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Collège · 3ᵉ · EMC

Identité et émancipation personnelle

Construire son identité tout en s'ouvrant à l'altérité

À propos de cette page
Ce cours de emc en troisième sur « Identité et émancipation personnelle » suit le programme officiel de emc de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qui suis-je ? Les dimensions de l'identité, Se construire : socialisation et appartenances, S'émanciper : devenir autonome, Liberté, responsabilité, vie privée. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en emc.
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Qui suis-je ? Les dimensions de l'identité

Identité. Ensemble des caractéristiques qui font qu'une personne est elle-même et pas une autre : à la fois ce qui reste (je suis la même personne à 5 et à 15 ans) et ce qui change (je ne pense plus comme à 5 ans). Répondre à « qui suis-je ? » suppose de tenir les deux.
DimensionContenuQui la définit ?
Identité civileNom, prénoms, sexe, date et lieu de naissance, nationalité, filiationL'État (acte de naissance, carte d'identité) ; modifiable dans des cas prévus par la loi (changement de prénom en mairie depuis 2016, choix du nom d'un parent depuis 2022)
Identité socialeRôles et appartenances : élève, aîné, Marseillais, supporter, membre d'une associationLes autres et soi
Identité personnelleCaractère, goûts, valeurs, convictions, histoire, projetsSoi, au fil des expériences
Identité numériqueProfils, publications, photos, traces laissées en ligneSoi, mais aussi les autres et les algorithmes
Exemple. Deux jumeaux ont la même identité civile à un prénom près et une identité sociale proche ; leurs identités personnelles divergent pourtant dès l'enfance : l'identité n'est pas donnée, elle se fait.
Attention ! Une personne n'est jamais réductible à une seule de ses appartenances (origine, religion, sexe, quartier). Dire « les jeunes », « les Marseillais », c'est parler d'une catégorie, pas d'un individu.
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Se construire : socialisation et appartenances

Socialisation. Processus par lequel on apprend, souvent sans s'en rendre compte, les règles, les valeurs et les manières de faire de sa société. Primaire dans l'enfance (famille, école), secondaire ensuite (amis, travail, engagements, médias).
InstanceCe qu'elle transmetCe qu'on en fait
FamilleLangue, valeurs, goûts, habitudes, parfois une religion et des opinionsOn les reçoit, puis on les garde, les adapte ou les rejette
ÉcoleSavoirs, règles communes, rencontre d'élèves différents, laïcitéOn apprend à vivre avec des personnes qu'on n'a pas choisies
PairsCodes vestimentaires, langage, musique, humourÀ l'adolescence, le groupe aide à se différencier des parents
Médias et réseauxModèles, normes de beauté et de réussite, informationsIls influencent d'autant plus qu'on ne s'en méfie pas

Chacun cumule des appartenances (nationale, régionale, familiale, culturelle, religieuse ou non, sportive, générationnelle). Certaines sont héritées, d'autres choisies ; elles peuvent entrer en tension, et c'est en les articulant qu'on devient soi. La République ne demande pas de renoncer à ses appartenances mais de partager des règles et des valeurs communes.

Exemple. Une élève parle arabe avec ses grands-parents, français au collège, supporte l'OM, joue dans un orchestre et se dit européenne : cinq appartenances, une seule personne. L'adolescence est le moment où l'on trie ce qu'on a reçu.
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S'émanciper : devenir autonome

Émancipation. Du latin emancipare, affranchir un esclave ou un enfant de l'autorité du père. Aujourd'hui : processus par lequel une personne se libère des dépendances et des déterminismes (familiaux, sociaux, culturels) pour penser et décider par elle-même, en assumant ses choix. Ce n'est pas rejeter tout ce qu'on a reçu, mais le réexaminer.

Le philosophe Kant (1784) définit les Lumières comme « la sortie de l'homme hors de l'état de minorité où il se maintient par sa propre faute », et donne leur devise : « Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! ». L'émancipation demande du courage, de l'éducation et de l'esprit critique.

