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Français · Classe de 3ᵉ

Les figures de style (approfondissement)

Analogie, opposition, insistance & atténuation : reconnaître les figures et analyser leur effet

À propos de cette page
Ce cours de français en troisième sur « Les figures de style (approfondissement) » suit le programme officiel de français de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Les figures d'analogie : comparaison et métaphore (filée), La personnification et l'allégorie, Les figures d'opposition : antithèse, oxymore et chiasme, Les figures d'insistance : anaphore, hyperbole et gradation. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en français.
Au programme
1 · Les figures d'analogie : comparaison et métaphore (filée)
2 · La personnification et l'allégorie
3 · Les figures d'opposition : antithèse, oxymore et chiasme
4 · Les figures d'insistance : anaphore, hyperbole et gradation
5 · Les figures d'atténuation : litote, euphémisme et prétérition
6 · Les figures de substitution : métonymie et synecdoque
7 · Analyser l'effet d'une figure : méthode et exemples
8 · Tableau de synthèse et repères pour le brevet
1Les figures d'analogie : comparaison et métaphore (filée)

Les figures d'analogie créent une ressemblance entre deux réalités distinctes pour rendre l'expression plus vivante ou plus évocatrice.

Comparaison. Elle rapproche deux termes grâce à un outil comparatif : comme, tel, ainsi que, semblable à, pareil à, on dirait que, ressembler à…
Elle comporte : le comparé (ce dont on parle), le comparant (ce à quoi on compare), l'outil et parfois le point commun (tertium comparationis).
Exemple. « Ses yeux brillaient comme des étoiles. » → comparé : ses yeux ; outil : comme ; comparant : des étoiles ; point commun : la lumière vive.
Métaphore. Elle rapproche deux termes sans outil comparatif, en identifiant directement l'un à l'autre. L'image est plus condensée et plus frappante.
Exemple. « Ses yeux, deux étoiles dans la nuit. » (Hugo) — pas d'outil, identification directe.

La métaphore filée développe une même image sur plusieurs phrases ou vers successifs. Elle crée une cohérence poétique forte.

Exemple. « La vie est un voyage. Nous partons tous sans billet de retour. Certains voyageurs s'arrêtent en chemin. » → le champ lexical du voyage est maintenu tout au long.
Astuce. Pour repérer une métaphore filée, cherche un champ lexical cohérent qui « double » le sujet réel du texte.
2La personnification et l'allégorie

Ces deux figures attribuent des caractéristiques humaines à des entités non humaines, mais à des degrés différents.

Personnification. Elle consiste à prêter à un animal, un objet ou une abstraction des actions, sentiments ou attributs humains.
Exemple. « Le vent gémissait dans les branches. » → le vent « gémit » comme un être humain souffrant.
« La nature se réveille au printemps. » → la nature accomplit une action humaine.
Allégorie. Elle représente une idée abstraite sous la forme d'un personnage ou d'une scène concrète et cohérente. Contrairement à la personnification (locale), l'allégorie est construite sur l'ensemble d'un texte ou d'une image.
Exemple. La Justice représentée par une femme aux yeux bandés tenant une balance est une allégorie. Dans La Fontaine, La Mort, la Vieillesse, la Fortune sont des allégories.
Attention ! Ne confonds pas personnification (figure rhétorique locale) et allégorie (représentation symbolique étendue). L'allégorie donne souvent lieu à un tableau ou à un récit entier.

Effet : la personnification rend un texte plus vivant, plus pathétique ou plus poétique. L'allégorie permet de rendre une idée abstraite accessible et mémorable.

3Les figures d'opposition : antithèse, oxymore et chiasme

Ces figures mettent en regard deux termes ou idées contraires pour créer du sens, de la tension ou de la surprise.

