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Spécialité SVT 1ʳᵉ

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La réplication de l'ADN, les mutations et la variabilité génétique

Réplication semi-conservative de l'ADN, mutations spontanées et induites, réparation et variabilité génétique (thème Transmission, variation et expression du patrimoine génétique)

À propos de cette page
Ces exercices corrigés sur « La réplication de l'ADN, les mutations et la variabilité génétique » en première permettent de s'entraîner et de vérifier ses acquis en spécialité SVT. Ils suivent le programme officiel de première et sont classés par difficulté (facile, moyen, difficile). Au programme : L'essentiel, La réplication semi-conservative : l'expérience de Meselson et Stahl, Le mécanisme : œil de réplication, fourches et ADN polymérase, Les mutations : spontanées ou induites, trois types. Chaque exercice est suivi d'une correction rédigée, à déplier une fois la recherche faite au brouillon. Cet entraînement aide à mémoriser les méthodes, repérer ses erreurs et gagner en confiance avant un contrôle. Exercices gratuits proposés par un professeur particulier à Marseille pour réviser spécialité SVT en première.

Exercices corrigés, classés du plus simple au plus complexe. Cherche d'abord seul au brouillon, puis déplie la correction détaillée pour vérifier ta méthode et tes raisonnements.

Exercice 1 — Construire le brin complémentaire

Facile

Lors de la réplication d'une molécule d'ADN, l'un des brins matrices porte la séquence 5'-ATGCCGTAAGTC-3'.

  1. a) Écrivez la séquence du brin néosynthétisé sur cette matrice, en indiquant l'orientation de ses extrémités.
  2. b) Nommez l'enzyme qui assemble ce brin et précisez la règle qui détermine le choix de chaque nucléotide.
  3. c) Décrivez la composition des deux molécules d'ADN obtenues à la fin de la réplication de cette molécule, puis nommez ce mode de réplication.

a) En face de chaque nucléotide de la matrice est placé le nucléotide complémentaire (A face à T, T face à A, G face à C, C face à G), et le nouveau brin est antiparallèle à la matrice. Face à 5'-ATGCCGTAAGTC-3', on obtient 3'-TACGGCATTCAG-5', soit, écrit de 5' vers 3' : 5'-GACTTACGGCAT-3'.

b) Le brin est assemblé par l'ADN polymérase. Elle choisit chaque nucléotide libre selon la complémentarité des bases avec le nucléotide de la matrice, et allonge le brin dans le sens 5' → 3'.

c) Les deux brins de la molécule mère servent chacun de matrice. On obtient deux molécules formées chacune d'un brin ancien et d'un brin nouveau, identiques entre elles et à la molécule mère : c'est la réplication semi-conservative.

Exercice 2 — Nommer des mutations

Facile

Voici la séquence de référence d'un fragment de gène (brin codant) et la séquence du même fragment chez trois individus.
Référence : 5'-ATGGCTTACGAACTG-3'
Individu 1 : 5'-ATGGCTTCCGAACTG-3'
Individu 2 : 5'-ATGGCTTACAACTG-3'
Individu 3 : 5'-ATGGCTTACGAATCTG-3'

  1. a) Nommez le type de mutation porté par chacun des trois individus.
  2. b) Précisez, pour chaque individu, la position et le ou les nucléotides concernés.
  3. c) Indiquez quelles mutations modifient la longueur de la séquence, et de combien de nucléotides.

On aligne chaque séquence sous la référence (15 nucléotides) et on repère la première différence.

a) Individu 1 : même longueur (15), un seul nucléotide différent : substitution. Individu 2 : 14 nucléotides : délétion. Individu 3 : 16 nucléotides : insertion.

b) Individu 1 : en position 8, le A de la référence est remplacé par un C : substitution A → C en position 8. Individu 2 : les 9 premiers nucléotides sont identiques ; le G en position 10 manque, puis la suite AACTG est conservée : délétion du G en position 10. Individu 3 : les 12 premiers nucléotides sont identiques, puis apparaît un T avant la suite CTG : insertion d'un T entre les positions 12 et 13.

c) La délétion (individu 2) raccourcit la séquence d'un nucléotide ; l'insertion (individu 3) l'allonge d'un nucléotide. La substitution ne change pas la longueur.

Exercice 3 — Somatique ou germinale ?

Facile

Chez une femme de 34 ans, trois mutations apparaissent :
• M1 dans une cellule de la couche profonde de l'épiderme du bras, après un coup de soleil ;
• M2 dans une cellule souche de la moelle osseuse, qui produit en continu des cellules sanguines ;
• M3 dans un ovocyte de l'un de ses ovaires.

