À propos de cette page
Ce cours de français en troisième sur « L'analyse de la phrase complexe » suit le programme officiel de français de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : La phrase simple et la phrase complexe : définitions, Les propositions indépendantes : juxtaposition et coordination, La proposition subordonnée relative, La proposition subordonnée conjonctive complétive. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en français.
Au programme
1 · La phrase simple et la phrase complexe : définitions
2 · Les propositions indépendantes : juxtaposition et coordination
3 · La proposition subordonnée relative
4 · La proposition subordonnée conjonctive complétive
5 · Les propositions subordonnées circonstancielles
6 · Les rapports logiques exprimés par les subordonnées
7 · Tableau de synthèse : reconnaître et analyser les propositions
1La phrase simple et la phrase complexe : définitions
Une phrase simple contient un seul verbe conjugué, donc une seule proposition.
Exemple. Le vent souffle fort. → 1 verbe conjugué = 1 proposition = phrase simple.
Une phrase complexe contient au moins deux verbes conjugués, donc au moins deux propositions.
Exemple. Le vent souffle fort et les volets claquent. → 2 verbes conjugués = 2 propositions = phrase complexe.
Proposition. Une proposition est un groupe de mots organisé autour d'un verbe conjugué. Elle constitue l'unité de base de l'analyse de la phrase complexe.
Astuce. Pour compter les propositions, commence par repérer tous les verbes conjugués (à un temps de l'indicatif, du subjonctif, du conditionnel ou de l'impératif). Chaque verbe conjugué correspond à une proposition.
Attention ! Un infinitif ou un participe ne constituent pas à eux seuls une proposition conjuguée. Il espère partir : un seul verbe conjugué (espère), donc phrase simple malgré la présence de l'infinitif partir.
2Les propositions indépendantes : juxtaposition et coordination
Deux propositions indépendantes sont reliées sans qu'aucune ne dépende de l'autre. Elles peuvent être :
- Juxtaposées : séparées uniquement par une virgule, un point-virgule ou deux-points, sans mot de liaison.
- Coordonnées : reliées par une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou un adverbe de liaison (puis, ensuite, cependant…).
| Type | Liaison | Exemple |
|---|
| Juxtaposition | Virgule / point-virgule | Il pleut ; nous restons chez nous. |
| Coordination | Conjonction de coordination | Il pleut, donc nous restons chez nous. |
Conjonctions de coordination. Mais – Ou – Et – Donc – Or – Ni – Car (moyen mnémotechnique : MOEDONIC ou mais ou et donc or ni car).
Astuce. Les propositions indépendantes coordonnées ou juxtaposées ont le même rang syntaxique : aucune ne dépend de l'autre. On peut les intervertir ou supprimer l'une sans détruire l'autre grammaticalement.
3La proposition subordonnée relative
La proposition subordonnée relative est introduite par un pronom relatif : qui, que, qu', dont, où, lequel, laquelle, auquel, duquel…
Elle complète un nom ou un pronom appelé antécédent. Elle a la fonction de complément de l'antécédent (ou épithète).
Exemple. Le livre que tu m'as prêté est passionnant.
→ Proposition subordonnée relative, complément de l'antécédent livre. Pronom relatif : que (COD de prêté).
Fonctions des pronoms relatifs.- qui : sujet (l'homme qui parle)
- que / qu' : COD (le film que j'ai vu)
- dont : complément du nom, COI, CC (la ville dont je parle)
- où : CC de lieu ou de temps (le jour où il est venu)
- lequel / laquelle… : diverses fonctions après préposition (le crayon avec lequel j'écris)
Attention ! Ne confonds pas le pronom relatif que (introduit une relative) et la conjonction de subordination que (introduit une conjonctive). Test : remplace par qui — si la phrase reste grammaticale, c'est une relative (l'élève que/qui travaille).
4La proposition subordonnée conjonctive complétive
La proposition subordonnée conjonctive complétive est introduite par la conjonction de subordination que (ou qu'). Elle a la fonction de COD, COI ou sujet du verbe principal.
Exemple. Je pense qu'il a raison.
→ Proposition subordonnée conjonctive complétive, COD de pense.
Exemple. Que tu réussisses me réjouit.
→ Proposition subordonnée conjonctive complétive, sujet de réjouit.
Les complétives se construisent notamment avec des verbes de :
- déclaration : dire, affirmer, prétendre…
- pensée/opinion : croire, penser, estimer…
- sentiment/volonté : vouloir, souhaiter, regretter… (souvent avec subjonctif)
- perception : voir, sentir, entendre…
Mode dans la complétive. Après un verbe de certitude/déclaration → indicatif. Après un verbe de volonté/doute/sentiment → subjonctif.
Astuce. On peut souvent remplacer la complétive par un groupe nominal pour vérifier sa fonction : Je pense cela. → COD confirmé.
