Histoire — Thème 2 : La multipolarisation du monde. De l'effondrement du bloc soviétique (1989-1991) à l'émergence d'un monde unipolaire puis multipolaire.
Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.
Restituez la date précise (jour, mois, année quand c'est attendu) associée à chaque événement majeur de la séquence 1985-2001.
Méthode. Pour un exercice de repères, on associe à chaque événement sa date la plus précise possible et, en une formule, sa portée. On distingue soigneusement les trois dates pivots à ne jamais confondre : 9 novembre 1989 (chute du Mur, fin symbolique de la bipolarité en Europe), 25 décembre 1991 (fin juridique de l'URSS) et 11 septembre 2001 (fin du moment unipolaire).
1. Mars 1985 : Gorbatchev devient secrétaire général du PCUS. C'est le point de départ des réformes qui, à terme, déstabiliseront le système.
2. Décembre 1987 : traité INF (Washington), première grande mesure de désarmement nucléaire conjoint, signe du dégel entre Reagan et Gorbatchev.
3. 3 octobre 1990 : réunification allemande, la RDA est absorbée par la RFA sous l'autorité de Helmut Kohl.
4. 8 décembre 1991 : accords de Minsk, signés par la Russie, l'Ukraine et la Biélorussie ; ils créent la CEI et actent la dissolution de l'URSS, officialisée le 25 décembre.
5. 11 septembre 2001 : les attentats contre les États-Unis révèlent la vulnérabilité de l'hyperpuissance et clôturent symboliquement la décennie unipolaire.
Donnez pour chaque terme une définition rigoureuse en une ou deux phrases, sans recourir au seul exemple.
Méthode. Une définition isole la catégorie générale puis le trait distinctif. On évite de confondre des notions voisines (unipolaire / multipolaire, hard / soft power).
1. Monde unipolaire. Configuration du système international où une seule puissance domine sans rival comparable dans tous les domaines (militaire, économique, normatif). Elle correspond à la position des États-Unis dans la décennie 1991-2001, qu'oppose le monde bipolaire de la Guerre froide.
2. Multilatéralisme. Mode d'action internationale fondé sur la concertation et la décision collective de plusieurs États, généralement dans le cadre d'une organisation comme l'ONU, par opposition à l'unilatéralisme où un État agit seul.
3. Droit d'ingérence. Principe selon lequel la communauté internationale serait fondée à intervenir, y compris militairement, dans un État pour faire cesser des violations massives des droits humains, au nom de l'humanité plutôt que de la souveraineté.
4. Soft power. Capacité d'un État à obtenir ce qu'il souhaite par l'attraction et l'influence (culture, modèle politique, langue, économie) plutôt que par la contrainte militaire ou économique ; concept forgé par Joseph Nye.
5. État continuateur. État reconnu comme prolongeant juridiquement un État disparu, dont il hérite les droits et obligations : la Russie est l'État continuateur de l'URSS, d'où son siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU et son arsenal nucléaire.
Pour chaque crise, indiquez le continent et le pays concernés puis la nature du conflit en une phrase.
Méthode. En histoire-géographie, on relie systématiquement un événement à un espace précis (pays, région, continent), seule façon de cartographier mentalement le monde post-Guerre froide.
1. Somalie (Afrique de l'Est, Corne de l'Afrique). Intervention humanitaire et militaire à dominante américaine, sous mandat de l'ONU ; elle tourne au fiasco à Mogadiscio et révèle les limites de la puissance américaine.
2. Bosnie-Herzégovine (Europe, ex-Yougoslavie, Balkans). Exécution de près de 8 000 Bosniaques musulmans par les forces serbes de Bosnie, sous les yeux des Casques bleus : symbole de l'impuissance de l'ONU en Europe même.
3. Rwanda (Afrique des Grands Lacs). Génocide des Tutsis, environ 800 000 morts en trois mois, sans intervention internationale efficace : échec patent du « devoir d'ingérence ».
4. Koweït (Proche/Moyen-Orient, golfe Persique), envahi le 2 août 1990 par l'Irak de Saddam Hussein ; cette agression déclenche la première guerre du « nouvel ordre mondial ».
Indiquez si l'affirmation est vraie ou fausse et justifiez votre réponse en une phrase, en corrigeant l'erreur le cas échéant.
Méthode. Dans un vrai/faux argumenté, la note ne porte pas sur le mot « vrai » ou « faux » mais sur la justification : on cite le fait exact qui tranche.
