À propos de cette page
Ce cours de histoire en quatrième sur « La Révolution française (1789-1799) » suit le programme officiel de histoire de quatrième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La France de l'Ancien Régime et la crise de 1788-1789, La prise de la Bastille et la fin de l'Ancien Régime (1789), La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789), La monarchie constitutionnelle (1789-1792). Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de quatrième à réussir en histoire.
Au programme
1 · La France de l'Ancien Régime et la crise de 1788-1789
2 · La prise de la Bastille et la fin de l'Ancien Régime (1789)
3 · La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789)
4 · La monarchie constitutionnelle (1789-1792)
5 · La chute de la royauté et la Première République (1792-1793)
6 · La Terreur (1793-1794)
7 · Le Directoire et la fin de la Révolution (1795-1799)
1La France de l'Ancien Régime et la crise de 1788-1789
Avant 1789, la France est une monarchie absolue : le roi Louis XVI détient tous les pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire). La société est divisée en trois ordres (ou états) inégaux :
- Le clergé (1er ordre) : environ 100 000 personnes, exemptes d'impôts, possèdent 10 % des terres.
- La noblesse (2e ordre) : environ 400 000 personnes, bénéficient de nombreux privilèges.
- Le tiers état (3e ordre) : tous les autres (plus de 27 millions), paysans, artisans, bourgeois, supportent la quasi-totalité des impôts.
Définition — Ancien Régime. Terme utilisé pour désigner l'organisation politique et sociale de la France avant la Révolution, fondée sur la monarchie absolue et les privilèges des deux premiers ordres.
En 1788-1789, plusieurs crises se cumulent :
- Crise financière : l'État royal est au bord de la faillite, épuisé par les guerres (notamment le soutien à la révolution américaine) et les dépenses de la cour de Versailles.
- Crise sociale : les inégalités sont criantes ; le tiers état supporte des impôts écrasants alors que les privilégiés en sont exemptés.
- Crise politique : les idées des Lumières (Voltaire, Rousseau, Montesquieu) remettent en cause l'absolutisme et les privilèges.
- Crise alimentaire : une mauvaise récolte en 1788 provoque une hausse du prix du pain ; la famine menace.
Exemple. En 1788, une famille de paysans dépense plus de 80 % de ses revenus pour acheter du pain. La révolte gronde dans les campagnes.
2La prise de la Bastille et la fin de l'Ancien Régime (1789)
Pour résoudre la crise financière, Louis XVI convoque les États généraux (réunion des représentants des trois ordres) le 5 mai 1789. C'est la première réunion depuis 1614.
Le tiers état réclame que chaque représentant dispose d'une voix (et non chaque ordre). Devant le refus du roi, les représentants du tiers état se constituent en Assemblée nationale le 17 juin 1789, puis prêtent le serment du Jeu de paume le 20 juin, s'engageant à donner une constitution à la France.
Définition — Constitution. Texte fondamental qui définit les règles d'organisation d'un État et les droits fondamentaux des citoyens.
La réaction du peuple parisien face aux rumeurs de répression royale conduit à la prise de la Bastille, forteresse royale et symbole du despotisme, le 14 juillet 1789. Cet événement marque le début de la Révolution française.
Attention ! La Bastille ne contenait que 7 prisonniers le 14 juillet 1789. L'importance de cet événement est avant tout symbolique : la forteresse représentait le pouvoir absolu du roi.
En août 1789, dans un élan d'enthousiasme, la noblesse renonce à ses privilèges lors de la nuit du 4 août. L'Ancien Régime s'effondre en quelques heures.
| Date | Événement |
|---|
| 5 mai 1789 | Ouverture des États généraux à Versailles |
| 17 juin 1789 | Proclamation de l'Assemblée nationale |
| 20 juin 1789 | Serment du Jeu de paume |
| 14 juillet 1789 | Prise de la Bastille (fête nationale française) |
| 4 août 1789 | Nuit du 4 août — abolition des privilèges |
3La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789)
Le 26 août 1789, l'Assemblée nationale adopte la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC). Ce texte fondamental s'inspire des idées des Lumières et de la Déclaration d'indépendance américaine (1776).
DDHC — Principes fondamentaux.- Article 1 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. »
- Article 2 : Les droits naturels et imprescriptibles sont : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression.
- Article 3 : La souveraineté appartient à la Nation (et non plus au roi).
- Article 11 : Liberté d'expression et de la presse.
- Article 16 : Toute société sans séparation des pouvoirs n'a pas de constitution.
La DDHC rompt radicalement avec l'Ancien Régime : elle affirme l'égalité civile (fin des ordres et des privilèges), la liberté individuelle et la souveraineté nationale.
À retenir. La DDHC est aujourd'hui inscrite dans le préambule de la Constitution française de 1958. Elle a une valeur constitutionnelle et reste un texte fondateur de la démocratie.
Cependant, la Déclaration a des limites : elle ne reconnaît pas les droits des femmes (Olympe de Gouges rédigera en 1791 la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne) ni des esclaves des colonies.
4La monarchie constitutionnelle (1789-1792)
De 1789 à 1792, la France est une monarchie constitutionnelle : le roi conserve le pouvoir exécutif, mais il est encadré par une constitution. L'Assemblée nationale législative détient le pouvoir de faire les lois.
La Constitution de 1791 établit :
- La séparation des pouvoirs (inspirée de Montesquieu) entre le roi (exécutif), l'Assemblée (législatif) et les tribunaux (judiciaire).
- Un régime censitaire : seuls les hommes payant un certain impôt (citoyens « actifs ») peuvent voter.
- L'abolition des ordres : tous les Français sont désormais égaux devant la loi.
Définition — Monarchie constitutionnelle. Régime politique dans lequel le roi exerce le pouvoir mais est limité par une constitution et doit partager le pouvoir législatif avec une assemblée élue.
