À propos de cette page
Ce cours de emc en seconde sur « Égalité et discrimination » suit le programme officiel de emc de seconde. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Le principe d'égalité : fondements philosophiques et juridiques, Égalité formelle et égalité réelle, La discrimination : définition et critères légaux, Les formes de discrimination. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de seconde à réussir en emc.
Au programme
1 · Le principe d'égalité : fondements philosophiques et juridiques
2 · Égalité formelle et égalité réelle
3 · La discrimination : définition et critères légaux
4 · Les formes de discrimination
5 · Les mécanismes et effets de la discrimination
6 · Le cadre juridique de lutte contre les discriminations
7 · Les acteurs de la lutte contre les discriminations
1Le principe d'égalité : fondements philosophiques et juridiques
Le principe d'égalité est au cœur de la République française. Il est affirmé dès 1789 dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC) : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. » (art. 1er). Ce principe est repris dans la Constitution de 1958, dont l'article 1er proclame que « La France assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. »
Définition. L'égalité en droit (ou égalité formelle) signifie que toutes les personnes sont soumises aux mêmes règles juridiques, quelles que soient leurs caractéristiques personnelles. Elle interdit les traitements différents qui ne sont pas justifiés par des différences de situation.
Sur le plan philosophique, l'égalité s'enracine dans la notion de dignité humaine : chaque être humain a une valeur intrinsèque qui fonde son droit à être traité sans arbitraire. Les philosophes des Lumières (Rousseau, Voltaire, Locke) ont contribué à construire cette idée, qui est aujourd'hui consacrée par le droit international.
Exemple. L'article 1er de la Déclaration universelle des droits de l'homme (ONU, 1948) affirme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. »
2Égalité formelle et égalité réelle
Si l'égalité formelle garantit des droits identiques pour tous, elle ne suffit pas toujours à produire une égalité réelle (ou égalité des chances). Dans les faits, des inégalités persistent entre les individus en raison de différences de situation de départ (milieu social, lieu de résidence, genre, handicap…).
Distinction fondamentale.
- Égalité formelle : mêmes droits, mêmes règles pour tous (ex. : le droit de vote).
- Égalité réelle : résultats comparables pour tous, en tenant compte des inégalités de départ.
- Équité : adapter le traitement aux situations différentes pour compenser les inégalités (ex. : aménagements pour les élèves handicapés).
Pour tendre vers l'égalité réelle, les pouvoirs publics peuvent mettre en place des politiques de discrimination positive (ou action positive) : ce sont des mesures temporaires qui favorisent des groupes historiquement désavantagés pour corriger les inégalités. En France, ces politiques restent limitées par la tradition républicaine universaliste (ex. : quotas peu usités, mais ZEP/REP en éducation).
Astuce. Retenez la distinction : l'égalité traite tout le monde de la même façon ; l'équité traite tout le monde de façon adaptée à sa situation pour arriver à un résultat juste.
Exemple. En France, la parité (loi du 6 juin 2000) impose une représentation égale de femmes et d'hommes sur les listes électorales : c'est une mesure d'égalité réelle visant à corriger une sous-représentation historique des femmes en politique.
3La discrimination : définition et critères légaux
La discrimination est le fait de traiter défavorablement une personne ou un groupe de personnes en raison d'une caractéristique personnelle, sans justification légitime. C'est une violation du principe d'égalité.
Définition juridique. Selon l'article 225-1 du Code pénal français, constitue une discrimination toute distinction opérée entre des personnes sur le fondement d'un critère interdit par la loi. La loi française reconnaît plus de 25 critères de discrimination.
| Catégorie | Exemples de critères protégés |
| Identité personnelle | Origine, sexe, nom, apparence physique |
| Santé et corps | Handicap, état de santé, caractéristiques génétiques, grossesse |
| Convictions | Religion, convictions politiques, syndicales ou philosophiques |
| Vie sociale | Situation de famille, lieu de résidence, précarité sociale |
| Orientations | Orientation sexuelle, identité de genre |
| Temporalité | Âge, ancienneté |
Attention ! Tous les traitements différents ne sont pas des discriminations. Une distinction est légitime si elle repose sur des critères objectifs, proportionnés et justifiés par l'objectif poursuivi (ex. : embaucher un nageur professionnel plutôt qu'une personne qui ne sait pas nager pour un poste de maître-nageur est légitime).
4Les formes de discrimination
Les discriminations peuvent prendre plusieurs formes, plus ou moins visibles.
Discrimination directe. Traitement défavorable explicitement fondé sur un critère interdit. Exemple : refuser d'embaucher une femme parce qu'elle est femme.
Discrimination indirecte. Une règle apparemment neutre qui, en pratique, désavantage un groupe particulier. Exemple : exiger d'un candidat la maîtrise d'une langue régionale pour un poste qui ne le requiert pas, ce qui exclut de fait les personnes d'autres origines.
Harcèlement discriminatoire. Comportements répétés fondés sur un critère interdit, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à la dignité d'une personne et de créer un environnement hostile (ex. : insultes racistes répétées sur le lieu de travail).
