À propos de cette page
Ce cours de histoire en quatrième sur « L'Europe des nations au XIXe siècle » suit le programme officiel de histoire de quatrième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La notion de nation et le nationalisme, Le printemps des peuples (1848), L'unification italienne : le Risorgimento, L'unification allemande sous Bismarck. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de quatrième à réussir en histoire.
Au programme
1 · La notion de nation et le nationalisme
2 · Le printemps des peuples (1848)
3 · L'unification italienne : le Risorgimento
4 · L'unification allemande sous Bismarck
5 · Les grandes puissances européennes en 1871
6 · Les tensions nationales en Europe centrale et balkanique
7 · Conséquences des unifications sur l'équilibre européen
1La notion de nation et le nationalisme
Au XIXe siècle, l'Europe est traversée par de puissants mouvements politiques fondés sur l'idée de nation. Une nation est un groupe humain uni par une langue commune, une culture partagée, une histoire collective et un sentiment d'appartenance à une même communauté.
Nation. Communauté humaine soudée par une langue, une culture, une histoire et une conscience d'appartenir à un même peuple. Ne pas confondre avec l'État, qui est une organisation politique dotée d'un gouvernement et d'un territoire.
Le nationalisme est le mouvement politique qui affirme que chaque nation doit disposer de son propre État souverain. Ce mouvement prend deux formes principales au XIXe siècle :
- Le principe des nationalités : chaque peuple a le droit de former un État. Ce principe s'appuie sur les idées de la Révolution française (souveraineté du peuple).
- Le nationalisme libéral : les nationalistes réclament à la fois l'indépendance nationale et une constitution garantissant les libertés.
Exemple. En Italie, les patriotes comme Mazzini rêvent d'une Italie unifiée et républicaine. En Allemagne, les étudiants et les intellectuels réclament la création d'un grand État allemand uni.
Ces mouvements s'inspirent des idées des Lumières et de la Révolution française. Ils sont portés par les bourgeoisies libérales, les intellectuels et les étudiants.
2Le printemps des peuples (1848)
En 1848, une vague révolutionnaire s'étend à travers toute l'Europe. On l'appelle le « Printemps des peuples ». Des révolutions éclatent simultanément en France, en Autriche, en Allemagne, en Italie, en Hongrie et dans d'autres pays.
| Pays | Événements de 1848 | Issue |
|---|
| France | Révolution de février, proclamation de la IIe République | Succès partiel |
| Autriche | Soulèvement à Vienne, révolutions en Hongrie et en Bohème | Écrasement par l'armée autrichienne |
| États allemands | Parlement de Francfort, tentative de constitution d'un État allemand | Échec, dissolution du parlement en 1849 |
| Italie | Soulèvements à Milan, Rome, Venise ; Pie IX fuit Rome | Défaite face à l'Autriche |
Attention ! Le Printemps des peuples est globalement un échec : les souverains reprennent le contrôle de la situation grâce à leurs armées. Cependant, il témoigne de la force des aspirations nationales en Europe.
Malgré l'échec général de 1848, ces révolutions ont montré que les peuples d'Europe aspiraient à la liberté et à l'unité nationale. Elles ont préparé les unifications qui vont suivre dans les années 1860-1871.
3L'unification italienne : le Risorgimento
Au début du XIXe siècle, la péninsule italienne est divisée en de nombreux États : le royaume de Piémont-Sardaigne, les États pontificaux, le royaume des Deux-Siciles, la Lombardie et la Vénétie (sous domination autrichienne), la Toscane, etc. La plupart sont sous l'influence de l'Autriche.
Risorgimento. Mot italien signifiant « résurrection » ou « résurgence ». Désigne le mouvement nationaliste qui, entre 1815 et 1870, conduit à l'unification de l'Italie en un seul État.
Le moteur de l'unification est le royaume de Piémont-Sardaigne, gouverné par Victor-Emmanuel II et son Premier ministre Camillo di Cavour (1810-1861). Cavour mène une politique habile :
- Il modernise le Piémont économiquement et militairement.
- Il s'allie avec la France de Napoléon III contre l'Autriche (accord de Plombières, 1858).
- La guerre de 1859 contre l'Autriche permet d'annexer la Lombardie.
