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Collège · 5ᵉ · Histoire

Byzance et l'Europe carolingienne

Justinien et le basileus, Charlemagne et l'empereur d'Occident, le calife : deux empires chrétiens et l'islam en contact (VIe-IXe siècle)

À propos de cette page
Ce cours de histoire en cinquième sur « Byzance et l'Europe carolingienne » suit le programme officiel de histoire de cinquième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Trois puissances autour de la Méditerranée, Justinien et l'Empire byzantin, Le basileus, un empereur chrétien à Constantinople, Charlemagne, empereur d'Occident (800). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de cinquième à réussir en histoire.
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Trois puissances autour de la Méditerranée

Après la disparition de l'Empire romain d'Occident en 476, la Méditerranée n'a plus un seul maître. Entre le VIe et le IXe siècle, trois puissances se la partagent, chacune dirigée par un souverain qui se dit choisi par Dieu.

PuissanceSouverainCapitaleReligionLangue
Empire byzantin (Empire romain d'Orient)le basileusConstantinoplechristianisme (futur orthodoxe)grec
Empire carolingienl'empereur d'OccidentAix-la-Chapellechristianisme (futur catholique)latin
Califatle califeDamas, puis Bagdad (762)islamarabe
Empire. Un empire est un vaste territoire réunissant des peuples différents sous l'autorité d'un seul souverain, l'empereur. Byzance et l'Empire carolingien se réclament tous deux de l'héritage de Rome : c'est la source de leur rivalité.
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Justinien et l'Empire byzantin

L'Empire romain d'Orient n'a pas disparu en 476 : on l'appelle Empire byzantin, du nom ancien de sa capitale, Byzance, rebaptisée Constantinople par l'empereur Constantin en 330. Son empereur le plus célèbre est Justinien (règne de 527 à 565).

Justinien veut restaurer l'Empire romain dans toute sa grandeur. Ses généraux, dont Bélisaire, reprennent l'Afrique du Nord aux Vandales (533-534), l'Italie aux Ostrogoths (535-553) et le sud de l'Espagne aux Wisigoths. La Méditerranée redevient presque un « lac romain »… pour peu de temps.

Exemple. Trois œuvres résument le règne :
• le Code Justinien (529-534) rassemble et met en ordre toutes les lois romaines : il servira de modèle au droit européen pendant des siècles ;
• la basilique Sainte-Sophie (532-537), reconstruite à Constantinople après une révolte, avec une coupole de 31 mètres de diamètre, la plus grande église du monde chrétien ;
• les mosaïques de Ravenne (église Saint-Vital, vers 547), où Justinien et son épouse Théodora apparaissent couronnés, entourés du clergé et de la cour.
Attention ! Les conquêtes de Justinien ne durent pas : dès 568, les Lombards envahissent l'Italie, et au VIIe siècle les Arabes enlèvent à Byzance la Syrie, la Palestine et l'Égypte (636-642). L'Empire se replie sur la Grèce et l'Asie Mineure, mais il tient : Constantinople résiste à deux sièges arabes (674-678 et 717-718) grâce à ses murailles et au feu grégeois.
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Le basileus, un empereur chrétien à Constantinople

Basileus. Mot grec qui signifie « roi » : c'est le titre officiel de l'empereur byzantin à partir du VIIe siècle (le grec a remplacé le latin comme langue de l'Empire). Le basileus est le lieutenant de Dieu sur terre : il gouverne l'État et protège l'Église.

Le basileus concentre tous les pouvoirs. Il fait les lois, commande l'armée, nomme les fonctionnaires et le patriarche de Constantinople (le chef de l'Église byzantine). Il convoque les conciles et tranche les débats religieux. Ce mélange de pouvoir politique et de pouvoir religieux est appelé césaropapisme par les historiens.

Tout, à la cour, rappelle son caractère sacré : on se prosterne devant lui, il porte la pourpre (rouge violet, couleur réservée), et sur les mosaïques et les monnaies il est représenté avec une auréole, comme un saint.