ÂgeCe que la loi reconnaît au mineur
Dès la naissanceDroits de la Convention internationale des droits de l'enfant (1989) : être entendu (art. 12), s'exprimer (art. 13), vie privée (art. 16)
13 ansResponsabilité pénale (justice des mineurs) ; inscription au registre des refus de don d'organes
15 ansMajorité numérique : consentir seul au traitement de ses données (RGPD) et s'inscrire sur un réseau social (loi de 2023)
16 ansFin de l'instruction obligatoire, travail ou apprentissage, recensement, service civique, émancipation juridique possible par le juge à la demande des parents (Code civil, art. 413-2) : le mineur émancipé gère seul sa vie civile
18 ansMajorité : pleine capacité juridique, vote, autorité parentale éteinte
Astuce. L'autonomie se construit par paliers : la loi confie des droits progressifs à mesure que la capacité de jugement grandit. Émancipation juridique (rare, décidée par un juge) ≠ émancipation personnelle (le travail de toute une vie).
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Liberté, responsabilité, vie privée

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » (DDHC, art. 4) : ma liberté s'arrête où commence celle des autres, et c'est la loi qui trace la limite. Être libre, c'est donc aussi répondre de ses actes.

ResponsabilitéDevant qui ?Pour un mineur
MoraleSa conscience, les autresDès qu'on distingue le bien du mal
Civile (réparer un dommage)La victime, le juge civilLes parents répondent des dommages causés par leur enfant (Code civil, art. 1242)
Pénale (répondre d'une infraction)La société, le juge pénalDès 13 ans, peines réduites, priorité éducative
Vie privée (Code civil, art. 9). « Chacun a droit au respect de sa vie privée. » En découlent le droit à l'image (on ne publie pas la photo de quelqu'un sans son accord, même en groupe), le secret des correspondances, la protection des données personnelles (RGPD, CNIL). Pour un mineur, l'accord des parents est requis avant 15 ans.
Exemple. Publier la photo d'un camarade ridiculisé dans une conversation de classe : atteinte au droit à l'image, et si cela se répète, harcèlement, délit puni jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 € pour un majeur (loi de 2022, harcèlement scolaire). Les parents des auteurs mineurs paient les dommages et intérêts.
Attention ! La liberté d'expression protège les opinions, pas les atteintes aux personnes : injure, diffamation, incitation à la haine, diffusion d'images intimes (revenge porn, 2 ans de prison) sont des infractions, même entre mineurs, même « pour rire ».
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L'altérité : l'autre, condition de soi

Altérité. Le fait que l'autre est autre : différent de moi par son histoire, sa culture, ses convictions, son corps. Reconnaître l'altérité, c'est admettre que cette différence a la même valeur que la mienne, sans la nier ni la réduire à la mienne.

L'autre n'est pas un obstacle à l'identité : il en est la condition. On ne se connaît qu'en se comparant, en dialoguant, en étant regardé. Rimbaud écrit « Je est un autre » (1871) ; le philosophe Paul Ricœur intitule un de ses livres Soi-même comme un autre (1990) : je me comprends en me racontant aux autres et en les écoutant.

AttitudeDéfinitionLimite
EmpathieComprendre ce que ressent l'autre en se mettant à sa placeComprendre n'est pas approuver
ToléranceAccepter que l'autre pense, croie ou vive autrementDans le respect de la loi et de la dignité de chacun : on ne tolère pas l'intolérable
DialogueConfronter des points de vue en cherchant à comprendre, pas à vaincreExige d'accepter d'avoir tort
Exemple. Un élève nouvellement arrivé, qui parle mal le français, est d'abord perçu à travers un stéréotype ; le travail en groupe révèle un joueur d'échecs redoutable et un camarade drôle. La rencontre a remplacé la catégorie par une personne.
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Égale dignité et lutte contre les discriminations

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » (Déclaration universelle des droits de l'homme, 1948, art. 1). La dignité est la valeur égale de toute personne, quels que soient son utilité, ses actes ou ses différences ; elle ne se perd pas.

