Collège · 4ᵉ · EMC
Développement durable et responsabilité
Comprendre nos responsabilités environnementales individuelles et collectives
À propos de cette page
Le développement durable : une définition et trois piliers
L'expression apparaît en 1987 dans le rapport Notre avenir à tous, dit rapport Brundtland, remis à l'ONU par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement, présidée par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland.
Un développement n'est durable que s'il tient ensemble trois piliers :
| Pilier | Question posée | Exemple |
|---|---|---|
| Économique | Est-ce viable, produit-on des richesses sans gaspiller ? | Réparer plutôt que jeter, énergies renouvelables |
| Social | Est-ce équitable, chacun y trouve-t-il sa place ? | Accès à l'eau, à l'école, aux soins ; réduction des inégalités |
| Environnemental | Est-ce vivable, la nature peut-elle le supporter ? | Protéger les forêts, limiter les émissions de CO2 |
En septembre 2015, les 193 États membres de l'ONU ont adopté l'Agenda 2030 et ses 17 Objectifs de développement durable (ODD) : éliminer la pauvreté et la faim, garantir l'accès à l'éducation, à l'eau propre, à une énergie propre, lutter contre le changement climatique, protéger la vie aquatique et terrestre…
Des défis planétaires : climat, biodiversité, ressources
Depuis la révolution industrielle, l'usage massif du charbon, du pétrole et du gaz a transformé la planète. Trois crises se renforcent l'une l'autre.
- Le changement climatique. Les gaz à effet de serre (dioxyde de carbone CO2, méthane CH4, protoxyde d'azote) retiennent la chaleur. La température moyenne mondiale a déjà augmenté d'environ +1,1 °C depuis l'époque préindustrielle (rapport du GIEC, 2023). Conséquences : canicules, sécheresses, montée du niveau des mers, tempêtes plus violentes.
- L'effondrement de la biodiversité. Selon l'IPBES (plateforme d'experts de l'ONU sur la biodiversité), environ un million d'espèces animales et végétales sont menacées d'extinction. Causes : destruction des milieux (déforestation, urbanisation), pollutions, surexploitation (surpêche), espèces invasives, climat.
- L'épuisement des ressources. Les énergies fossiles, les métaux, l'eau douce, les sols fertiles ne sont pas inépuisables ; les déchets (plastiques en particulier) s'accumulent dans les océans.
La responsabilité de chacun : l'empreinte carbone
La Charte de l'environnement (article 2) fait de la préservation de l'environnement un devoir de toute personne. Chacun a donc une part de responsabilité, que l'on peut mesurer.
Ne pas confondre avec l'empreinte écologique, qui mesure la surface de planète nécessaire pour produire ce qu'une personne consomme et absorber ses déchets (exprimée en hectares) ; ni avec les émissions territoriales, qui ne comptent que ce qui est émis sur le sol français (environ 4,5 tonnes par habitant) : les produits importés n'y figurent pas.
Les grands postes d'émission d'un Français sont, dans l'ordre : les transports (voiture, avion), l'alimentation (viande de bœuf surtout), le logement (chauffage) et les biens consommés (vêtements, électronique).
Les responsabilités collectives : État, collectivités, entreprises
Les gestes individuels ne suffisent pas : le chauffage d'un immeuble, le tracé d'une ligne de tramway ou la fabrication d'un téléphone dépendent de décisions collectives. La responsabilité est donc aussi politique et économique.
| Acteur | Levier | Exemple |
|---|---|---|
| L'État | Lois, impôts, normes, objectifs nationaux | Objectif de neutralité carbone en 2050 (loi énergie-climat, 2019) ; interdiction des sacs plastiques à usage unique |
| Les collectivités locales (communes, métropoles, régions) | Transports, déchets, urbanisme, cantines | Plan Climat-Air-Énergie Territorial (PCAET) de la métropole Aix-Marseille-Provence ; Zone à faibles émissions de Marseille (depuis le 1er septembre 2022) |
| Les entreprises | Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), éco-conception, sobriété | Depuis la loi PACTE (2019), une entreprise peut se donner une « raison d'être » et devenir « société à mission » |
| Les associations et ONG | Alerte, sensibilisation, action en justice | Greenpeace, WWF, France Nature Environnement, Surfrider |
| Les scientifiques | Mesure, expertise | Rapports du GIEC et de l'IPBES |
Le cadre juridique français : la Charte de l'environnement
La Charte de l'environnement, rédigée en 2004, a été intégrée à la Constitution par la loi constitutionnelle du 1er mars 2005. Elle a donc la même valeur que la Déclaration de 1789 : une loi qui la contredit peut être censurée par le Conseil constitutionnel. Ses 10 articles posent des droits, des devoirs et des principes.
| Article | Principe | Ce que cela signifie |
|---|---|---|
| 1 | Droit à l'environnement | « Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. » |
| 2 | Devoir de chacun | « Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l'amélioration de l'environnement. » |
| 3 | Prévention | Quand on sait qu'une activité nuit, on doit éviter ou limiter le dommage (étude d'impact avant une autoroute). |
| 4 | Pollueur-payeur | Celui qui cause un dommage doit contribuer à sa réparation (marée noire, décharge sauvage). |
| 5 | Précaution | Quand on ne sait pas encore mais qu'un dommage grave et irréversible est possible, les autorités doivent évaluer le risque et prendre des mesures provisoires sans attendre la certitude scientifique. |
| 7 | Information et participation | Chacun a le droit d'accéder aux informations sur l'environnement et de participer aux décisions (enquête publique, débat public). |
Sur cette base, le Parlement a voté plusieurs grandes lois :
- Lois Grenelle (3 août 2009 et 12 juillet 2010) : rénovation des bâtiments, énergies renouvelables, trame verte et bleue.
