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Collège · 3ᵉ · Français

Les figures de style (approfondissement)

Analogie, opposition, insistance & atténuation : reconnaître les figures et analyser leur effet

À propos de cette page
Ce cours de français en troisième sur « Les figures de style (approfondissement) » suit le programme officiel de français de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : À quoi sert une figure de style ?, Les figures d'analogie, Les figures d'opposition, Les figures d'insistance et d'amplification. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en français.
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À quoi sert une figure de style ?

Une figure de style est un écart volontaire par rapport à la façon ordinaire de dire les choses. Au lieu d'écrire « il pleuvait beaucoup », l'auteur écrit « le ciel se vidait sur la ville » : l'image frappe, fait voir, fait sentir.

Définition. Une figure de style est un procédé d'écriture qui modifie le sens des mots (image), leur ordre (construction), leur intensité (exagération, atténuation) ou leurs sons, pour produire un effet sur le lecteur : émouvoir, faire rire, convaincre, faire voir.
Astuce. Au brevet, la question type est : « Identifiez la figure de style dans … et expliquez son effet. » Nommer sans expliquer rapporte la moitié des points ; expliquer sans nommer aussi. Il faut les deux.
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Les figures d'analogie

Elles rapprochent deux réalités qui se ressemblent : le comparé (ce dont on parle) et le comparant (l'image).

FigureComment la reconnaîtreExemple
ComparaisonUn outil de comparaison relie comparé et comparant : comme, tel, pareil à, semblable à, ainsi que, ressembler à« La lune, comme une pièce d'argent, roulait sur les toits. »
MétaphoreAucun outil : le comparant remplace le comparé ou lui est identifié (verbe être, apposition, complément du nom)« La lune, pièce d'argent, roulait sur les toits. » / « l'argent de la lune »
Métaphore filéeLa même image se prolonge sur plusieurs mots ou phrases, avec tout un champ lexical« La lune roulait sur les toits, tombait dans la gouttière, et le matin la ramassait dans la rue. »
PersonnificationUn objet, un animal, une idée reçoit un comportement humain« La maison s'endormait, volets clos. »
AllégorieUne idée abstraite est représentée par un personnage ou une scène concrète, souvent avec majusculeLa Mort avec sa faux ; la Justice aux yeux bandés
Attention ! « Il est fort comme un bœuf » est une comparaison ; « c'est un bœuf » est une métaphore. Le seul critère est la présence ou l'absence de l'outil. Ne dis jamais « métaphore avec comme ».
Effets. La comparaison explique et rend visible ; la métaphore condense et surprend, elle fusionne deux réalités ; la personnification anime le décor et lui prête des émotions ; l'allégorie rend une idée concrète et mémorisable.
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Les figures d'opposition

Elles mettent face à face des contraires pour créer une tension ou un paradoxe.

FigureComment la reconnaîtreExemple
AntithèseDeux termes contraires dans deux groupes ou deux propositions distincts« Les uns riaient, les autres pleuraient. »
OxymoreDeux termes contraires dans le même groupe de mots (nom + adjectif le plus souvent)« un silence assourdissant », « cette obscure clarté » (Corneille)
ChiasmeConstruction en croix (A B / B A) qui inverse l'ordre des termes« Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. »
Attention ! Antithèse et oxymore se distinguent par la distance entre les contraires : éloignés (deux moitiés de phrase) = antithèse ; collés (un groupe) = oxymore. L'antiphrase (dire le contraire de ce qu'on pense : « quel temps magnifique ! » sous la pluie) est la figure de l'ironie, traitée dans le chapitre sur l'implicite.
Effets. L'antithèse structure une opposition et met en valeur un contraste (le bien et le mal, la vie et la mort) ; l'oxymore crée un paradoxe saisissant, souvent poétique ; le chiasme donne une formule frappante, facile à retenir.
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Les figures d'insistance et d'amplification

Elles répètent, accumulent ou exagèrent pour donner de la force à une idée.

FigureComment la reconnaîtreExemple
AnaphoreLe même mot ou groupe en tête de phrases ou de vers successifs« Rien ne bougeait. Rien ne parlait. Rien ne respirait. »
RépétitionUn mot repris n'importe où dans la phrase« Il courait, courait, courait encore. »
HyperboleExagération évidente« Un océan de larmes », « mourir de rire »
GradationTermes classés par intensité croissante (ou décroissante)« Il murmura, parla, cria, hurla. »
Énumération / accumulationListe de termes de même nature, sans ordre d'intensité« Des livres, des cahiers, des crayons, des règles couvraient la table. »
Attention ! Une gradation est une énumération ordonnée : si l'on peut inverser les termes sans rien changer, c'est une simple énumération. Une anaphore exige la répétition en début de groupe ; ailleurs, on parle de répétition.
Effets. L'anaphore martèle et rythme (discours, poésie engagée) ; l'hyperbole traduit une émotion forte ou fait rire ; la gradation crée une montée dramatique ; l'énumération donne une impression d'abondance ou de désordre.
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Les figures d'atténuation

À l'inverse de l'hyperbole, elles disent moins que la réalité, mais pour des raisons opposées.

