06 29 33 79 32 Je réserve ici

Collège · 4ᵉ · EMC

Développement durable et responsabilité

Comprendre nos responsabilités environnementales individuelles et collectives

À propos de cette page
Ce cours de emc en quatrième sur « Développement durable et responsabilité » suit le programme officiel de emc de quatrième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le développement durable : une définition et trois piliers, Des défis planétaires : climat, biodiversité, ressources, La responsabilité de chacun : l'empreinte carbone, Les responsabilités collectives : État, collectivités, entreprises. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de quatrième à réussir en emc.
1

Le développement durable : une définition et trois piliers

L'expression apparaît en 1987 dans le rapport Notre avenir à tous, dit rapport Brundtland, remis à l'ONU par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement, présidée par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland.

Développement durable. « Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. » Deux solidarités sont en jeu : entre les générations (ne pas épuiser la planète) et entre les peuples (permettre aux pays pauvres de se développer).

Un développement n'est durable que s'il tient ensemble trois piliers :

PilierQuestion poséeExemple
ÉconomiqueEst-ce viable, produit-on des richesses sans gaspiller ?Réparer plutôt que jeter, énergies renouvelables
SocialEst-ce équitable, chacun y trouve-t-il sa place ?Accès à l'eau, à l'école, aux soins ; réduction des inégalités
EnvironnementalEst-ce vivable, la nature peut-elle le supporter ?Protéger les forêts, limiter les émissions de CO2

En septembre 2015, les 193 États membres de l'ONU ont adopté l'Agenda 2030 et ses 17 Objectifs de développement durable (ODD) : éliminer la pauvreté et la faim, garantir l'accès à l'éducation, à l'eau propre, à une énergie propre, lutter contre le changement climatique, protéger la vie aquatique et terrestre…

Repère. Un projet qui ne respecte qu'un pilier n'est pas durable : une usine très rentable qui pollue la rivière, ou une réserve naturelle qui chasse les habitants sans les reloger, échouent sur les deux autres piliers.
2

Des défis planétaires : climat, biodiversité, ressources

Depuis la révolution industrielle, l'usage massif du charbon, du pétrole et du gaz a transformé la planète. Trois crises se renforcent l'une l'autre.

  • Le changement climatique. Les gaz à effet de serre (dioxyde de carbone CO2, méthane CH4, protoxyde d'azote) retiennent la chaleur. La température moyenne mondiale a déjà augmenté d'environ +1,1 °C depuis l'époque préindustrielle (rapport du GIEC, 2023). Conséquences : canicules, sécheresses, montée du niveau des mers, tempêtes plus violentes.
  • L'effondrement de la biodiversité. Selon l'IPBES (plateforme d'experts de l'ONU sur la biodiversité), environ un million d'espèces animales et végétales sont menacées d'extinction. Causes : destruction des milieux (déforestation, urbanisation), pollutions, surexploitation (surpêche), espèces invasives, climat.
  • L'épuisement des ressources. Les énergies fossiles, les métaux, l'eau douce, les sols fertiles ne sont pas inépuisables ; les déchets (plastiques en particulier) s'accumulent dans les océans.
GIEC. Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, créé en 1988 par deux organismes de l'ONU (Organisation météorologique mondiale et Programme des Nations unies pour l'environnement). Il ne fait pas ses propres mesures : il synthétise les milliers d'études scientifiques publiées et remet aux gouvernements des rapports d'évaluation (le 6e a été achevé en 2023).
Attention ! Le GIEC est un organisme scientifique ; la COP est une réunion politique des États. Le premier dit ce qui se passe, la seconde décide (ou non) ce qu'on fait.
3

La responsabilité de chacun : l'empreinte carbone

La Charte de l'environnement (article 2) fait de la préservation de l'environnement un devoir de toute personne. Chacun a donc une part de responsabilité, que l'on peut mesurer.

Empreinte carbone. Quantité totale de gaz à effet de serre émise pour permettre le mode de vie d'une personne, y compris ce qui est émis à l'étranger pour fabriquer ce qu'elle consomme. En France, elle est d'environ 9 tonnes d'équivalent CO2 par habitant et par an ; pour respecter l'Accord de Paris, il faudrait descendre vers 2 tonnes d'ici 2050.

Ne pas confondre avec l'empreinte écologique, qui mesure la surface de planète nécessaire pour produire ce qu'une personne consomme et absorber ses déchets (exprimée en hectares) ; ni avec les émissions territoriales, qui ne comptent que ce qui est émis sur le sol français (environ 4,5 tonnes par habitant) : les produits importés n'y figurent pas.

Les grands postes d'émission d'un Français sont, dans l'ordre : les transports (voiture, avion), l'alimentation (viande de bœuf surtout), le logement (chauffage) et les biens consommés (vêtements, électronique).