Antithèse. Elle oppose deux termes, deux idées ou deux réalités dans des propositions ou des vers parallèles, en soulignant leur contraste.
Exemple. « La vie est brève, l'art est long. » (Hippocrate, traduit) — opposition brève / long.
Victor Hugo : « Je suis fait de lumière et de nuit. »
Oxymore (ou oxymoron). Il associe dans le même groupe nominal ou la même expression deux termes apparemment contradictoires, créant une image paradoxale saisissante.
Exemple. « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles. » (Corneille, Le Cid) — obscure + clarté.
« Un silence éloquent. » — « Cette douce violence. »
Chiasme. Figure de construction qui organise deux groupes selon un schéma croisé AB / B'A'. Les mêmes éléments réapparaissent mais dans l'ordre inverse.
Exemple. « Il faut manger pour vivre, et non vivre pour manger. » (Molière) — structure : [V + pour + N] / [N + pour + V].
« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas. » (Pascal)
Astuce. Pour repérer un chiasme, schématise la structure : si tu obtiens AB / BA, c'est un chiasme. Il crée souvent un effet de miroir ou de paradoxe.
4Les figures d'insistance : anaphore, hyperbole et gradation

Ces figures amplifient, soulignent ou renforcent une idée par la répétition ou l'exagération.

Anaphore. Répétition d'un même mot ou groupe de mots en début de propositions ou de vers successifs. Elle crée un rythme fort et un effet d'insistance.
Exemple. « Rome, l'unique objet de mon ressentiment ! / Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant ! » (Corneille, Horace) — répétition de « Rome » en tête de chaque vers.
Martin Luther King : « I have a dream… I have a dream… I have a dream… »
Hyperbole. Exagération volontaire de la réalité dans un but expressif : for intensifier un sentiment, surprendre, convaincre ou faire rire.
Exemple. « Je meurs de faim. » — « Il y avait un million de personnes dans la rue. » — « Je te l'ai dit mille fois ! »
Gradation. Suite de termes ordonnés selon une progression ascendante (climax) ou descendante (anticlimax), intensifiant progressivement un effet.
Exemple. « Va, cours, vole et nous venge ! » (Corneille, Le Cid) — gradation ascendante de vitesse et d'urgence.
Anticlimax (comique) : « Il a perdu sa femme, son chien, ses clés. »
Attention ! L'anaphore est en début de propositions ; l'épiphore (figure inverse, moins fréquente au collège) répète à la fin. Ne les confonds pas.
5Les figures d'atténuation : litote, euphémisme et prétérition

Ces figures atténuent, voilent ou minimisent une réalité, souvent pour en renforcer paradoxalement l'effet ou pour ménager la sensibilité du lecteur.

Litote. Elle dit moins pour sous-entendre plus. La formulation est atténuée, souvent négative, mais le sens véritable est plus fort.
Exemple. « Va, je ne te hais point. » (Corneille, Le Cid) — Chimène dit en réalité qu'elle aime Rodrigue.
« Ce n'est pas mal. » = c'est très bien. — « Il n'est pas bête. » = il est très intelligent.
Euphémisme. Il remplace un terme trop dur, choquant ou tabou par une expression plus douce ou vague, pour atténuer la réalité.
Exemple. « Il nous a quittés. » à la place de « Il est mort. »
« Un conflit armé » pour « une guerre ». — « Personne à mobilité réduite » pour « handicapé ».
Prétérition. Elle consiste à prétendre ne pas parler d'une chose tout en en parlant. C'est une feinte rhétorique : on attire l'attention sur ce qu'on dit négliger.
Exemple. « Je ne rappellerai pas ses nombreuses trahisons, ses mensonges répétés, ses scandales… » → on en parle quand même.
« Sans parler de la hausse des impôts, de la corruption et du chômage… »
Astuce. La litote et l'euphémisme sont proches mais distincts : la litote dit moins pour signifier plus, l'euphémisme adoucit pour éviter un mot tabou. La prétérition, elle, dénonce en feignant de taire.
6Les figures de substitution : métonymie et synecdoque

Ces figures remplacent un terme par un autre avec lequel il entretient un lien logique (non une ressemblance). Elles condensent l'expression et enrichissent le style.

