Collège · 4ᵉ · Histoire
La révolution américaine
Indépendance des États-Unis et naissance d'une démocratie
À propos de cette page
Les colonies britanniques en Amérique du Nord au XVIIIe siècle
Au XVIIIe siècle, la Grande-Bretagne possède treize colonies sur la côte est de l'Amérique du Nord. Ces colonies, fondées depuis le XVIIe siècle, regroupent environ 2,5 millions d'habitants en 1775 : des colons d'origine européenne (surtout britannique), des esclaves africains déportés, et quelques populations amérindiennes.
Les colons jouissent d'une relative autonomie : chaque colonie dispose d'une assemblée élue qui vote les lois locales et les impôts. Ils se considèrent comme des sujets britanniques à part entière, avec les mêmes droits que les habitants d'Angleterre.
L'économie des colonies varie selon les régions. Au nord (Nouvelle-Angleterre), le commerce et l'artisanat dominent. Au sud, les grandes plantations (tabac, coton) reposent sur le travail des esclaves africains.
| Région | Activités principales |
|---|---|
| Nouvelle-Angleterre (nord) | Commerce, pêche, artisanat |
| Colonies du centre | Agriculture céréalière, commerce |
| Colonies du sud | Plantations (tabac, coton), esclavage |
Les causes de la révolution : fiscalité et idées des Lumières
Après la guerre de Sept Ans (1756-1763), la Grande-Bretagne, endettée, décide de faire participer les colonies à l'effort fiscal. Le Parlement britannique impose de nouvelles taxes aux colons : Stamp Act (1765), taxes sur le thé, le papier, le verre, etc.
Les colons refusent ces impôts : ils n'ont aucun représentant au Parlement de Londres. Leur cri de ralliement devient :
La crise s'aggrave. En décembre 1773, lors du Boston Tea Party, des colons déguisés en Amérindiens jettent à la mer une cargaison de thé anglais pour protester contre la taxe sur le thé. La Grande-Bretagne répond en fermant le port de Boston et en renforçant son contrôle militaire.
- Locke : les hommes naissent libres et égaux, l'État doit protéger leurs droits naturels ; si le gouvernement manque à ses devoirs, le peuple a le droit de le renverser.
- Montesquieu : la liberté politique passe par la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire).
- Rousseau : la souveraineté appartient au peuple.
Ces idées donnent une légitimité philosophique à la révolte des colons contre l'autorité britannique.
La Déclaration d'indépendance (1776)
En juin 1775, les combats ont déjà éclaté (batailles de Lexington et Concord). Le Second Congrès continental (assemblée des représentants des treize colonies) se réunit à Philadelphie. Il charge Thomas Jefferson de rédiger un texte justifiant la rupture avec la Grande-Bretagne.
La Déclaration d'indépendance est adoptée le 4 juillet 1776. Ce texte fondateur proclame :
- L'égalité naturelle de tous les hommes : « Nous tenons pour évidentes ces vérités que tous les hommes sont créés égaux. »
- Les droits inaliénables : vie, liberté, recherche du bonheur.
- Le droit des peuples à la révolution si le gouvernement ne respecte pas ces droits.
- L'indépendance officielle des États-Unis d'Amérique vis-à-vis de la couronne britannique.
Le 4 juillet est depuis lors célébré comme la fête nationale américaine, appelée Independence Day.
La guerre d'indépendance (1775-1783)
La guerre d'indépendance (ou révolution américaine) oppose les insurgents américains — les Patriots — à l'armée britannique, soutenue par des loyalistes (colons restés fidèles à la couronne). Les Patriots sont commandés par George Washington.
Les Patriots ont d'abord de sérieuses difficultés face à la puissante armée britannique. Mais deux événements changent la donne :
- Victoire de Saratoga (1777) : première grande victoire américaine, elle convainc la France d'entrer en guerre aux côtés des insurgents.
