Exercice 1 — Maîtrise du vocabulaire
1. Définition du nationalisme (1 pt)
Le nationalisme est le mouvement politique qui affirme que chaque nation — groupe humain uni par une langue, une culture et une histoire communes — doit constituer un État indépendant et souverain.
Justification : le nationalisme est au cœur du programme 4e ; il repose sur le principe des nationalités issu des idées de la Révolution française.
2. Signification de « Risorgimento » (1 pt)
Risorgimento est un mot italien qui signifie « résurrection » (ou « résurgence »). Il désigne le mouvement nationaliste qui, entre 1815 et 1870, conduit à l'unification de l'Italie en un seul État.
Justification : le terme est incontournable dans le programme ; il exprime l'idée d'un réveil de l'identité nationale italienne après des siècles de division.
3. La Realpolitik de Bismarck (1 pt)
La Realpolitik (« politique réelle ») est la méthode de gouvernement de Bismarck, fondée non sur des idéaux moraux ou démocratiques, mais sur les intérêts concrets de l'État et la puissance militaire. Sa formule « par le fer et le sang » en est l'expression la plus célèbre : c'est par la force des armées, non par les discours, que se décident les grandes questions politiques.
Justification : la Realpolitik de Bismarck s'oppose au libéralisme des nationalistes de 1848 ; c'est une politique pragmatique et autoritaire.
4. Le « principe des nationalités » (1 pt)
Le principe des nationalités affirme que chaque nation (peuple partageant une même langue, culture et histoire) a le droit de former un État souverain. Ce principe, inspiré des idées de la Révolution française (souveraineté du peuple), remet en cause les frontières dynastiques héritées du Congrès de Vienne (1815) et justifie les mouvements d'unification ou d'indépendance à travers l'Europe au XIXe siècle.
Justification : ce principe est la base théorique des unifications italienne et allemande et des révolutions de 1848.
Exercice 2 — Chronologie de l'unification allemande
1. Ordre chronologique des événements (2 pts)
Les événements dans l'ordre chronologique correct :
- 1864 — Guerre contre le Danemark (la Prusse annexe le Schleswig et le Holstein)
- 1866 — Victoire à Sadowa contre l'Autriche (3 juillet 1866 ; l'Autriche est exclue des affaires allemandes)
- 1870 — Bataille de Sedan (1er septembre 1870 ; Napoléon III est fait prisonnier)
- 18 janvier 1871 — Proclamation de l'Empire allemand à Versailles (Guillaume Ier devient Kaiser)
Barème indicatif : ½ pt par événement correctement placé et daté.2. Pourquoi la guerre franco-prussienne est décisive pour l'unification (2 pts)La guerre franco-prussienne (1870-1871) est décisive à
deux titres :
•
Sur le plan politique, la menace et la victoire commune contre la France poussent les États allemands du
Sud (Bavière, Wurtemberg, Bade), jusqu'alors réticents, à rejoindre la Confédération de l'Allemagne du Nord sous la direction de la Prusse. L'unification est donc parachevée militairement et politiquement.
•
Sur le plan symbolique, la proclamation de l'Empire allemand dans la galerie des Glaces de
Versailles le 18 janvier 1871 scelle l'unification au cœur même de la France vaincue, donnant au nouvel État une légitimité nationale forte fondée sur la victoire commune.
Justification : la guerre de 1870-1871 est la troisième et dernière des guerres de Bismarck ; elle achève l'unification en soudant les États du Sud à la Prusse et en humiliant la France.
Exercice 3 — Acteurs et rôles
1. Rôle de Cavour dans l'unification italienne (2 pts)
Camillo di Cavour (1810-1861), Premier ministre (président du Conseil) du royaume de Piémont-Sardaigne, est le grand architecte diplomatique de l'unification italienne.
- Sa méthode : Cavour modernise le Piémont économiquement et militairement pour en faire le moteur de l'unification. Il adopte une politique réaliste : il ne compte pas sur les révolutions populaires, mais sur les alliances et les guerres menées par des armées régulières.
- Ses alliances : En 1858, il signe l'accord de Plombières avec Napoléon III : la France aide le Piémont militairement contre l'Autriche en échange de la Savoie et de Nice. Cette alliance diplomatique est la clé qui ouvre la voie à l'unification.
- Ses résultats : La guerre de 1859 contre l'Autriche permet d'annexer la Lombardie. Cavour orchestre ensuite l'annexion des États du Centre (1860). Il ne verra pas l'aboutissement final : il meurt en juin 1861, peu après la proclamation du royaume d'Italie le 17 mars 1861.
Justification : Cavour incarne la méthode diplomatique et libérale de l'unification italienne, par opposition à la méthode populaire et romantique de Garibaldi.2. Méthodes comparées de Garibaldi et de Cavour (2 pts)- Garibaldi est un chef militaire patriote et populaire, figure du nationalisme romantique. Sa méthode est celle de l'action directe : en mai 1860, il conduit l'expédition des Mille (soldats volontaires en chemises rouges) qui débarque en Sicile, soulève les populations et conquiert le royaume des Deux-Siciles par une campagne militaire audacieuse. Il fait appel à l'enthousiasme populaire et au soulèvement des masses.
- Cavour, à l'opposé, agit par la diplomatie, les alliances entre gouvernements et les guerres menées par des armées régulières. Il méprise les aventures révolutionnaires et préfère négocier avec les grandes puissances. Il cherche à légitimer l'unification auprès des puissances européennes.
Différence essentielle : Garibaldi est un homme de terrain, populaire et républicain d'inspiration ; Cavour est un homme d'État libéral, monarchiste et diplomate. Leurs méthodes sont complémentaires mais opposées — et leur coopération parfois tendue.
