Exercice 1 — Connaissances fondamentales
1. Le coup d'État du 18 Brumaire (1 pt)
Date : 9 novembre 1799 (18 Brumaire an VIII).
Signification : Napoléon Bonaparte renverse le Directoire avec l'appui de son frère Lucien et du directeur Sieyès. Il devient Premier consul par la Constitution de l'an VIII. Cet événement met fin à la Révolution française et ouvre l'ère du Consulat. C'est un coup d'État militaire qui concentre le pouvoir exécutif entre les mains de Napoléon.
2. Trois réformes majeures du Consulat (2 pts)
- La création des préfets (1800) : hauts fonctionnaires nommés par l'État dans chaque département pour faire appliquer les décisions du gouvernement central → renforcement de l'autorité et de l'unité nationale.
- Le Code civil (1804) : unifie le droit français (jusque-là divisé entre droit coutumier au nord et droit romain au sud) → garantit l'égalité civile, la propriété et la liberté individuelle.
- Le Concordat de 1801 : accord avec le pape Pie VII réconciliant l'Église catholique et l'État → apaise les tensions religieuses nées de la Révolution, tout en maintenant le contrôle de l'État sur les évêques.
- (Autres réformes acceptées : Banque de France 1800 / lycée 1802 / Légion d'honneur 1802.)
3. La Légion d'honneur (1 pt)La Légion d'honneur (créée en 1802) est la plus haute décoration française. Elle récompense les services civils et militaires rendus à la nation. Elle repose sur le principe de la
méritocratie : elle n'est pas héréditaire et peut être attribuée à n'importe quel citoyen méritant, quelle que soit son origine sociale.
Exercice 2 — Le Code civil de 1804
1. Unification juridique de la France (2 pts)
Avant 1804, la France était divisée en deux grandes zones juridiques :
- Au nord : le droit coutumier (lois locales non écrites, variables selon les régions).
- Au sud : le droit romain écrit (héritage de l'Antiquité, plus codifié).
Le Code civil unifie l'ensemble du territoire sous un
droit commun unique, applicable à tous les Français de la même manière. Il supprime les particularismes régionaux et crée une égalité juridique nationale. Cette unification facilite aussi l'administration et le commerce à l'échelle du pays.
2. Deux droits garantis aux citoyens (1 pt)- L'égalité des citoyens devant la loi (fin des privilèges d'Ancien Régime).
- Le droit à la propriété privée (inviolable et garanti par l'État).
- (Autres réponses acceptées : liberté individuelle / garantie des engagements contractuels / mariage civil.)
3. Héritage de la Révolution ET œuvre de Napoléon (2 pts)Héritage de la Révolution : Le Code civil reprend les grandes conquêtes de 1789 — égalité civile, abolition des privilèges de noblesse, liberté de la personne, droit à la propriété. Il incarne les principes de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Œuvre de Napoléon : C'est Napoléon qui commande et supervise personnellement la rédaction du Code (il participe à de nombreuses séances de la commission de juristes), le promulgue le 21 mars 1804 et lui donne son nom de « Code Napoléon ». Il en fait un instrument d'unification et de centralisation de l'État. Le Code sera exporté dans les territoires conquis, diffusant le modèle juridique français en Europe.
Exercice 3 — Les guerres napoléoniennes
1. Frise chronologique (2,5 pts — 0,5 pt par date)
- Bataille d'Austerlitz : 2 décembre 1805 — victoire écrasante contre la coalition russo-autrichienne, surnommée « la plus belle des batailles ».
- Blocus continental : novembre 1806 (décret de Berlin) — interdiction à tous les États sous influence française de commercer avec l'Angleterre.
- Campagne de Russie : 1812 (juin à décembre) — désastre militaire : sur 600 000 hommes, moins de 100 000 rentrent.
- Bataille de Leipzig (« Bataille des Nations ») : 16-19 octobre 1813 — défaite face à la coalition (Russie, Autriche, Prusse, Suède).
- Bataille de Waterloo : 18 juin 1815 — défaite définitive face à Wellington (Britanniques) et Blücher (Prussiens).
2. La guérilla — définition et contexte (2,5 pts)Définition : La
guérilla (de l'espagnol « petite guerre ») est une forme de combat irrégulier menée par des civils armés (et non par une armée régulière). Elle repose sur des attaques surprises, des embuscades, des sabotages et des harcèlements permanents de l'ennemi, sans affrontement frontal.
