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Français · Classe de 3ᵉ

Les figures de style (approfondissement)

Analogie, opposition, insistance & atténuation : reconnaître les figures et analyser leur effet

À propos de cette page
Cette évaluation sur « Les figures de style (approfondissement) » en troisième permet de faire le point sur ses connaissances en français, comme lors d'un véritable contrôle. Elle suit le programme officiel de troisième et propose plusieurs exercices notés sur 20, avec un corrigé détaillé. Au programme : Les figures d'analogie : comparaison et métaphore (filée), La personnification et l'allégorie, Les figures d'opposition : antithèse, oxymore et chiasme, Les figures d'insistance : anaphore, hyperbole et gradation. Travaille seul, chronomètre-toi, puis compare tes réponses au corrigé pour identifier les points à revoir. Parfait pour mesurer ses progrès et réviser efficacement. Évaluation gratuite conçue par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième en français.
Évaluation finale · Niveau difficile · Durée 60 min · Noté sur 20
60:00

Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.

Exercice 1 — Identifier et nommer les figures de style

/ 5 pts
  1. Nommez la figure de style dans chaque phrase et justifiez en une ligne. (1 pt chacune)
  2. a) « Ses bras étaient deux ailes prêtes à prendre leur envol. »
  3. b) « Elle n'était pas sans charme. »
  4. c) « Le tonnerre grondait, la pluie hurlait, la tempête rugissait. »
  5. d) « Paris s'est réveillé sous la pluie. » (substitution de lieu)
  6. e) « Une joie douloureuse l'envahit. »

Exercice 2 — Analyser l'effet d'une figure

/ 6 pts
  1. Lisez l'extrait suivant et répondez aux questions. (2 pts chacune)
  2. « La guerre était un monstre affamé qui dévorait les jeunes gens. Ses mâchoires de fer broyaient les espoirs et les rêves. Rien ne pouvait rassasier sa faim de chair et de sang. »
  3. 1. Quelle grande figure d'analogie est employée tout au long du passage ? Donnez son nom précis et un autre exemple de la même famille.
  4. 2. Relevez deux éléments du champ lexical qui permettent de maintenir cette figure. Expliquez leur rôle.
  5. 3. Quel effet cette figure produit-elle sur le lecteur ? Comment contribue-t-elle au sens du texte ?

Exercice 3 — Construire et manipuler les figures

/ 5 pts
  1. Rédigez les phrases demandées. (1 pt chacune)
  2. a) Transformez cette comparaison en métaphore : « La vie est comme une course. »
  3. b) Formulez une litote pour exprimer que vous êtes très fatigué.
  4. c) Rédigez une phrase contenant une antithèse entre le jour et la nuit.
  5. d) Écrivez une anaphore en utilisant le mot « Jamais » au moins trois fois.
  6. e) Rédigez un euphémisme pour remplacer l'expression « licencier des employés ».

Exercice 4 — Figures d'opposition et de construction

/ 4 pts
  1. Répondez aux questions suivantes. (2 pts chacune)
  2. 1. Expliquez la différence entre un oxymore et une antithèse en donnant un exemple de chacun.
  3. 2. Analysez le chiasme suivant et expliquez son effet : « Un artiste travaille pour vivre, et non pour vivre de son travail. »
Corrigé détaillé

Exercice 1 — Identifier et nommer les figures de style
Pour chaque phrase, indiquez le nom de la figure et une justification courte.

a) « Ses bras étaient deux ailes prêtes à prendre leur envol. »
Métaphore : les bras sont directement identifiés à des ailes, sans outil comparatif (pas de « comme » ni « tel »). L'image est condensée et évoque la légèreté ou la liberté.

b) « Elle n'était pas sans charme. »
Litote : la double négation (« pas sans ») atténue l'expression en surface, mais sous-entend un sens plus fort : « elle avait beaucoup de charme ». On dit moins pour signifier plus.

c) « Le tonnerre grondait, la pluie hurlait, la tempête rugissait. »
Gradation (ascendante) et personnification : les trois éléments naturels accomplissent des actions humaines/animales (gronder, hurler, rugir), ce qui est une personnification. De plus, les termes progressent en intensité (gronder → hurler → rugir), formant une gradation ascendante qui amplifie la violence de la scène.
Réponse acceptée : gradation, ou personnification, ou les deux.

d) « Paris s'est réveillé sous la pluie. » (substitution de lieu)
Métonymie : « Paris » (le lieu) désigne ses habitants (ceux qui y vivent). Lien logique : le lieu pour la population. De plus, « se réveiller » est une personnification appliquée à la ville.
Réponse attendue en priorité : métonymie (précisé dans l'énoncé).

e) « Une joie douloureuse l'envahit. »
Oxymore : « joie » et « douloureuse » sont deux termes contradictoires réunis dans le même groupe nominal. L'association crée un paradoxe expressif qui traduit une émotion complexe, mêlant plaisir et souffrance.

