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Français · Classe de 4ᵉ

Le discours direct et indirect

Rapporter des paroles en 4e : ponctuation, incise, subordonnée & concordance des temps

À propos de cette page
Ce cours de français en quatrième sur « Le discours direct et indirect » suit le programme officiel de français de quatrième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Rapporter des paroles : de quoi parle-t-on ?, Le discours direct : citer les paroles telles quelles, La proposition incise, Le discours indirect : intégrer les paroles dans le récit. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de quatrième à réussir en français.
Au programme
1 · Rapporter des paroles : de quoi parle-t-on ?
2 · Le discours direct : citer les paroles telles quelles
3 · La proposition incise
4 · Le discours indirect : intégrer les paroles dans le récit
5 · Les changements imposés par le discours indirect
6 · Le discours indirect libre (initiation)
7 · À retenir
1Rapporter des paroles : de quoi parle-t-on ?

Dans un récit, on a souvent besoin de rapporter ce que disent ou pensent les personnages. Pour cela, le français dispose de plusieurs façons de faire : le discours direct, le discours indirect et le discours indirect libre. Chacun a ses règles et produit un effet différent sur le lecteur.

Règle. Les paroles ou les pensées d'un personnage que l'on insère dans un récit s'appellent des paroles rapportées. Le verbe qui les introduit (dire, demander, répondre, penser, s'écrier…) est un verbe de parole (ou verbe introducteur).

Exemple : Marie a dit qu'elle viendrait. Ici, on rapporte les paroles de Marie. Comparez avec : Marie a dit : « Je viendrai. » Les deux phrases racontent la même chose, mais pas de la même manière.

Astuce. Pour repérer des paroles rapportées, cherchez d'abord un verbe de parole. Il signale presque toujours qu'on va citer ou résumer ce qu'un personnage a dit ou pensé.
2Le discours direct : citer les paroles telles quelles
Règle. Le discours direct (ou style direct) rapporte les paroles exactement comme elles ont été prononcées. On les place entre guillemets « … » et on les introduit par un verbe de parole suivi de deux points.

Exemple : Le capitaine ordonna : « Préparez les voiles ! »

La ponctuation du discours direct est particulière :

SigneRôle
: (deux points)annoncent l'ouverture des paroles, après le verbe introducteur
« » (guillemets)encadrent l'ensemble des paroles rapportées
— (tiret)indique un changement de locuteur dans un dialogue
? !conservés tels quels : le discours direct garde le ton de la phrase prononcée

Exemple de dialogue :
— Où vas-tu ? demanda Léa.
— Je rentre chez moi, répondit Tom.

3La proposition incise
Règle. L'incise (ou proposition incise) est la petite proposition qui précise qui parle et comment. Elle peut être placée à l'intérieur ou à la fin des paroles. Dans l'incise, le sujet est inversé : il passe après le verbe.

Exemples :
« Je viendrai demain, dit Paul. (incise à la fin)
« Je viendrai, dit Paul, dès que possible. » (incise au milieu)

Observez l'inversion : on écrit dit Paul et non Paul dit. On sépare l'incise du reste par des virgules.

Attention ! Dans l'incise, on n'oublie pas l'inversion du sujet et on n'ajoute jamais de que. On écrit « Reste là, murmura-t-elle. » et non « Reste là, elle murmura. » ni « Reste là, qu'elle murmura. »
Astuce. Variez les verbes introducteurs (s'écria, chuchota, protesta, soupira) : c'est ce qui rend un dialogue vivant et précis.
4Le discours indirect : intégrer les paroles dans le récit
Règle. Le discours indirect (ou style indirect) rapporte les paroles sans les citer mot pour mot : on les transforme en une proposition subordonnée introduite par un mot subordonnant. Il n'y a plus ni guillemets, ni deux points, ni tirets.

Exemple :
Direct : Il dit : « Je suis fatigué. »
Indirect : Il dit qu'il était fatigué.

Le mot subordonnant dépend du type de phrase rapportée :

Type de phraseSubordonnantExemple (indirect)
déclarativequeIl affirme qu'il a raison.
interrogative totale (oui/non)siElle demande si tu viens.
interrogative partiellece que, où, quand, pourquoi…Il demande ce que tu fais.
injonctive (ordre)de + infinitifIl ordonne de partir.
Attention ! Au discours indirect, « est-ce que » disparaît et l'inversion sujet-verbe de la question disparaît aussi. On écrit Elle demande si je viens (et non si est-ce que je viens ni si viens-je).
5Les changements imposés par le discours indirect

Quand on passe du direct à l'indirect, plusieurs éléments doivent changer pour rester logiques.

a) Les pronoms et les possessifs changent de personne :
Direct : Léo dit : « J'ai oublié mon livre. »
Indirect : Léo dit qu'il avait oublié son livre.

b) Les temps des verbes changent si le verbe introducteur est au passé (concordance des temps) :

Discours directDiscours indirect (verbe introducteur au passé)
présentimparfait
passé composéplus-que-parfait
futurconditionnel présent

Exemple : Elle dit : « Je partirai. »Elle dit qu'elle partirait.

c) Les indicateurs de temps et de lieu changent aussi :
aujourd'huice jour-là ; hierla veille ; demainle lendemain ; ici.

Attention ! Si le verbe introducteur est au présent, les temps ne changent pas : Il dit : « Je viens. »Il dit qu'il vient. La concordance ne s'applique qu'avec un introducteur au passé.
6Le discours indirect libre (initiation)
Règle. Le discours indirect libre rapporte les paroles ou les pensées d'un personnage sans verbe introducteur ni subordonnant. Les paroles se fondent dans le récit, mais on garde la concordance des temps et les changements de pronoms du discours indirect.

Comparez les trois styles :
Direct : Elle se demanda : « Vais-je réussir ? »
Indirect : Elle se demanda si elle allait réussir.
Indirect libre : Allait-elle réussir ?

Le discours indirect libre conserve souvent l'expressivité du direct (questions, exclamations) tout en se mêlant à la voix du narrateur. C'est un procédé très utilisé par les romanciers du XIXe siècle.

Astuce. Pour reconnaître le discours indirect libre, repérez une phrase qui semble exprimer les pensées d'un personnage sans être annoncée par « il pensa que… » : les temps sont ceux du récit (imparfait, conditionnel), mais le ton est celui du personnage.
7À retenir
• Discours direct : paroles citées telles quelles, entre guillemets « », après deux points ; incise avec sujet inversé (dit-il).
• Discours indirect : paroles intégrées dans une subordonnée (que, si, ce que…) ; plus de guillemets ; changements de pronoms, de temps (concordance) et d'indicateurs.
• Concordance : avec un introducteur au passé, présent → imparfait, passé composé → plus-que-parfait, futur → conditionnel.
• Discours indirect libre : ni guillemets ni subordonnant, mais on garde la concordance ; la voix du personnage se fond dans le récit.
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