Pays et contexte : La guérilla est utilisée en
Espagne lors de la
guerre d'indépendance (1808-1814). Napoléon a placé son frère Joseph Bonaparte sur le trône d'Espagne en 1808, provoquant un soulèvement populaire. Les
guerrilleros espagnols, soutenus par l'armée britannique de Wellington, épuisent continuellement les troupes françaises dans un conflit sans issue militaire décisive. Napoléon appellera lui-même l'Espagne son « ulcère espagnol ».
Exercice 4 — La chute de l'Empire
1. Deux causes de l'échec de la campagne de Russie de 1812 (2 pts)
- Cause 1 — La stratégie de la terre brûlée : Les Russes, au lieu de livrer la bataille décisive espérée par Napoléon, se retirent en détruisant systématiquement toutes les ressources sur leur passage (nourriture, abris, ponts). La Grande Armée, avançant jusqu'à Moscou (qu'elle trouve en flammes et abandonnée), se retrouve sans ravitaillement ni logement dans un territoire hostile.
- Cause 2 — Les conditions climatiques et la retraite catastrophique : L'hiver russe (températures descendant jusqu'à −30°C) frappe l'armée lors de la retraite à partir d'octobre 1812. Les soldats, mal équipés pour le froid, meurent de froid, de faim et d'épuisement, harcelés par les Cosaques. Sur 600 000 hommes, moins de 100 000 rentrent en France. La Grande Armée est pratiquement anéantie.
Autres causes acceptées : longueur de la campagne épuisant les chevaux et le matériel / refus d'une capitulation russe / erreur de stratégie de Napoléon.2. Les Cent-Jours — définition et fin (2 pts)Définition : Les
Cent-Jours désignent la période du
20 mars au 22 juin 1815, durant laquelle Napoléon reprend brièvement le pouvoir. Après son exil à l'île d'Elbe, il débarque à Golfe-Juan le 1er mars 1815 avec 1 100 hommes. Les troupes envoyées pour l'arrêter se rallient à lui ; Louis XVIII fuit. Napoléon entre triomphalement aux Tuileries le 20 mars. Il tente de réformer son régime pour le rendre plus libéral (Acte additionnel).
Comment ils se terminent : La coalition européenne mobilise immédiatement ses armées. Napoléon est défait lors de la
bataille de Waterloo le 18 juin 1815 face à Wellington et aux Prussiens de Blücher. Il abdique pour la seconde fois le
22 juin 1815. Il est ensuite exilé à
Sainte-Hélène, île de l'Atlantique Sud sous surveillance britannique stricte, où il mourra en 1821.
Exercice 5 — Analyse de document
Éléments attendus (2 pts) :
L'ère napoléonienne a paradoxalement contribué à l'essor des nationalismes en Europe de deux manières principales.
D'abord, les armées françaises ont diffusé dans toute l'Europe les idées révolutionnaires — liberté, égalité, souveraineté du peuple, droit des nations à disposer d'elles-mêmes. Ces idées ont éveillé chez les peuples conquis la conscience d'une identité commune et le désir de se gouverner eux-mêmes, sans tutelle étrangère.
Ensuite, l'occupation et la domination françaises ont provoqué des réactions de rejet qui ont renforcé le sentiment d'appartenance nationale face à l'envahisseur. Les peuples ont pris conscience de leur culture, de leur langue et de leur histoire communes en opposition à l'occupant.
Deux exemples :
- En Allemagne : Le philosophe Fichte prononce ses Discours à la nation allemande (1807-1808) à Berlin occupée, appelant les Allemands à résister culturellement et à prendre conscience de leur unité nationale. La Prusse engage des réformes (réforme Stein-Hardenberg) pour moderniser son armée et préparer la revanche.
- En Espagne : La résistance populaire contre l'occupation française (guerre d'indépendance, 1808-1814) forge un fort sentiment national espagnol. Les guerrilleros combattent au nom de la nation et du roi légitime, contre l'usurpateur Joseph Bonaparte.
(Autres exemples acceptés : nationalisme polonais / nationalisme italien / résistances en Russie.)Ainsi, en cherchant à dominer l'Europe, Napoléon a involontairement semé les germes des nationalismes qui contribueront à sa chute et marqueront profondément le XIXe siècle.