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Histoire · Classe de 5ᵉ

Les réformes religieuses en Europe

Luther, Calvin, la Réforme et les guerres de religion

À propos de cette page
Ce cours de histoire en cinquième sur « Les réformes religieuses en Europe » suit le programme officiel de histoire de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'Église catholique à la veille de la Réforme, Martin Luther et la naissance de la Réforme, La diffusion du protestantisme en Europe, Jean Calvin et le calvinisme. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en histoire.
Au programme
1 · L'Église catholique à la veille de la Réforme
2 · Martin Luther et la naissance de la Réforme
3 · La diffusion du protestantisme en Europe
4 · Jean Calvin et le calvinisme
5 · La réaction catholique : la Contre-Réforme
6 · Les guerres de religion en France
7 · L'édit de Nantes et la fin des guerres de religion
1L'Église catholique à la veille de la Réforme

Au début du XVIe siècle, l'Église catholique est la seule Église chrétienne en Europe occidentale. Elle joue un rôle central dans la vie des populations : elle baptise, marie, enterre et enseigne la foi chrétienne.

Cependant, au sein même de l'Église, des dérives et des abus existent :

  • La vente des indulgences : des lettres permettant, selon l'Église, de réduire le temps passé au purgatoire, vendues contre de l'argent. Ces recettes servent notamment à financer la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome.
  • Le cumul des bénéfices : certains prêtres ou évêques cumulent plusieurs postes sans exercer leurs fonctions réellement.
  • Le faible niveau du clergé : beaucoup de prêtres sont peu instruits et ne connaissent pas bien les textes bibliques.
  • La richesse de l'Église : l'Église possède de nombreuses terres et richesses, ce qui choque des fidèles.
Définition. Une indulgence est une remise partielle ou totale des peines dues pour les péchés, accordée par l'Église en échange de prières, de pénitences ou, à cette époque, d'argent.

Ces abus suscitent des critiques grandissantes. Des humanistes comme Érasme réclament un retour aux textes évangéliques et une réforme interne de l'Église. C'est dans ce contexte que surgit la contestation de Martin Luther.

2Martin Luther et la naissance de la Réforme

Martin Luther (1483-1546) est un moine augustin et professeur de théologie à l'université de Wittenberg, en Allemagne. En 1517, scandalisé par la vente des indulgences organisée par le dominicain Johann Tetzel, il rédige ses 95 thèses qu'il aurait affichées sur la porte de l'église du château de Wittenberg le 31 octobre 1517.

Les 95 thèses de Luther sont une liste d'arguments théologiques contestant la légitimité des indulgences et certaines pratiques de l'Église catholique. Grâce à l'imprimerie, elles se diffusent rapidement en Europe.

Luther développe des idées révolutionnaires fondées sur une lecture directe de la Bible :

  • Le salut par la foi seule (sola fide) : selon Luther, l'homme est sauvé par sa foi sincère en Dieu, pas par ses œuvres ou l'achat d'indulgences.
  • La Bible seule (sola scriptura) : la Bible est la seule source d'autorité religieuse, au-dessus du pape ou des traditions de l'Église.
  • Le sacerdoce universel : chaque croyant peut avoir un accès direct à Dieu sans passer par un prêtre.

En 1521, le pape Léon X excommunie Luther. L'empereur Charles Quint le convoque à la diète de Worms où Luther refuse de se rétracter. Il est mis au ban de l'Empire. Protégé par le prince Frédéric de Saxe, il traduit la Bible en allemand (1522), permettant à tous de lire le texte sacré.

Exemple. Luther aurait déclaré à Worms (1521) : « Je ne peux ni ne veux rétracter quoi que ce soit, car agir contre la conscience n'est ni sûr ni honnête. Me voici. Je ne peux agir autrement. Que Dieu me soit en aide. »
DateÉvénement
1517Affichage des 95 thèses à Wittenberg
1520Excommunication de Luther par le pape
1521Diète de Worms : Luther mis au ban de l'Empire
1522Traduction de la Bible en allemand
1555Paix d'Augsbourg : reconnaissance du luthéranisme en Allemagne
3La diffusion du protestantisme en Europe

Les idées de Luther se diffusent rapidement grâce à l'imprimerie, inventée par Gutenberg vers 1450. Des milliers de pamphlets, de traductions et de textes théologiques circulent dans toute l'Europe.

