'y disposent d'aucun siège permanent, et l'Afrique comme l'Amérique latine n'y sont pas représentées de façon permanente. La gouvernance mondiale ne correspond donc plus à la réalité de la multipolarité, ce qui nourrit la contestation des institutions héritées de 1945 (le texte note que la réforme est un « serpent de mer », bloquée par les membres permanents eux-mêmes).
3. Une crise à nuancer. Oui, le multilatéralisme traverse une crise profonde : paralysie de l'ONU, blocage de l'OMC, retraits américains d'accords majeurs, création d'institutions alternatives par les BRICS (Nouvelle Banque de Développement, 2014). Mais il n'est pas mort : des accords multilatéraux continuent d'être conclus (Accord de Paris sur le climat en 2015, Agenda 2030 et ODD), le G20 reste un forum de coordination, et la coopération se maintient dans des domaines techniques (santé, climat). Il s'agit donc d'un multilatéralisme fragilisé et concurrencé, mais qui demeure un cadre indispensable de la gouvernance mondiale.
Cours particuliers de histoire-géographie à Marseille, en présentiel ou à distance — un prof qui s'adapte à ton rythme et reprend ce qui coince.