En 1860, Giuseppe Garibaldi (1807-1882) et ses « Mille » soldats (les Chemises rouges) s'emparent du royaume des Deux-Siciles et l'offrent à Victor-Emmanuel II. Ces territoires sont réunis avec ceux du Piémont.
Exemple. Garibaldi est un héros populaire, figure du nationalisme romantique. Il dirige une expédition militaire audacieuse en Sicile en mai 1860, puis remonte vers le nord, déclenchant des soulèvements populaires.
Le royaume d'Italie est proclamé le 17 mars 1861, avec Victor-Emmanuel II comme roi et Turin comme capitale. Rome est annexée en 1870 (après le retrait des troupes françaises) et devient capitale en 1871. Venise est rattachée à l'Italie en 1866.
| Date | Étape de l'unification italienne |
|---|
| 1858 | Accord de Plombières entre Cavour et Napoléon III |
| 1859 | Guerre contre l'Autriche, annexion de la Lombardie |
| 1860 | Expédition des Mille de Garibaldi ; annexion du Midi |
| 1861 | Proclamation du royaume d'Italie |
| 1866 | Annexion de la Vénétie |
| 1870 | Annexion de Rome, capitale en 1871 |
4L'unification allemande sous Bismarck
Au début du XIXe siècle, l'Allemagne est un ensemble d'une trentaine d'États regroupés dans la Confédération germanique, sous la présidence de l'Autriche. Les deux grandes puissances rivales sont l'Autriche et la Prusse.
C'est la Prusse, sous la direction du chancelier Otto von Bismarck (1815-1898), qui va réaliser l'unification. Bismarck est un homme politique conservateur et réaliste. Il croit en la force des armées (le fameux « le fer et le sang ») plutôt qu'en les discours parlementaires.
Bismarck. Chancelier (Premier ministre) de Prusse à partir de 1862, artisan de l'unification allemande par la force militaire. Surnommé le « Chancelier de Fer ».
Bismarck mène trois guerres victorieuses :
- 1864 : Guerre contre le Danemark → annexion du Schleswig et du Holstein.
- 1866 : Guerre austro-prussienne → victoire de Sadowa (3 juillet 1866). L'Autriche est exclue des affaires allemandes. Création de la Confédération de l'Allemagne du Nord sous domination prussienne.
- 1870-1871 : Guerre franco-prussienne → victoire écrasante de la Prusse. La France perd l'Alsace et une partie de la Lorraine. Cette humiliation soude les États allemands du sud autour de la Prusse.
Exemple. La bataille de Sedan (1er septembre 1870) voit la capitulation de Napoléon III, fait prisonnier. C'est un choc immense pour la France, qui proclame la IIIe République le 4 septembre 1870.
Le 18 janvier 1871, l'Empire allemand (Deutsches Reich) est proclamé dans la galerie des Glaces du château de Versailles. Le roi de Prusse Guillaume Ier devient Kaiser (empereur d'Allemagne). Bismarck est nommé chancelier du nouvel empire.
| Date | Étape de l'unification allemande |
|---|
| 1862 | Bismarck devient chancelier de Prusse |
| 1864 | Guerre contre le Danemark |
| 1866 | Victoire de Sadowa contre l'Autriche |
| 1870-1871 | Guerre franco-prussienne, victoire à Sedan |
| 18 janvier 1871 | Proclamation de l'Empire allemand à Versailles |
5Les grandes puissances européennes en 1871
En 1871, la carte politique de l'Europe est profondément transformée par l'émergence de deux nouveaux États : l'Italie et l'Allemagne. L'équilibre européen, tel qu'il avait été établi au Congrès de Vienne en 1815, est bouleversé.
Les grandes puissances européennes en 1871 sont :
- L'Empire allemand : nouvelle puissance dominante, économiquement et militairement la plus forte du continent.
- La France : humiliée par sa défaite de 1870-1871, elle perd l'Alsace-Lorraine et nourrit un sentiment de revanche. Elle reste cependant une grande puissance coloniale.
- Le Royaume-Uni : puissance maritime et industrielle dominante, il reste à l'écart des conflits européens (splendid isolation) tout en étant la première puissance coloniale mondiale.