L'Église byzantineCe qui la caractérise
Languele grec
Chefle patriarche de Constantinople, nommé par le basileus
Imagesles icônes, images saintes peintes sur bois, vénérées par les fidèles
Rayonnementvers les Slaves : les moines Cyrille et Méthode (vers 863) créent un alphabet pour traduire la Bible, ancêtre de l'alphabet cyrillique ; le prince de Kiev se convertit en 988
Astuce. Retiens la crise de l'iconoclasme (726-843) : des basileis interdisent et détruisent les icônes, jugées idolâtres. Elle montre bien que l'empereur se mêle de religion — et elle éloigne Byzance du pape, qui défend les images.
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Charlemagne, empereur d'Occident (800)

En Occident, le royaume des Francs est le plus puissant des royaumes nés des invasions. En 751, Pépin le Bref renverse le dernier roi mérovingien et fonde la dynastie des Carolingiens. Son fils Charles, roi en 768, mène 46 années de guerres : il soumet les Saxons (772-804, en les convertissant de force), conquiert le royaume des Lombards en Italie (774), écrase les Avars et établit une marche (zone frontière militaire) au sud des Pyrénées face aux musulmans.

Le 25 décembre 800, à Rome, le pape Léon III le couronne empereur. Charles, désormais Charlemagne (Carolus Magnus, « Charles le Grand »), rétablit le titre impérial en Occident, disparu depuis 476. Il se présente comme le protecteur du pape et de tous les chrétiens d'Occident.

Exemple. Sa capitale, Aix-la-Chapelle, imite Constantinople et Ravenne : la chapelle palatine (vers 792-805), de plan octogonal, est inspirée de l'église Saint-Vital de Ravenne, et ses colonnes de marbre viennent d'Italie. Charlemagne y est enterré en 814.
Attention ! Le titre reçu en 800 pose un problème : pour Byzance, il n'existe qu'un seul empereur romain, le basileus. Constantinople parle donc d'un usurpateur. Il faudra douze ans et une guerre en Adriatique pour qu'en 812 le basileus Michel Ier accepte de reconnaître Charlemagne « empereur » — mais pas « empereur des Romains ».
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Gouverner l'Empire carolingien

L'empire est immense (plus d'un million de km2) et sans administration comparable à celle de Byzance. Charlemagne s'appuie sur des hommes de confiance et sur l'Église.

OutilFonctionnement
Les comtesenviron 300 comtés ; chaque comte rend la justice, lève les troupes et les impôts au nom de l'empereur
Les missi dominici« les envoyés du maître » : par groupes de deux (un évêque et un comte), ils inspectent les comtés et rapportent à l'empereur
Les capitulairesles lois de l'empereur, écrites en chapitres (capitula) et diffusées dans tout l'empire
Le sermenttous les hommes libres doivent jurer fidélité à l'empereur (802)

Charlemagne veut aussi un clergé instruit. Il attire à sa cour des savants comme Alcuin, venu d'York, ordonne d'ouvrir des écoles dans les monastères et les cathédrales, fait recopier les textes antiques dans une écriture nouvelle et lisible, la minuscule caroline. On appelle ce mouvement la renaissance carolingienne.

Après sa mort, son fils Louis le Pieux (814-840) ne parvient pas à maintenir l'unité. Le traité de Verdun (843) partage l'empire entre ses trois petits-fils : la Francie occidentale à Charles le Chauve, la Francie orientale à Louis le Germanique, la Francie médiane et le titre impérial à Lothaire. Affaibli par les raids vikings, l'Empire carolingien s'efface à la fin du IXe siècle.

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Le calife, chef du monde musulman

Calife. De l'arabe khalifa, « successeur » : le calife est le successeur de Mahomet à la tête de la communauté des musulmans. Il est à la fois chef politique et chef religieux, mais, contrairement à Mahomet, il n'est pas prophète.