La règle des 3R résume les leviers individuels : Réduire (acheter moins, éviter l'avion et le gaspillage), Réutiliser (réparer, seconde main, prêt), Recycler (trier). Le premier R est le plus efficace : un objet non fabriqué n'a pas besoin d'être recyclé.
Exemple. Un aller-retour Marseille–New York en avion émet environ 2 tonnes de CO2 par passager, soit l'équivalent de ce qu'un habitant devrait émettre en un an en 2050. À l'inverse, aller au collège à pied ou à vélo plutôt qu'en voiture évite chaque jour environ 1 kg de CO2 pour 5 km.
4

Les responsabilités collectives : État, collectivités, entreprises

Les gestes individuels ne suffisent pas : le chauffage d'un immeuble, le tracé d'une ligne de tramway ou la fabrication d'un téléphone dépendent de décisions collectives. La responsabilité est donc aussi politique et économique.

ActeurLevierExemple
L'ÉtatLois, impôts, normes, objectifs nationauxObjectif de neutralité carbone en 2050 (loi énergie-climat, 2019) ; interdiction des sacs plastiques à usage unique
Les collectivités locales (communes, métropoles, régions)Transports, déchets, urbanisme, cantinesPlan Climat-Air-Énergie Territorial (PCAET) de la métropole Aix-Marseille-Provence ; Zone à faibles émissions de Marseille (depuis le 1er septembre 2022)
Les entreprisesResponsabilité sociétale des entreprises (RSE), éco-conception, sobriétéDepuis la loi PACTE (2019), une entreprise peut se donner une « raison d'être » et devenir « société à mission »
Les associations et ONGAlerte, sensibilisation, action en justiceGreenpeace, WWF, France Nature Environnement, Surfrider
Les scientifiquesMesure, expertiseRapports du GIEC et de l'IPBES
RSE. La responsabilité sociétale des entreprises désigne la prise en compte, par une entreprise, des conséquences sociales et environnementales de son activité, au-delà de la seule recherche du profit : conditions de travail des fournisseurs, émissions, déchets, égalité femmes-hommes.
Attention ! Une ONG (organisation non gouvernementale) est une association indépendante des États ; l'ONU, elle, est une organisation d'États. Amnesty International est une ONG de défense des droits humains, pas une ONG environnementale.
5

Le cadre juridique français : la Charte de l'environnement

La Charte de l'environnement, rédigée en 2004, a été intégrée à la Constitution par la loi constitutionnelle du 1er mars 2005. Elle a donc la même valeur que la Déclaration de 1789 : une loi qui la contredit peut être censurée par le Conseil constitutionnel. Ses 10 articles posent des droits, des devoirs et des principes.

ArticlePrincipeCe que cela signifie
1Droit à l'environnement« Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. »
2Devoir de chacun« Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l'amélioration de l'environnement. »
3PréventionQuand on sait qu'une activité nuit, on doit éviter ou limiter le dommage (étude d'impact avant une autoroute).
4Pollueur-payeurCelui qui cause un dommage doit contribuer à sa réparation (marée noire, décharge sauvage).
5PrécautionQuand on ne sait pas encore mais qu'un dommage grave et irréversible est possible, les autorités doivent évaluer le risque et prendre des mesures provisoires sans attendre la certitude scientifique.
7Information et participationChacun a le droit d'accéder aux informations sur l'environnement et de participer aux décisions (enquête publique, débat public).
Précaution ≠ prévention. La prévention traite un risque connu ; la précaution traite un risque incertain. Interdire de fumer dans les lieux publics relève de la prévention (danger prouvé) ; suspendre un pesticide dont les effets sont encore débattus relève de la précaution.

Sur cette base, le Parlement a voté plusieurs grandes lois :

  • Lois Grenelle (3 août 2009 et 12 juillet 2010) : rénovation des bâtiments, énergies renouvelables, trame verte et bleue.
  • Loi de transition énergétique pour la croissance verte (17 août 2015) : réduction de la part du nucléaire et des fossiles.
  • Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, dite AGEC (10 février 2020) : fin progressive du plastique jetable, indice de réparabilité, interdiction de détruire les invendus.
  • Loi Climat et Résilience (22 août 2021) : issue des propositions de la Convention citoyenne pour le climat (150 citoyens tirés au sort en 2019-2020) ; menu végétarien hebdomadaire dans les cantines, fin des vols intérieurs courts quand un train de moins de 2 h 30 existe, délit d'écocide.
6

La coopération internationale : de Stockholm à l'Accord de Paris

Le CO2 émis à Shanghai ou à Houston réchauffe aussi la Provence : aucun État ne peut régler seul le problème. Depuis cinquante ans, les États négocient.