Exercice 2 — Analyser l'effet d'une figure
Extrait : « La guerre était un monstre affamé qui dévorait les jeunes gens. Ses mâchoires de fer broyaient les espoirs et les rêves. Rien ne pouvait rassasier sa faim de chair et de sang. »

Question 1 (2 pts) — Figure d'analogie et famille
→ La figure employée tout au long du passage est une métaphore filée : la guerre est identifiée à un monstre dévorateur, sans outil comparatif, et cette image est développée sur les trois phrases du texte (mâchoires de fer, faim, dévorer, rassasier).
→ Elle appartient à la famille des figures d'analogie. Autre exemple de la même famille : la comparaison (« La guerre est comme un monstre ») ou la personnification.

Question 2 (2 pts) — Champ lexical maintenant la métaphore filée
→ Deux éléments du champ lexical de la dévoration/monstruosité :

  • « mâchoires de fer » → anatomie d'un prédateur qui broie
  • « faim de chair et de sang » / « rassasier » / « dévorait » → registre de la prédation animale
Ces termes maintiennent le champ lexical du monstre carnassier tout au long du passage, assurant la cohérence de la métaphore filée et renforçant l'image de façon progressive.

Question 3 (2 pts) — Effet sur le lecteur et sens du texte
→ La métaphore filée transforme la guerre — réalité abstraite et politique — en une créature menaçante et vivante. Elle produit sur le lecteur un effet de répulsion et d'effroi : la guerre n'est plus un événement, mais un prédateur actif, qui « choisit » ses victimes.
→ Elle contribue au sens du texte en montrant que les soldats sont des proies passives et impuissantes face à une force qui les dépasse. Le ton est pathétique et engagé, proche de la dénonciation (registre anti-guerre).

Exercice 3 — Construire et manipuler les figures
a) Transformer en métaphore : « La vie est comme une course. »
→ Supprimer l'outil comparatif « comme » :
Exemple attendu : « La vie est une course. » ou « La vie, cette course effrénée, nous emporte. »
Critère : absence de tout outil comparatif, identification directe.

b) Formuler une litote pour exprimer que vous êtes très fatigué.
→ Dire moins pour signifier plus, souvent avec une tournure négative :
Exemple attendu : « Je ne me sens pas particulièrement en forme. » / « Je ne suis pas au mieux de ma forme. » / « Ce n'est pas la grande forme. »
Critère : formulation atténuée ou négative qui sous-entend une grande fatigue.

c) Rédiger une phrase contenant une antithèse entre le jour et la nuit.
→ Opposer « jour » et « nuit » dans des propositions parallèles :
Exemple attendu : « Le jour apporte la lumière, mais la nuit dissimule les ombres. » / « Elle vivait le jour dans la joie, et la nuit dans les larmes. »
Critère : deux termes ou idées contraires (jour / nuit) en propositions parallèles clairement construites.

d) Écrire une anaphore avec le mot « Jamais » (au moins 3 fois).
→ Répéter « Jamais » en début de proposition :
Exemple attendu : « Jamais je ne partirai. Jamais je ne renoncerai. Jamais je n'oublierai ce que j'ai vécu. »
Critère : répétition du mot « Jamais » en début de chaque proposition, au moins 3 occurrences.

e) Rédiger un euphémisme pour « licencier des employés ».
→ Remplacer par une expression plus douce ou plus vague :
Exemple attendu : « procéder à des suppressions de postes », « se séparer de certains collaborateurs », « procéder à un plan de restructuration des effectifs », « optimiser les ressources humaines ».
Critère : l'expression remplace le terme direct par une formulation atténuée, sans mentionner explicitement le licenciement.

Exercice 4 — Figures d'opposition et de construction
Question 1 (2 pts) — Différence entre oxymore et antithèse

Oxymore : Il réunit deux termes contradictoires dans un même groupe nominal ou une même expression très courte. Les deux contraires coexistent en tension dans un espace syntaxique minimal.
Exemple : « une obscure clarté » (Corneille), « une douce violence », « un silence éloquent ».

Antithèse : Elle oppose deux termes ou deux idées contraires dans des propositions distinctes et parallèles. L'opposition est construite à l'échelle de la phrase ou du vers.
Exemple : « La vie est brève, l'art est long. » / « Je suis né sous le signe de la lumière, tu es né sous celui de la nuit. »

Différence essentielle : l'oxymore condense la contradiction en quelques mots (même groupe) ; l'antithèse la déploie sur une structure parallèle plus ample.

Question 2 (2 pts) — Analyse du chiasme : « Un artiste travaille pour vivre, et non pour vivre de son travail. »

Identification du chiasme :
Structure A (travailler) — B (vivre) / B' (vivre) — A' (travail)
→ « travaille pour vivre » [A–B] / « vivre de son travail » [B'–A'] : les deux groupes sont croisés selon le schéma AB / B'A'.

Effet du chiasme :
Le chiasme crée un effet de miroir et de retournement : la même idée est présentée dans deux sens opposés, ce qui met en relief le paradoxe. Il souligne que travailler pour vivre (subsister) est noble, tandis que vivre pour son travail (en tirer sa raison d'être) est une aliénation. Le chiasme impose ce contraste de façon rythmique et mémorable, rendant la pensée percutante et facile à retenir.

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