À propos de cette page
Ce cours de emc en troisième sur « Identité et émancipation personnelle » suit le programme officiel de emc de troisième. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce que l'identité ?, La construction de l'identité personnelle, Identité individuelle et identités collectives, L'émancipation : se libérer pour devenir soi-même. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de troisième à réussir en emc.
Au programme
1 · Qu'est-ce que l'identité ?
2 · La construction de l'identité personnelle
3 · Identité individuelle et identités collectives
4 · L'émancipation : se libérer pour devenir soi-même
5 · L'altérité : reconnaître et respecter l'autre
6 · Liberté et responsabilité individuelle
7 · Égale dignité et lutte contre les discriminations
1Qu'est-ce que l'identité ?
L'identité désigne ce qui fait qu'une personne est elle-même et non une autre. Elle répond à la question : Qui suis-je ?
Définition. L'identité est l'ensemble des caractéristiques — physiques, psychologiques, culturelles, sociales — qui définissent une personne de façon unique et permettent de la distinguer des autres.
L'identité est à la fois stable (une continuité dans le temps : je reste moi-même) et dynamique (elle évolue au fil des expériences, des rencontres, de la croissance).
On distingue :
- L'identité civile : les éléments officiels reconnus par l'État (nom, prénom, date et lieu de naissance, nationalité, numéro de sécurité sociale).
- L'identité subjective : ce que l'on ressent, ce que l'on pense de soi, nos valeurs, nos goûts, nos croyances.
Exemple. Ma carte nationale d'identité atteste de mon identité civile ; mais mes passions, mon caractère et mes engagements forment mon identité subjective, que nul document ne peut saisir entièrement.
2La construction de l'identité personnelle
L'identité ne se donne pas à la naissance : elle se construit tout au long de la vie, en particulier pendant l'adolescence, période de transformation physique, affective et intellectuelle intense.
Plusieurs facteurs contribuent à cette construction :
- La famille : premier lieu de socialisation, elle transmet des valeurs, une langue, des habitudes culturelles.
- L'école : elle ouvre à d'autres savoirs, d'autres personnes, et apprend à vivre avec des individus différents.
- Les pairs : le groupe d'amis joue un rôle crucial à l'adolescence pour tester des rôles sociaux et se différencier des parents.
- La culture et les médias : les œuvres artistiques, la littérature, les réseaux sociaux influencent notre vision du monde et de nous-mêmes.
Astuce. Pour mieux comprendre la construction identitaire, interroge des membres de ta famille sur leur propre parcours : tu constateras que chaque trajectoire est unique même au sein d'une même fratrie.
La socialisation est le processus par lequel un individu intègre les normes, les valeurs et les pratiques de sa société. Elle est primaire (enfance) puis secondaire (adolescence et vie adulte).
Définition. La socialisation est le processus par lequel un individu apprend les règles, les valeurs et les comportements attendus dans une société donnée.
3Identité individuelle et identités collectives
Chaque personne appartient à plusieurs groupes simultanément. Ces appartenances forment des identités collectives qui coexistent avec l'identité individuelle.
| Type d'identité collective | Exemples |
|---|
| Nationale | Être français, européen |
| Culturelle / ethnique | Langue maternelle, traditions familiales |
| Religieuse | Croyances, pratiques spirituelles |
| Sociale | Classe sociale, profession des parents |
| Générationnelle | Génération Z, baby-boomers |
Ces identités collectives peuvent être choisies (un engagement associatif) ou héritées (la nationalité, la langue maternelle). Elles enrichissent l'identité individuelle sans la réduire à une seule appartenance.
Attention ! Réduire une personne à une seule de ses identités collectives (race, religion, origine) est une forme de réductionnisme qui nie sa complexité. Chaque individu est plus que la somme de ses appartenances.
En France, la citoyenneté républicaine repose sur le principe qu'au-delà de nos différences, nous partageons des valeurs communes : liberté, égalité, fraternité, laïcité.
4L'émancipation : se libérer pour devenir soi-même
L'émancipation vient du latin emancipare : libérer de la puissance d'un maître. En EMC, elle désigne la capacité d'un individu à se libérer des déterminismes — sociaux, familiaux, culturels — pour devenir un sujet autonome.
Définition. L'émancipation personnelle est le processus par lequel un individu acquiert progressivement son autonomie : il pense par lui-même, fait des choix éclairés et assume la responsabilité de ses actes.
L'émancipation n'est pas une rupture totale avec son histoire, mais une appropriation critique de ce qu'on a reçu. Elle suppose :
- Le libre arbitre : la capacité de choisir librement parmi plusieurs possibilités.
- L'esprit critique : savoir questionner les informations, les normes et les opinions reçues.
- L'éducation : l'accès au savoir est la condition première de l'émancipation (Kant : « Aie le courage de te servir de ton propre entendement ! »).
