À propos de cette page
Ce cours de svt en cinquième sur « Action humaine et biodiversité » suit le programme officiel de svt de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce que la biodiversité ?, La déforestation et la destruction des habitats, La pollution des milieux naturels, Les espèces invasives. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en svt.
Au programme
1 · Qu'est-ce que la biodiversité ?
2 · La déforestation et la destruction des habitats
3 · La pollution des milieux naturels
4 · Les espèces invasives
5 · La surexploitation des ressources naturelles
6 · Le changement climatique et ses effets sur le vivant
7 · Protéger la biodiversité : actions et solutions
1Qu'est-ce que la biodiversité ?
La biodiversité (contraction de « biological diversity ») désigne l'ensemble de la diversité du vivant sur Terre. Elle s'organise à trois niveaux distincts :
- La diversité des écosystèmes : forêts tropicales, prairies, récifs coralliens, zones humides, déserts… chaque milieu abrite des communautés d'êtres vivants particulières.
- La diversité des espèces : on estime qu'il existe entre 8 et 10 millions d'espèces vivantes sur Terre, dont environ 1,8 million sont décrites scientifiquement.
- La diversité génétique : au sein d'une même espèce, les individus présentent des variations héréditaires (couleur, taille, résistance aux maladies…).
Définition. La biodiversité est la variété du vivant à tous ses niveaux d'organisation : diversité des gènes, des espèces et des écosystèmes.
La biodiversité résulte de l'évolution des espèces sur des centaines de millions d'années. Elle est à la base du fonctionnement des écosystèmes et fournit à l'Homme des services écosystémiques essentiels : nourriture, eau purifiée, air respirable, pollinisation des cultures, régulation du climat, ressources médicinales.
Astuce. Retenez les 3 niveaux de biodiversité avec le moyen mnémotechnique : G-E-S = Gènes, Espèces, Systèmes (écosystèmes).
2La déforestation et la destruction des habitats
La déforestation est l'un des facteurs les plus importants d'érosion de la biodiversité. Elle désigne l'abattage et la destruction de forêts pour libérer des terres destinées à l'agriculture, à l'élevage, à l'exploitation minière ou à l'urbanisation.
Chaque année, environ 10 millions d'hectares de forêts disparaissent dans le monde, notamment en Amazonie, en Afrique centrale et en Asie du Sud-Est. Or, les forêts tropicales abritent plus de la moitié des espèces terrestres connues.
Exemple. En Amazonie, la déforestation pour créer des pâturages à bétail ou des champs de soja détruit l'habitat de jaguars, de toucans, de milliers d'espèces d'insectes et de plantes. Certaines espèces disparaissent avant même d'avoir été décrites par les scientifiques.
La destruction des habitats ne se limite pas aux forêts : l'urbanisation (constructions, routes), le drainage des zones humides et l'intensification agricole fragmentent les milieux naturels et isolent les populations animales. Cette fragmentation réduit les échanges entre populations et peut conduire à l'extinction locale de certaines espèces.
Attention ! La destruction d'un habitat est la cause numéro 1 d'extinction des espèces, loin devant la chasse ou la pollution.
3La pollution des milieux naturels
Les activités humaines génèrent de nombreuses formes de pollution qui dégradent les milieux naturels et menacent la biodiversité :
- La pollution de l'eau : les engrais agricoles (nitrates, phosphates) provoquent l'eutrophisation des rivières et des lacs. Ils stimulent la croissance excessive d'algues qui, en se décomposant, consomment tout l'oxygène de l'eau et asphyxient les poissons et autres organismes aquatiques.
- La pollution chimique : les pesticides éliminent non seulement les ravageurs ciblés, mais aussi de nombreux insectes utiles (abeilles, coccinelles). Les métaux lourds (plomb, mercure) s'accumulent dans les chaînes alimentaires (bioaccumulation).
- La pollution plastique : les océans contiennent des millions de tonnes de plastiques. Les animaux marins (tortues, oiseaux de mer, mammifères) les ingèrent souvent par erreur, ce qui peut leur être fatal.
- La pollution lumineuse et sonore : l'éclairage artificiel nocturne désorienter les insectes nocturnes et les oiseaux migrateurs ; le bruit des bateaux perturbe la communication des cétacés.
Définition. L'eutrophisation est l'enrichissement excessif d'un milieu aquatique en nutriments (nitrates, phosphates), entraînant une prolifération d'algues et un appauvrissement en oxygène fatal à la faune aquatique.
4Les espèces invasives
Une espèce invasive (ou envahissante) est une espèce introduite par l'Homme — volontairement ou accidentellement — dans un milieu où elle n'existait pas naturellement, et qui s'y reproduit en perturbant les espèces locales.
Les introductions se font via le commerce international, le tourisme, le transport maritime (eaux de ballast des navires), ou des lâchers volontaires d'animaux de compagnie ou de chasse.
Exemple 1. La perche du Nil, introduite dans le lac Victoria (Afrique) dans les années 1950, a entraîné l'extinction de plus de 200 espèces de cichlidés indigènes en quelques décennies.
Exemple 2. En France, le frelon asiatique (Vespa velutina), arrivé accidentellement vers 2004, attaque les ruches d'abeilles domestiques et sauvages, menaçant la pollinisation.
Les espèces invasives menacent la biodiversité de plusieurs façons :
- Compétition : elles entrent en concurrence avec les espèces indigènes pour la nourriture et l'espace.
- Prédation : elles peuvent consommer des espèces locales sans défense naturelle contre elles.