Injonction à discriminer. Donner l'ordre à quelqu'un de pratiquer une discrimination (ex. : un employeur qui demande à un recruteur de ne pas embaucher de personnes d'une certaine origine).
Exemple de discrimination indirecte. Un bailleur exige systématiquement trois garants pour les locataires portant un prénom à consonance étrangère : la règle n'est pas écrite, mais son application crée une inégalité de traitement fondée sur l'origine perçue.
5Les mécanismes et effets de la discrimination
Les discriminations ne résultent pas toujours d'une intention malveillante consciente. Des préjugés et des stéréotypes peuvent conduire à des comportements discriminatoires sans que leur auteur en soit pleinement conscient.
Stéréotype. Représentation simplifiée et figée d'un groupe de personnes (ex. : « les femmes sont moins bonnes en mathématiques »). Les stéréotypes peuvent conduire à des discriminations même sans mauvaise intention.
Préjugé. Jugement de valeur négatif porté a priori sur un groupe, sans fondement rationnel vérifiable.
Les discriminations ont des effets cumulatifs et peuvent créer des inégalités systémiques : en se répétant dans plusieurs domaines (emploi, logement, école, santé), elles enferment des groupes dans des situations de vulnérabilité durable.
Attention ! La discrimination est interdite et punissable par la loi même lorsqu'elle n'est pas intentionnelle (discrimination indirecte). L'ignorance ne constitue pas une excuse légale.
Exemple. Le testing (ou audit de discrimination) consiste à envoyer des CV identiques avec des noms différents pour mesurer la discrimination à l'embauche. Des études françaises ont montré qu'un candidat avec un prénom à consonance maghrébine doit envoyer en moyenne deux fois plus de candidatures pour obtenir un entretien.
Les discriminations ont également un impact sur les victimes : sentiment d'injustice, perte d'estime de soi, exclusion sociale, difficultés économiques. Elles nuisent à la cohésion sociale et au fonctionnement démocratique.
6Le cadre juridique de lutte contre les discriminations
La France dispose d'un arsenal juridique important pour lutter contre les discriminations, à plusieurs niveaux.
| Niveau | Texte ou institution | Contenu principal |
| Constitutionnel | Constitution de 1958 (art. 1) | Égalité de tous les citoyens devant la loi |
| Législatif (pénal) | Code pénal (art. 225-1 à 225-4) | 25+ critères de discrimination, peines jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende |
| Législatif (travail) | Code du travail (art. L1132-1) | Interdit toute discrimination à l'embauche, dans l'évolution de carrière, etc. |
| Européen | Convention européenne des droits de l'homme (art. 14) | Interdiction de discrimination dans la jouissance des droits et libertés |
| International | DUDH (ONU, 1948), PIDCP, CEDAW… | Principes universels d'égalité et de non-discrimination |
Astuce. En cas de discrimination, la charge de la preuve est aménagée : la victime doit d'abord présenter des éléments laissant supposer une discrimination ; c'est ensuite à l'auteur présumé de prouver que son comportement était justifié. Cette règle facilite la défense des victimes.
Principe de non-discrimination. Nul ne peut être traité différemment en raison d'un critère interdit par la loi, sauf justification objective et proportionnée. Ce principe est une limite aux libertés individuelles de l'auteur.
7Les acteurs de la lutte contre les discriminations
La lutte contre les discriminations mobilise de nombreux acteurs, publics et privés.
Le Défenseur des droits. Créé par la Constitution (réforme 2008), cet organisme indépendant reçoit les signalements de discrimination, instruit les dossiers, peut recommander des solutions amiables ou saisir la justice. Il dispose également d'un rôle pédagogique et de sensibilisation.
Les associations jouent un rôle essentiel : SOS Racisme, la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), le MRAP, des associations féministes, des associations de défense des personnes handicapées… Elles accompagnent les victimes, portent des actions en justice et sensibilisent l'opinion.
L'État met en place des politiques publiques : plans d'action contre le racisme et l'antisémitisme, obligation de publier les écarts de salaires hommes-femmes pour les grandes entreprises (index de l'égalité professionnelle), formation des agents publics…
Astuce. En cas de discrimination, une victime peut :
- Saisir le Défenseur des droits (gratuit, accessible en ligne).
- Porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie.
- Contacter une association spécialisée pour être accompagnée.
- Saisir le conseil de prud'hommes en cas de discrimination au travail.
★À retenir
À retenir :
• L'égalité en droit est un principe fondateur de la République, affirmé par la Constitution et la DDHC (1789).
• L'égalité formelle (mêmes droits pour tous) ne suffit pas toujours : l'égalité réelle nécessite des politiques correctrices fondées sur l'équité.
• Une discrimination est un traitement défavorable fondé sur un critère interdit par la loi (plus de 25 critères en France).
• Il existe quatre formes de discrimination : directe, indirecte, harcèlement discriminatoire, injonction à discriminer.
• Les discriminations sont alimentées par des stéréotypes et des préjugés, parfois inconscients.
• En France, la loi punit la discrimination (Code pénal) ; la charge de la preuve est aménagée en faveur de la victime.
• Le Défenseur des droits, les associations et l'État sont les principaux acteurs de la lutte contre les discriminations.