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Du Directoire au Consulat : le coup d'État du 18 Brumaire
En 1799, la France est épuisée par dix ans de Révolution. Le Directoire (1795-1799), régime instauré après la Terreur, est corrompu, inefficace et impopulaire. La France est menacée par des guerres extérieures et des troubles intérieurs (chouannerie en Vendée, brigandage).
Le général Napoléon Bonaparte (1769-1821), auréolé de ses victoires en Italie (1796-1797) et en Égypte (1798-1799), apparaît comme l'homme providentiel capable de redresser le pays. Avec l'appui de son frère Lucien Bonaparte, président du Conseil des Cinq-Cents, et du directeur Sieyès, il organise un coup d'État.
Ce coup d'État marque la fin de la Révolution française et ouvre l'ère du Consulat. La Constitution de l'an VIII (décembre 1799) concentre l'essentiel du pouvoir entre les mains du Premier consul.
| Date | Événement |
|---|---|
| 9 nov. 1799 | Coup d'État du 18 Brumaire — chute du Directoire |
| Déc. 1799 | Constitution de l'an VIII — Napoléon Premier consul |
Le Consulat (1799-1804) : stabiliser et réformer la France
Le Consulat est une période de reconstruction et de réforme profonde. Napoléon cherche à réconcilier la France avec elle-même après les déchirements révolutionnaires. Il se présente comme l'héritier de la Révolution (égalité civile, propriété) tout en rétablissant l'ordre et l'autorité.
Les autres grandes réformes du Consulat comprennent :
- La création des préfets (1800) : représentants de l'État dans chaque département, garants de l'autorité centrale.
- La fondation de la Banque de France (1800) : pour stabiliser la monnaie et financer l'État.
- La création du lycée (1802) : enseignement secondaire unifié pour former les élites.
- Le Concordat de 1801 : accord avec le pape Pie VII qui réconcilie l'Église catholique et l'État français, tout en confirmant la mainmise de l'État sur les nominations des évêques.
- La Légion d'honneur (1802) : ordre méritocratique récompensant les services rendus à la nation.
Ces réformes renforcent considérablement la popularité de Napoléon. En 1802, un plébiscite le nomme Consul à vie. L'étape suivante est la proclamation de l'Empire.
Le sacre et le Premier Empire (1804-1814)
Le 2 décembre 1804, en la cathédrale Notre-Dame de Paris, Napoléon se sacre Empereur des Français en présence du pape Pie VII. Cette cérémonie fastueuse, immortalisée par le tableau de Jacques-Louis David, légitime symboliquement le nouveau régime. Napoléon place lui-même la couronne sur sa tête, affirmant qu'il ne tient son pouvoir que de lui-même et du peuple.
Napoléon constitue un Empire dynastique en plaçant ses frères et ses généraux à la tête des États européens conquis :
- Joseph Bonaparte → roi de Naples puis d'Espagne
- Louis Bonaparte → roi de Hollande
- Jérôme Bonaparte → roi de Westphalie
- Les maréchaux (Murat, Bernadotte, Davout…) gouvernent ou commandent les territoires alliés
La Grande Armée, armée de conscription héritée de la Révolution, est l'instrument des conquêtes impériales. Elle regroupe à son apogée plus de 600 000 hommes de toute l'Europe.
L'Europe napoléonienne et le Blocus continental
À son apogée (vers 1810), l'Empire napoléonien domine une grande partie de l'Europe. La France est entourée d'États vassaux, de royaumes confiés à la famille Bonaparte et de pays alliés forcés.
Face à la puissance navale britannique (victoire de Trafalgar, octobre 1805), Napoléon ne peut envahir l'Angleterre. Il choisit une guerre économique :
Le Blocus a des effets contrastés :
- Effets positifs pour l'industrie française : développement du textile, de la betterave sucrière (alternative au sucre de canne britannique), de la chimie.
- Effets négatifs : hausse des prix, pénuries pour les populations, mécontentement des alliés qui voient leur commerce paralysé.
- La Russie refuse finalement d'appliquer le Blocus (1810), ce qui provoquera la campagne désastreuse de 1812.
La diffusion des idées révolutionnaires (liberté, égalité, nationalisme) par les armées françaises est une conséquence ambivalente de l'Empire : elle stimule aussi les nationalismes des peuples conquis qui aspirent à se libérer du joug napoléonien.