Le mouvement protestant touche de nombreuses régions :

  • L'Allemagne : de nombreux princes allemands adoptent le luthéranisme, en partie pour s'emparer des biens de l'Église et s'affranchir de l'autorité de l'empereur.
  • La Scandinavie (Suède, Danemark, Norvège) : le luthéranisme devient religion d'État dès les années 1520-1530.
  • L'Angleterre : le roi Henri VIII rompt avec Rome en 1534 pour créer l'Église anglicane, principalement pour des raisons politiques (son divorce refusé par le pape).
  • La Suisse : Ulrich Zwingli à Zurich puis Jean Calvin à Genève développent leurs propres versions de la Réforme.
  • La France : les idées réformées pénètrent dès les années 1520 et gagnent une partie de la noblesse et de la bourgeoisie.
Attention ! Le terme « protestantisme » vient d'une « protestation » (1529) de princes luthériens allemands contre l'interdiction du luthéranisme. C'est un terme collectif qui regroupe différentes Églises : luthériens, calvinistes, anglicans…

La diffusion du protestantisme provoque de vives tensions avec l'Église catholique et entre princes européens, alimentant de nombreux conflits religieux et politiques.

4Jean Calvin et le calvinisme

Jean Calvin (1509-1564) est un humaniste français contraint de fuir la France en raison de ses idées protestantes. Il s'installe à Genève à partir de 1541, où il y organise une cité réformée selon ses principes religieux.

Calvin reprend plusieurs idées de Luther mais développe une théologie originale :

  • La prédestination : Dieu a décidé depuis l'éternité qui sera sauvé et qui sera damné. L'homme ne peut rien changer à cela, mais mène une vie morale pour témoigner de sa foi.
  • La sola scriptura et la sola fide : comme Luther, Calvin fonde sa doctrine sur la Bible seule et le salut par la foi.
  • La Cène symbolique : Calvin rejette la transsubstantiation catholique mais aussi la présence réelle défendue par Luther ; pour lui, la Cène est un acte commémoratif symbolique.
  • Une organisation de l'Église : Calvin crée une Église gouvernée par des anciens élus (les presbytres) et des pasteurs, sans évêques ni hiérarchie cléricale.
Un pasteur est le ministre du culte dans les Églises protestantes. À la différence du prêtre catholique, il n'est pas ordonné comme intermédiaire entre Dieu et les fidèles, mais est un prédicateur et un guide spirituel.

À Genève, Calvin impose une discipline religieuse et morale très stricte : le Consistoire surveille les mœurs des habitants. Genève devient un refuge pour les protestants persécutés dans d'autres pays et un centre de rayonnement du calvinisme en Europe.

Le calvinisme se répand en France (les calvinistes français sont appelés huguenots), aux Pays-Bas, en Écosse, en Hongrie et en Pologne.

5La réaction catholique : la Contre-Réforme

Face au succès du protestantisme, l'Église catholique réagit. Cette réaction est appelée la Contre-Réforme ou Réforme catholique. Elle vise à la fois à combattre l'hérésie protestante et à réformer l'Église de l'intérieur.

Le concile de Trente (1545-1563) est la principale réponse de l'Église catholique :

  • Il réaffirme les dogmes catholiques contestés par les protestants (transsubstantiation, rôle des sacrements, autorité du pape, intercession des saints).
  • Il condamne la vente des indulgences.
  • Il impose une meilleure formation du clergé (création de séminaires).
  • Il clarifie et unifie la liturgie catholique.
Un séminaire est un établissement de formation des futurs prêtres catholiques, instauré après le concile de Trente pour améliorer le niveau du clergé.