  1. a) Classez chaque mutation en mutation somatique ou germinale, en justifiant.
  2. b) Indiquez, pour M1 et M2, quelles cellules de cette femme porteront la mutation après de nombreuses divisions.
  3. c) Précisez quelle mutation peut être transmise à un enfant, et à quelle condition.

a) M1 et M2 touchent des cellules du corps (épiderme, moelle osseuse) : ce sont des mutations somatiques. M1 est de plus une mutation induite par les UV. M3 touche une cellule de la lignée germinale, à l'origine d'un gamète : c'est une mutation germinale.

b) Une mutation est transmise à toutes les cellules issues de la cellule mutée. M1 : seul le clone de cellules épidermiques issu de la cellule mutée, soit une petite zone de peau. M2 : les cellules sanguines produites par cette cellule souche et ses descendantes, pas les autres cellules du corps.

c) Seule M3 est transmissible, à condition que cet ovocyte soit libéré puis fécondé : l'enfant porterait alors la mutation dans toutes ses cellules. M1 et M2 ne seront jamais transmises aux enfants.

Exercice 4 — Prédire les résultats de Meselson et Stahl

Moyen

Une molécule d'ADN dont les deux brins contiennent de l'azote lourd ¹⁵N est répliquée 4 fois de suite dans un milieu ne contenant que de l'azote léger ¹⁴N.

  1. a) Calculez le nombre de molécules d'ADN obtenues après les 4 réplications.
  2. b) Dans le modèle semi-conservatif, déterminez le nombre de molécules hybrides (¹⁵N/¹⁴N) et de molécules légères (¹⁴N/¹⁴N), puis la proportion de molécules hybrides en pourcentage.
  3. c) Dans le modèle conservatif, donnez les bandes attendues après centrifugation et la part de l'ADN dans chacune.
  4. d) Expliquez pourquoi, dans le modèle semi-conservatif, le nombre de molécules hybrides ne change plus à partir de la première réplication.

a) Chaque réplication double le nombre de molécules : 24=16. On obtient 16 molécules.

b) Les deux brins ¹⁵N d'origine sont conservés et se trouvent chacun dans une molécule, associés à un brin ¹⁴N. Il y a donc 2 molécules hybrides et 16−2= 14 molécules légères. Proportion d'hybrides : 216=0,125, soit 12,5 % (87,5 % de molécules légères).

c) Dans le modèle conservatif, la molécule d'origine reste ¹⁵N/¹⁵N et toutes les autres sont neuves. On attend une bande lourde (116, soit 6,25 % de l'ADN) et une bande légère (15 molécules, 93,75 %), sans aucune bande intermédiaire.

d) Les deux brins lourds d'origine ne sont ni détruits ni fragmentés : à chaque réplication, chacun sert de matrice et reste associé à un brin neuf. Il y a donc toujours exactement deux molécules contenant du ¹⁵N ; seules les molécules légères se multiplient, si bien que la proportion d'hybrides est divisée par deux à chaque génération.

Exercice 5 — Durée de la réplication et nombre d'origines

Moyen

Chez une bactérie, le chromosome circulaire compte 4,6×106 paires de nucléotides et possède une seule origine de réplication, d'où partent deux fourches progressant chacune à 1 000 nucléotides par seconde. Chez l'être humain, le chromosome 7 compte environ 1,59×108 paires de nucléotides ; chaque fourche y progresse à environ 50 nucléotides par seconde, et la phase S dure environ 8 heures.

  1. a) Calculez la durée de réplication du chromosome bactérien, en secondes puis en minutes.
  2. b) Calculez la durée de réplication du chromosome 7 s'il ne possédait qu'une seule origine de réplication, et exprimez-la en jours.
  3. c) Montrez que la réplication du chromosome 7 en 8 heures exige au moins 56 origines de réplication.
  4. d) Expliquez pourquoi l'existence d'origines multiples est indispensable chez les eucaryotes.

a) Les deux fourches partent en sens opposés et se partagent le chromosome : chacune copie 4,6×1062=2,3×106 nucléotides. Durée : 2,3×1061000=2300 s, soit 230060≈38,3 min : 2 300 s, environ 38 min.

b) Chaque fourche copierait 1,59×1082=7,95×107 nucléotides, en 7,95×10750=1,59×106 s. Or une journée dure 86 400 s : 1,59×10686400≈18,4. Il faudrait environ 18 jours.

c) 8 h = 28 800 s. En 8 h, une origine (deux fourches) permet de copier 2×50×28800=2,88×106 nucléotides. Nombre minimal d'origines : 1,59×1082,88×106≈55,2. Le nombre d'origines étant entier, il en faut au moins 56.

d) Les chromosomes eucaryotes sont très longs et les fourches y sont lentes : avec une seule origine, la réplication durerait des semaines, ce qui est incompatible avec la durée de la phase S. Les nombreuses origines, actives simultanément, permettent de copier tout le génome en quelques heures.