Justification : la complémentarité Cavour/Garibaldi est un point central du programme d'Histoire 4e sur le Risorgimento.
Exercice 4 — Analyse de carte ou de tableau
1. Trois territoires rattachés à l'Italie entre 1859 et 1870 (1,5 pt)
- La Lombardie — annexée en 1859, après la victoire sur l'Autriche lors de la guerre qui suit l'accord de Plombières.
- Le royaume des Deux-Siciles (Sud de l'Italie et Sicile) — conquis par Garibaldi et rattaché à l'Italie en 1860.
- La Vénétie — rattachée à l'Italie en 1866, à la suite de la victoire prussienne sur l'Autriche à Sadowa (l'Italie, alliée de la Prusse, obtient la Vénétie en compensation).
- Rome (et les États pontificaux) — annexée en 1870, après le retrait des troupes françaises, Rome devient capitale en 1871.
Barème : l'élève doit en citer trois avec leur date correcte (½ pt par territoire + date exact).Justification : la chronologie des annexions correspond aux étapes du Risorgimento ; chaque territoire correspond à un épisode précis du programme.2. Les deux grandes puissances émergentes en 1871 et les conséquences (1,5 pt)En 1871, les deux grandes puissances qui émergent sur la scène européenne sont :
- L'Empire allemand (proclamé le 18 janvier 1871 à Versailles), rapidement la première puissance militaire et industrielle du continent.
- Le royaume d'Italie (proclamé en 1861, achevé en 1870-1871), plus fragile mais nouvel acteur de la politique européenne.
Conséquences pour l'équilibre européen : L'ordre établi au
Congrès de Vienne en 1815 est bouleversé. L'Allemagne supplante la France comme première puissance du continent. La France, humiliée et privée de l'Alsace-Lorraine, nourrit un sentiment de
revanche. L'Autriche est affaiblie et doit se transformer en double monarchie (Autriche-Hongrie). De nouvelles rivalités et tensions s'installent en Europe.
3. La Triple Alliance de 1882 (1 pt)La
Triple Alliance (1882) est une alliance défensive entre
l'Allemagne,
l'Autriche-Hongrie et
l'Italie.
L'objectif de Bismarck en la créant est d'
isoler diplomatiquement la France — la priver de tout allié européen — pour qu'elle ne puisse pas prendre sa revanche et que la paix soit maintenue sur le continent, laissant l'Allemagne consolider sa puissance économique et militaire.
Justification : la Triple Alliance est la pièce maîtresse du système d'alliances bismarckien ; en réponse, la France cherchera l'alliance avec la Russie (1894) puis la Triple Entente (1907), dessinant les blocs qui s'affronteront en 1914.
Exercice 5 — Question de réflexion
Paragraphe argumenté — « En quoi les unifications italienne et allemande du XIXe siècle portent-elles en elles les germes des conflits du XXe siècle ? »
Éléments attendus dans le paragraphe :
- Définition des unifications (env. 1-2 lignes) : L'unification italienne (Risorgimento, 1861-1870) et l'unification allemande (1866-1871, sous Bismarck) créent deux nouveaux États-nations qui bouleversent l'équilibre européen hérité du Congrès de Vienne (1815).
- La question alsacienne-lorraine : L'annexion de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine par l'Allemagne en 1871 (traité de Francfort) nourrit en France un profond sentiment de revanche. Ce traumatisme empoisonne les relations franco-allemandes pendant plus de 40 ans et pousse la France à chercher des alliances contre l'Allemagne.
- Les tensions dans les Balkans : Les unifications encouragent d'autres peuples à revendiquer leur indépendance nationale. Dans les Balkans, le recul de l'Empire ottoman et les ambitions rivales de la Russie et de l'Autriche-Hongrie créent un foyer permanent de tensions — la région sera surnommée « le tonneau de poudre de l'Europe ».
- Les systèmes d'alliances : Bismarck crée la Triple Alliance (1882 : Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie) pour isoler la France. En réponse, la France noue l'Alliance franco-russe (1894) puis la Triple Entente (1907 : France, Russie, Royaume-Uni). L'Europe est divisée en deux blocs rivaux.
- Conclusion sur les conséquences à long terme : Ces tensions accumulées — revanche française, rivalités dans les Balkans, course aux armements, nationalisme exacerbé — constitueront les causes profondes de la Première Guerre mondiale (1914-1918). L'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo en 1914 sera l'étincelle qui embrase un continent déjà sous tension.
Exemple de paragraphe rédigé attendu :Les unifications italienne (1861-1870) et allemande (1871) transforment profondément la carte de l'Europe et créent de nouvelles tensions. D'abord, l'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Allemagne en 1871 engendre en France un fort sentiment de revanche qui empoisonne les relations franco-allemandes pendant des décennies. Ensuite, le principe des nationalités, appliqué en Italie et en Allemagne, encourage d'autres peuples à revendiquer leur indépendance, notamment dans les Balkans, où les ambitions de la Russie et de l'Autriche-Hongrie se heurtent. Enfin, pour maintenir l'équilibre, les grandes puissances forment des systèmes d'alliances rivaux : la Triple Alliance (1882) d'un côté, la Triple Entente (1907) de l'autre. Ces rivalités nationales, ces alliances rigides et cette course aux armements constituent les germes des conflits du XXe siècle, et notamment de la Première Guerre mondiale qui éclate en 1914.Barème (4 pts) :• Définition des unifications et introduction : 0,5 pt
• Question alsacienne-lorraine développée : 1 pt
• Tensions dans les Balkans et nationalités : 0,75 pt
• Systèmes d'alliances explicités : 0,75 pt
• Conclusion sur la Première Guerre mondiale : 0,5 pt
• Qualité de la rédaction et cohérence du paragraphe : 0,5 pt