Collège · 4ᵉ · EMC
S'engager pour les autres
Découvrir le bénévolat, l'action associative et l'engagement civique
À propos de cette page
Ce cours de emc en quatrième sur « S'engager pour les autres » suit le programme officiel de emc de quatrième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : S'engager : de quoi parle-t-on ?, Bénévolat, volontariat, salariat : trois façons d'agir, L'association loi 1901, cadre de l'engagement, Fraternité et solidarité : de la valeur au principe de droit. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de quatrième à réussir en emc.
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S'engager : de quoi parle-t-on ?
Engagement. Choix libre de consacrer du temps, des compétences ou de l'argent à une cause ou à d'autres personnes, au-delà de son intérêt personnel. On s'engage pour (une cause : l'environnement, les malades, un club) et avec (une association, un syndicat, un collectif).
| Forme | Exemple | Cadre juridique |
|---|---|---|
| Humanitaire et social | Distribuer des repas, accompagner des personnes âgées, donner son sang | Association loi 1901, fondation |
| Civique | Être délégué, pompier volontaire, réserviste, juré d'assises | Élection, engagement quinquennal, obligation légale (juré) |
| Syndical et politique | Adhérer à un syndicat, à un parti ; manifester, faire grève, signer une pétition | Loi de 1884 (syndicats), Constitution art. 4 (partis), déclaration en préfecture (manifestation) |
| Culturel, sportif, environnemental | Encadrer une équipe de jeunes, nettoyer une plage, animer un atelier | Association, club, collectif |
Attention ! S'engager n'est pas obligatoire, mais ce n'est pas non plus sans règles : un engagement s'exerce dans le respect de la loi (une manifestation se déclare, une association ne peut pas avoir un but illicite) et des autres (pas de contrainte, pas de violence).
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Bénévolat, volontariat, salariat : trois façons d'agir
| Bénévole | Volontaire | Salarié | |
|---|---|---|---|
| Engagement | Libre, sans contrat, à tout moment | Contrat écrit, durée fixée, temps défini | Contrat de travail, lien de subordination |
| Contrepartie | Aucune (remboursement de frais possible) | Indemnité, pas un salaire | Salaire, au moins le SMIC |
| Exemple | Maraude du Secours populaire un soir par semaine | Service civique de 8 mois dans une école ; sapeur-pompier volontaire | Éducateur employé par une association |
| Chiffres | Environ un Français sur quatre est bénévole dans une association | Plus de 100 000 services civiques par an ; près de 200 000 pompiers volontaires (quatre pompiers sur cinq) | 1,8 million de salariés dans les associations |
Service civique (loi du 10 mars 2010). Mission d'intérêt général de 6 à 12 mois, au moins 24 heures par semaine, ouverte aux 16-25 ans (30 ans en cas de handicap), dans une association, une collectivité ou un service public, en France ou à l'étranger : solidarité, éducation, environnement, sport, culture, mémoire. Indemnité d'environ 620 € par mois, aucune condition de diplôme. Il ne peut pas remplacer un emploi.
Exemple. Le don du sang illustre le bénévolat le plus dépouillé : gratuit, anonyme, sans contrepartie. L'Établissement français du sang a besoin de 10 000 dons par jour ; on peut donner dès 18 ans. Vendre son sang est interdit en France : le corps humain n'est pas une marchandise (Code civil, art. 16-1).
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L'association loi 1901, cadre de l'engagement
Association. « Convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d'une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices » (loi du 1er juillet 1901, art. 1). La France compte environ 1,5 million d'associations actives ; on en crée près de 70 000 par an.
| Organe | Rôle |
|---|---|
| Assemblée générale (tous les membres) | Vote le rapport d'activité, les comptes, le budget ; élit les dirigeants ; modifie les statuts |
| Conseil d'administration et bureau | Dirigent entre deux assemblées : président (représente l'association), trésorier (comptes), secrétaire (registres, convocations) |
| Adhérents | Paient une cotisation, participent, votent en assemblée |
| Ressources | Règle |
|---|---|
| Cotisations, dons, ventes, subventions (État, région, département, commune), mécénat d'entreprise | L'association peut gagner de l'argent, mais ne peut jamais le distribuer à ses membres : « but non lucratif ». Un don ouvre droit à une réduction d'impôt de 66 % (75 % pour l'aide aux personnes en difficulté). |
Astuce. Depuis la loi du 27 janvier 2017, tout jeune de 16 ans peut créer une association et la diriger (ses parents sont informés) ; avant 16 ans, il le peut avec leur accord écrit. Adhérer est possible à tout âge.