La Contre-Réforme utilise aussi d'autres instruments :

  • La Compagnie de Jésus (les Jésuites) : fondée par Ignace de Loyola en 1540, elle mène une vaste mission d'évangélisation et d'éducation en Europe et dans le monde (Amériques, Asie, Afrique).
  • L'Inquisition : tribunal religieux chargé de juger et de condamner les hérétiques.
  • L'Index : liste de livres interdits aux catholiques car jugés contraires à la foi.
Astuce. Pour retenir la différence : la Réforme = mouvement protestant (Luther, Calvin) qui quitte l'Église catholique ; la Contre-Réforme = réponse de l'Église catholique pour se réformer et lutter contre le protestantisme.
6Les guerres de religion en France

En France, la diffusion du calvinisme (les protestants français sont appelés huguenots) provoque de violents conflits religieux et politiques entre 1562 et 1598 : ce sont les guerres de religion.

Les tensions sont multiples :

  • Religieuses : catholiques et huguenots s'opposent sur les croyances et les pratiques.
  • Politiques : les grands seigneurs protestants (Condé, Coligny) affrontent les catholiques (les Guises), tandis que la monarchie cherche à s'imposer.
  • Sociales : le protestantisme séduit une partie de la noblesse, de la bourgeoisie et des artisans.

Les guerres de religion comprennent huit conflits entrecoupés de trêves. Le moment le plus tragique est la nuit de la Saint-Barthélemy (23-24 août 1572) : sur ordre (direct ou indirect) du roi Charles IX et de sa mère Catherine de Médicis, des milliers de protestants sont massacrés à Paris (entre 2 000 et 3 000 morts à Paris, au moins 10 000 en province).

Exemple. La nuit de la Saint-Barthélemy commence par l'assassinat de l'amiral Gaspard de Coligny, chef des protestants, dans la nuit du 23 au 24 août 1572. Le massacre se propage ensuite dans toute la capitale puis en province, faisant plusieurs milliers de victimes.
DateÉvénement
1562Massacre de Wassy : début des guerres de religion
1572Nuit de la Saint-Barthélemy : massacre des protestants
1589Henri IV, roi protestant, monte sur le trône
1593Henri IV se convertit au catholicisme (« Paris vaut bien une messe »)
1598Édit de Nantes : fin des guerres de religion
7L'édit de Nantes et la fin des guerres de religion

Henri IV (1589-1610), ancien protestant converti au catholicisme pour monter sur le trône, cherche à réconcilier catholiques et protestants. En 1598, il signe l'édit de Nantes, qui met fin aux guerres de religion.

L'édit de Nantes accorde aux protestants :

  • La liberté de culte dans certaines villes et sur les terres des seigneurs protestants.
  • L'égalité civile : les protestants peuvent accéder aux mêmes fonctions que les catholiques.
  • Des places de sûreté (villes fortifiées comme La Rochelle) où ils peuvent se défendre.
L'édit de Nantes (1598) est un édit royal signé par Henri IV qui accorde aux protestants français (huguenots) la liberté de culte et des droits civils, mettant fin aux guerres de religion. C'est l'un des premiers textes de tolérance religieuse en Europe.

Cependant, la paix reste fragile. En 1685, le roi Louis XIV révoque l'édit de Nantes par l'édit de Fontainebleau. Des centaines de milliers de protestants (les huguenots) doivent alors se convertir ou fuir la France (c'est le « Refuge »).

À retenir. Les réformes religieuses du XVIe siècle ont profondément transformé l'Europe : elles ont brisé l'unité religieuse de l'Occident chrétien et ont engendré de longues guerres, mais elles ont aussi conduit à de premières réflexions sur la tolérance religieuse.
À retenir
En bref :
1517 : Luther affiche ses 95 thèses à Wittenberg → naissance de la Réforme protestante.
• Luther : salut par la foi seule, Bible seule, sacerdoce universel.
• Calvin à Genève : prédestination, organisation presbytérienne ; les calvinistes français = huguenots.
• L'imprimerie diffuse rapidement les idées réformées en Europe.
• La Contre-Réforme catholique : concile de Trente (1545-1563), Jésuites, séminaires.
• En France : guerres de religion (1562-1598), massacre de la Saint-Barthélemy (1572).
1598 : édit de Nantes d'Henri IV → liberté de culte pour les protestants.
1685 : révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV.
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