Collège · 5ᵉ · SVT
Action humaine et biodiversité
Impacts des activités humaines sur les milieux naturels
À propos de cette page
Qu'est-ce que la biodiversité ?
• la diversité des écosystèmes (forêt, récif, mare, prairie…) ;
• la diversité des espèces — environ 2 millions décrites, sans doute 8 à 10 millions en réalité ;
• la diversité génétique à l'intérieur de chaque espèce (les individus ne sont pas identiques).
Cette diversité n'est pas un luxe : les écosystèmes nous fournissent nourriture, bois, pollinisation des cultures, eau filtrée, médicaments, et un climat stabilisé. Elle est le résultat de plus de trois milliards d'années d'évolution.
La destruction des habitats
C'est la première cause de disparition d'espèces. Un être vivant ne peut pas vivre n'importe où : il a besoin de son habitat, le milieu qui lui fournit nourriture, abri et lieu de reproduction. Détruire l'habitat, c'est condamner l'espèce, même sans la chasser.
- Déforestation : environ 10 millions d'hectares de forêt disparaissent chaque année, surtout en zone tropicale, pour l'élevage, le soja, l'huile de palme, le bois.
- Artificialisation : routes, zones commerciales, lotissements. En France, l'équivalent d'un département est bétonné tous les dix ans.
- Drainage des zones humides, arrachage des haies, remplacement des prairies par des monocultures.
- Fragmentation : une route coupe une forêt en deux ; les populations isolées de chaque côté deviennent trop petites pour survivre.
La pollution des milieux
| Pesticides | Conçus pour tuer insectes ou « mauvaises herbes », ils touchent aussi les abeilles, les papillons, les oiseaux qui s'en nourrissent. En Allemagne, la masse d'insectes volants a chuté de 75 % en 27 ans dans des zones pourtant protégées. |
| Engrais en excès | Entraînés vers les rivières et le littoral, ils font proliférer les algues (eutrophisation) ; leur décomposition épuise le dioxygène de l'eau : c'est le cas des « algues vertes » en Bretagne. |
| Plastiques | Environ 10 millions de tonnes rejoignent l'océan chaque année. Ingérés par les tortues, les oiseaux, les poissons ; fragmentés en microplastiques présents jusque dans le plancton. |
| Métaux et polluants persistants | Mercure, plomb, anciens pesticides comme le DDT : ils ne se dégradent pas et s'accumulent le long des chaînes alimentaires. |
Les espèces invasives
Loin de ses prédateurs, de ses parasites et de ses concurrents habituels, l'espèce introduite peut proliférer sans frein. Elle agit par prédation (le frelon asiatique sur les abeilles), compétition (l'écureuil gris américain chasse l'écureuil roux), transmission de maladies (l'écrevisse de Louisiane porte un champignon mortel pour l'écrevisse européenne) ou modification du milieu (la jussie étouffe les étangs).
La surexploitation des ressources vivantes
Prélever plus vite que l'espèce ne se renouvelle : c'est la surexploitation.
- Surpêche : plus d'un tiers des stocks de poissons sont pêchés au-delà de leur capacité de renouvellement. La morue de Terre-Neuve, pêchée pendant cinq siècles, s'est effondrée en 1992 : trente ans après l'arrêt de la pêche, elle n'est pas revenue.
- Braconnage : rhinocéros pour leur corne, éléphants pour l'ivoire, pangolins pour leurs écailles.
- Cueillette et capture : orchidées, perroquets, bois précieux.
Le changement climatique et le vivant
Le réchauffement du climat (+1,2 °C depuis 1900) déplace les conditions de vie. Les espèces réagissent de trois façons :
- elles se déplacent vers le nord ou en altitude — en France, de nombreux papillons et oiseaux ont remonté leur aire de 100 km en trente ans ; mais une espèce de sommet ou une île ne peut pas fuir ;
- elles décalent leur calendrier : floraisons, migrations et pontes plus précoces, au risque de ne plus coïncider avec leur nourriture ;
- elles déclinent quand elles ne peuvent ni fuir ni s'adapter : les coraux, qui blanchissent et meurent dès que l'eau dépasse quelques semaines leur limite de température.
Le climat agit rarement seul : il s'ajoute à la destruction des habitats et à la pollution, et affaiblit des populations déjà réduites.
Protéger la biodiversité : actions et résultats
| Connaître | Inventaires, liste rouge de l'UICN qui classe chaque espèce évaluée : préoccupation mineure, vulnérable, en danger, en danger critique, éteinte. |
| Protéger des espaces | Aires protégées : parcs nationaux, réserves naturelles, aires marines. Objectif international adopté en 2022 : protéger 30 % des terres et des mers d'ici 2030. |
| Protéger des espèces | Interdiction de chasse ou de commerce (convention CITES), programmes d'élevage et de réintroduction. |
| Restaurer | Replanter des haies, rouvrir des rivières aux poissons, remettre en eau des marais, créer des corridors qui relient les habitats fragmentés. |
| Réduire les pressions | Limiter pesticides et engrais, quotas de pêche, lutte contre les espèces invasives, sobriété en énergie. |
- Biodiversité = diversité des écosystèmes, des espèces et des gènes. Ce n'est pas le nombre d'individus.
- Menaces : destruction des habitats (première cause), pollution (pesticides, engrais, plastiques, bioaccumulation), espèces invasives, surexploitation, changement climatique.
- Une espèce introduite n'est invasive que si elle nuit aux espèces indigènes.
- Les populations de vertébrés suivies ont perdu en moyenne 69 % de leurs effectifs depuis 1970.
- Protéger : connaître (liste rouge UICN), aires protégées (30 % en 2030), CITES, réintroductions, restauration des habitats et corridors, réduction des pressions.
- Les réussites existent : vautour fauve, bouquetin, retour des espèces après dépollution.
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