5Les propositions subordonnées circonstancielles
Les propositions subordonnées circonstancielles sont introduites par une conjonction de subordination ou une locution conjonctive. Elles expriment des circonstances et jouent le rôle de compléments circonstanciels du verbe principal.
| Rapport | Conjonctions / Locutions | Mode |
|---|
| Temps | quand, lorsque, avant que, après que, dès que, pendant que, depuis que | Indicatif (subjonctif pour avant que) |
| Cause | parce que, puisque, comme, étant donné que, vu que | Indicatif |
| Conséquence | si bien que, de sorte que, au point que | Indicatif |
| But | pour que, afin que, de crainte que | Subjonctif |
| Opposition/Concession | bien que, quoique, même si, alors que | Subjonctif (bien que/quoique) / Indicatif |
| Condition | si, à condition que, pourvu que, à moins que | Indicatif (si) / Subjonctif (autres) |
| Comparaison | comme, ainsi que, plus… que, moins… que | Indicatif |
Méthode. Pour nommer une circonstancielle : 1. Repère la conjonction. 2. Identifie le rapport logique. 3. Formule : « Proposition subordonnée circonstancielle de [rapport], CC de [verbe] ».
6Les rapports logiques exprimés par les subordonnées
Chaque subordonnée circonstancielle exprime un rapport logique précis entre deux faits ou idées. Maîtriser ces rapports est essentiel pour la compréhension et la production de textes argumentatifs.
Cause. Il est resté chez lui parce qu'il était malade. — La subordonnée indique la raison du fait exprimé dans la principale.
Conséquence. Il travaillait tellement dur qu'il réussit brillamment. — La subordonnée indique le résultat du fait exprimé dans la principale.
But. Elle chuchote pour que personne ne l'entende. — La subordonnée exprime l'objectif visé.
Opposition / Concession. Bien qu'il soit fatigué, il continue à jouer. — La subordonnée exprime un fait qui s'oppose à ce qu'on attendrait.
Condition. Si tu travailles régulièrement, tu progresseras. — La subordonnée exprime une hypothèse dont dépend la principale.
Attention ! La conséquence se différencie du but : la conséquence est réelle (elle s'est produite), le but est visé (il peut ne pas être atteint). Il a couru si vite qu'il a gagné (conséquence réelle) ≠ Il court vite pour gagner (but).
7Tableau de synthèse : reconnaître et analyser les propositions
Voici la méthode complète pour analyser une phrase complexe en 4 étapes :
- Étape 1 : Compter les verbes conjugués → détermine le nombre de propositions.
- Étape 2 : Repérer les mots de liaison → virgule/point-virgule, conjonction de coordination, pronom relatif, conjonction de subordination.
- Étape 3 : Nommer chaque proposition → indépendante juxtaposée/coordonnée, principale, subordonnée relative/conjonctive/circonstancielle.
- Étape 4 : Préciser la fonction → de la subordonnée dans la phrase (COD, épithète, CC de temps/cause/but…).
| Type de proposition | Mot introducteur | Fonction dans la phrase |
|---|
| Indépendante juxtaposée | Virgule / ; / : | Aucune dépendance |
| Indépendante coordonnée | mais, ou, et, donc, or, ni, car | Aucune dépendance |
| Sub. relative | qui, que, dont, où, lequel… | Complément de l'antécédent |
| Sub. conjonctive complétive | que, qu' | COD, COI, sujet |
| Sub. circonstancielle de temps | quand, lorsque, dès que… | CC de temps |
| Sub. circonstancielle de cause | parce que, puisque, comme… | CC de cause |
| Sub. circonstancielle de but | pour que, afin que… | CC de but |
| Sub. circonstancielle de condition | si, à condition que… | CC de condition |
| Sub. circonstancielle de conséquence | si bien que, de sorte que… | CC de conséquence |
| Sub. circonstancielle d'opposition | bien que, quoique, alors que… | CC d'opposition/concession |
Astuce brevet. La question d'analyse de phrase au brevet demande souvent : « Identifiez la nature et la fonction de la proposition soulignée. » Entraîne-toi à répondre en une phrase complète : « C'est une proposition subordonnée [nature], [fonction] de [verbe/nom]. »
★À retenir
À retenir :
• Une phrase complexe contient au moins 2 verbes conjugués = au moins 2 propositions.
• Propositions indépendantes : juxtaposées (virgule/;) ou coordonnées (mais, ou, et, donc, or, ni, car).
• Subordonnée relative → introduite par un pronom relatif (qui, que, dont, où…) → complète un antécédent.
• Subordonnée conjonctive complétive → introduite par « que » → COD, COI ou sujet.
• Subordonnées circonstancielles → conjonctions de subordination → CC de temps, cause, but, conséquence, opposition, condition, comparaison.
• Mode : indicatif après certitude/déclaration ; subjonctif après volonté/doute/but/opposition (bien que, pour que…).