À propos de cette page
Ce cours d' en seconde sur « L'Afrique australe : un espace en profonde mutation » suit le programme officiel d' de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Un espace régional contrasté, dominé par l'Afrique du Sud, L'héritage de l'apartheid inscrit dans l'espace, Des ressources abondantes, une valorisation inégale, Des milieux à ménager : eau, biodiversité, risques. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en .
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — L'Afrique australe : des milieux à valoriser et à ménager
Analyse des termes — Un milieu est l'ensemble des conditions naturelles d'un lieu, déjà transformé par les sociétés ; « valoriser » signifie en tirer des ressources, « ménager » en assurer une gestion durable et protéger les habitants des risques. L'espace étudié est l'Afrique australe au sens strict (dix États, dominés par l'Afrique du Sud), considérée surtout depuis les années 1990, sans oublier les héritages miniers et hydrauliques plus anciens.
Problématique — Comment les sociétés d'Afrique australe concilient-elles l'exploitation de milieux riches mais contraignants avec la nécessité de les préserver et de s'y protéger ?
Introduction rédigéeDans la nuit du 14 au 15 mars 2019, le cyclone Idai dévaste Beira, l'un des principaux ports du Mozambique ; un an plus tôt, à l'autre extrémité de la région, Le Cap rationnait l'eau à 50 litres par personne et par jour pour éviter le « Day Zero ». Ces deux crises rappellent que les milieux de l'Afrique australe, parmi les plus riches du monde en minerais, en eau de montagne et en faune, sont aussi contraignants et fragiles. Un milieu désigne l'ensemble des conditions naturelles d'un lieu, déjà transformé par les sociétés ; le valoriser, c'est en tirer des ressources ; le ménager, c'est en assurer une gestion durable et protéger les habitants des risques. On retiendra ici l'Afrique australe au sens strict, de l'Angola et du Mozambique jusqu'au Cap, dominée par l'Afrique du Sud. Comment les sociétés de cette région concilient-elles l'exploitation de milieux riches mais contraignants avec la nécessité de les préserver et de s'y protéger ? Nous montrerons d'abord que ces milieux sont valorisés de longue date, puis que cette valorisation les fragilise et expose les sociétés, avant d'étudier les réponses construites à plusieurs échelles pour les ménager.
I. Des milieux riches, valorisés de longue date
- Un sous-sol exceptionnel, à l'origine de la puissance sud-africaine et de rentes nationales.Or du Witwatersrand dès 1886 ; environ deux tiers du platine mondial extrait en Afrique du Sud ; diamants du Botswana, cuivre zambien, pétrole angolais.
- Une eau rare mais mobilisée par de grands aménagements.Barrages de Kariba (1959) et de Cahora Bassa (1974) sur le Zambèze ; transfert de l'eau du Lesotho vers le Gauteng depuis 1998.
- Une faune et des paysages devenus ressources touristiques.Parc Kruger (1926), delta de l'Okavango (UNESCO, 2014) ; environ 10 millions d'arrivées internationales en Afrique du Sud en 2019.
II. Une valorisation qui fragilise les milieux et expose les sociétés
- La pression sur l'eau crée un stress hydrique urbain.Le Cap en 2018 : consommation limitée à 50 litres par personne et par jour pour éviter le « Day Zero ».
- L'exploitation minière et énergétique dégrade les milieux et coûte socialement.Électricité sud-africaine à plus de 80 % issue du charbon ; eaux acides des anciennes mines d'or ; Marikana, 34 mineurs tués en 2012.
- La vulnérabilité aux aléas climatiques reste forte dans les pays pauvres.Cyclone Idai à Beira (mars 2019), plus d'un millier de morts dans la région ; sécheresse de 2024 et baisse du lac Kariba.
III. Ménager : des réponses construites à plusieurs échelles
- À l'échelle régionale, la coopération transfrontalière protège les écosystèmes.Parc du Grand Limpopo (2002) ; zone KAZA (2011) partagée par cinq États.
- À l'échelle nationale, les États cherchent une gestion plus sobre des ressources.Rationnement et réduction des pertes au Cap en 2018 ; tourisme « haute valeur, faible volume » au Botswana.
- À l'échelle mondiale, des financements accompagnent la transition, avec des limites.Partenariat de 2021 : 8,5 milliards de dollars pour réduire la dépendance sud-africaine au charbon ; délestages d'Eskom depuis 2008.
Conclusion rédigéeL'Afrique australe valorise depuis la fin du XIXe siècle des milieux exceptionnellement riches : mines d'or et de platine, eaux du Zambèze et du Lesotho, faune des grands parcs. Cette valorisation, tournée vers l'exportation et vers le pôle sud-africain, a fragilisé les milieux et accru la vulnérabilité des sociétés, comme l'ont montré la crise de l'eau au Cap en 2018 et le cyclone Idai en 2019. Les réponses se construisent désormais à plusieurs échelles, des parcs transfrontaliers aux financements internationaux de la transition énergétique, mais elles restent inégales selon la richesse des États. Le changement climatique, qui annonce des sécheresses et des cyclones plus intenses, fera de la capacité à ménager ces milieux l'un des critères décisifs du développement de la région dans les prochaines décennies.