Attention ! Association ≠ entreprise (qui partage ses bénéfices) ≠ syndicat (loi de 1884, défend les intérêts professionnels) ≠ parti (cherche à exercer le pouvoir). Une association peut être reconnue d'utilité publique par décret (Croix-Rouge, Restos du Cœur) et recevoir des legs.
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Fraternité et solidarité : de la valeur au principe de droit
Fraternité. Troisième mot de la devise républicaine (Constitution, art. 2) : lien qui unit les membres d'une même communauté comme des frères et sœurs, au-delà de leurs différences. La solidarité en est la traduction concrète : dépendre les uns des autres et s'entraider.
| Date | Étape |
|---|---|
| 1790-1848 | La devise apparaît sous la Révolution ; « Fraternité » est officiellement ajoutée en 1848 |
| 1946 | Le Préambule de la Constitution proclame la « solidarité et l'égalité de tous les Français devant les charges qui résultent des calamités nationales » et le droit d'obtenir « des moyens convenables d'existence » |
| 6 juillet 2018 | Le Conseil constitutionnel fait de la fraternité un principe à valeur constitutionnelle : « il en découle la liberté d'aider autrui, dans un but humanitaire, sans considération de la régularité de son séjour sur le territoire national » |
Exemple. Un agriculteur de la vallée de la Roya, dans les Alpes-Maritimes, avait été condamné pour avoir hébergé et transporté des migrants en situation irrégulière (« délit de solidarité »). Saisi par ses avocats, le Conseil constitutionnel a jugé en 2018 que l'aide désintéressée à une personne, sans contrepartie, ne peut pas être punie ; la loi a été modifiée. Aider une personne à entrer illégalement reste en revanche interdit.
Attention ! La fraternité n'est pas la charité : la charité est un don volontaire du plus riche au plus pauvre ; la fraternité républicaine suppose l'égale dignité de celui qui aide et de celui qui est aidé, et des droits pour ce dernier (droit à l'aide sociale, pas une faveur).
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Solidarité nationale et solidarité de proximité
| Solidarité nationale (organisée par l'État) | Solidarité de proximité (choisie par les citoyens) | |
|---|---|---|
| Fonctionnement | Obligatoire : chacun cotise selon ses moyens (cotisations sociales, impôts) et reçoit selon ses besoins | Volontaire : temps, dons, entraide entre voisins, associations |
| Exemples | Sécurité sociale (ordonnances d'octobre 1945) : maladie, famille, retraite, accidents ; RSA, allocations chômage, bourses, aide sociale des départements | Restos du Cœur (1985, 170 millions de repas par an), Secours populaire (1945), Secours catholique (1946), Emmaüs (1949), Banques alimentaires (1984), Téléthon (1987) |
| Force | Couvre tout le monde, ne dépend pas de la bonne volonté | Réactive, humaine, adaptée à chaque situation |
| Limite | Lourde, parfois lente ; certains ne demandent pas leurs droits (non-recours) | Inégale selon les lieux, dépend des dons et des bénévoles disponibles |
Non-recours. Situation d'une personne qui ne demande pas une aide à laquelle elle a droit (par ignorance, honte, complexité des démarches). Environ un tiers des personnes éligibles au RSA ne le réclament pas : les associations servent souvent de passerelle vers les droits.
Exemple. Lors des inondations ou des incendies de l'été, l'État indemnise (état de catastrophe naturelle), mais ce sont les bénévoles de la Protection civile et des habitants qui, les premiers jours, hébergent et nourrissent : les deux solidarités se complètent, elles ne se remplacent pas.
