Histoire — Thème 2 : La multipolarisation du monde. De l'effondrement du bloc soviétique (1989-1991) à l'émergence d'un monde unipolaire puis multipolaire.
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Traitez ce sujet de composition en une introduction problématisée, un développement structuré et une conclusion.
Répondez aux questions en présentant le document puis en l'analysant à l'aide de vos connaissances.
Exercice 1 — Le « nouvel ordre mondial » : un ordre américain stable ou une domination contestée (1991-2001) ?
Analyse du sujet. Le sujet porte sur une décennie bornée (1991-2001) et invite à confronter une apparence (la domination triomphante des États-Unis) et une réalité (un ordre instable, sélectif, contesté). Les deux verbes de la consigne dessinent déjà une démarche en deux temps : montrer l'hégémonie, puis ses limites.
Problématique. Dans quelle mesure la décennie 1990 a-t-elle constitué un véritable ordre international stable dominé par les États-Unis, ou seulement un « moment » unipolaire éphémère et contesté ?
Introduction attendue. Contexte (1989-1991 : chute du Mur, dissolution de l'URSS, fin de la bipolarité) ; définition de l'expression « nouvel ordre mondial » employée par Bush en 1990 ; problématique ; annonce du plan.
I. Une hyperpuissance américaine à son apogée.
— Les États-Unis, seule superpuissance restante, dominent militairement (budget militaire représentant environ 36 % du total mondial, élargissement de l'OTAN à l'Est en 1999).
— Hard et soft power : dollar, FMI et Banque mondiale, Hollywood, internet, modèle démocratique présenté comme universel.
— Une vision théorisée : Fukuyama et la « fin de l'Histoire », Krauthammer et le « moment unipolaire », Védrine et l'« hyperpuissance ».
— Une mise à l'épreuve réussie : la guerre du Golfe (1990-1991), coalition de 34 pays sous mandat de l'ONU, premier test du multilatéralisme.
II. Un ordre fragile, sélectif et rapidement contesté.
— Les limites de la puissance : fiasco de la Somalie (Mogadiscio, 1993), impuissance et lenteur en ex-Yougoslavie (Srebrenica, 1995), absence d'intervention au Rwanda (génocide de 1994).
— Un ordre sélectif : les États-Unis n'interviennent ni partout ni toujours au nom du droit ; l'ONU reste souvent paralysée.
— Les contestations : montée en puissance de la Chine, réaffirmation de la Russie de Poutine, hostilité croissante d'une partie du monde arabo-musulman.
— La rupture : les attentats du 11 septembre 2001 clôturent le moment unipolaire et révèlent la vulnérabilité de l'hyperpuissance face à des acteurs non étatiques.
Conclusion attendue. Le « nouvel ordre mondial » fut moins un ordre stable qu'un « moment » unipolaire d'une dizaine d'années ; les États-Unis ont dominé sans tout maîtriser, et la décennie débouche sur la multipolarisation du monde (ouverture vers le chapitre suivant).
Repères et acteurs attendus : 1990-1991 (guerre du Golfe), 1993 (Somalie), 1994 (Rwanda), 1995 (Dayton, Srebrenica), 1999 (élargissement OTAN), 2001 (11-Septembre) ; Bush, Fukuyama, Huntington, Védrine, Krauthammer.
Exercice 2 — Analyse de document — la fin de l'URSS vue par Gorbatchev
Question 1 — Présentation (2 pts). Il s'agit d'un extrait du discours télévisé de démission de Mikhaïl Gorbatchev, dernier dirigeant de l'URSS, prononcé le 25 décembre 1991. Le contexte est celui de la dissolution de l'Union soviétique : après l'échec du putsch d'août 1991 et la signature des accords de Minsk (8 décembre), l'URSS cesse officiellement d'exister ce jour-là, le drapeau rouge étant abaissé du Kremlin. C'est un document de source directe, qui reste un plaidoyer de l'auteur sur son propre bilan, à utiliser donc avec un esprit critique.
Question 2 — Les causes reconnues (2 pts). Gorbatchev met d'abord en avant un paradoxe : un pays riche en ressources (« la terre, le pétrole, le gaz ») et en talents, mais qui « vivait bien plus mal que les pays développés ». Il pointe une cause structurelle, l'économie planifiée et bureaucratique (« le carcan du système de commandement bureaucratique »), une cause idéologique (la société « condamnée à servir l'idéologie ») et une cause géopolitique, la course aux armements (« le terrible fardeau de la course aux armements »). Il reconnaît enfin l'échec de ses propres réformes (« toutes les tentatives de réformes partielles avaient échoué »).
Question 3 — Compléments attendus (2 pts). Gorbatchev passe sous silence ou minimise plusieurs facteurs : les revendications nationalistes des républiques (Pays baltes, Ukraine, Caucase) qui ont fait éclater l'Union ; l'effet paradoxal de la glasnost, qui a libéré une parole critique incontrôlable ; le rôle de la pression américaine (IDS de Reagan) ; l'enlisement dans la guerre d'Afghanistan (1979-1989) ; enfin le rôle de Boris Eltsine, qui après avoir résisté au putsch a précipité la disparition de l'URSS par les accords de Minsk. Le document, plaidoyer pro domo, tend à présenter l'effondrement comme une fatalité structurelle plutôt que comme le résultat de choix politiques.
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