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Histoire-Géographie · Classe de Terminale

La France et la construction européenne

Thème 3 — Faire la France depuis 1945 : l'engagement français au cœur du projet européen de la CECA au traité de Lisbonne

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « La France et la construction européenne » en terminale permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en histoire-géographie. Ils suivent le programme officiel de terminale et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : Les origines : pourquoi construire l'Europe après 1945 ?, Les pères fondateurs et la déclaration Schuman (1950), De la CECA au traité de Rome (1951-1957), La France gaullienne et l'Europe des nations (1958-1969). Écris ta réponse puis clique sur « Vérifier » : la correction est immédiate et tolère majuscules, espaces et ponctuation. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser histoire-géographie en terminale.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Repères chronologiques

Datez précisément chacun des événements suivants de la construction européenne.

  1. La signature du traité de Paris instituant la CECA.
  2. Le rejet de la CED par l'Assemblée nationale française.
  3. La signature des traités de Rome (CEE et Euratom).
  4. La signature du traité de l'Élysée entre la France et la RFA.
  5. L'Acte unique européen.
  6. Le référendum français de ratification du traité de Maastricht.
  7. Le référendum français sur le traité constitutionnel européen (TCE).
Méthode. Rattachez chaque événement à une phase (fondation 1950-1957 / Europe gaullienne / relance et approfondissement / élargissements et crises) puis affinez à l'année.

• Traité de Paris (CECA) : 1951 (signé le 18 avril, entré en vigueur 1952).
• Rejet de la CED : août 1954 — par les députés gaullistes et communistes.
• Traités de Rome (CEE + Euratom) : 25 mars 1957.
• Traité de l'Élysée : 22 janvier 1963 — de Gaulle et Adenauer.
• Acte unique européen : 1986 — marché intérieur programmé pour 1993.
• Référendum Maastricht : 20 septembre 1992 — oui à 51,04 %.
• Référendum TCE : 29 mai 2005 — non à 54,68 %.

Attention : ne confondez pas signature et entrée en vigueur (Maastricht : signé 1992, en vigueur 1993 ; Lisbonne : signé 2007, en vigueur 2009).

Exercice 2 — Acteurs et rôles

Indiquez la nationalité, la fonction et le rôle joué par chacun de ces acteurs dans la construction européenne.

  1. Jean Monnet.
  2. Konrad Adenauer.
  3. Alcide De Gasperi.
  4. Simone Veil.
  5. Helmut Kohl.
Méthode. Pour chaque acteur : pays + fonction officielle + acte ou réalisation associé(e).

Jean Monnet : haut fonctionnaire français, rédacteur du plan Schuman et premier président de la Haute Autorité de la CECA ; théoricien de la méthode des « petits pas » (fonctionnalisme).
Konrad Adenauer : chancelier de la RFA (1949-1963) ; accepte la réconciliation avec la France et signe le traité de l'Élysée (1963).
Alcide De Gasperi : président du Conseil italien, démocrate-chrétien ; soutien constant de l'intégration parmi les pères fondateurs.
Simone Veil : femme politique française, ancienne ministre ; première présidente du Parlement européen élu au suffrage universel direct (1979).
Helmut Kohl : chancelier allemand (1982-1998) ; avec Mitterrand, co-architecte de l'Acte unique (1986) et de Maastricht (1992), accepte l'abandon du deutschemark.

Exercice 3 — Définir les notions-clés

Définissez avec précision chacune des notions suivantes en une à deux phrases.

  1. La supranationalité.
  2. L'« Europe des nations ».
  3. La citoyenneté européenne.
  4. Le couple franco-allemand.
  5. L'euroscepticisme.
  6. La souveraineté partagée.
Méthode. Une bonne définition = un mot-genre + un trait distinctif + (idéalement) un repère.

Supranationalité : organisation dans laquelle les États transfèrent une partie de leur souveraineté à des institutions communes dont les décisions s'imposent à eux (ex. la Haute Autorité de la CECA, la Commission).
Europe des nations : conception, défendue par de Gaulle, d'une Europe fondée sur la coopération entre États souverains, sans transfert de pouvoir à des organes supranationaux ; s'oppose au fédéralisme.
Citoyenneté européenne : statut instauré par Maastricht (1992) qui s'ajoute à la nationalité et donne notamment le droit de voter et d'être élu aux élections locales et européennes dans l'État membre de résidence.
Couple franco-allemand : entente politique privilégiée entre Paris et Berlin (de Gaulle/Adenauer, Giscard/Schmidt, Mitterrand/Kohl), considérée comme le moteur des grandes avancées européennes.
Euroscepticisme : attitude de méfiance ou d'opposition à l'intégration européenne, qui peut être souverainiste (défense de la nation) ou de gauche (rejet d'une Europe jugée trop libérale).
Souveraineté partagée : situation où un État délègue certaines compétences à l'UE (monnaie, commerce, concurrence) tout en conservant des domaines régaliens (défense, diplomatie, fiscalité directe).