Discrimination (Code pénal, art. 225-1). Distinction opérée entre des personnes sur la base d'un critère interdit par la loi (plus de 25 : origine, sexe, âge, handicap, apparence physique, orientation sexuelle, religion, opinions, lieu de résidence, situation de famille…) dans l'accès à l'emploi, au logement, à un bien ou un service. Peines : jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende.
RecoursRôle
Défenseur des droits (autorité indépendante, 2011)Saisine gratuite par toute personne ; enquête, médiation, recommandations ; environ 7 000 réclamations pour discrimination par an
JusticePlainte pénale ; devant les prud'hommes ou le tribunal, la victime apporte des indices et l'employeur doit prouver l'absence de discrimination
TestingCandidatures fictives identiques sauf un critère : preuve admise par la loi depuis 2006
Au collègeRéférent harcèlement, numéros 3018 (cyberharcèlement) et 3020, programme pHARe dans tous les établissements
Exemple. Les testings sur CV montrent qu'à diplôme et expérience égaux, un candidat dont le nom évoque une origine maghrébine reçoit environ un quart de réponses positives en moins ; une femme mentionnant des enfants ou un candidat en situation de handicap subissent des écarts comparables. La discrimination est souvent inconsciente, d'où l'utilité de la mesurer.
Attention ! Égalité ≠ uniformité : traiter différemment des situations différentes (aménagements pour un élève handicapé, bourses) n'est pas discriminer, c'est rendre l'égalité réelle. L'égalité femmes-hommes reste un chantier : écart de salaire d'environ 14 % à temps de travail égal, parité imposée par la loi de 2000 aux élections.
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Grandir libre : l'école, la culture, l'engagement

S'émanciper ne se fait pas seul ni contre les autres : trois leviers y aident.

LevierComment il émancipe
L'écoleInstruction obligatoire de 3 à 16 ans ; savoirs qui permettent de juger par soi-même ; laïcité, qui protège la liberté de conscience de chaque élève ; mixité sociale et de genre ; instances (délégués, conseil de la vie collégienne) où l'on apprend à s'exprimer et à décider
La cultureLire, voir des films, écouter des musiques venues d'ailleurs : c'est vivre d'autres vies, comprendre d'autres points de vue, élargir son identité ; le pass Culture (dès 15 ans) y donne accès
L'engagementAssociation, club, bénévolat, service civique à 16 ans : on découvre ce dont on est capable et on se relie aux autres ; l'identité se construit aussi dans l'action
Convention internationale des droits de l'enfant (1989). L'enfant a droit à la liberté d'opinion et d'expression, de pensée et de conscience (art. 12 à 14), à l'éducation (art. 28) et à la protection contre les violences (art. 19) : l'émancipation est un droit, pas seulement un idéal.
Exemple. Le harcèlement scolaire touche environ un élève sur vingt : il attaque directement l'identité (apparence, origine, orientation) et la liberté de la victime. Les témoins qui parlent, le référent, le 3018 et la sanction des auteurs sont les conditions pour que chacun puisse grandir libre.
Méthode brevet. Face à une situation : 1) quelle dimension de l'identité ou quelle liberté est en jeu ? 2) quel droit ou quel texte s'applique (DDHC, Code civil art. 9, Code pénal 225-1, CIDE) ? 3) qui est responsable et à quel titre (morale, civile, pénale) ? 4) quelle attitude respecte l'altérité et la dignité ? Quatre étapes, quatre points.
En bref
  • L'identité est civile, sociale, personnelle et numérique ; elle tient ensemble ce qui reste et ce qui change ; nul n'est réductible à une appartenance.
  • Elle se construit par la socialisation (famille, école, pairs, médias) et l'articulation d'appartenances héritées et choisies.
  • S'émanciper : penser par soi-même (Kant, 1784, « Sapere aude »), grâce à l'éducation et à l'esprit critique ; droits progressifs : 13, 15, 16, 18 ans ; émancipation juridique à 16 ans (art. 413-2).
  • Liberté (DDHC art. 4) et responsabilité morale, civile (parents, art. 1242), pénale (13 ans) ; vie privée (Code civil art. 9), droit à l'image, RGPD, majorité numérique 15 ans.
  • Altérité : l'autre est la condition de soi (Rimbaud, Ricœur) ; empathie, tolérance, dialogue ; stéréotype → préjugé → discrimination.
  • Dignité égale (DUDH 1948) ; discrimination interdite (Code pénal 225-1, 3 ans, 45 000 €), Défenseur des droits, testing, 3018 ; égalité ≠ uniformité.
  • École, culture, engagement : les leviers pour grandir libre ; CIDE (1989).
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