- L'Empire austro-hongrois : affaibli par l'exclusion des affaires allemandes en 1866, il se transforme en double monarchie (Autriche-Hongrie) en 1867.
- L'Empire russe : immense mais moins développé industriellement, il vise une expansion vers les Balkans et l'Asie.
- Le royaume d'Italie : jeune nation unifiée en 1861, encore fragile économiquement.
Astuce. Pour bien mémoriser les grandes puissances, retiens le sigle « FAIR » : France, Allemagne (Reich), Italie, Russie + le Royaume-Uni et l'Autriche-Hongrie.
6Les tensions nationales en Europe centrale et balkanique
Après 1871, les aspirations nationales ne se sont pas toutes réalisées. Des peuples restent divisés entre plusieurs États ou soumis à des empires multinationaux. Ces tensions constituent des « questions nationales » qui vont empoisonner les relations européennes jusqu'en 1914.
Parmi les foyers de tension :
- La question alsacienne-lorraine : l'annexion de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine par l'Allemagne en 1871 nourrit un fort ressentiment en France et un désir de revanche.
- La question des Balkans : à mesure que l'Empire ottoman recule, les peuples des Balkans (Serbes, Bulgares, Grecs, Roumains) cherchent à créer ou à agrandir leurs États nationaux. La Russie et l'Autriche-Hongrie se disputent l'influence dans cette région.
- La question irlandaise : l'Irlande catholique et nationaliste cherche à obtenir son autonomie ou son indépendance face au Royaume-Uni.
- La question polonaise : la Pologne, partagée depuis la fin du XVIIIe siècle entre la Russie, la Prusse et l'Autriche, aspire à retrouver son indépendance.
Attention ! Ces tensions nationales non résolues seront l'une des causes profondes de la Première Guerre mondiale (1914-1918). L'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo en 1914 en sera l'étincelle.
7Conséquences des unifications sur l'équilibre européen
Les unifications italienne et allemande ont des conséquences majeures sur l'Europe :
- Sur le plan politique : deux nouveaux États-nations apparaissent sur la carte de l'Europe. Le principe des nationalités s'impose comme le nouveau principe d'organisation de l'Europe, remplaçant l'ordre dynastique du Congrès de Vienne.
- Sur le plan militaire : l'Allemagne devient la puissance militaire dominante du continent. La France, traumatisée par 1870-1871, entreprend une reconstruction militaire et cherche des alliances (notamment avec la Russie en 1894).
- Sur le plan diplomatique : Bismarck orchestre un système d'alliances complexe pour isoler la France et maintenir la paix entre les grandes puissances (Triple Alliance de 1882 : Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie).
- Sur le plan économique : l'unification allemande crée un immense marché intérieur. L'Allemagne devient rapidement la première puissance industrielle européenne, dépassant la France et rattrapant le Royaume-Uni.
Triple Alliance (1882). Alliance défensive entre l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie. En réponse, la France et la Russie forment l'Alliance franco-russe (1894), puis la Triple Entente (France, Russie, Royaume-Uni) en 1907, dessinant les deux blocs qui s'affronteront en 1914.
Ainsi, l'Europe des nations construite au XIXe siècle porte en elle les germes des conflits du XXe siècle : rivalités nationales, courses aux armements, jeux d'alliances et nationalismes exacerbés.
★À retenir
À retenir :
• Le nationalisme est le mouvement qui réclame un État pour chaque nation ; il bouleverse l'Europe au XIXe siècle.
• 1848 : le « Printemps des peuples » = vague révolutionnaire européenne, globalement écrasée mais symptôme des aspirations nationales.
• L'unification italienne (Risorgimento) est réalisée par le Piémont (Cavour + Victor-Emmanuel II) et Garibaldi : royaume d'Italie proclamé en 1861.
• L'unification allemande est l'œuvre de la Prusse et de Bismarck après trois guerres : Empire proclamé à Versailles le 18 janvier 1871.
• La France perd l'Alsace-Lorraine en 1871 et nourrit un sentiment de revanche.
• Ces unifications créent de nouvelles tensions : rivalités entre grandes puissances, questions nationales non résolues dans les Balkans et en Europe centrale.