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Structure et fonctionnement des agrosystèmes, vers une gestion durable
Agrosystème et écosystème, flux de matière et d'énergie, intrants et exportations, rendement, impacts environnementaux, pratiques durables (agroécologie, rotation, lutte biologique) (programme de 2nde SVT)
À propos de cette page
L'essentiel
Efficacité de conversion d'un élevage = biomasse produite par l'animal ÷ biomasse d'aliments consommée × 100, en %.
Structure d'un agrosystème : un écosystème simplifié
Un agrosystème fonctionne comme un écosystème (producteurs, consommateurs, décomposeurs, cycles de la matière), mais sa structure est simplifiée et pilotée par l'humain.
| Critère | Écosystème naturel (forêt) | Agrosystème (champ de blé) |
|---|---|---|
| Biodiversité | Nombreuses espèces, plusieurs strates de végétation | Une espèce cultivée dominante, souvent une seule variété ; adventices et ravageurs combattus |
| Réseau trophique | Complexe, nombreux consommateurs | Simplifié : l'humain (ou son bétail) est le principal consommateur |
| Devenir de la biomasse | Retourne au sol (litière, bois mort), recyclée par les décomposeurs | En grande partie récoltée et exportée |
| Cycle de la matière | Presque fermé | Ouvert : entrées (intrants) et sorties (récolte, pertes) |
| Régulation | Autorégulation (prédation, compétition) | Contrôle humain : travail du sol, semis, fertilisation, traitements |
• Biotope modifié : sol labouré ou non, drainé, irrigué ; climat parfois contrôlé (serre).
• Biocénose : plante cultivée ou animaux élevés, mais aussi adventices (plantes sauvages concurrentes), ravageurs, auxiliaires (êtres vivants utiles à l'agriculteur : pollinisateurs, prédateurs de ravageurs) et micro-organismes du sol.
Fonctionnement : flux de matière et d'énergie
L'énergie. La source principale reste la lumière solaire, convertie en énergie chimique par la photosynthèse. L'humain y ajoute de l'énergie fossile : carburant des machines, pompage de l'irrigation, transport et surtout fabrication industrielle des engrais azotés, très consommatrice de gaz naturel.
La matière. La plante cultivée prélève le CO₂ de l'air, l'eau et les ions minéraux du sol : nitrates (NO₃⁻), phosphates, ions potassium. La récolte emporte ces éléments hors de la parcelle : sans compensation, le sol s'appauvrit et les rendements baissent.
• Engrais minéraux (de synthèse) : ions directement absorbables (ammonitrate, superphosphate…).
• Engrais organiques (fumier, lisier, compost) : ils doivent d'abord être décomposés puis minéralisés par les micro-organismes du sol avant d'être absorbés.
Le diazote N₂ de l'air n'est pas utilisable par la plupart des plantes. Seules les légumineuses (pois, luzerne, féverole, soja, trèfle) en profitent, grâce à une symbiose avec des bactéries de leurs nodosités racinaires qui fixent N₂. Les autres cultures dépendent des nitrates du sol, d'où l'importance des apports d'engrais azotés.
Productions végétales et productions animales
Un animal d'élevage est un consommateur : il ne transforme qu'une partie, souvent faible, de ce qu'il mange en biomasse (viande, lait, œufs). Le reste est rejeté dans les excréments et l'urine, ou utilisé par la respiration cellulaire pour fournir l'énergie du maintien de la température, des mouvements et du fonctionnement des organes, énergie finalement dissipée en chaleur.
Impacts environnementaux des agrosystèmes
Les nitrates non absorbés par les cultures sont très solubles : les pluies les entraînent vers les nappes et les rivières (lessivage). Au-delà de 50 mg/L de nitrates, une eau n'est plus potable. Dans les rivières, lacs et baies, l'excès de nitrates et de phosphates provoque l'eutrophisation : prolifération d'algues → mort des algues → décomposition par des bactéries qui consomment le dioxygène → asphyxie des poissons. Les marées vertes des côtes bretonnes en sont un exemple.
• Biodiversité : monoculture, arrachage des haies, disparition des habitats.
• Climat : protoxyde d'azote N₂O issu des engrais azotés, méthane des ruminants et des rizières, CO₂ des carburants.
• Eau : prélèvements d'irrigation en période sèche.
• Sol : érosion, tassement, perte de matière organique ; ces questions sont traitées dans le chapitre suivant, « Les sols et la production de biomasse ».
Vers une gestion durable des agrosystèmes
| Pratique | Principe | Bénéfice principal |
|---|---|---|
| Rotation des cultures | Alterner des espèces différentes sur une même parcelle au fil des années | Rompt le cycle des ravageurs et des maladies ; une légumineuse dans la rotation réduit les engrais azotés |
| Couverts végétaux (CIPAN) | Semer une culture intermédiaire entre deux récoltes | Piège les nitrates en automne-hiver, protège le sol |
| Fertilisation raisonnée | Calculer la dose d'engrais d'après un bilan, fractionner les apports | Moins d'excédent d'azote, moins de lessivage |
| Lutte biologique | Utiliser un auxiliaire (prédateur, parasitoïde) contre un ravageur | Moins de pesticides, auxiliaires préservés |
| Haies, bandes enherbées, agroforesterie | Réintroduire des éléments « naturels » dans ou autour des parcelles | Abris pour les auxiliaires, ruissellement freiné |
Méthodes
- Relever les grandeurs et leurs unités.
- Convertir dans des unités cohérentes (t ↔ kg, q ↔ t, m² ↔ ha).
- Rendement : masse récoltée ÷ surface ; efficacité : biomasse produite ÷ biomasse consommée × 100.
- Conclure par une phrase avec l'unité et, si possible, une comparaison.
- Lister les entrées : engrais minéraux, engrais organiques, fixation par une légumineuse.
- Lister les sorties : azote contenu dans la récolte exportée (ce qui reste au champ n'est pas une sortie).
- Calculer : bilan = entrées − sorties.
- Interpréter : bilan positif = excédent, risque de lessivage ; bilan négatif = le sol s'appauvrit.
- Je lis : ce qui est mesuré, dans quelle unité, dans quelles conditions (un seul facteur doit varier).
- Je compare : variation relative = (valeur de référence − nouvelle valeur) ÷ valeur de référence × 100.
- J'explique avec une notion du cours.
- Je nuance : limites de l'expérience, inconvénients de la pratique.
Pièges et erreurs classiques
- Un agrosystème est un écosystème simplifié, géré par l'humain, dont la biomasse est en grande partie exportée.
- L'exportation appauvrit le sol : elle est compensée par des intrants (engrais), auxquels s'ajoutent eau, pesticides et énergie fossile.
- Rendement = masse récoltée ÷ surface (t/ha) ; efficacité de conversion d'un élevage = biomasse produite ÷ biomasse consommée × 100.
- Produire des aliments d'origine animale mobilise plus de surface et d'intrants que produire des végétaux.
- Excès d'azote → lessivage des nitrates → eau non potable, eutrophisation ; pesticides → atteintes à la biodiversité.
- Gestion durable : rotations avec légumineuses, couverts végétaux, fertilisation raisonnée, lutte biologique, haies, agroécologie.
Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.
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