- Transmission de maladies : elles peuvent introduire des parasites ou des pathogènes nouveaux.
- Modification de l'habitat : certaines plantes envahissantes (renouée du Japon, jussie) modifient profondément la structure du milieu.
Attention ! Les espèces invasives sont la 2e cause de perte de biodiversité dans le monde, après la destruction des habitats.
5La surexploitation des ressources naturelles
Depuis des siècles, l'Homme exploite les ressources vivantes (animaux, plantes, champignons) pour se nourrir, se soigner ou se vêtir. Lorsque cette exploitation dépasse la capacité de renouvellement naturelle des populations, on parle de surexploitation.
La surpêche est l'exemple le plus frappant : selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), plus d'un tiers des stocks de poissons marins sont surexploités. Des espèces comme le thon rouge de l'Atlantique ou la morue de l'Atlantique Nord ont vu leurs populations s'effondrer à cause de la pêche industrielle.
Exemple. La baleine bleue, la plus grande créature ayant jamais existé, a failli s'éteindre à cause de la chasse baleinière intensive au XXe siècle. Un moratoire international sur la chasse commerciale a été instauré en 1986 pour permettre la reconstitution des populations.
Le commerce d'espèces sauvages représente également une menace majeure : le braconnage des éléphants pour l'ivoire, des rhinocéros pour leur corne ou des pangolins pour leurs écailles alimente un trafic illégal qui pousse ces espèces vers l'extinction.
Astuce. La CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), signée en 1973, réglemente ce commerce au niveau international.
6Le changement climatique et ses effets sur le vivant
Le changement climatique actuel est principalement dû à l'augmentation de la concentration en gaz à effet de serre (CO₂, méthane…) dans l'atmosphère, liée aux activités humaines (combustion d'énergies fossiles, élevage, déforestation).
Ces modifications du climat ont des effets profonds sur la biodiversité :
- Déplacement des aires de répartition : de nombreuses espèces migrent vers des latitudes plus élevées ou en altitude pour trouver des conditions climatiques adaptées. Les espèces incapables de se déplacer assez vite risquent l'extinction.
- Désynchronisation phénologique : le réchauffement modifie les calendriers biologiques (floraison, migration, reproduction). Si la chenille émerge avant que l'oiseau migrateur n'arrive, l'oiseau ne trouve plus de nourriture.
- Blanchissement des coraux : quand la température de l'eau dépasse un seuil, les coraux expulsent leurs algues symbiotiques (zooxanthelles) et blanchissent. Sans ces algues, les coraux meurent. Les récifs coralliens abritent environ 25 % des espèces marines.
- Montée du niveau des mers : elle menace les zones côtières et insulaires où vivent de nombreuses espèces endémiques.
Exemple. L'ours polaire (Ursus maritimus) dépend de la banquise pour chasser les phoques. La fonte accélérée de la glace arctique réduit son habitat et sa capacité à se nourrir, mettant en danger l'espèce.
7Protéger la biodiversité : actions et solutions
Face à la crise de la biodiversité — certains scientifiques parlent de la 6e extinction de masse — des actions à toutes les échelles sont nécessaires.
Les aires protégées sont des zones où les activités humaines sont réglementées ou interdites pour préserver les milieux naturels. On distingue :
- Les parcs nationaux (ex. : Parc national des Calanques près de Marseille, Parc national de la Vanoise)
- Les réserves naturelles (ex. : Réserve naturelle nationale des Sept-Îles en Bretagne)
- Les zones Ramsar pour les zones humides
En 2022, la Convention sur la diversité biologique (CDB) a fixé l'objectif de protéger 30 % des terres et des océans d'ici 2030 (accord dit « 30×30 »).
D'autres actions importantes :
- La restauration des écosystèmes : replantation de forêts, renaturation des cours d'eau, réintroduction d'espèces disparues.
- L'agriculture durable : réduction des pesticides, haies bocagères, agriculture biologique, agroforesterie.
- Les conservatoires génétiques : banques de graines (ex. : Svalbard Global Seed Vault en Norvège) et zoos participent à la conservation ex situ d'espèces menacées.
- La sensibilisation et l'éducation : les citoyens peuvent agir individuellement (réduire leur empreinte carbone, ne pas acheter d'espèces protégées, participer aux « sciences participatives »).
Astuce. La Journée mondiale de la biodiversité est célébrée le 22 mai chaque année, date anniversaire de l'adoption de la Convention sur la diversité biologique.
À retenir. La biodiversité est menacée par cinq grandes pressions humaines souvent résumées par l'acronyme HIPPO (en anglais) : Habitat loss (destruction d'habitat), Invasive species (espèces invasives), Pollution, Population growth (croissance démographique), Overexploitation (surexploitation).
★À retenir
En bref :
• La biodiversité désigne la diversité du vivant à trois niveaux : gènes, espèces, écosystèmes.
• Les 5 grandes menaces humaines : destruction des habitats, espèces invasives, pollution, surexploitation, changement climatique.
• La déforestation est la principale cause de perte de biodiversité : 10 millions d'ha de forêts détruits par an.
• L'eutrophisation est due aux nitrates et phosphates agricoles qui asphyxient les milieux aquatiques.
• Les espèces invasives concurrencent ou éliminent les espèces locales (ex. : frelon asiatique en France).
• Le changement climatique déplace les aires de répartition et désynchronise les cycles biologiques.
• Pour protéger la biodiversité : aires protégées (parcs nationaux, réserves), agriculture durable, lutte contre la pollution, CITES.