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S'engager à 14 ans : au collège et dans la cité
| Au collège | Ce que c'est |
|---|---|
| Délégués de classe | Deux par classe, élus au scrutin à deux tours ; siègent au conseil de classe, relaient les demandes |
| Conseil de la vie collégienne (2016) | Élèves, personnels et parents proposent des projets pour la vie de l'établissement |
| Éco-délégués (2019) | Un par classe : tri, gaspillage, biodiversité, sensibilisation |
| Ambassadeurs contre le harcèlement, médiateurs | Élèves formés pour repérer, écouter, orienter vers un adulte |
| Association sportive (UNSS), foyer, clubs | Le collégien peut y prendre des responsabilités (jeune officiel, arbitre, trésorier junior) |
| Hors du collège | Dès quel âge ? |
|---|---|
| Adhérer à une association, participer à une collecte, une maraude encadrée | Tout âge (avec accord des parents pour un mineur) |
| Jeune sapeur-pompier | 11-12 ans, puis pompier volontaire à 16 ans |
| Créer et diriger une association | 16 ans (loi de 2017) |
| Service civique | 16 ans |
| Conseil municipal des jeunes, budget participatif de la ville | Selon les communes, souvent dès 11 ans |
| Donner son sang | 18 ans |
Exemple. Des élèves de 4e organisent une collecte de fournitures pour une association d'aide aux devoirs du quartier : ils fixent un objectif, informent les classes, tiennent les comptes, remettent les dons et rendent compte au CVC. C'est déjà un projet associatif complet : but, organisation, transparence.
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Pourquoi s'engager ? Motivations, limites, débats
| Ce que l'engagement apporte | Aux autres | À soi | À la démocratie |
|---|---|---|---|
| Aide concrète, lien social, dignité | Compétences, confiance, rencontres, sens ; expérience reconnue (compte d'engagement citoyen, valorisation sur Parcoursup) | Citoyens actifs entre deux élections, contre-pouvoirs, cohésion |
| Question débattue | Arguments |
|---|---|
| Les associations remplacent-elles l'État ? | Elles agissent là où l'État est absent ou lent ; mais si elles le remplacent durablement, la solidarité devient dépendante des dons et inégale selon les territoires. Les Restos du Cœur eux-mêmes rappellent qu'ils devaient être provisoires. |
| Faut-il rendre l'engagement obligatoire ? | Un service obligatoire crée une expérience commune ; mais un engagement contraint n'en est plus un, et la liberté d'association suppose la liberté de ne pas s'engager. |
| Bénévolat ou emploi ? | Le bénévolat ne doit pas remplacer un salarié (travail dissimulé) ; les associations emploient d'ailleurs 1,8 million de personnes. |
| Militantisme et loi | Manifester, pétitionner, boycotter sont légaux ; la désobéissance civile (bloquer, occuper) expose à des sanctions, que certains militants acceptent pour alerter. |
Réserve civique (loi de 2017). Plateforme publique (jeveuxaider.gouv.fr) où toute personne de plus de 16 ans peut trouver une mission bénévole ponctuelle près de chez elle : distribution alimentaire, accompagnement scolaire, urgence en cas de crise.
Astuce. Dans un développement sur l'engagement, distingue toujours qui agit (citoyen, association, État), comment (bénévolat, volontariat, cotisation obligatoire) et avec quelle limite (loi, moyens, liberté de chacun).
En bref
- S'engager : agir librement pour une cause ou pour les autres, dans le respect de la loi ; formes humanitaire, civique, syndicale, politique, culturelle.
- Bénévole (libre, gratuit) ≠ volontaire (contrat, indemnité : service civique 2010, 16-25 ans, 6-12 mois, pompiers volontaires) ≠ salarié (contrat de travail, salaire).
- Association loi du 1er juillet 1901 : but non lucratif, statuts, déclaration en préfecture, assemblée générale, bureau ; 1,5 million d'associations ; création possible dès 16 ans (2017).
- Fraternité (devise, 1848) → principe constitutionnel (Conseil constitutionnel, 6 juillet 2018) : liberté d'aider autrui dans un but humanitaire.
- Solidarité nationale (Sécurité sociale 1945, obligatoire) et solidarité de proximité (Restos du Cœur 1985, Secours populaire 1945, Emmaüs 1949) se complètent.
- Au collège : délégués, CVC, éco-délégués, ambassadeurs ; dans la cité : jeune sapeur-pompier, conseil municipal des jeunes, réserve civique.
- Débats : associations et État, engagement obligatoire ou libre, bénévolat et emploi, militantisme et loi.
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