Exercice 6 — Pourquoi les mutations sont-elles rares ?

Moyen

À chaque réplication d'une cellule humaine, l'ADN polymérase assemble environ 6,4×109 nucléotides. Elle incorpore un nucléotide non complémentaire environ une fois sur 105. Sa fonction de relecture corrige 99 % de ces erreurs, puis un système de réparation des mésappariements corrige 99,9 % des erreurs restantes.

  1. a) Calculez le nombre d'erreurs commises lors d'une réplication, avant toute correction.
  2. b) Calculez le nombre d'erreurs restantes après la relecture, puis après l'action du système de réparation.
  3. c) Déduisez-en la fréquence finale d'erreur par nucléotide copié.
  4. d) Expliquez pourquoi une erreur non corrigée devient une mutation définitive lors de la réplication suivante.

a) 6,4×109×10−5=6,4×104 : 64 000 erreurs avant correction.

b) La relecture en corrige 99 %, il en reste 1 % : 64000×0,01= 640 erreurs. Le système de réparation en corrige 99,9 %, il en reste 0,1 % : 640×0,001= 0,64 erreur par réplication, soit en moyenne moins d'une mutation nouvelle par division.

c) 0,646,4×109=10−10, ce que l'on retrouve par 10−5×10−2×10−3. La fréquence finale est d'une erreur pour 1010 nucléotides copiés.

d) Tant que l'erreur n'est pas recopiée, le nucléotide erroné fait face à un nucléotide non complémentaire : ce mésappariement est détectable. Lors de la réplication suivante, chaque brin sert de matrice : le brin portant l'erreur reçoit en face le nucléotide qui lui est complémentaire. La molécule fille correspondante porte alors une paire de bases correcte en apparence, mais différente de l'originale : il n'y a plus rien à détecter, la modification est définitive et transmise aux cellules descendantes. C'est une mutation.

Exercice 7 — L'effet d'un agent mutagène

Moyen

Des levures sont exposées à des doses croissantes d'UV, puis étalées sur un milieu contenant de la canavanine, une substance toxique qui ne laisse pousser que les levures mutantes résistantes.

Dose d'UV (J/m²)0102040
Mutants résistants pour 106 levures survivantes0,34,19,817,5

  1. a) Décrivez l'évolution de la fréquence des mutants résistants en fonction de la dose d'UV.
  2. b) Calculez par combien cette fréquence est multipliée entre la dose 0 et la dose 40 J/m².
  3. c) Expliquez la présence de mutants résistants en l'absence d'UV.
  4. d) Un élève conclut : « les UV provoquent spécifiquement la mutation de résistance à la canavanine ». Expliquez l'erreur de raisonnement.

a) La fréquence des mutants augmente avec la dose d'UV, à peu près proportionnellement : de 0,3 à 17,5 mutants pour 106 survivants entre 0 et 40 J/m².

b) 17,50,3≈58 : la fréquence est multipliée par environ 58. Les UV sont donc un agent mutagène.

c) Sans UV, quelques mutants apparaissent : ce sont des mutations spontanées, issues d'erreurs de réplication ou d'altérations naturelles des bases non réparées.

d) Les UV augmentent la fréquence de mutations aléatoires dans tout le génome. Le milieu à canavanine ne crée pas la résistance : il trie les levures et ne révèle que celles dont une mutation, apparue par hasard, touche le gène concerné. Les autres mutations induites existent aussi, mais elles ne sont pas détectées par ce test.

Exercice 8 — Tester les trois modèles de réplication

Difficile

Document 1. Des bactéries cultivées sur ¹⁵N sont transférées sur ¹⁴N ; l'ADN est extrait et centrifugé en gradient de densité à différentes générations. Densités de référence : ADN ¹⁵N/¹⁵N = 1,724 g/mL ; ADN ¹⁴N/¹⁴N = 1,710 g/mL.

