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Collège · 5ᵉ · Histoire

Les réformes religieuses en Europe

Luther, Calvin, la Réforme et les guerres de religion

À propos de cette page
Ce cours de histoire en cinquième sur « Les réformes religieuses en Europe » suit le programme officiel de histoire de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Vers 1500 : une Église critiquée, des chrétiens inquiets, Luther : 1517 et la rupture, Ce que croient les protestants, Calvin, Genève et la diffusion de la Réforme. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en histoire.
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Vers 1500 : une Église critiquée, des chrétiens inquiets

Vers 1500, les chrétiens d'Occident sont hantés par une question : comment être sauvé et échapper à l'enfer ? L'Église propose des réponses : messes, pèlerinages, reliques, et surtout les indulgences.

Indulgence. Remise, accordée par l'Église, des peines dues pour les péchés déjà pardonnés. Au XVIe siècle, elle s'obtient contre un don d'argent : en 1517, le pape Léon X en organise une grande vente pour financer la basilique Saint-Pierre de Rome.

Cette Église est critiquée de partout : des papes princes et guerriers, des évêques qui cumulent les charges sans jamais résider, des curés ignorants, des moines jugés paresseux. Les humanistes, Érasme en tête, se moquent de ces abus et réclament un retour à l'Évangile — mais sans quitter l'Église.

Astuce. Le mot « réforme » ne signifie pas d'abord « rupture » : tout le monde, vers 1500, veut réformer l'Église. Ce qui divise, c'est la réponse à une question : peut-on la réformer de l'intérieur, ou faut-il la quitter ?
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Luther : 1517 et la rupture

Martin Luther (1483-1546) est un moine allemand, professeur de théologie à Wittenberg, en Saxe. Torturé par la peur de la damnation, il trouve dans saint Paul une réponse qui le libère : l'homme est sauvé par la foi seule, par la grâce de Dieu, et non par ses bonnes œuvres ni par son argent. La vente des indulgences lui paraît donc une escroquerie.

Le 31 octobre 1517, il rend publiques 95 thèses contre les indulgences. Grâce à l'imprimerie, elles sont lues dans toute l'Allemagne en quelques semaines. Sommé de se rétracter, Luther refuse, brûle en public la bulle du pape qui le menace (1520), et est excommunié en janvier 1521. Convoqué devant l'empereur Charles Quint à la diète de Worms (avril 1521), il maintient : « Je ne puis ni ne veux rien rétracter. » Mis au ban de l'Empire, il est caché par le prince de Saxe à la Wartburg, où il traduit le Nouveau Testament en allemand.

Attention ! Luther ne voulait pas fonder une nouvelle Église : il voulait corriger celle qui existait. C'est le refus de Rome, puis l'excommunication, qui transforment une contestation en rupture. Le mot « protestant » n'apparaît qu'en 1529, quand des princes allemands protestent contre une décision de l'empereur.
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Ce que croient les protestants

CatholiquesProtestants
Le salutpar la foi et les œuvres (prières, aumônes, pèlerinages)par la foi seule, don gratuit de Dieu
L'autoritéla Bible et la tradition de l'Église, interprétée par le papela Bible seule, que chacun doit lire — donc traduite
Le clergéprêtres célibataires, intermédiaires obligés entre Dieu et les fidèlesdes pasteurs mariés qui enseignent ; tout croyant est prêtre (sacerdoce universel)
Les sacrementsseptdeux : le baptême et la cène
Le papechef de l'Église, successeur de saint Pierrerefusé : aucune autorité sur les croyants
Le cultemesse en latin, culte des saints et de la Vierge, images, reliquesculte en langue du pays, chant des psaumes, ni saints, ni images, ni reliques
Astuce. Trois « seul » résument Luther : la foi seule, l'Écriture seule, la grâce seule. Tout ce qui, dans l'Église, prétend s'ajouter à cela — indulgences, pape, saints — est écarté.
Exemple. Entre dans un temple protestant : pas de statues, pas de vitraux figurés, pas d'autel doré, mais une chaire d'où le pasteur explique la Bible, et des bancs pour l'écouter. Le décor lui-même dit la doctrine.
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Calvin, Genève et la diffusion de la Réforme

La Réforme se répand vite, sous des formes différentes.

  • Jean Calvin (1509-1564), un Français réfugié, publie en 1536 l'Institution de la religion chrétienne et organise à partir de 1541 la ville de Genève en « Rome protestante » : discipline sévère, pasteurs et anciens élus, écoles. Il enseigne la prédestination : Dieu a choisi de toute éternité ceux qui seront sauvés. Le calvinisme gagne la France (les huguenots), les Pays-Bas, l'Écosse.
  • Le luthéranisme s'impose dans le nord de l'Allemagne et en Scandinavie, où les princes y trouvent l'avantage de confisquer les biens d'Église. La paix d'Augsbourg (1555) fixe la règle « tel prince, telle religion » : chaque prince choisit la religion de ses sujets.
  • En Angleterre, Henri VIII, à qui le pape refuse l'annulation de son mariage, se proclame chef de l'Église d'Angleterre (Acte de suprématie, 1534) : c'est l'anglicanisme.
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La réponse catholique : le concile de Trente et les jésuites

L'Église catholique réagit par une double stratégie — se réformer elle-même et combattre le protestantisme — que l'on appelle Réforme catholique ou Contre-Réforme.

