Comprendre les fondements de l'égalité en droit et les mécanismes de la discrimination dans la société française (programme EMC 2nde)
Évaluation complète de fin de chapitre, tout en niveau difficile. Travaille seul et sans aide, puis vérifie tes réponses avec le corrigé détaillé dépliable en bas de page.
Exercice 1 — Maîtriser les définitions
Corrigé :
1. La discrimination est un traitement défavorable envers une personne fondé sur un critère interdit par la loi (origine, sexe, handicap, religion…), sans justification légitime. Ces deux éléments (traitement + critère) sont cumulatifs.
2. L'égalité formelle : mêmes règles pour tous (ex. : le droit de vote accordé à tous les citoyens). L'égalité réelle : résultats comparables pour tous, en compensant les inégalités de départ (ex. : aménagements pour les élèves handicapés, loi sur la parité).
3. La discrimination indirecte est une règle apparemment neutre qui désavantage en pratique un groupe protégé. Ex. : exiger d'un candidat qu'il parle une langue régionale sans que le poste ne le requiert exclut de facto des personnes d'autres origines.
Exercice 2 — Analyser un cas pratique
Corrigé :
1. Il s'agit potentiellement d'une discrimination directe fondée sur l'origine perçue (critère interdit par l'article 225-1 du Code pénal). Le prénom à consonance africaine peut être perçu comme un marqueur d'origine.
2. Le testing constitue un élément de preuve de la discrimination : la seule différence entre les deux candidatures était le prénom. Cet élément crée une présomption de discrimination. L'employeur devra justifier son choix par des critères objectifs non liés à l'origine.
3. Fatoumata peut saisir le Défenseur des droits, porter plainte au commissariat, contacter une association spécialisée (SOS Racisme, LICRA) et, si le stage était rémunéré, saisir le conseil de prud'hommes.
Exercice 3 — Le cadre juridique de la non-discrimination
Corrigé :
Tableau :
• Constitutionnel : Constitution de 1958 (art. 1er) — égalité de tous les citoyens devant la loi.
• Législatif : Code pénal (art. 225-1 à 225-4) — 25+ critères interdits, peines jusqu'à 3 ans/45 000 €.
• Européen : Convention européenne des droits de l'homme (art. 14) — interdiction de discrimination dans la jouissance des droits et libertés.
• International : DUDH (1948) — principe universel d'égalité et de dignité humaine.
Aménagement de la charge de la preuve : Sans cet aménagement, la victime devrait prouver l'intention discriminatoire, ce qui est presque impossible. La loi lui demande seulement de présenter des éléments laissant supposer une discrimination ; l'auteur présumé doit ensuite prouver que son comportement reposait sur des critères objectifs légitimes. Cela rééquilibre le rapport de force entre victime et auteur.
Exercice 4 — Questionner les limites du principe d'égalité
Corrigé :
1. L'universalisme républicain repose sur l'idée que tous les citoyens sont égaux et indifférenciés devant la loi : l'État ne reconnaît pas de catégories ethniques, religieuses ou sociales. La discrimination positive, au contraire, implique de distinguer les individus selon leur appartenance à un groupe, ce qui contredit ce principe.
2. Exemples de mesures françaises : la loi sur la parité (2000) impose une représentation égale de femmes et d'hommes sur les listes électorales ; les zones d'éducation prioritaire (REP/REP+) concentrent les ressources sur des territoires défavorisés sans critère ethnique.
3. Réponse argumentée attendue : le candidat peut défendre ou critiquer la discrimination positive en s'appuyant sur des arguments (efficacité prouvée dans certains pays vs. risque de stigmatisation, tension avec l'universalisme, etc.).
Exercice 5 — Rédiger un paragraphe argumenté
Corrigé (éléments attendus) :
• Définition de la discrimination : traitement défavorable fondé sur un critère interdit, contraire au principe d'égalité.
• Effets sur les individus : exclusion sociale, perte d'estime de soi, difficultés économiques et psychologiques pour les victimes.
• Effets sur la démocratie : perte de cohésion sociale, remise en cause de la légitimité des institutions, affaiblissement du lien républicain. Une démocratie qui tolère les discriminations perd sa crédibilité et sa légitimité.
• Acteurs et outils : le Défenseur des droits (signalement, enquête), les associations (SOS Racisme, LICRA), la loi (Code pénal, Code du travail), les politiques publiques (parité, REP+, index de l'égalité professionnelle).
• Conclusion : la lutte contre les discriminations est une condition de la démocratie réelle, qui dépasse le seul plan formel des droits.
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