Génération en ¹⁴NDensité des bandes (g/mL)Part de l'ADN
01,724100 %
11,717100 %
21,717 et 1,71050 % et 50 %
Document 2. L'ADN de la génération 1 est chauffé à 100 °C, ce qui sépare les deux brins de chaque molécule. Centrifugés, ces brins simples forment deux bandes de même importance : l'une à la densité d'un brin entièrement ¹⁵N, l'autre à la densité d'un brin entièrement ¹⁴N.

  1. 1. Montrez que la densité 1,717 g/mL correspond à un ADN contenant autant d'azote lourd que d'azote léger.
  2. 2. Pour chacun des trois modèles (conservatif, semi-conservatif, dispersif), prédisez les bandes attendues aux générations 1 et 2.
  3. 3. Montrez que le document 1 permet de rejeter le modèle conservatif, mais que la génération 1 ne suffit pas à trancher entre les deux autres modèles.
  4. 4. Montrez que le document 2 permet de rejeter le modèle dispersif, et que la génération 2 du document 1 conduit à la même conclusion.
  5. 5. Rédigez une conclusion sur le mode de réplication de l'ADN.

1. La moyenne des densités de référence vaut 1,724+1,7102=1,717 g/mL. Un ADN de densité 1,717 g/mL contient donc moitié ¹⁵N, moitié ¹⁴N.

2. Modèle conservatif : génération 1, une bande lourde (1,724) et une bande légère (1,710) à 50 % chacune ; génération 2, bande lourde 25 % et bande légère 75 %. Modèle semi-conservatif : génération 1, une seule bande intermédiaire (1,717) ; génération 2, bande intermédiaire 50 % et bande légère 50 %. Modèle dispersif : génération 1, une seule bande à 1,717 ; génération 2, chaque molécule contient un quart de ¹⁵N, d'où une bande unique à 1,724+3×1,7104=1,7135 g/mL.

3. À la génération 1, on observe une bande unique à 1,717 g/mL et aucune bande lourde : le modèle conservatif, qui prévoyait deux bandes, est rejeté. Les modèles semi-conservatif et dispersif prévoient tous deux une bande unique à 1,717 g/mL : ce résultat est compatible avec les deux, il ne permet pas de trancher.

4. Dans le modèle dispersif, chaque brin de la génération 1 serait lui-même un mélange de fragments ¹⁵N et ¹⁴N : après séparation, on attendrait une seule bande de brins de densité intermédiaire. Le document 2 montre au contraire des brins entièrement ¹⁵N et des brins entièrement ¹⁴N en quantités égales : le modèle dispersif est rejeté. De même, à la génération 2, on observe deux bandes (1,717 et 1,710) et non une bande unique à 1,7135 g/mL.

5. Seul le modèle semi-conservatif explique tous les résultats : chaque molécule fille comprend un brin ancien intact et un brin entièrement neuf. La réplication de l'ADN est semi-conservative.

Exercice 9 — Réparation de l'ADN et fréquence des mutations

Difficile

Document 1. Deux souches de bactéries E. coli sont exposées à des doses croissantes d'UV : une souche sauvage et une souche uvr⁻, dont le système d'excision-réparation est non fonctionnel.

Dose d'UV (J/m²)0153045
Survie, souche sauvage (%)100825531
Survie, souche uvr⁻ (%)1002130,4
Mutants pour 107 survivants, souche sauvage2112746
Mutants pour 107 survivants, souche uvr⁻3140390720
Document 2. Les UV créent des liaisons anormales entre deux thymines voisines d'un même brin (dimères de thymine). Ces dimères déforment la double hélice ; lors de la réplication, ils bloquent l'ADN polymérase ou conduisent à l'incorporation d'un nucléotide non complémentaire. Le système d'excision-réparation reconnaît la déformation, découpe une courte portion du brin portant le dimère, puis une ADN polymérase la resynthétise en utilisant le brin complémentaire intact comme matrice.

  1. 1. Comparez la survie des deux souches à 30 J/m².
  2. 2. Calculez le rapport des fréquences de mutants entre la souche uvr⁻ et la souche sauvage à 30 J/m².
  3. 3. À l'aide du document 2, expliquez pourquoi la souche uvr⁻ présente à la fois plus de mutants et une survie plus faible.
  4. 4. Montrez que les UV induisent aussi des mutations chez la souche sauvage, et proposez une explication.
  5. 5. Expliquez pourquoi les deux souches présentent des fréquences de mutants voisines en l'absence d'UV, puis concluez sur le rôle des systèmes de réparation.

1. À 30 J/m², 55 % des bactéries sauvages survivent, contre 3 % des bactéries uvr⁻ : 553≈18. La survie de la souche uvr⁻ est environ 18 fois plus faible.

