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Collège · 6ᵉ · Français

Se masquer, jouer, déjouer : ruses en action (théâtre)

Vocabulaire du théâtre, le comique et la ruse chez Molière et dans la farce, lire, jouer et écrire une scène

À propos de cette page
Ce cours de français en sixième sur « Se masquer, jouer, déjouer : ruses en action (théâtre) » suit le programme officiel de français de sixième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le théâtre : un texte écrit pour être joué, Le vocabulaire du texte de théâtre, La ruse en scène : farce médiévale et comédies de Molière, Les procédés du comique. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de sixième à réussir en français.
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Le théâtre : un texte écrit pour être joué

Définition. Une pièce de théâtre est un texte écrit pour être joué par des comédiens devant des spectateurs. Il n'y a pas de narrateur : l'histoire avance uniquement par les paroles et les gestes des personnages.

Quand un personnage parle, il s'adresse à un autre personnage, mais l'auteur s'adresse en même temps au public : c'est la double énonciation. Le spectateur en sait souvent plus que les personnages, ce qui permet de rire d'un personnage trompé.

Qui ?Rôle
l'auteur (le dramaturge)écrit le texte de la pièce
le metteur en scènechoisit le décor, les costumes, les déplacements
le comédienjoue un personnage sur scène
le spectateurregarde et écoute la représentation
Exemple. Dans Le Médecin malgré lui, le public sait que Sganarelle n'est qu'un bûcheron ; Géronte, lui, croit consulter un grand médecin. Le rire naît de cet écart.
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Le vocabulaire du texte de théâtre

Le texte de théâtre a une mise en page particulière. Il faut connaître ces mots :

MotDéfinition
répliquece qu'un personnage dit en une fois, avant qu'un autre parle
tiradelongue réplique d'un seul personnage
monologueun personnage parle seul sur scène
apartéréplique dite « à part », que les autres personnages ne sont pas censés entendre, mais que le public entend
didascalieindication de l'auteur (geste, ton, décor, entrée, sortie), non prononcée, en italique ou entre parenthèses
actegrande partie de la pièce (souvent 3 ou 5)
scènepartie d'un acte ; on change de scène quand un personnage entre ou sort
scène d'expositionpremière scène, qui présente la situation et les personnages
dénouementfin de la pièce, où tout se résout
Attention ! Une didascalie n'est jamais lue à voix haute : le comédien la fait. GÉRONTE, à part.SCAPIN, feignant de pleurer. Le nom du personnage en majuscules devant la réplique n'est pas non plus prononcé.
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La ruse en scène : farce médiévale et comédies de Molière

Depuis le Moyen Âge, le théâtre comique met en scène des trompeurs et des trompés. Le rusé est souvent un personnage modeste (valet, paysan, avocat sans le sou) qui se joue d'un puissant avare ou naïf.

  • La farce médiévale : courte pièce comique jouée sur les places publiques. Dans La Farce de Maître Pathelin (anonyme, vers 1460), l'avocat Pathelin obtient du drap sans le payer, puis se fait rouler à son tour par le berger Agnelet, qui ne répond que « Bée ! ». Le trompeur est trompé.
  • Molière (1622-1673), de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, est comédien, chef de troupe et auteur. Ses comédies reprennent les ressorts de la farce.
  • Les Fourberies de Scapin (1671) : Scapin, valet rusé, invente des mensonges (une galère turque, des bandits imaginaires) pour soutirer de l'argent aux vieux pères Argante et Géronte, et pour aider les jeunes amoureux. Célèbre scène du sac : Géronte, caché dans un sac, reçoit des coups de bâton de Scapin.
  • Le Médecin malgré lui (1666) : pour se venger, Martine fait passer son mari, le bûcheron Sganarelle, pour un médecin génial qui n'avoue son talent que sous les coups. Sganarelle joue le rôle avec aplomb et, par ruse, aide Lucinde, qui feint d'être muette, à épouser celui qu'elle aime.
Le quiproquo. Malentendu où un personnage prend une personne ou une chose pour une autre. Géronte prend Sganarelle pour un vrai médecin : c'est le quiproquo de toute la pièce.
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Les procédés du comique

Pour faire rire, les auteurs combinent plusieurs types de comique :

TypeSur quoi il reposeExemple
comique de gestescoups de bâton, chutes, grimaces, poursuitesla scène du sac dans Scapin
comique de motsjeux de mots, faux latin, répétitions, insultes, accentsle latin de cuisine de Sganarelle devant Géronte
comique de situationquiproquo, déguisement, personnage caché, retournementGéronte enfermé dans un sac, le faux médecin
comique de caractèreun défaut exagéré : avarice, naïveté, vanitéGéronte qui hésite entre son fils et ses cinq cents écus
comique de répétitionune phrase ou un geste revient sans cesse« Que diable allait-il faire dans cette galère ? » répété par Géronte
Astuce. Pour identifier le comique, demande-toi : de quoi rit-on ? D'un corps (gestes), d'une phrase (mots), d'une situation absurde (situation), d'un défaut (caractère) ?
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Lire et jouer une scène

Un texte de théâtre ne se lit pas comme un roman : il faut le faire vivre.

  • Repérer qui parle, à qui, et ce que disent les didascalies (ton, gestes).
  • La voix : articuler, varier le volume et le rythme ; un aparté se dit plus bas, tourné vers le public.
  • Le corps : les gestes et les déplacements montrent les émotions (peur, colère, ruse).
  • L'espace : la scène a un côté cour (à droite pour le spectateur) et un côté jardin (à gauche) ; on ne tourne pas le dos au public.
  • Le rythme : dans une scène de ruse, le trompeur parle vite et avec assurance ; le trompé hésite, répète, s'inquiète.
Exemple. SCAPIN, feignant de pleurer. Le comédien qui joue Scapin doit montrer au public qu'il fait semblant : un clin d'œil ou un sourire caché de Géronte suffit.
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Écrire un dialogue théâtral

Pour écrire une scène de ruse, on suit une méthode simple :

Les règles de présentation.
• Le nom du personnage en majuscules, suivi d'un point ou d'un tiret, avant chaque réplique.
• Les didascalies en italique ou entre parenthèses : (bas, au public), (il se cache derrière la porte).
• Pas de « dit-il », pas de narrateur : tout passe par les paroles et les didascalies.
• Un aparté permet de montrer au public la vraie pensée du rusé.
Exemple.
LE MARCHAND. — Ce panier vaut dix écus, pas un de moins !
LISETTE, à part. — Il en vaut deux. (Haut.) Dix écus ? Vous êtes trop bon, mon oncle le juge disait justement qu'il vous rendrait visite…
LE MARCHAND, inquiet. — Le juge ? Prenez-le pour deux écus, et n'en parlons plus !
À retenir
  • Le théâtre est un texte écrit pour être joué : pas de narrateur, seulement des répliques et des didascalies (indications non prononcées).
  • Une pièce se divise en actes, puis en scènes (nouvelle scène à chaque entrée ou sortie).
  • Aparté : réplique entendue seulement du public ; quiproquo : malentendu sur une personne ou une chose.
  • La farce médiévale (Maître Pathelin, vers 1460) et les comédies de Molière (Le Médecin malgré lui, 1666 ; Les Fourberies de Scapin, 1671) mettent en scène un rusé qui dupe un naïf… ou se fait duper à son tour.
  • Cinq types de comique : gestes, mots, situation, caractère, répétition.
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