FigureComment la reconnaîtreExemple
LitoteFormule souvent négative qui laisse entendre plus qu'elle ne dit« Va, je ne te hais point » (Corneille) = je t'aime ; « ce n'est pas bête » = c'est très intelligent
EuphémismeExpression adoucie pour une réalité pénible ou choquante, sans intention de dire plus« Il nous a quittés » = il est mort ; « un demandeur d'emploi » = un chômeur
Attention ! C'est la confusion la plus fréquente au brevet. La litote renforce (on comprend plus fort) ; l'euphémisme adoucit (on comprend moins brutal). « Ce n'est pas mauvais » (litote : c'est délicieux) ≠ « il s'est éteint » (euphémisme : il est mort).
Effets. La litote donne de la retenue et de l'élégance, laisse le lecteur compléter ; l'euphémisme ménage la sensibilité ou, parfois, masque une réalité gênante (c'est alors un outil de critique).
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Les figures de substitution

Elles remplacent un mot par un autre qui lui est lié par un rapport logique (et non par une ressemblance, comme la métaphore).

FigureLien logiqueExemple
MétonymieContenant pour contenu, auteur pour œuvre, lieu pour habitants, cause pour effet, matière pour objet« boire un verre », « lire un Zola », « la ville dormait », « l'acier » (pour l'épée)
SynecdoqueLa partie pour le tout, ou le tout pour la partie (cas particulier de métonymie)« une voile à l'horizon » (un bateau), « les vingt têtes du troupeau », « la France a gagné » (l'équipe)
PériphraseUn groupe de mots remplace un mot unique« la Ville lumière » (Paris), « l'astre du jour » (le soleil), « le roi des animaux » (le lion)
Astuce. Métaphore ou métonymie ? Demande-toi si les deux termes se ressemblent (métaphore : la lune est une pièce parce qu'elle est ronde et brillante) ou s'ils sont liés dans la réalité (métonymie : le verre contient la boisson).
Effets. La métonymie condense et donne un tour familier ou concret ; la synecdoque fait voir un détail significatif ; la périphrase évite une répétition, ennoblit ou fait deviner.
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Sonorités et constructions

Certaines figures ne jouent pas sur le sens mais sur les sons ou l'ordre des mots.

FigureComment la reconnaîtreExemple
AllitérationRépétition d'une consonne« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Racine) : [s]
AssonanceRépétition d'une voyelle« Tout m'afflige et me nuit et conspire à me nuire » (Racine) : [i]
ParallélismeDeux groupes construits sur le même modèle (A B / A' B')« Il aimait la mer, il détestait la montagne. »
Attention ! Une allitération n'a d'intérêt que si le son imite ou renforce quelque chose : le [s] siffle comme les serpents, le [r] gronde, le [l] coule. Relever une allitération sans en dire l'effet ne rapporte rien.
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Analyser l'effet d'une figure : la méthode du brevet

La réponse attendue tient en trois temps, dans une phrase ou deux :

  1. Nommer et citer : « Le vers 3 contient une personnification : “la montagne fière”. »
  2. Décrire le mécanisme : quel est le comparé, quel est le comparant ; quels mots s'opposent ; quel mot est répété ; qu'est-ce qui est exagéré ou atténué.
  3. Interpréter l'effet dans le contexte : quelle émotion, quelle image, quelle idée en ressort ? Relie toujours l'effet au sens du passage (le thème, le sentiment du personnage, l'intention de l'auteur).
Exemple rédigé. « Un océan de larmes coulait sur ses joues. » → Cette phrase contient une métaphore doublée d'une hyperbole : les larmes sont identifiées à un « océan », sans outil de comparaison, et l'image est volontairement exagérée. L'auteur traduit ainsi l'intensité d'un chagrin que le personnage ne peut plus contenir, et fait sourire légèrement le lecteur par l'excès de l'image.
Astuce. Banque de verbes pour l'effet : souligner, mettre en valeur, traduire, suggérer, rendre sensible, dramatiser, adoucir, animer, faire entendre, créer un contraste, donner du rythme. Évite « ça rend la phrase plus jolie ».
Attention ! Une même phrase peut contenir plusieurs figures (métaphore + hyperbole, anaphore + gradation). Cite-les toutes si la question demande « la ou les figures ».
À retenir
  • Comparaison = outil (comme, tel) ; métaphore = pas d'outil ; métaphore filée = image prolongée ; personnification = comportement humain prêté à un non-humain.
  • Antithèse (contraires éloignés) ≠ oxymore (contraires collés) ; chiasme = croisement A B / B A.
  • Anaphore (répétition en tête), hyperbole (exagération), gradation (intensité croissante), énumération (liste).
  • Litote = dire moins pour faire entendre plus ; euphémisme = adoucir une réalité pénible.
  • Métonymie (lien logique), synecdoque (partie/tout), périphrase (groupe de mots pour un mot).
  • Allitération (consonne), assonance (voyelle) : toujours dire ce que le son imite.
  • Méthode : nommer + citer, décrire le mécanisme, interpréter l'effet dans le contexte.
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