Le concile de Trente (1545-1563)Il réaffirme tout ce que les protestants rejettent : les sept sacrements, le salut par la foi et les œuvres, l'autorité du pape et de la tradition, le culte des saints, la messe en latin. Mais il corrige les abus : les évêques doivent résider dans leur diocèse, des séminaires forment les futurs prêtres, un catéchisme unique enseigne la foi aux fidèles.
Les jésuites (1540)La Compagnie de Jésus, fondée par Ignace de Loyola, obéit directement au pape. Ses collèges forment les élites catholiques d'Europe ; ses missionnaires, comme François Xavier, partent en Asie et en Amérique.
La répressionL'Inquisition romaine (1542) poursuit les hérétiques ; l'Index (1559) dresse la liste des livres interdits.
L'artContre la nudité des temples, l'art baroque déploie or, marbre, coupoles et émotion : la beauté doit ramener les fidèles.
Attention ! « Contre-Réforme » insiste sur le combat contre les protestants ; « Réforme catholique » sur le renouveau interne. Les deux sont vrais : l'Église de 1600 est plus disciplinée, mieux formée — et plus intransigeante — que celle de 1500.
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La France déchirée : les guerres de religion (1562-1598)

En France, les calvinistes — les huguenots — représentent vers 1560 environ un dixième de la population, dont une partie de la noblesse. Le roi est catholique, mais le pouvoir royal est faible : Charles IX a dix ans à son avènement, et sa mère Catherine de Médicis gouverne. Chaque camp a ses chefs — les Guise pour les catholiques, les Bourbons et Coligny pour les protestants.

Le 1er mars 1562, des hommes du duc de Guise massacrent des protestants réunis pour le culte à Wassy, en Champagne : c'est le début de huit guerres en trente-six ans. L'épisode le plus terrible est le massacre de la Saint-Barthélemy : le 24 août 1572, à Paris, où les chefs protestants sont venus pour le mariage d'Henri de Navarre avec la sœur du roi, environ 3 000 huguenots sont tués en quelques jours, puis près de 10 000 en province.

Astuce. Retiens la logique d'Henri IV : pour être roi de tous, il adopte la religion du plus grand nombre, mais il protège la religion de la minorité. C'est l'idée neuve du politique : l'unité du royaume passe avant l'unité de la foi.
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L'édit de Nantes (1598) : la paix par la tolérance

Signé le 13 avril 1598, l'édit de Nantes est un compromis : il ne met pas les deux religions à égalité, mais il donne aux protestants de quoi vivre en sécurité.

Liberté de consciencechacun peut croire ce qu'il veut, partout dans le royaume, sans être inquiété
Liberté de cultelimitée : le culte protestant est autorisé seulement dans certains lieux (là où il existait déjà, chez certains seigneurs), et interdit à Paris
Égalité civileles protestants ont accès à toutes les charges, aux écoles, aux hôpitaux ; des chambres de justice mixtes jugent leurs procès
Places de sûretéenviron 150 villes fortifiées (La Rochelle, Montauban…) leur sont laissées pour huit ans, avec des garnisons payées par le roi
Tolérance. Le fait d'accepter, dans un État, l'existence d'une religion que l'on ne partage pas. Au XVIe siècle, ce n'est pas une valeur mais un pis-aller : on tolère ce qu'on ne peut pas supprimer sans détruire le royaume.
Attention ! L'édit est une trêve, pas une solution définitive. Henri IV est assassiné par un catholique fanatique en 1610 ; Louis XIII reprend les places de sûreté (La Rochelle, 1628) ; et Louis XIV révoque l'édit en 1685 : des centaines de milliers de protestants s'exilent alors vers les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Angleterre.
En bref
  • Vers 1500 : angoisse du salut, vente des indulgences, abus du clergé, critiques des humanistes.
  • Luther, moine allemand : 95 thèses le 31 octobre 1517 ; excommunié et mis au ban de l'Empire (1521, diète de Worms). Salut par la foi seule, Bible seule, ni pape ni saints, deux sacrements, pasteurs mariés, culte en langue du pays.
  • Calvin à Genève (1536-1541) : prédestination, discipline ; huguenots en France. Paix d'Augsbourg (1555) : « tel prince, telle religion ». Henri VIII : anglicanisme (1534).
  • Réponse catholique : concile de Trente (1545-1563) réaffirme la doctrine et corrige les abus (séminaires, catéchisme) ; jésuites (1540) ; Inquisition, Index ; art baroque.
  • France : huguenots ≈ 10 %. Wassy (1562) → 8 guerres. Saint-Barthélemy, 24 août 1572. Henri IV abjure (1593), édit de Nantes (1598) : liberté de conscience, culte limité, égalité civile, places de sûreté.
  • L'édit est révoqué par Louis XIV en 1685.
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