Le piège — Réciter une liste de ressources puis une liste de problèmes, sans jamais montrer que c'est la même valorisation (barrage, mine, parc) qui crée la richesse, la fragilité et, ensuite, la réponse.
Sujet 2 — Les mutations de l'Afrique australe depuis 1994
Analyse des termes — Les mutations désignent les transformations profondes et durables d'un espace : politiques, démographiques, économiques, territoriales. La borne de 1994, premières élections multiraciales en Afrique du Sud et entrée du pays dans la SADC, ouvre une période où l'on mesure ce qui change et ce qui résiste, à l'échelle régionale comme à l'échelle nationale.
Problématique — En quoi l'Afrique australe connaît-elle depuis 1994 de profondes transformations, et pourquoi celles-ci restent-elles limitées par les héritages et les inégalités ?
Introduction rédigéeLe 10 mai 1994, lors de son investiture à Pretoria, Nelson Mandela appelle à bâtir une « nation arc-en-ciel » : trente ans plus tard, Johannesburg est l'une des places financières majeures du continent, mais ses townships rappellent chaque jour l'apartheid. Cette tension résume la situation de l'Afrique australe, entendue ici comme la partie méridionale du continent, de l'Angola et du Mozambique jusqu'au Cap, dominée par l'Afrique du Sud. Les mutations désignent des transformations profondes et durables, qu'elles soient politiques, démographiques, économiques ou territoriales ; 1994, année des premières élections multiraciales et de l'entrée de l'Afrique du Sud dans la SADC, en marque le point de départ. En quoi l'Afrique australe connaît-elle depuis 1994 de profondes transformations, et pourquoi celles-ci restent-elles limitées par les héritages et les inégalités ? Nous verrons que 1994 constitue un tournant politique qui ouvre la région, que ses sociétés connaissent depuis des transitions rapides, mais que ces mutations restent inachevées, freinées par les héritages de la ségrégation et par de fortes inégalités.
I. 1994, un tournant politique qui ouvre la région
- La fin de l'apartheid transforme l'Afrique du Sud et ses relations avec ses voisins.Élections du 27 avril 1994 ; Constitution de 1996 ; entrée de l'Afrique du Sud dans la SADC en 1994.
- La région sort de ses conflits et s'organise.Indépendance de la Namibie (1990), paix au Mozambique (1992) ; zone de libre-échange de la SADC lancée en 2008.
- L'Afrique du Sud s'affirme comme puissance régionale et émergente.Coupe du monde de football (2010), entrée dans les BRICS (2011), première place boursière d'Afrique à Johannesburg.
II. Des sociétés en transition rapide
- La transition démographique progresse, à des rythmes décalés.Population sud-africaine de 40,6 millions (1996) à 62 millions (2022) ; environ 2,3 enfants par femme en Afrique du Sud contre plus de 4 au Mozambique.
- La transition urbaine concentre population et richesses.Gauteng : 15,1 millions d'habitants en 2022, près d'un quart des Sud-Africains sur 1,5 % du territoire.
- Les mobilités se diversifient et recomposent les territoires.Environ 2,4 millions de personnes nées à l'étranger en Afrique du Sud en 2022 ; corridor de Maputo ; tourisme.
III. Des mutations inachevées, freinées par les héritages
- Les traces spatiales de l'apartheid persistent.Townships périphériques ; audit foncier de 2017 : 72 % des exploitations des particuliers détenues par des Blancs.
- Les inégalités sociales et entre États restent très fortes.Gini d'environ 0,63 en Afrique du Sud ; IDH de 0,72 contre 0,46 au Mozambique (2022) ; crise zimbabwéenne jusqu'à l'hyperinflation de 2008.
- Les tensions et les vulnérabilités limitent l'intégration.Violences xénophobes de mai 2008 (62 morts) ; délestages d'Eskom depuis 2008 ; cyclone Idai en 2019.
Conclusion rédigéeDepuis 1994, l'Afrique australe a profondément changé : la fin de l'apartheid a ouvert l'Afrique du Sud à ses voisins et au monde, la SADC a donné un cadre à l'intégration régionale, et les sociétés connaissent des transitions démographique et urbaine rapides, portées par l'essor du Gauteng et par des mobilités multiples. Ces mutations restent pourtant inachevées : l'espace hérité de la ségrégation, les inégalités parmi les plus fortes du monde et la vulnérabilité aux crises énergétiques et climatiques freinent le rattrapage. L'Afrique australe illustre ainsi une idée centrale du programme : le développement ne se décrète pas, il se construit dans des territoires marqués par leur histoire. Reste à savoir si la jeunesse de sa population deviendra, dans les prochaines décennies, un atout pour la région ou une source supplémentaire de tensions.
Le piège — Faire un récit historique de l'apartheid au lieu d'une composition de géographie : l'histoire ne sert qu'à expliquer des héritages visibles dans l'espace d'aujourd'hui.