- Alliance franco-américaine (1778) : la France, rivale de la Grande-Bretagne, reconnaît officiellement les États-Unis et leur envoie des soldats, de l'argent et une flotte. Le marquis de La Fayette joue un rôle symbolique important.
| Date | Événement |
|---|---|
| 1775 | Premiers combats à Lexington et Concord |
| 4 juillet 1776 | Déclaration d'indépendance |
| 1777 | Victoire américaine à Saratoga |
| 1778 | Alliance franco-américaine |
| 1781 | Capitulation britannique à Yorktown |
| 1783 | Traité de Paris : reconnaissance de l'indépendance américaine |
La guerre s'achève par la capitulation britannique à Yorktown (1781), encerclés par les troupes franco-américaines. Le traité de Paris (1783) reconnaît officiellement l'indépendance des États-Unis.
La Constitution américaine de 1787 et ses principes
Après l'indépendance, les treize États doivent s'organiser politiquement. En 1787, une Convention réunie à Philadelphie adopte la Constitution des États-Unis, la plus ancienne constitution écrite encore en vigueur dans le monde.
Elle repose sur les principes des Lumières :
- Le Congrès (législatif) : vote les lois. Il est bicaméral : le Sénat (2 sénateurs par État) et la Chambre des représentants (proportionnelle à la population).
- Le Président (exécutif) : dirige le gouvernement. George Washington devient le premier président en 1789.
- La Cour suprême (judiciaire) : veille au respect de la Constitution.
La Constitution instaure une République fédérale : les États gardent leurs propres lois, mais le gouvernement fédéral a autorité sur les questions nationales (défense, monnaie, diplomatie).
La Constitution américaine de 1787 est une révolution politique : pour la première fois, un grand pays se dote d'une constitution écrite qui limite le pouvoir de l'État et protège les libertés des citoyens.
La naissance d'une démocratie républicaine
Les États-Unis deviennent la première démocratie républicaine moderne. Leurs institutions mettent en pratique les idéaux des Lumières :
- La souveraineté appartient au peuple (citoyens mâles blancs et propriétaires, dans un premier temps).
- Les dirigeants sont élus et leur pouvoir est limité dans le temps.
- Les droits fondamentaux sont garantis par la Constitution.
- Les femmes n'ont pas le droit de vote.
- Les esclaves (environ 700 000) sont privés de tous droits.
- Les Amérindiens sont exclus de la citoyenneté.
- Les hommes pauvres (sans propriété) peuvent également être exclus selon les États.
George Washington devient le premier président des États-Unis en avril 1789. Il refuse un troisième mandat, établissant la tradition démocratique du transfert pacifique du pouvoir.
Le rayonnement de la révolution américaine en Europe
La révolution américaine a un retentissement considérable en Europe, notamment en France. Elle démontre que les idées des Lumières peuvent être mises en pratique dans un vrai système de gouvernement.
Le rayonnement s'opère par plusieurs canaux :
- Les soldats français (La Fayette, Rochambeau...) reviennent en France en ayant combattu pour la liberté. Ils contribuent à diffuser les idéaux républicains.
- Les textes : la Déclaration d'indépendance et la Constitution américaine circulent en Europe et inspirent les révolutionnaires.
- La crise financière française : la guerre a ruiné les finances de la France, contribuant à la crise qui mènera à la Révolution française de 1789.
- Les 13 colonies britanniques se révoltent contre la fiscalité imposée sans représentation : « No taxation without representation ».
- La Déclaration d'indépendance est signée le 4 juillet 1776 par les représentants des colonies (rédigée par Thomas Jefferson).
- La guerre d'indépendance (1775-1783) est gagnée grâce à l'alliance franco-américaine (La Fayette). La capitulation britannique a lieu à Yorktown en 1781.
- La Constitution de 1787 instaure une République fédérale avec séparation des pouvoirs (Congrès / Président / Cour suprême), inspirée de Montesquieu et Locke.
- La révolution américaine inspire la Révolution française de 1789 et diffuse les idéaux des Lumières en Europe.
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