Thème 3 — Faire la France depuis 1945 : l'engagement français au cœur du projet européen de la CECA au traité de Lisbonne
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Traitez le sujet sous la forme d'une composition organisée (introduction avec problématique et annonce de plan, développement en parties, conclusion), en vous appuyant sur des exemples précis et datés.
Analysez le document à l'aide des questions, en mobilisant vos connaissances sur la période.
Exercice 1 — Composition — La France et la construction européenne, entre intégration et défense de la souveraineté (1950-2007)
Corrigé — plan détaillé, méthode et connaissances attendues.
Méthode. Le sujet appelle une démonstration articulant deux logiques, non un simple récit. Évitez le catalogue chronologique : organisez les exemples selon l'idée défendue, et distinguez toujours le discours des dirigeants de leurs actes.
Introduction. Accroche : le 9 mai 1950, la déclaration Schuman fait de la France l'initiatrice de la construction européenne. Contexte : Europe dévastée, Guerre froide, nécessité de surmonter la rivalité franco-allemande. Problématique : Comment la France a-t-elle concilié son rôle de fondatrice de l'Europe avec la défense de ses intérêts et de sa souveraineté ? Annonce du plan.
I. La France, fondatrice et moteur de la construction européenne.
• Initiative française : déclaration Schuman (1950), rôle de Monnet, CECA (1951), traités de Rome (1957).
• Le couple franco-allemand : traité de l'Élysée (1963), Mitterrand/Kohl.
• La relance après 1969 (sommet de La Haye) puis l'approfondissement : Acte unique (1986), Maastricht (1992, oui à 51,04 %), euro (2002).
II. La France, gardienne de sa souveraineté et de ses intérêts.
• Refus de l'Europe politique supranationale : rejet de la CED (1954).
• De Gaulle et l'« Europe des nations » : double veto au Royaume-Uni (1963, 1967), crise de la chaise vide (1965), compromis de Luxembourg (1966).
• Défense des intérêts nationaux : PAC favorable aux agriculteurs (1962).
• Crise de la ratification : non au TCE (2005), ratification parlementaire de Lisbonne (2008).
III. (niveau excellent) Une Europe perçue comme multiplicateur de puissance.
• Souveraineté partagée : la France délègue monnaie et commerce mais conserve défense, diplomatie, siège à l'ONU.
• L'UE comme levier mondial (PESC) ; tension permanente entre élites pro-européennes et opinion eurosceptique.
Conclusion. De 1950 à 2007, la France est à la fois le berceau et le paradoxe de l'Europe : cofondatrice et impulsion majeure, mais soucieuse de préserver ses marges souveraines. Elle conçoit l'Europe autant comme un projet de paix que comme un outil de puissance nationale. Ouverture possible : les débats sur la souveraineté européenne après le traité de Lisbonne.
Connaissances attendues : dates (1950, 1951, 1954, 1957, 1963, 1965-66, 1986, 1992, 2002, 2005, 2007), acteurs (Schuman, Monnet, de Gaulle, Adenauer, Mitterrand, Kohl), institutions (CECA, CEE, UE, PAC), concepts (supranationalité, Europe des nations, souveraineté partagée, euroscepticisme).
Exercice 2 — Analyse de document — Le traité de l'Élysée et le couple franco-allemand
Corrigé — réponses attendues et méthode.
Q1 — Présentation. Nature : traité bilatéral (texte diplomatique officiel), dit traité de l'Élysée. Auteurs : Charles de Gaulle, président de la République française, et Konrad Adenauer, chancelier de la RFA. Date : 22 janvier 1963. Contexte : Guerre froide, RFA intégrée au camp occidental, volonté gaullienne de bâtir une Europe autour de Paris et Bonn ; le traité intervient quelques jours après le premier veto de De Gaulle à l'adhésion britannique.
Q2 — L'événement historique. Il s'agit de la réconciliation franco-allemande : « la réconciliation du peuple allemand et du peuple français, mettant fin à une rivalité séculaire, constitue un événement historique ». Le texte solde des décennies d'affrontements (guerres de 1870, 1914-1918, 1939-1945).
Q3 — Coopération et Europe. Le préambule présente le « resserrement de la coopération entre les deux pays » comme « une étape indispensable sur la voie de l'Europe unie ». La coopération franco-allemande est donc pensée comme le socle de la construction européenne. Le traité institutionnalise des sommets réguliers (au moins deux fois par an).
Q4 — Moteur et nuances. En organisant une concertation permanente, le traité fait de l'entente Paris-Bonn la force d'entraînement des avancées européennes (on le vérifie ensuite avec Giscard/Schmidt et surtout Mitterrand/Kohl). Nuance : sous de Gaulle, la France freine pourtant l'intégration supranationale : veto au Royaume-Uni (1963, 1967), crise de la chaise vide (1965), compromis de Luxembourg (1966). Le couple franco-allemand est donc un moteur d'intégration, mais dans le cadre d'une « Europe des nations » respectueuse des souverainetés.
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