Exercice 4 — Distinguer les étapes et les institutions

Pour chaque sigle ou notion, précisez ce qu'il désigne, sa date de création et l'étape de la construction européenne à laquelle il appartient.

  1. La CECA.
  2. La CEE.
  3. L'Euratom.
  4. L'UE.
  5. Le SME.
  6. L'espace Schengen.
Méthode. Identifiez d'abord le domaine (économique sectoriel / marché commun général / monétaire / circulation des personnes / union politique) puis la date.

CECA : Communauté européenne du charbon et de l'acier, créée par le traité de Paris (1951) — premier marché commun sectoriel, doté d'institutions supranationales.
CEE : Communauté économique européenne, créée par les traités de Rome (1957) — marché commun général reposant sur la libre circulation des marchandises, personnes, services, capitaux.
Euratom : Communauté européenne de l'énergie atomique, créée en 1957 — coopération dans le nucléaire civil.
UE : Union européenne, instaurée par le traité de Maastricht (1992) — union politique, économique et monétaire ; succède à la CEE.
SME : Système monétaire européen, créé en 1979 par Giscard et Schmidt — coordination des changes, ancêtre de l'euro.
Espace Schengen : zone de libre circulation sans contrôles aux frontières intérieures (convention signée 1985, appliquée 1995).

Exercice 5 — Expliquer un mécanisme ou un paradoxe

Répondez en quelques phrases argumentées à chacune des questions suivantes.

  1. Pourquoi de Gaulle pratique-t-il la CEE (PAC, marché commun) tout en refusant la supranationalité ?
  2. En quoi la chute du mur de Berlin (1989) a-t-elle accéléré l'approfondissement européen ?
  3. Comment expliquer que la France, pays fondateur de l'Europe, compte parmi les opinions les plus eurosceptiques ?
Méthode. Énoncez une thèse claire en première phrase, puis appuyez-la d'un exemple daté.

De Gaulle et la CEE. De Gaulle tire profit du marché commun et de la PAC (mise en place dès 1962), très avantageuse pour les agriculteurs français, mais refuse tout transfert de souveraineté : il défend l'« Europe des nations ». D'où la crise de la chaise vide (1965) et le compromis de Luxembourg (1966), qui préservent le veto national. Il accepte donc l'Europe économique utile à la France, mais bloque l'Europe politique supranationale.

1989 et l'approfondissement. La chute du mur (9 nov. 1989) puis la réunification allemande (1990) inquiètent Paris. Mitterrand et Kohl répondent en accélérant l'intégration (Maastricht, 1992) : il s'agit d'ancrer l'Allemagne réunifiée dans l'Europe et de la lier par la monnaie unique (abandon du deutschemark) pour conjurer toute tentation de puissance solitaire.

Paradoxe français. La France a initié la construction (Schuman, Monnet) et l'a impulsée (Maastricht), mais une partie de l'opinion juge l'UE trop libérale, menaçante pour le modèle social et peu démocratique. D'où le rejet de la CED (1954), le non au TCE (2005) et un euroscepticisme qui traverse les clivages, à la fois souverainiste et de gauche.

Exercice 6 — Analyse de document — Le « non » au référendum de 2005

Étudiez le document, puis répondez aux questions guidées en mobilisant vos connaissances.

  1. Présentez le document : nature, auteur et sa fonction, date et événement auquel il se rapporte.
  2. Quel est le résultat exact du référendum du 29 mai 2005 et sur quel texte porte-t-il ?
  3. Selon Chirac, le « non » remet-il en cause l'appartenance de la France à l'UE ? Relevez la phrase qui le montre.
  4. En vous appuyant sur vos connaissances, expliquez les principales raisons du « non » français et ses conséquences sur la construction européenne.
Méthode. Quatre temps : présenter, prélever des informations précises, citer le texte, puis confronter à ses connaissances.

1. Présentation. Nature : allocution télévisée (discours politique officiel). Auteur : Jacques Chirac, président de la République (1995-2007), favorable au oui. Date : 29 mai 2005, au soir du référendum sur le Traité constitutionnel européen (TCE). Contexte : campagne très clivée, mobilisation contre la « directive Bolkestein » et le « plombier polonais ».

2. Le résultat. Le « non » l'emporte à 54,68 %. Le référendum portait sur la ratification du Traité établissant une Constitution pour l'Europe (TCE), signé en 2004.

3. Pas de remise en cause de l'appartenance. Chirac précise que la décision « ne remet pas en cause les engagements de la France ni son appartenance à l'Union européenne » : le rejet vise ce traité précis, non l'adhésion de la France à l'UE.

4. Raisons et conséquences. Raisons du non : crainte d'une Europe libérale menaçant le modèle social (euroscepticisme de gauche), inquiétudes face à l'élargissement de 2004 et aux délocalisations, protestation contre le gouvernement Raffarin, refus de la mondialisation. Conséquences : blocage du TCE (rejeté aussi aux Pays-Bas), remplacé par le traité de Lisbonne (2007), qui en reprend l'essentiel mais abandonne la symbolique constitutionnelle ; en France, ratification par voie parlementaire (Congrès, 2008) pour éviter un nouveau référendum.
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