1. Faux. La chute du Mur (9 novembre 1989) précède de plus de deux ans la dissolution de l'URSS (25 décembre 1991) : il faut bien distinguer l'effondrement du bloc et celui de l'Union elle-même.
2. Faux. La coalition avait pour seul mandat de libérer le Koweït ; Saddam Hussein reste au pouvoir, ce qui constitue l'une des limites de l'opération « Tempête du désert ».
3. Vrai. En tant qu'État continuateur de l'URSS, la Russie hérite du siège permanent au Conseil de sécurité, ainsi que de l'arsenal nucléaire soviétique.
4. Faux. La plupart furent pacifiques (Pologne, Hongrie, révolution de Velours en Tchécoslovaquie) ; seule la Roumanie connut une révolution violente s'achevant par l'exécution de Ceaușescu.
5. Faux. C'est le président américain George H. W. Bush qui prononce l'expression en 1990 ; Eltsine est le président de la Russie qui résiste au putsch d'août 1991.
Rédigez pour chaque question une réponse argumentée de quelques lignes mobilisant des connaissances précises.
Méthode. Une question d'explication attend une thèse claire suivie de deux ou trois arguments factuels ; on évite la simple énumération.
1. La glasnost et la perestroïka visaient à moderniser et sauver le système soviétique. Mais la liberté de parole a légitimé la critique du régime, révélé l'ampleur de la corruption et de la stagnation (zastoi), et libéré les revendications nationalistes des républiques (Pays baltes, Caucase, Ukraine). En renonçant en outre à la doctrine Brejnev (doctrine Sinatra), Gorbatchev a laissé les démocraties populaires s'émanciper. Ces forces centrifuges, une fois libérées, sont devenues incontrôlables et ont précipité la dissolution de 1991.
2. Succès : une coalition de 34 pays, mandatée par l'ONU (résolution 678), libère le Koweït en quelques semaines, démontrant la puissance américaine et la capacité retrouvée de l'ONU à agir ; c'est l'incarnation du multilatéralisme voulu par Bush. Limite : l'objectif restant volontairement borné à la libération du Koweït, Saddam Hussein conserve le pouvoir et défiera durablement les inspecteurs de l'ONU. Le « nouvel ordre » apparaît ainsi capable de rétablir le droit mais incapable de transformer durablement les régimes.
3. Le « moment unipolaire » (Krauthammer, 1990) ne dure qu'une décennie, de 1991 à 2001. Dès les années 1990, les crises (Somalie, Rwanda, Bosnie) montrent que les États-Unis ne peuvent ni ne veulent intervenir partout. Simultanément, la Chine amorce sa montée en puissance et la Russie de Poutine (à partir de 1999) réaffirme ses intérêts. Les attentats du 11 septembre 2001 révèlent enfin la vulnérabilité de l'hyperpuissance et ouvrent la voie à la multipolarisation.
À partir de la description du document et de vos connaissances, répondez aux questions guidées d'analyse.
Méthode. Analyser une carte, c'est d'abord la présenter (nature, espace, date), puis lire la légende poste par poste en reliant chaque figuré à une réalité historique, enfin dégager une dynamique d'ensemble.
1. Il s'agit d'une carte de synthèse à vocation pédagogique, représentant l'Europe centrale et orientale entre 1989 et 1992, c'est-à-dire au moment de l'effondrement du bloc soviétique et de la dissolution de l'URSS.
2. Le rideau de fer en hachures rappelle la frontière idéologique et militaire qui coupait l'Europe en deux blocs depuis 1947 (expression de Churchill). L'étoile sur Berlin, légendée « Mur ouvert le 9 novembre 1989 », marque la fin symbolique de cette coupure : les flèches de population traduisent les flux d'Allemands de l'Est et d'Européens vers l'Ouest.
3. Les indépendances proclamées des trois États baltes, de l'Ukraine et de la Biélorussie matérialisent l'éclatement de l'URSS : l'espace soviétique se fragmente en États souverains, ce que confirmeront les accords de Minsk de décembre 1991. La zone hachurée de la Yougoslavie montre qu'au même moment le second espace communiste européen se décompose, mais dans la violence.
4. L'annonce de l'entrée de la Pologne, de la Hongrie et de la République tchèque dans l'OTAN en 1999 révèle que les anciens satellites de l'URSS basculent dans le camp occidental. Cet élargissement marque l'extension de l'influence américaine vers l'Est et nourrit, côté russe, un sentiment d'humiliation qui pèsera sur les relations internationales des décennies suivantes.
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