Un siècle après la mort de Mahomet (632), les califes règnent sur un empire allant de l'Espagne à l'Indus. Deux dynasties se succèdent : les Omeyyades, à Damas (661-750), puis les Abbassides, qui fondent Bagdad en 762. Un Omeyyade rescapé fonde un émirat indépendant à Cordoue en 756 : dès lors, le monde musulman n'a plus un seul maître.

Exemple. Le calife abbasside Haroun al-Rachid (786-809), contemporain de Charlemagne, règne sur Bagdad au sommet de sa puissance : une ville ronde de peut-être 500 000 habitants, des marchés où arrivent la soie de Chine et les épices de l'Inde, des savants qui traduisent les textes grecs (astronomie, médecine, mathématiques) et diffusent les chiffres venus de l'Inde.

Le calife, comme le basileus, s'entoure d'un cérémonial fastueux et se dit « ombre de Dieu sur la terre ». Mais son pouvoir religieux est plus limité : il n'invente pas la loi, qui vient du Coran, et il n'y a pas de clergé.

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Contacts et rivalités en Méditerranée

Ces trois puissances ne vivent pas isolées : elles se combattent, se jalousent et échangent.

Type de contactExemples (VIIe-IXe siècle)
Guerresles Arabes prennent la Syrie, l'Égypte, puis la Sicile à Byzance (à partir de 827) ; Charles Martel arrête une expédition musulmane à Poitiers en 732 ; Francs et Byzantins se disputent Venise et l'Adriatique (806-812)
Diplomatieambassades entre Aix-la-Chapelle et Bagdad : Haroun al-Rachid offre à Charlemagne un éléphant, Abul-Abbas, arrivé en 802, et une horloge à eau ; ambassades entre Aix et Constantinople (projet de mariage, reconnaissance de 812)
CommerceVenise vend aux musulmans du bois, du fer et des esclaves, et rapporte soie, épices et pièces d'or ; le dinar d'or musulman circule jusqu'en Francie
Art et savoirla chapelle d'Aix copie Ravenne ; Byzance et Bagdad conservent et traduisent les savants grecs ; les trois mondes se disputent la pourpre, la soie et les reliques

Les deux empires chrétiens s'éloignent l'un de l'autre : langue (latin / grec), chef religieux (pape / patriarche nommé par le basileus), place des images. En 1054, le schisme sépare définitivement l'Église catholique et l'Église orthodoxe.

Astuce. Pour comparer les trois souverains, pose trois questions : d'où vient son pouvoir ? (de Dieu, pour les trois) · qui dirige la religion ? (le basileus lui-même ; le pape, protégé par l'empereur d'Occident ; le calife, sans clergé) · quelle langue ? (grec, latin, arabe).
En bref
  • Après 476, trois puissances se partagent la Méditerranée : l'Empire byzantin (Constantinople, grec, basileus), l'Empire carolingien (Aix-la-Chapelle, latin, empereur), le califat (Damas puis Bagdad, arabe, calife).
  • Justinien (527-565) : Code Justinien, Sainte-Sophie (532-537), reconquête de l'Italie et de l'Afrique, mosaïques de Ravenne.
  • Le basileus dirige l'État et l'Église : il nomme le patriarche (césaropapisme). Icônes, crise iconoclaste (726-843), évangélisation des Slaves (Cyrille et Méthode).
  • Charlemagne : roi des Francs 768, empereur le 25 décembre 800, couronné par le pape Léon III à Rome. Mort en 814 ; traité de Verdun 843.
  • Il gouverne avec les comtes, les missi dominici, les capitulaires, et relance les écoles (renaissance carolingienne, Alcuin, minuscule caroline).
  • Le calife est le successeur de Mahomet : Abbassides à Bagdad (762), Haroun al-Rachid (786-809).
  • Contacts : guerres (Poitiers 732, Sicile), ambassades (l'éléphant de 802, reconnaissance de 812), commerce par Venise, échanges d'art et de savoir. Rivalité entre les deux empires chrétiens → schisme de 1054.
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