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Collège · 5ᵉ · Histoire

La Renaissance et l'humanisme

Renouveau artistique, culturel et scientifique en Europe

À propos de cette page
Ce cours de histoire en cinquième sur « La Renaissance et l'humanisme » suit le programme officiel de histoire de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Renaître : une idée née en Italie, L'humanisme : l'homme au centre, L'imprimerie : la révolution de Gutenberg, Un art nouveau : perspective, anatomie, Antiquité. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en histoire.
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Renaître : une idée née en Italie

Au XVe siècle, les lettrés des villes italiennes — Florence, Rome, Venise — ont le sentiment de vivre une renaissance : après des siècles qu'ils jugent obscurs (ils inventent le mot « Moyen Âge » pour les désigner), ils veulent faire revivre la beauté et le savoir de l'Antiquité grecque et romaine.

Pourquoi l'Italie ? Parce que les ruines antiques y sont partout ; parce que ses villes marchandes sont riches et que leurs banquiers, comme les Médicis à Florence, paient artistes et savants ; et parce qu'après la chute de Constantinople (1453), des savants grecs s'y réfugient avec leurs manuscrits.

Renaissance. Mouvement artistique et intellectuel né en Italie au XVe siècle et diffusé en Europe au XVIe, qui prend l'Antiquité pour modèle et place l'homme au centre de ses préoccupations.
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L'humanisme : l'homme au centre

Humanisme. Courant de pensée qui place l'être humain au centre de la réflexion, fait confiance à sa raison et à sa capacité de progresser par l'éducation, et retourne aux textes antiques lus dans leur langue d'origine — grec, latin, hébreu.

Les humanistes ne rejettent pas la religion : ils veulent au contraire retrouver le vrai texte de la Bible, débarrassé des erreurs de copie, et une foi plus personnelle. Mais ils refusent l'idée que l'homme ne serait qu'un pécheur misérable : « Nous pouvons devenir ce que nous voulons », écrit Pic de la Mirandole dans son Discours sur la dignité de l'homme (1486).

HumanisteCe qu'il faut retenir
Érasme de Rotterdam (v. 1469-1536)le « prince des humanistes » ; voyage dans toute l'Europe, écrit en latin à tous les savants ; Éloge de la folie (1511), qui se moque des moines et des théologiens ; édite le Nouveau Testament en grec (1516)
Thomas More (1478-1535)Anglais, ami d'Érasme ; Utopie (1516), l'île imaginaire d'une société parfaite
Rabelais (v. 1483-1553)Français, médecin ; Pantagruel (1532) et Gargantua (1534), géants rieurs élevés selon un programme humaniste : « science sans conscience n'est que ruine de l'âme »
Montaigne (1533-1592)Essais (1580) : « une tête bien faite plutôt qu'une tête bien pleine »
Astuce. Les humanistes forment une République des lettres : de Londres à Cracovie, ils s'écrivent en latin, se lisent, se corrigent. L'Europe savante n'a pas de frontières — grâce à l'imprimerie.
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L'imprimerie : la révolution de Gutenberg

Vers 1450, à Mayence, en Allemagne, Gutenberg met au point l'imprimerie à caractères mobiles : des lettres en métal que l'on assemble, encre, et presse sur le papier, puis que l'on réutilise. Son premier grand livre est une Bible en latin, achevée vers 1455.

Avant : le manuscritAprès : l'imprimé
un copiste, plusieurs mois pour un livreune presse, plusieurs centaines d'exemplaires en quelques semaines
des erreurs à chaque copieun texte identique dans tous les exemplaires
un livre = le prix d'une fermeun prix divisé par dix, puis bien plus

Le succès est foudroyant : en 1500, on compte plus de mille ateliers dans quelque 250 villes d'Europe, et près de 20 millions de livres ont déjà été imprimés. Les textes antiques, la Bible, les écrits des humanistes — puis ceux de Luther — circulent comme jamais.

Attention ! Gutenberg n'invente ni le papier (chinois, transmis par les Arabes), ni la presse (celle des vignerons), ni l'idée d'imprimer (la Chine grave des planches de bois depuis des siècles). Sa trouvaille, c'est le caractère mobile en métal, réutilisable, fondu en série.
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Un art nouveau : perspective, anatomie, Antiquité

Les artistes de la Renaissance veulent représenter le monde tel qu'on le voit, et l'homme tel qu'il est. Trois nouveautés les distinguent des artistes du Moyen Âge.

La perspectivemise au point à Florence par Brunelleschi vers 1420 : des lignes qui convergent vers un point de fuite donnent l'illusion de la profondeur ; le tableau devient une fenêtre ouverte sur le monde
L'anatomieles artistes dissèquent des cadavres pour comprendre muscles et squelette ; le nu, banni au Moyen Âge, revient (le David de Michel-Ange)
L'Antiquitécolonnes, frontons, coupoles, dieux et héros de la mythologie : la Naissance de Vénus de Botticelli (v. 1485), la coupole de Florence

Les sujets changent aussi : à côté des scènes religieuses apparaissent le portrait (la Joconde), le paysage, la mythologie. L'artiste, jusque-là artisan anonyme, signe ses œuvres et devient célèbre.

