Thème 2 — La multipolarisation du monde : affrontement idéologique, courses aux armements et décolonisation dans un monde bipolaire (programme de Terminale générale)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Traitez le sujet sous la forme d'une composition organisée (introduction, développement en parties, conclusion), en vous appuyant sur des exemples précis et datés.
Analysez le document à l'aide des questions, en mobilisant vos connaissances sur la période.
Exercice 1 — Composition — Les crises, révélateurs de la logique de la Guerre froide
Corrigé — plan détaillé, méthode et connaissances attendues.
Méthode. Ce sujet n'est pas un récit chronologique : il faut démontrer une idée (les crises révèlent la logique de la Guerre froide). Évitez le catalogue ; classez les crises selon ce qu'elles éclairent.
Introduction. Accroche possible : la crise de Cuba (octobre 1962), treize jours où le monde frôle la guerre nucléaire. Contexte : depuis 1947, le monde est divisé en deux blocs antagonistes (doctrine Truman / rapport Jdanov). Problématique : en quoi les crises montrent-elles simultanément la violence de la rivalité et l'impossibilité d'une guerre directe ? Annonce du plan.
I. Des crises qui matérialisent l'affrontement bipolaire.
• Blocus de Berlin (1948–1949) : première épreuve de force, pont aérien allié, Berlin devient le symbole de la division.
• Guerre de Corée (1950–1953) : premier conflit périphérique majeur, partition au 38e parallèle.
• Mur de Berlin (1961) : matérialisation physique du « rideau de fer ».
II. Des crises encadrées par la dissuasion nucléaire.
• Crise de Cuba (1962) : apogée du danger, mais résolution discrète (retrait des missiles soviétiques contre retrait des missiles US de Turquie). L'équilibre de la terreur (MAD) impose la négociation.
• Conséquences : téléphone rouge (1963), prise de conscience partagée du risque atomique — bascule vers la détente.
III. De l'apaisement au dénouement (détente, regain, fin).
• Détente (1962–1979) : SALT I (1972), Helsinki (1975), mais limites (doctrine Brejnev, Vietnam).
• Regain de tensions : Afghanistan (1979), Reagan, IDS (1983).
• Fin : Gorbatchev, chute du mur (1989), dissolution de l'URSS (1991).
Conclusion. Les crises révèlent que la Guerre froide est un affrontement total mais maîtrisé : la dissuasion nucléaire a transformé chaque crise en épreuve de volonté plutôt qu'en guerre. Ouverture : la fin de la bipolarité ouvre un monde multipolaire aux équilibres incertains.
Exercice 2 — Analyse de document — Khrouchtchev et la coexistence pacifique (1956)
Corrigé — réponses attendues et méthode.
Q1 — Présentation. Nature : extrait d'un rapport politique officiel (discours doctrinal). Auteur : Nikita Khrouchtchev, Premier secrétaire du PCUS, dirigeant de l'URSS depuis la mort de Staline (1953). Date : février 1956, au XXe Congrès du PCUS — congrès célèbre aussi pour le « rapport secret » de déstalinisation. Contexte : l'URSS, désormais dotée de l'arme atomique (1949) puis thermonucléaire, redéfinit sa stratégie internationale.
Q2 — La coexistence pacifique. C'est l'idée que les deux systèmes (capitaliste et communiste) peuvent coexister sans guerre directe. Elle rompt avec la thèse stalinienne de l'inévitabilité du conflit armé entre les deux camps : Khrouchtchev affirme qu'« il n'y a pas de fatalité » conduisant à la guerre. C'est une inflexion vers une rivalité pacifique (économique, idéologique, spatiale).
Q3 — L'arme atomique et l'équilibre de la terreur. Khrouchtchev souligne qu'« à l'âge de l'arme atomique » une nouvelle guerre mondiale entraînerait « des destructions et des pertes inouïes ». La perspective de destruction mutuelle rend la guerre directe irrationnelle : c'est exactement la logique de l'équilibre de la terreur (MAD), qui pousse à substituer la dissuasion à l'affrontement.
Q4 — Une rivalité maintenue. Non : le texte précise que « la lutte idéologique […] se poursuivra, mais par des moyens pacifiques ». La coexistence encadre la rivalité, elle ne l'abolit pas. Les faits le confirment : course aux armements, conflits périphériques (Vietnam), crise de Berlin (1961) et surtout crise de Cuba (1962), où Khrouchtchev lui-même installe des missiles à Cuba. La « coexistence pacifique » est donc une compétition sans guerre directe, non une réconciliation.
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