Exemple. Le philosophe Emmanuel Kant définit l'Aufklärung (les Lumières) comme la sortie de l'homme de sa minorité dont il est lui-même responsable, c'est-à-dire l'incapacité de se servir de son entendement sans la direction d'autrui.
Au plan juridique, l'émancipation légale désigne la procédure par laquelle un mineur acquiert la capacité juridique d'un majeur (art. 413-1 du Code civil), possible dès 16 ans sur décision du juge aux affaires familiales.
5L'altérité : reconnaître et respecter l'autre
L'altérité désigne le fait que l'autre est différent de moi : par son histoire, ses valeurs, sa culture, ses croyances. Reconnaître l'altérité, c'est admettre que cette différence est légitime et mérite le respect.
Définition. L'altérité est la qualité de ce qui est autre. En philosophie et en EMC, c'est la reconnaissance de l'autre dans sa singularité, sa différence irréductible.
La rencontre avec l'altérité est constitutive de l'identité : c'est en rencontrant l'autre que je prends conscience de moi-même. Comme l'écrit Paul Ricœur : « Je suis moi-même un autre. »
L'altérité implique :
- L'empathie : capacité à se mettre à la place de l'autre, à comprendre ses émotions sans les confondre avec les siennes.
- La tolérance : accepter que l'autre pense, croit ou vive différemment, dans les limites de la loi.
- Le dialogue : échange respectueux qui permet de confronter des points de vue sans violence.
Astuce. L'empathie ne signifie pas approuver tous les comportements de l'autre : on peut comprendre sans cautionner ce qui est illégal ou contraire aux droits fondamentaux.
6Liberté et responsabilité individuelle
La liberté n'est pas l'absence de contraintes absolue. Dans une société démocratique, la liberté individuelle s'exerce dans le respect des droits d'autrui et des lois.
La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 (art. 4) définit la liberté ainsi : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. »
Définition. La responsabilité est l'obligation de répondre de ses actes devant soi-même, devant autrui et devant la loi. Elle est la contrepartie nécessaire de la liberté.
Plusieurs formes de liberté sont protégées par le droit français et les textes internationaux :
- Liberté d'expression (art. 11 DDHC) — limitée par l'interdit d'incitation à la haine.
- Liberté de conscience et de religion — protégée par la loi de 1905 sur la laïcité.
- Liberté de réunion et d'association — garantie par la loi de 1901.
La responsabilité civile (réparer un dommage causé), pénale (répondre d'une infraction) et morale (rendre compte à sa propre conscience) encadrent l'exercice de la liberté.
Attention ! En droit pénal français, la majorité pénale est à 18 ans, mais les mineurs de 13 ans et plus peuvent déjà être jugés par le tribunal pour enfants et être soumis à des mesures éducatives ou pénales.
7Égale dignité et lutte contre les discriminations
La dignité humaine est le principe selon lequel tout être humain a une valeur intrinsèque et inaliénable, indépendamment de son origine, de son sexe, de ses capacités ou de ses croyances. Elle est le fondement des droits de l'homme.
La Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 (ONU) affirme dans son article 1er : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »
Définition. Une discrimination est un traitement différencié défavorable fondé sur un critère illégal (origine, sexe, religion, handicap, orientation sexuelle…). Elle est interdite par le droit français et le droit européen.
En France, la loi punit les discriminations dans l'emploi, le logement, l'accès aux biens et services. Le Défenseur des droits (autorité indépendante créée en 2011) peut être saisi en cas de discrimination.
Lutter contre les discriminations, c'est aussi lutter contre les stéréotypes — images figées et simplificatrices — et les préjugés — jugements portés sans véritable connaissance.
Exemple. La lutte pour l'égalité femmes-hommes (parité, lutte contre les violences sexistes, égalité salariale) illustre concrètement comment la société cherche à faire respecter l'égale dignité de toutes et tous.
À retenir. L'identité, l'émancipation et la reconnaissance de l'altérité sont trois dimensions indissociables du vivre-ensemble démocratique : construire son identité, se libérer, et reconnaître l'autre sont des démarches complémentaires.
★À retenir
En bref :
• L'identité est à la fois individuelle (ce qui me rend unique) et collective (mes appartenances).
• Elle se construit tout au long de la vie, notamment par la socialisation (famille, école, pairs).
• L'émancipation est le processus par lequel on devient autonome : penser par soi-même, exercer son esprit critique.
• L'altérité désigne la différence de l'autre : la reconnaître, c'est le respecter dans sa singularité.
• La liberté s'exerce dans le respect d'autrui et de la loi ; elle implique une responsabilité.
• La dignité humaine est universelle et inaliénable : toute discrimination est condamnable et sanctionnée par la loi.