Les guerres napoléoniennes : conquêtes et résistances
Les guerres napoléoniennes opposent la France et ses alliés à des coalitions successives organisées par la Grande-Bretagne. Les grandes victoires françaises marquent profondément les mémoires :
| Date | Bataille | Résultat |
|---|---|---|
| 2 déc. 1805 | Austerlitz (contre Russie + Autriche) | Victoire française écrasante — « la plus belle des batailles » |
| 14 oct. 1806 | Iéna (contre Prusse) | Victoire française — Prusse écrasée |
| 2 mai 1808 | Début de la guerre d'Espagne | Soulèvement populaire espagnol — « ulcère espagnol » |
| 5-6 juil. 1809 | Wagram (contre Autriche) | Victoire française |
Cependant, les résistances nationales s'affirment partout :
- Espagne : la « guerre d'indépendance » (Guerre de la Péninsule, 1808-1814) mobilise le peuple espagnol dans une guérilla meurtrière. Les guerrilleros, soutenus par l'armée britannique de Wellington, épuisent les troupes françaises.
- Allemagne : des intellectuels (Fichte, Arndt) développent l'idée de nation allemande en réaction à l'occupation française.
- Prusse : des réformes militaires et sociales (réforme Stein-Hardenberg) préparent la revanche.
La campagne de Russie et le début de la chute (1812-1814)
Le tournant décisif de l'Empire est la campagne de Russie. Le tsar Alexandre Ier refuse d'appliquer le Blocus continental depuis 1810. Napoléon rassemble une armée colossale : la Grande Armée, 600 000 hommes de toute l'Europe.
La campagne commence en juin 1812. Les Russes pratiquent la stratégie de la terre brûlée : ils se retirent en ravageant les ressources, refusant la bataille décisive. La Grande Armée avance jusqu'à Moscou (septembre 1812) mais trouve la ville en flammes, abandonnée et sans ravitaillement. Après cinq semaines d'attente, Napoléon est contraint de battre en retraite.
La chute s'accélère :
- 1813 : Défaite à la « Bataille des Nations » à Leipzig (16-19 octobre). La coalition (Russie, Autriche, Prusse, Suède) écrase Napoléon.
- 1814 : Les armées alliées envahissent la France. Napoléon abdique le 6 avril 1814. Il est exilé à l'île d'Elbe (Méditerranée).
- Les vainqueurs restaurent la monarchie : Louis XVIII (frère de Louis XVI) monte sur le trône → c'est la Restauration.
Les Cent-Jours et la bataille de Waterloo (1815)
De son île d'Elbe, Napoléon surveille la France. Mécontents de la Restauration, de nombreux soldats et officiers restent fidèles à l'Empereur. Le 1er mars 1815, Napoléon débarque à Golfe-Juan (près de Cannes) avec 1 100 hommes. Il remonte vers Paris : les troupes envoyées pour l'arrêter se rallient à lui. Louis XVIII fuit. Le 20 mars 1815, Napoléon entre triomphalement aux Tuileries.
La coalition se mobilise immédiatement. Napoléon décide d'attaquer avant que les armées ennemies ne se rejoignent. Il remporte d'abord la bataille de Ligny (16 juin) contre les Prussiens de Blücher.
Le 18 juin 1815 : bataille de Waterloo (Belgique actuelle). Les troupes franco-impériales affrontent l'armée britannique de Wellington. L'attaque décisive de la Garde impériale est repoussée ; l'arrivée des Prussiens de Blücher retourne la situation. C'est la débâcle : Napoléon perd 25 000 hommes.
- Napoléon abdique pour la seconde fois le 22 juin 1815.
- Il est exilé à Sainte-Hélène, île volcanique de l'Atlantique Sud contrôlée par les Britanniques, où il mourra le 5 mai 1821.
- 1799 : Coup d'État du 18 Brumaire → Napoléon Premier consul.
- Consulat (1799-1804) : grandes réformes — Code civil, préfets, lycée, Concordat, Légion d'honneur.
- 2 décembre 1804 : Napoléon se sacre Empereur des Français → Premier Empire.
- 1805 : Victoire d'Austerlitz ; 1806 : Blocus continental contre l'Angleterre.
- 1808-1814 : Guerre d'Espagne (guérilla) — premier grand revers.
- 1812 : Désastreuse campagne de Russie → chute de la Grande Armée.
- Avril 1814 : Abdication, exil à l'île d'Elbe ; Restauration de Louis XVIII.
- Cent-Jours (mars-juin 1815) : retour de Napoléon, défaite à Waterloo (18 juin 1815).
- Exil à Sainte-Hélène ; mort en 1821.
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