Thème 3 — Faire la France depuis 1945 : l'engagement français au cœur du projet européen de la CECA au traité de Lisbonne
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Exercice 1 — Composition — La France et la construction européenne depuis 1950
Plan détaillé attendu :
Introduction : Accroche (9 mai 1950, déclaration Schuman) → Contextualisation (Europe dévastée, Guerre froide) → Problématique : Comment la France a-t-elle articulé son rôle de fondatrice de l'Europe avec la défense de ses intérêts nationaux ? → Annonce de plan.
I. La France, fondatrice et moteur de la construction européenne
• Déclaration Schuman (1950) : initiative française pour réconcilier l'Europe.
• CECA (1951), CEE et Euratom (1957) : France parmi les Six fondateurs.
• Traité de l'Élysée (1963) : couple franco-allemand, moteur de l'intégration.
• Acte unique (1986), Maastricht (1992) : Mitterrand et Kohl co-architectes de l'UE.
• Référendum 1992 : 51,04 % de oui malgré les divisions.
II. La France, défenseure de sa souveraineté et de ses intérêts
• Rejet de la CED (1954) : refus de l'armée européenne.
• De Gaulle et l'Europe des nations : crise de la chaise vide (1965), compromis de Luxembourg (1966), veto au RU (1963, 1967).
• PAC : la France impose une politique agricole favorable à ses intérêts.
• Non au TCE (2005) : opinion publique méfiante.
• Ratification parlementaire de Lisbonne (2008) : éviter un nouveau référendum.
III (optionnel, niveau excellent) : Une Europe comme multiplicateur de puissance française
• La France utilise l'UE pour peser mondialement (PESC, siège ONU + poids UE).
• L'euro permet à la France d'exercer une influence monétaire mondiale.
• Tensions récurrentes entre vision souverainiste et vision fédéraliste.
Conclusion : La France est à la fois le berceau et le paradoxe de la construction européenne. Elle en est cofondatrice mais a constamment veillé à préserver ses marges souveraines. Cette ambivalence traduit une conception de l'Europe comme outil de puissance nationale autant que projet de paix.
Connaissances attendues : dates précises (1950, 1951, 1957, 1963, 1965-66, 1986, 1992, 2005, 2007), acteurs (Schuman, Monnet, de Gaulle, Mitterrand, Kohl), institutions (CECA, CEE, UE, PAC), concepts (Europe des nations, fonctionnalisme, souveraineté partagée).
Exercice 2 — Analyse de document — La déclaration Schuman (9 mai 1950)
Corrigé détaillé :
Q1 — Présentation du document (2 pts) :
• Nature : déclaration politique / discours officiel.
• Auteur : Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères (1948-1952), réfugié lorrain, démocrate-chrétien. La déclaration est rédigée avec Jean Monnet.
• Date : 9 mai 1950, dans le contexte de la Guerre froide naissante, de la reconstruction post-WWII et du Plan Marshall.
• Contexte : l'Europe est divisée, la rivalité franco-allemande a causé deux guerres mondiales, les États-Unis poussent à une Europe unie face au bloc soviétique.
Q2 — Motivation principale (2 pts) :
• Motivation : garantir la paix, rendre la guerre entre nations européennes impossible.
• Citation : 'La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs' et 'l'opposition séculaire de la France et de l'Allemagne soit éliminée'.
• L'objectif premier est géopolitique et pacifiste, avant d'être économique.
Q3 — Méthode d'intégration (2 pts) :
• Méthode : approche progressive, sectorielle, fonctionnaliste. Citation : 'L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait.'
• Opposition à la vision fédéraliste : les fédéralistes (Congrès de La Haye, 1948) veulent une Constitution européenne d'emblée. Schuman préfère les petits pas qui créent des interdépendances irréversibles (méthode Monnet / fonctionnalisme).
Q4 — Tournant dans la politique étrangère française (2 pts) :
• La France sort de la logique de méfiance et de rivalité envers l'Allemagne (héritée du XIXe s. et de deux guerres).
• Elle propose elle-même de mutualiser des ressources stratégiques (charbon, acier) avec son ancien ennemi.
• C'est le fondement du couple franco-allemand, pilier de la construction européenne jusqu'à nos jours.
• Rupture avec la politique classique d'équilibre des puissances : la France choisit l'intégration sur la domination.
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