Cette période est marquée par de grandes tensions :
- Louis XVI est méfiant envers la Révolution. En juin 1791, il tente de fuir à l'étranger (fuite à Varennes). Arrêté, il perd définitivement la confiance des révolutionnaires.
- Les émigrés (nobles partis à l'étranger) et les cours européennes menacent la France. La guerre est déclarée à l'Autriche en avril 1792.
Exemple. Le 20 juin 1791, Louis XVI, sa femme Marie-Antoinette et leurs enfants s'enfuient déguisés. Reconnus à Varennes, ils sont ramenés de force à Paris. Cet épisode ruine définitivement la monarchie constitutionnelle.
5La chute de la royauté et la Première République (1792-1793)
Face aux menaces extérieures (armées autrichienne et prussienne qui avancent vers Paris) et à la trahison supposée du roi, le peuple parisien envahit les Tuileries le 10 août 1792. Louis XVI est suspendu de ses fonctions puis emprisonné.
Une nouvelle assemblée, la Convention nationale, est élue au suffrage universel masculin. Le 21 septembre 1792, elle proclame la Première République : la monarchie est abolie.
Définition — République. Régime politique dans lequel le pouvoir appartient au peuple ou à ses représentants élus, sans monarque héréditaire.
En janvier 1793, Louis XVI est jugé par la Convention. Reconnu coupable de trahison, il est condamné à mort et guillotiné le 21 janvier 1793. Marie-Antoinette sera exécutée le 16 octobre 1793.
La Convention se divise en factions rivales :
- Les Girondins : modérés, favorables à une Révolution apaisée.
- Les Montagnards (ou Jacobins) : radicaux, menés par Robespierre, Danton, Marat.
- La Plaine (ou Marais) : indécis, votant avec la majorité.
Attention ! Ne pas confondre l'Assemblée nationale (1789-1791), l'Assemblée législative (1791-1792) et la Convention (1792-1795) : ce sont trois assemblées successives aux pouvoirs différents.
6La Terreur (1793-1794)
En 1793, la Révolution est menacée de toutes parts : guerres étrangères, insurrections intérieures (Vendée), crise économique. La Convention adopte des mesures d'exception pour sauver la République.
Le Comité de salut public, dominé par Maximilien Robespierre, prend en main le gouvernement révolutionnaire. Cette période, appelée la Terreur (septembre 1793 – juillet 1794), est caractérisée par :
- Le Tribunal révolutionnaire qui juge rapidement les suspects (ennemis de la Révolution).
- La loi des suspects (17 septembre 1793) qui permet d'arrêter toute personne soupçonnée de s'opposer à la Révolution.
- Environ 17 000 condamnations à mort officielles (et 40 000 morts en prison ou sans jugement).
Définition — La Terreur. Période de la Révolution (1793-1794) durant laquelle le Comité de salut public gouverne de façon autoritaire et réprime violemment les opposants au nom du salut de la République.
Parmi les victimes : la reine Marie-Antoinette, le chimiste Lavoisier, le poète André Chénier, mais aussi des révolutionnaires comme Danton (avril 1794).
La Terreur prend fin avec le 9 Thermidor (27 juillet 1794) : Robespierre et ses alliés sont arrêtés par la Convention et guillotinés le lendemain. C'est la réaction thermidorienne.
À retenir. La Terreur illustre le paradoxe de la Révolution : au nom des idéaux de liberté et d'égalité, des milliers de personnes furent exécutées sans procès équitable. Ce bilan reste l'un des plus sombres de la Révolution.
7Le Directoire et la fin de la Révolution (1795-1799)
Après Thermidor, une nouvelle constitution est adoptée en 1795. Elle instaure le Directoire : le pouvoir exécutif est confié à cinq Directeurs, le pouvoir législatif à deux chambres (Conseil des Cinq-Cents et Conseil des Anciens).
Le Directoire (1795-1799) est une période d'instabilité : complots, corruption, défaites militaires et difficultés économiques fragilisent le régime.
Exemple. Le général Napoléon Bonaparte, héros des guerres révolutionnaires (campagnes d'Italie 1796-1797, d'Égypte 1798-1799), profite de la faiblesse du Directoire pour renverser le régime.
Le 18 Brumaire (9 novembre 1799), Napoléon Bonaparte réalise un coup d'État et prend le pouvoir. Il met en place le Consulat, mettant fin à la Révolution française.
Bilan de la Révolution. En dix ans (1789-1799), la France a transformé profondément son organisation :
- Abolition de la monarchie absolue et des privilèges.
- Affirmation des droits et libertés fondamentaux (DDHC).
- Naissance de la démocratie représentative.
- Diffusion des idées révolutionnaires en Europe et dans le monde.
La Révolution française reste une référence universelle : ses principes de liberté, égalité, fraternité (devise de la République depuis 1880) ont influencé les démocraties du monde entier.
★À retenir
En bref :
• 1789 : États généraux → Assemblée nationale → prise de la Bastille (14 juillet) → nuit du 4 août → DDHC (26 août).
• 1791 : Constitution → monarchie constitutionnelle ; fuite à Varennes (juin).
• 1792 : guerre contre l'Autriche ; 10 août → chute du roi ; 21 septembre → proclamation de la République.
• 1793 : exécution de Louis XVI (21 jan.) ; Terreur sous Robespierre (Comité de salut public, Tribunal révolutionnaire).
• 1794 : 9 Thermidor → chute de Robespierre.
• 1795-1799 : Directoire ; 18 Brumaire 1799 → coup d'État de Napoléon Bonaparte → fin de la Révolution.
• Texte fondateur : Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789).
• Devise républicaine : Liberté, Égalité, Fraternité.