École républicaine, séparation de l'Église et de l'État
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Connaissances : Vrai ou faux
1. « La loi de 1881 rend l'instruction primaire obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans. »
FAUX. La loi de 1881 rend l'enseignement primaire public gratuit. C'est la loi de 1882 (loi Jules Ferry) qui rend l'instruction obligatoire de 6 à 13 ans et laïcise les programmes scolaires.
2. « Alfred Dreyfus est un officier catholique de l'armée française. »
FAUX. Alfred Dreyfus est un officier de confession juive. Son appartenance à la religion juive est au cœur de l'affaire : l'antisémitisme de nombreux officiers et d'une partie de l'opinion publique explique en grande partie sa condamnation injuste.
3. « La loi de séparation de l'Église et de l'État est votée le 9 décembre 1905. »
VRAI. La loi du 9 décembre 1905 met fin au Concordat de 1801 et sépare officiellement l'Église et l'État. Elle est portée par Aristide Briand (rapporteur) sous le gouvernement Combes.
4. « Émile Zola publie « J'accuse » dans le journal Le Figaro. »
FAUX. Zola publie « J'accuse… ! » le 13 janvier 1898 dans le journal L'Aurore, dirigé par Georges Clemenceau, qui choisit ce titre percutant.
Exercice 2 — Définitions
1. La laïcité
La laïcité est le principe selon lequel l'État est neutre vis-à-vis des religions : il ne favorise, ne finance et ne s'oppose à aucun culte. Dans le contexte de la IIIe République, elle garantit la liberté de conscience de chaque citoyen (croire ou ne pas croire) et organise la séparation entre les institutions publiques et la religion.
À ne pas confondre avec l'anti-religion : la laïcité protège le libre exercice des cultes dans la sphère privée.
2. L'antisémitisme et son rôle dans l'affaire Dreyfus
L'antisémitisme est l'hostilité, la haine ou la discrimination envers les personnes de religion ou d'origine juive, fondée sur des préjugés et des stéréotypes.
Dans l'affaire Dreyfus, l'antisémitisme est central : de nombreux officiers et une partie de l'opinion croient Dreyfus coupable parce qu'il est juif, en raison de l'idée fausse que les Juifs ne peuvent être loyaux envers la France. Les milieux nationalistes et une partie du clergé alimentent ces préjugés. L'affaire révèle ainsi la profondeur de l'antisémitisme dans la société française de la fin du XIXe siècle.
3. Le Concordat de 1801 et sa fin en 1905
Le Concordat de 1801 est un traité signé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII qui organisait les relations entre l'État français et l'Église catholique : l'État reconnaissait officiellement quatre cultes (catholique, protestant luthérien, protestant calviniste, israélite), salariait les prêtres, pasteurs et rabbins, et participait à la nomination des évêques.
La IIIe République y met fin en 1905 car le Concordat allait à l'encontre du principe républicain de laïcité : les républicains estimaient que l'État ne devait pas financer ni s'immiscer dans les affaires religieuses. L'affaire Dreyfus, en révélant l'engagement anti-dreyfusard d'une partie de l'Église, accéléra cette rupture.
Exercice 3 — Frise chronologique
Voici les six événements remis dans l'ordre chronologique :
Exercice 4 — Analyse de document
Extrait analysé : article 2 de la loi du 9 décembre 1905 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. »
a) Quel texte antérieur cette loi abroge-t-elle ?
Cette loi abroge le Concordat de 1801, signé par Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII. Ce concordat organisait les relations entre l'État français et les Églises depuis plus d'un siècle.
b) Que change concrètement cette loi pour l'Église catholique en France ?
Concrètement, la loi de 1905 entraîne plusieurs changements majeurs pour l'Église catholique :
Exercice 5 — Paragraphe argumenté
Sujet : En quoi l'affaire Dreyfus est-elle révélatrice des tensions politiques et sociales de la IIIe République ?
Critères de réussite attendus :
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