Collège · 4ᵉ · Histoire
La Révolution française (1789-1799)
De la crise de l'Ancien Régime à la République
À propos de cette page
La France de l'Ancien Régime et la crise de 1788-1789
Avant 1789, la France est une monarchie absolue : le roi Louis XVI détient tous les pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire). La société est divisée en trois ordres (ou états) inégaux :
- Le clergé (1er ordre) : environ 100 000 personnes, exemptes d'impôts, possèdent 10 % des terres.
- La noblesse (2e ordre) : environ 400 000 personnes, bénéficient de nombreux privilèges.
- Le tiers état (3e ordre) : tous les autres (plus de 27 millions), paysans, artisans, bourgeois, supportent la quasi-totalité des impôts.
En 1788-1789, plusieurs crises se cumulent :
- Crise financière : l'État royal est au bord de la faillite, épuisé par les guerres (notamment le soutien à la révolution américaine) et les dépenses de la cour de Versailles.
- Crise sociale : les inégalités sont criantes ; le tiers état supporte des impôts écrasants alors que les privilégiés en sont exemptés.
- Crise politique : les idées des Lumières (Voltaire, Rousseau, Montesquieu) remettent en cause l'absolutisme et les privilèges.
- Crise alimentaire : une mauvaise récolte en 1788 provoque une hausse du prix du pain ; la famine menace.
La prise de la Bastille et la fin de l'Ancien Régime (1789)
Pour résoudre la crise financière, Louis XVI convoque les États généraux (réunion des représentants des trois ordres) le 5 mai 1789. C'est la première réunion depuis 1614.
Le tiers état réclame que chaque représentant dispose d'une voix (et non chaque ordre). Devant le refus du roi, les représentants du tiers état se constituent en Assemblée nationale le 17 juin 1789, puis prêtent le serment du Jeu de paume le 20 juin, s'engageant à donner une constitution à la France.
La réaction du peuple parisien face aux rumeurs de répression royale conduit à la prise de la Bastille, forteresse royale et symbole du despotisme, le 14 juillet 1789. Cet événement marque le début de la Révolution française.
En août 1789, dans un élan d'enthousiasme, la noblesse renonce à ses privilèges lors de la nuit du 4 août. L'Ancien Régime s'effondre en quelques heures.
| Date | Événement |
|---|---|
| 5 mai 1789 | Ouverture des États généraux à Versailles |
| 17 juin 1789 | Proclamation de l'Assemblée nationale |
| 20 juin 1789 | Serment du Jeu de paume |
| 14 juillet 1789 | Prise de la Bastille (fête nationale française) |
| 4 août 1789 | Nuit du 4 août — abolition des privilèges |
La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789)
Le 26 août 1789, l'Assemblée nationale adopte la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC). Ce texte fondamental s'inspire des idées des Lumières et de la Déclaration d'indépendance américaine (1776).
- Article 1 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. »
- Article 2 : Les droits naturels et imprescriptibles sont : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression.
- Article 3 : La souveraineté appartient à la Nation (et non plus au roi).
- Article 11 : Liberté d'expression et de la presse.
- Article 16 : Toute société sans séparation des pouvoirs n'a pas de constitution.
La DDHC rompt radicalement avec l'Ancien Régime : elle affirme l'égalité civile (fin des ordres et des privilèges), la liberté individuelle et la souveraineté nationale.
Cependant, la Déclaration a des limites : elle ne reconnaît pas les droits des femmes (Olympe de Gouges rédigera en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne) ni des esclaves des colonies.
La monarchie constitutionnelle (1789-1792)
De 1789 à 1792, la France est une monarchie constitutionnelle : le roi conserve le pouvoir exécutif, mais il est encadré par une constitution. L'Assemblée nationale législative détient le pouvoir de faire les lois.
La Constitution de 1791 établit :
- La séparation des pouvoirs (inspirée de Montesquieu) entre le roi (exécutif), l'Assemblée (législatif) et les tribunaux (judiciaire).
- Un régime censitaire : seuls les hommes payant un certain impôt (citoyens « actifs ») peuvent voter.
- L'abolition des ordres : tous les Français sont désormais égaux devant la loi.