Métonymie. Elle désigne une réalité par un mot qui lui est associé selon un rapport logique :
  • la cause pour l'effet (ou l'inverse)
  • le contenant pour le contenu
  • le lieu pour l'institution ou les personnes
  • le créateur pour l'œuvre
Exemple. « Boire un verre » (le contenant pour le contenu : le verre = la boisson).
« Lire Molière » (l'auteur pour l'œuvre : Molière = ses pièces).
« L'Élysée a déclaré que… » (le lieu pour l'institution : l'Élysée = la présidence).
« Verser des larmes » (l'effet pour la cause : larmes = tristesse).
Synecdoque. Variante de la métonymie qui désigne un tout par une de ses parties (ou une partie par le tout).
Exemple. « Les voiles à l'horizon » → les voiles désignent les bateaux (la partie pour le tout).
« L'homme est mortel » → l'homme désigne l'espèce humaine entière (le particulier pour le général).
Attention ! Métonymie et synecdoque n'impliquent pas de ressemblance (contrairement à la métaphore), mais un rapport de contiguïté ou d'appartenance logique.
7Analyser l'effet d'une figure : méthode et exemples

Savoir identifier une figure ne suffit pas : le brevet exige que tu analyses son effet dans le texte. Voici une méthode en 3 étapes.

Méthode d'analyse en 3 temps.
1. Identifier la figure (nommer + citer).
2. Décrire son mécanisme (ce qu'elle fait formellement).
3. Interpréter son effet dans le contexte (ce qu'elle produit sur le lecteur, ce qu'elle exprime).
Exemple d'analyse complète.
Phrase : « La nuit m'engloutissait dans ses bras froids. »
Figure : personnification (la nuit a des « bras », action humaine « engloutissait »).
Mécanisme : la nuit, réalité abstraite, est représentée comme un être humain qui agit physiquement.
Effet : la nuit devient une menace, presque un prédateur. Le narrateur se sent prisonnier, vulnérable. L'atmosphère est oppressante et angoissante.

Pour chaque figure, demande-toi :

  • Quel sentiment, quelle idée est renforcée ?
  • Quel effet est produit sur le rythme ou la musique du texte ?
  • Quel effet est produit sur le lecteur (émotion, adhésion, surprise…) ?
Astuce. Les formules utiles pour analyser un effet : « … renforce l'idée de… », « … crée un contraste entre… », « … insiste sur… », « … permet de visualiser… », « … produit un effet de… ».
8Tableau de synthèse et repères pour le brevet

Voici un tableau récapitulatif des figures à maîtriser pour le brevet de 3e :

FigureFamilleMécanismeEffet principal
ComparaisonAnalogieRapprochement avec outil (comme, tel…)Clarifier, illustrer, embellir
MétaphoreAnalogieIdentification directe sans outilIntensifier, frapper, condenser l'image
Métaphore filéeAnalogieImage développée sur plusieurs phrases/versCohérence poétique, richesse symbolique
PersonnificationAnalogieAttributs humains à un non-humainAnimer, émouvoir, dramatiser
AntithèseOppositionDeux termes opposés en parallèleContraster, mettre en relief
OxymoreOppositionDeux contraires dans un même groupeParadoxe frappant, nuance complexe
ChiasmeOpposition/ConstructionStructure AB / B'A'Équilibre, symétrie, retournement
AnaphoreInsistanceRépétition en début de propositionRythme, insistance, persuasion
HyperboleInsistanceExagération volontaireIntensifier, persuader, comique
GradationInsistanceProgression ascendante ou descendanteAmplifier l'effet, dramatiser
LitoteAtténuationDire moins pour signifier plusSuggérer, pudeur, ironie
EuphémismeAtténuationMot doux pour réalité dureAdoucir, ménager, voiler
PrétéritionAtténuationFeindre de ne pas parler de ce dont on parleEffet rhétorique, souligner en feignant de taire
MétonymieSubstitutionRemplacement par terme lié logiquementCondenser, stylistique, élégance
SynecdoqueSubstitutionLa partie pour le tout (ou l'inverse)Raccourci expressif, mise en avant
Attention brevet ! Au brevet, on te demande toujours : (1) le nom de la figure, (2) la citation qui l'illustre, (3) l'effet produit dans le texte. Ces trois éléments sont indispensables pour obtenir tous les points.
À retenir
À retenir :
Analogie : comparaison (avec outil) / métaphore (sans outil) / personnification / allégorie.
Opposition : antithèse (parallèle), oxymore (même groupe), chiasme (croisement AB/B'A').
Insistance : anaphore (répétition initiale), hyperbole (exagération), gradation (progression).
Atténuation : litote (dire moins pour plus), euphémisme (voiler), prétérition (feindre de taire).
Substitution : métonymie (lien logique), synecdoque (partie/tout).
• Pour analyser : nommer + citer + interpréter l'effet dans le contexte.
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