2. 39027≈14,4 : la souche uvr⁻ présente environ 14 fois plus de mutants que la souche sauvage.

3. Sans excision-réparation, les dimères de thymine persistent jusqu'à la réplication. Lorsqu'ils bloquent l'ADN polymérase, la cellule ne peut pas copier son ADN et meurt : d'où la survie plus faible. Lorsque la polymérase les franchit en incorporant un nucléotide non complémentaire, l'erreur est recopiée à la réplication suivante : d'où davantage de mutations chez les survivants.

4. Chez la souche sauvage, la fréquence passe de 2 à 46 mutants pour 107 survivants entre 0 et 45 J/m², soit 462=23 fois plus. Les UV sont donc mutagènes même en présence du système de réparation : celui-ci n'est pas infaillible et, aux fortes doses, il est dépassé par le nombre de lésions.

5. Sans UV, les fréquences (2 et 3 mutants pour 107) sont voisines : les mutations spontanées proviennent surtout d'erreurs de réplication, prises en charge par d'autres mécanismes (relecture, réparation des mésappariements) présents dans les deux souches ; le système uvr agit spécifiquement sur les lésions dues aux UV. Conclusion : une mutation résulte d'une lésion ou d'une erreur non réparée ; la fréquence des mutations dépend donc à la fois de l'exposition aux agents mutagènes et de l'efficacité des systèmes de réparation.

Exercice 10 — Des mutations à la diversité des allèles

Difficile

Document 1. Dans une population de 500 églantiers (rosiers sauvages), on a identifié, sur les 1 000 exemplaires d'un gène intervenant dans la couleur des pétales, trois allèles : A1 (614 exemplaires), A2 (318) et A3 (68).
Document 2. Séquences partielles (brin codant) des trois allèles :
A1 : 5'-CTGAAGTCCGATTGC-3'
A2 : 5'-CTGAAGTCCGGTTGC-3'
A3 : 5'-CTGAAGTCCATTGC-3'
Document 3. Sur l'un de ces églantiers, à fleurs roses, un seul rameau porte des fleurs blanches. Les cellules de ce rameau portent un allèle A4 absent de toutes les autres parties de la plante. Chez les plantes, les fleurs, et donc les gamètes, se forment à partir des cellules de l'extrémité des rameaux.

  1. 1. Calculez la fréquence de chaque allèle dans la population et montrez que ce gène est polymorphe.
  2. 2. Identifiez les mutations qui distinguent A2 et A3 de l'allèle A1.
  3. 3. Expliquez pourquoi les mutations à l'origine de A2 et A3 sont nécessairement apparues dans des cellules à l'origine de gamètes chez des ancêtres de ces églantiers.
  4. 4. Qualifiez la mutation à l'origine de A4, puis discutez la possibilité de sa transmission aux descendants de cet églantier.
  5. 5. Concluez sur le rôle des mutations dans la variabilité génétique des populations.

1. Fréquences : A1 : 6141000=0,614 ; A2 : 3181000=0,318 ; A3 : 681000=0,068. Le gène possède trois allèles et le plus fréquent atteint 61,4 %, valeur inférieure à 99 % : le gène est polymorphe.

2. A2 a la même longueur que A1 (15 nucléotides) et ne diffère qu'en position 11, où A est remplacé par G : substitution A → G en position 11. A3 ne compte que 14 nucléotides : les 9 premiers sont identiques, le G en position 10 manque, puis la suite ATTGC est conservée : délétion du G en position 10.

3. A2 et A3 sont présents chez de nombreux individus : ils ont été hérités. Or seule une mutation germinale passe à la descendance ; une mutation somatique resterait limitée à une partie d'un seul individu. Ces allèles sont donc nés de mutations germinales chez des ancêtres, puis ont été transmis de génération en génération.

4. A4 n'est présent que dans un rameau : la mutation est apparue dans une cellule de ce rameau en croissance, puis a été transmise au clone de cellules qui le forme ; c'est une mutation somatique. Chez l'animal, elle ne serait jamais transmise. Mais chez la plante, les fleurs de ce rameau se forment à partir de cellules mutées : leurs gamètes peuvent porter A4. La mutation est donc transmissible par les graines si ce rameau fleurit et se reproduit (elle l'est aussi par bouturage du rameau).

5. Les mutations, rares et aléatoires, créent de nouveaux allèles. Lorsqu'elles atteignent les cellules à l'origine des gamètes, elles sont transmises et s'accumulent au fil des générations : plusieurs allèles coexistent alors dans la population. Les mutations sont la source de la diversité des allèles et du polymorphisme.

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