Exemple. Dans l'École d'Athènes (Raphaël, 1509-1511), Platon et Aristote marchent sous une voûte antique, entourés des savants grecs, dans une perspective parfaite — et Raphaël s'y représente lui-même. Tout le programme de la Renaissance tient dans cette fresque… peinte au Vatican, pour le pape.
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Les grands artistes et leurs mécènes

ArtisteŒuvres à connaître
Léonard de Vinci (1452-1519)La Cène (Milan, 1495-1498), La Joconde (v. 1503-1506) ; ingénieur, anatomiste, auteur de milliers de pages de carnets — l'homme universel
Michel-Ange (1475-1564)le David (1504), le plafond de la chapelle Sixtine (1508-1512), le Jugement dernier, la coupole de Saint-Pierre de Rome
Raphaël (1483-1520)l'École d'Athènes, les madones
Dürer (1471-1528)Allemand de Nuremberg ; gravures diffusées par l'imprimerie, autoportraits
Mécène. Personnage riche — banquier, prince, pape — qui finance artistes et savants pour embellir sa ville et accroître son prestige. Les Médicis à Florence, les papes Jules II et Léon X à Rome, François Ier en France sont les grands mécènes de la Renaissance.
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La Renaissance française : François I<sup>er</sup>

Les guerres d'Italie (1494-1559) font découvrir aux rois de France et à leur noblesse les palais et les jardins italiens. François Ier (1515-1547) veut les égaler.

  • En 1516, il invite Léonard de Vinci, qui s'installe au Clos Lucé, près d'Amboise, et y meurt en 1519 — la Joconde entre ainsi dans les collections royales.
  • Il fait bâtir les châteaux de la LoireChambord (à partir de 1519), avec son escalier à double révolution — et Fontainebleau, décoré par des artistes italiens (l'école de Fontainebleau).
  • En 1530, il fonde le Collège des lecteurs royaux (futur Collège de France), où l'on enseigne le grec, l'hébreu et les mathématiques hors de l'université, sur les conseils de l'humaniste Guillaume Budé.
  • En 1539, l'ordonnance de Villers-Cotterêts impose le français, à la place du latin, dans tous les actes de justice et d'administration.
Astuce. Le château de la Renaissance se reconnaît à ce qu'il n'est plus une forteresse : grandes fenêtres, symétrie, terrasses et jardins, décor antique. Chambord a des tours, mais elles ne défendent rien.
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Regarder le monde autrement : Copernic, Vésale

L'esprit humaniste — observer, vérifier, douter des autorités — gagne les sciences. L'année 1543 voit paraître deux livres qui changent la vision du monde.

Copernic (1473-1543)chanoine polonais ; Des révolutions des sphères célestes : la Terre tourne autour du Soleil (héliocentrisme), contre Ptolémée et l'Église qui placent la Terre au centre (géocentrisme)
Vésale (1514-1564)médecin flamand ; De la structure du corps humain : il dissèque lui-même et corrige les erreurs de Galien, l'autorité antique, avec des planches gravées d'une précision inédite
Ambroise Paré (v. 1510-1590)chirurgien français ; remplace la cautérisation au fer rouge par la ligature des artères ; écrit en français, non en latin
Attention ! Ces idées mettent du temps à s'imposer : Copernic n'est presque pas lu de son vivant, et Galilée sera condamné en 1633 pour avoir défendu l'héliocentrisme. La Renaissance ouvre la voie ; la révolution scientifique est l'affaire du XVIIe siècle.
Exemple. Le point commun de Copernic et de Vésale : ils osent contredire les Anciens, Ptolémée et Galien, que l'on recopiait depuis mille ans. Retour aux textes antiques… pour mieux les dépasser.
En bref
  • La Renaissance naît en Italie au XVe siècle (Florence, Médicis, ruines antiques, savants grecs après 1453) et gagne l'Europe au XVIe.
  • L'humanisme place l'homme au centre, croit en l'éducation, revient aux textes antiques en grec et en latin. Érasme (Éloge de la folie, 1511), Thomas More (Utopie, 1516), Rabelais (Gargantua, 1534), Montaigne.
  • Gutenberg, Mayence, vers 1450 : caractères mobiles en métal. 20 millions de livres en 1500 : les idées circulent.
  • Art : perspective (Brunelleschi), anatomie et nu, modèles antiques, portrait, artiste qui signe. Léonard (Joconde), Michel-Ange (David, Sixtine), Raphaël (École d'Athènes), Dürer. Les mécènes paient : Médicis, papes, rois.
  • François Ier : Léonard à Amboise (1516), Chambord, Fontainebleau, Collège des lecteurs royaux (1530), Villers-Cotterêts (1539).
  • 1543 : Copernic (héliocentrisme) et Vésale (anatomie) contredisent les Anciens. Galilée condamné en 1633 : la science avance lentement.
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