- Loi de transition énergétique pour la croissance verte (17 août 2015) : réduction de la part du nucléaire et des fossiles.
- Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, dite AGEC (10 février 2020) : fin progressive du plastique jetable, indice de réparabilité, interdiction de détruire les invendus.
- Loi Climat et Résilience (22 août 2021) : issue des propositions de la Convention citoyenne pour le climat (150 citoyens tirés au sort en 2019-2020) ; menu végétarien hebdomadaire dans les cantines, fin des vols intérieurs courts quand un train de moins de 2 h 30 existe, délit d'écocide.
La coopération internationale : de Stockholm à l'Accord de Paris
Le CO2 émis à Shanghai ou à Houston réchauffe aussi la Provence : aucun État ne peut régler seul le problème. Depuis cinquante ans, les États négocient.
| Étape | Ce qui est décidé |
|---|---|
| Stockholm, 1972 | Première conférence de l'ONU sur l'environnement ; création du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). |
| Rio de Janeiro, 1992 (Sommet de la Terre) | Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), convention sur la biodiversité, Agenda 21 (programme d'action pour le XXIe siècle). Principe des « responsabilités communes mais différenciées ». |
| Kyoto, 1997 | Premier traité fixant des objectifs chiffrés et obligatoires de réduction, mais seulement pour les pays industrialisés ; les États-Unis ne l'ont jamais ratifié. |
| Paris, 12 décembre 2015 (COP21) | Accord universel (196 Parties) : contenir le réchauffement « nettement en dessous de 2 °C » et « poursuivre l'action » pour le limiter à 1,5 °C. Chaque État fixe lui-même sa contribution (CDN, contribution déterminée au niveau national), révisée à la hausse tous les 5 ans. |
S'engager : du collège au tribunal
La responsabilité ne se limite pas aux gestes du quotidien : le citoyen dispose de moyens d'action collectifs, à toutes les échelles.
| Échelle | Moyens d'action |
|---|---|
| Au collège | Élire ou devenir éco-délégué (un par classe depuis la rentrée 2019) ; participer au Conseil de la vie collégienne ; obtenir le label E3D (établissement en démarche de développement durable). |
| Dans la commune | Enquête publique, conseil municipal des jeunes, associations locales (nettoyage des calanques, jardins partagés). |
| Dans le pays | Pétitions, manifestations déclarées (marches pour le climat), vote, Convention citoyenne, adhésion à une ONG. |
| Devant la justice | Recours climatiques : demander au juge de contraindre l'État ou une entreprise à respecter ses engagements. |
Depuis 2018, le mouvement Fridays for Future, lancé par la lycéenne suédoise Greta Thunberg, organise des grèves scolaires et des marches pour le climat dans le monde entier. C'est une mobilisation citoyenne légale quand elle est déclarée ; elle devient désobéissance civile quand des militants enfreignent volontairement la loi (blocage d'une route) et en acceptent les sanctions.
- Développement durable (rapport Brundtland, 1987) : répondre aux besoins présents sans compromettre ceux des générations futures ; trois piliers économique, social, environnemental ; 17 ODD adoptés par l'ONU en 2015.
- Défis : réchauffement (+1,1 °C déjà, GIEC créé en 1988), biodiversité (1 million d'espèces menacées, IPBES), épuisement des ressources.
- Responsabilité individuelle : empreinte carbone ≈ 9 t CO2/an par Français, objectif 2 t en 2050 ; règle des 3R (réduire, réutiliser, recycler).
- Responsabilités collectives : État (neutralité carbone 2050), collectivités (PCAET, ZFE), entreprises (RSE), ONG, scientifiques.
- Charte de l'environnement (Constitution, 1er mars 2005) : droit à un environnement sain (art. 1), devoir de chacun (art. 2), prévention (art. 3), pollueur-payeur (art. 4), précaution (art. 5), information et participation (art. 7). Lois Grenelle 2009, AGEC 2020, Climat et Résilience 2021.
- International : Stockholm 1972, Rio 1992 (CCNUCC, Agenda 21), Kyoto 1997, Accord de Paris 2015 (COP21 : nettement sous 2 °C, viser 1,5 °C, CDN révisées tous les 5 ans, pas de sanction).
- S'engager : éco-délégués (2019), associations, marches, recours climatiques (Affaire du siècle, 2021).
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