ÉtapeCe qui est décidé
Stockholm, 1972Première conférence de l'ONU sur l'environnement ; création du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).
Rio de Janeiro, 1992 (Sommet de la Terre)Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), convention sur la biodiversité, Agenda 21 (programme d'action pour le XXIe siècle). Principe des « responsabilités communes mais différenciées ».
Kyoto, 1997Premier traité fixant des objectifs chiffrés et obligatoires de réduction, mais seulement pour les pays industrialisés ; les États-Unis ne l'ont jamais ratifié.
Paris, 12 décembre 2015 (COP21)Accord universel (196 Parties) : contenir le réchauffement « nettement en dessous de 2 °C » et « poursuivre l'action » pour le limiter à 1,5 °C. Chaque État fixe lui-même sa contribution (CDN, contribution déterminée au niveau national), révisée à la hausse tous les 5 ans.
COP. Conference of the Parties : réunion annuelle des États ayant signé la convention climat de 1992. La COP21 s'est tenue à Paris en 2015 ; la COP28 à Dubaï en 2023 a appelé pour la première fois à « une transition hors des énergies fossiles ».
Les limites. L'Accord de Paris ne prévoit aucune sanction contre un État qui ne tient pas sa contribution ; les États-Unis s'en sont retirés en 2020, y sont revenus en 2021 et ont annoncé un nouveau retrait en 2025. Selon le GIEC, les contributions actuelles conduisent à un réchauffement proche de +2,5 à +3 °C, loin de l'objectif.
7

S'engager : du collège au tribunal

La responsabilité ne se limite pas aux gestes du quotidien : le citoyen dispose de moyens d'action collectifs, à toutes les échelles.

ÉchelleMoyens d'action
Au collègeÉlire ou devenir éco-délégué (un par classe depuis la rentrée 2019) ; participer au Conseil de la vie collégienne ; obtenir le label E3D (établissement en démarche de développement durable).
Dans la communeEnquête publique, conseil municipal des jeunes, associations locales (nettoyage des calanques, jardins partagés).
Dans le paysPétitions, manifestations déclarées (marches pour le climat), vote, Convention citoyenne, adhésion à une ONG.
Devant la justiceRecours climatiques : demander au juge de contraindre l'État ou une entreprise à respecter ses engagements.
Exemple : l'Affaire du siècle. En 2018, quatre associations (Notre affaire à tous, Oxfam France, Greenpeace France, Fondation pour la nature et l'homme) attaquent l'État français devant le tribunal administratif de Paris, après une pétition signée par plus de 2 millions de personnes. Le 3 février 2021, le tribunal juge que l'État a commis une faute en ne respectant pas ses propres objectifs de réduction des émissions et lui ordonne en octobre 2021 de réparer le dépassement. Même année, sur recours de la commune de Grande-Synthe (menacée par la mer), le Conseil d'État ordonne au gouvernement de prendre des mesures supplémentaires.

Depuis 2018, le mouvement Fridays for Future, lancé par la lycéenne suédoise Greta Thunberg, organise des grèves scolaires et des marches pour le climat dans le monde entier. C'est une mobilisation citoyenne légale quand elle est déclarée ; elle devient désobéissance civile quand des militants enfreignent volontairement la loi (blocage d'une route) et en acceptent les sanctions.

Le point clé. Individuelle, collective, internationale : les trois responsabilités ne s'opposent pas, elles s'additionnent. Personne ne peut tout faire seul, mais personne n'est dispensé d'agir.
En bref
  • Développement durable (rapport Brundtland, 1987) : répondre aux besoins présents sans compromettre ceux des générations futures ; trois piliers économique, social, environnemental ; 17 ODD adoptés par l'ONU en 2015.
  • Défis : réchauffement (+1,1 °C déjà, GIEC créé en 1988), biodiversité (1 million d'espèces menacées, IPBES), épuisement des ressources.
  • Responsabilité individuelle : empreinte carbone ≈ 9 t CO2/an par Français, objectif 2 t en 2050 ; règle des 3R (réduire, réutiliser, recycler).
  • Responsabilités collectives : État (neutralité carbone 2050), collectivités (PCAET, ZFE), entreprises (RSE), ONG, scientifiques.
  • Charte de l'environnement (Constitution, 1er mars 2005) : droit à un environnement sain (art. 1), devoir de chacun (art. 2), prévention (art. 3), pollueur-payeur (art. 4), précaution (art. 5), information et participation (art. 7). Lois Grenelle 2009, AGEC 2020, Climat et Résilience 2021.
  • International : Stockholm 1972, Rio 1992 (CCNUCC, Agenda 21), Kyoto 1997, Accord de Paris 2015 (COP21 : nettement sous 2 °C, viser 1,5 °C, CDN révisées tous les 5 ans, pas de sanction).
  • S'engager : éco-délégués (2019), associations, marches, recours climatiques (Affaire du siècle, 2021).
Bloqué sur ce chapitre ?

Cours particuliers de emc à Marseille, en présentiel ou à distance — un prof qui s'adapte à ton rythme et reprend ce qui coince.

Soutien scolaire à Marseille · Cours particuliers au collège · Aide aux devoirs