Cette période est marquée par de grandes tensions :
- Louis XVI est méfiant envers la Révolution. En juin 1791, il tente de fuir à l'étranger (fuite à Varennes). Arrêté, il perd définitivement la confiance des révolutionnaires.
- Les émigrés (nobles partis à l'étranger) et les cours européennes menacent la France. La guerre est déclarée à l'Autriche en avril 1792.
La chute de la royauté et la Première République (1792-1793)
Face aux menaces extérieures (armées autrichienne et prussienne qui avancent vers Paris) et à la trahison supposée du roi, le peuple parisien envahit les Tuileries le 10 août 1792. Louis XVI est suspendu de ses fonctions puis emprisonné.
Une nouvelle assemblée, la Convention nationale, est élue au suffrage universel masculin. Le 21 septembre 1792, elle proclame la Première République : la monarchie est abolie.
En janvier 1793, Louis XVI est jugé par la Convention. Reconnu coupable de trahison, il est condamné à mort et guillotiné le 21 janvier 1793. Marie-Antoinette sera exécutée le 16 octobre 1793.
La Convention se divise en factions rivales :
- Les Girondins : modérés, favorables à une Révolution apaisée.
- Les Montagnards (ou Jacobins) : radicaux, menés par Robespierre, Danton, Marat.
- La Plaine (ou Marais) : indécis, votant avec la majorité.
La Terreur (1793-1794)
En 1793, la Révolution est menacée de toutes parts : guerres étrangères, insurrections intérieures (Vendée), crise économique. La Convention adopte des mesures d'exception pour sauver la République.
Le Comité de salut public, dominé par Maximilien Robespierre, prend en main le gouvernement révolutionnaire. Cette période, appelée la Terreur (septembre 1793 – juillet 1794), est caractérisée par :
- Le Tribunal révolutionnaire qui juge rapidement les suspects (ennemis de la Révolution).
- La loi des suspects (17 septembre 1793) qui permet d'arrêter toute personne soupçonnée de s'opposer à la Révolution.
- Environ 17 000 condamnations à mort officielles (et 40 000 morts en prison ou sans jugement).
Parmi les victimes : la reine Marie-Antoinette, le chimiste Lavoisier, le poète André Chénier, mais aussi des révolutionnaires comme Danton (avril 1794).
La Terreur prend fin avec le 9 Thermidor (27 juillet 1794) : Robespierre et ses alliés sont arrêtés par la Convention et guillotinés le lendemain. C'est la réaction thermidorienne.
Le Directoire et la fin de la Révolution (1795-1799)
Après Thermidor, une nouvelle constitution est adoptée en 1795. Elle instaure le Directoire : le pouvoir exécutif est confié à cinq Directeurs, le pouvoir législatif à deux chambres (Conseil des Cinq-Cents et Conseil des Anciens).
Le Directoire (1795-1799) est une période d'instabilité : complots, corruption, défaites militaires et difficultés économiques fragilisent le régime.
Le 18 Brumaire (9 novembre 1799), Napoléon Bonaparte réalise un coup d'État et prend le pouvoir. Il met en place le Consulat, mettant fin à la Révolution française.
- Abolition de la monarchie absolue et des privilèges.
- Affirmation des droits et libertés fondamentaux (DDHC).
- Naissance de la démocratie représentative.
- Diffusion des idées révolutionnaires en Europe et dans le monde.
La Révolution française reste une référence universelle : ses principes de liberté, égalité, fraternité (devise de la République depuis 1880) ont influencé les démocraties du monde entier.
- 1789 : États généraux → Assemblée nationale → prise de la Bastille (14 juillet) → nuit du 4 août → DDHC (26 août).
- 1791 : Constitution → monarchie constitutionnelle ; fuite à Varennes (juin).
- 1792 : guerre contre l'Autriche ; 10 août → chute du roi ; 21 septembre → proclamation de la République.
- 1793 : exécution de Louis XVI (21 jan.) ; Terreur sous Robespierre (Comité de salut public, Tribunal révolutionnaire).
- 1794 : 9 Thermidor → chute de Robespierre.
- 1795-1799 : Directoire ; 18 Brumaire 1799 → coup d'État de Napoléon Bonaparte → fin de la Révolution.
- Texte fondateur : Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789).
- Devise républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité.
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