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Spécialité SVT 1ʳᵉ

Ressources · 1ʳᵉ · Spécialité SVT

La réplication de l'ADN, les mutations et la variabilité génétique

Réplication semi-conservative de l'ADN, mutations spontanées et induites, réparation et variabilité génétique (thème Transmission, variation et expression du patrimoine génétique)

À propos de cette page
Ce cours de spécialité SVT en première sur « La réplication de l'ADN, les mutations et la variabilité génétique » suit le programme officiel de spécialité SVT de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : L'essentiel, La réplication semi-conservative : l'expérience de Meselson et Stahl, Le mécanisme : œil de réplication, fourches et ADN polymérase, Les mutations : spontanées ou induites, trois types. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en spécialité SVT.
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L'essentiel

Réplication de l'ADN : copie d'une molécule d'ADN en deux molécules filles identiques entre elles et identiques à la molécule mère. Elle a lieu pendant la phase S de l'interphase, avant chaque division cellulaire.
Réplication semi-conservative : chaque molécule fille est formée d'un brin de la molécule mère, qui a servi de matrice, et d'un brin nouvellement synthétisé.
Mutation : modification de la séquence des nucléotides de l'ADN, rare et aléatoire, transmise à toutes les cellules issues de la cellule où elle est apparue.
Allèles : versions d'un même gène qui diffèrent par au moins un nucléotide ; ils sont issus de mutations. Un gène est polymorphe lorsqu'il possède au moins deux allèles et que le plus fréquent a une fréquence inférieure à 99 % dans la population.
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La réplication semi-conservative : l'expérience de Meselson et Stahl

En 1958, Matthew Meselson et Franklin Stahl cultivent des bactéries Escherichia coli sur un milieu dont la seule source d'azote est l'isotope lourd ¹⁵N : tout leur ADN devient « lourd ». Ils les transfèrent ensuite sur un milieu à azote léger ¹⁴N et extraient l'ADN après chaque génération. Centrifugé dans un gradient de chlorure de césium, l'ADN forme une bande à la hauteur de sa densité.

Génération en ¹⁴NBandes observéesInterprétation
0une bande lourdeADN ¹⁵N/¹⁵N
1une seule bande intermédiairechaque molécule : un brin ¹⁵N + un brin ¹⁴N
2moitié intermédiaire, moitié légèreles brins ¹⁵N sont répartis dans 2 molécules sur 4
Trois modèles confrontés
• Conservatif : la molécule mère reste intacte, la fille est entièrement neuve → dès la génération 1, une bande lourde et une bande légère : rejeté.
• Dispersif : chaque brin mêle fragments anciens et neufs → à la génération 2, une seule bande, plus légère que l'intermédiaire : rejeté.
• Semi-conservatif : seul modèle compatible avec toutes les générations : validé.
Exemple. À partir d'une molécule ¹⁵N/¹⁵N, après n réplications en ¹⁴N, on obtient 2n molécules, dont toujours exactement 2 hybrides : les deux brins lourds d'origine ne sont jamais détruits et chacun reste dans une molécule.
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Le mécanisme : œil de réplication, fourches et ADN polymérase

La réplication démarre en des points précis, les origines de réplication. La double hélice s'y ouvre (rupture des liaisons entre bases complémentaires) : il se forme un œil de réplication, limité par deux fourches de réplication qui progressent en sens opposés jusqu'à ce que tout l'ADN soit copié.

ADN polymérase : complexe enzymatique qui lit un brin matrice et assemble un brin nouveau en ajoutant un à un des nucléotides libres, selon la complémentarité des bases (A face à T, G face à C). Le nouveau brin est antiparallèle à la matrice ; il s'allonge toujours dans le sens 5' → 3'.

Chez les bactéries, le chromosome circulaire possède une seule origine. Chez les eucaryotes, chaque chromosome, bien plus long et copié par des fourches plus lentes, possède de nombreuses origines actives en même temps : c'est ce qui permet de répliquer tout le génome pendant la phase S.

Exemple. Brin matrice 3'-TTAGCCAT-5' → brin néosynthétisé 5'-AATCGGTA-3'. La molécule fille associe ces deux brins.
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Les mutations : spontanées ou induites, trois types

Mutations spontanées : elles résultent surtout d'erreurs de l'ADN polymérase (nucléotide non complémentaire incorporé et non corrigé) ou d'altérations chimiques naturelles des bases. Leur fréquence est très faible.
Mutations induites : des agents mutagènes augmentent la fréquence des mutations : rayonnements UV (liaisons anormales entre thymines voisines), rayons X et γ (cassures de l'ADN), certaines substances chimiques (composés de la fumée de tabac, agents alkylants). Les mutations induites restent aléatoires : l'agent n'en choisit ni le lieu ni la nature.
TypeModificationLongueur de la séquence
Substitutionun nucléotide remplacé par un autreinchangée
Délétionperte d'un ou plusieurs nucléotidesraccourcie
Insertionajout d'un ou plusieurs nucléotidesallongée
Exemple. 5'-CAGTTC-3' devient 5'-CAGATC-3' : le T en position 4 est remplacé par un A et la longueur est conservée : substitution T → A.
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Réparation de l'ADN et rareté des mutations

L'ADN subit en permanence des erreurs de copie et des lésions, mais la plupart sont corrigées avant de devenir des mutations.

Systèmes de réparation : l'ADN polymérase relit le nucléotide qu'elle vient d'ajouter et retire les mauvais appariements ; des enzymes de réparation repèrent ensuite les mésappariements restants et les lésions (bases modifiées, déformations dues aux UV), excisent le fragment endommagé et le resynthétisent en prenant le brin intact comme modèle.
Naissance d'une mutation : une erreur ou une lésion non réparée (ou mal réparée) est recopiée lors de la réplication suivante ; les deux brins redeviennent complémentaires et la modification devient définitive et héréditaire.

Grâce à ces systèmes, il subsiste de l'ordre d'une erreur pour un milliard de nucléotides copiés. Une forte exposition à un agent mutagène dépasse les capacités de réparation : la fréquence des mutations augmente.

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Les mutations, source de variabilité génétique

Clone de cellules mutées : une mutation apparue dans une cellule est transmise, par réplication puis division, à toutes les cellules qui en descendent.
Mutation somatique : elle touche une cellule du corps (peau, foie, sang…). Seule une partie de l'individu la porte ; elle n'est pas transmise à la descendance.
Mutation germinale : elle touche une cellule de la lignée germinale, à l'origine des gamètes. Elle peut être transmise à la descendance : l'enfant issu du gamète muté la porte dans toutes ses cellules.

Les mutations germinales, accumulées de génération en génération, créent de nouveaux allèles : c'est l'origine de la diversité des allèles, donc du polymorphisme des gènes au sein d'une espèce, et un fondement de la biodiversité. La plupart des mutations n'ont pas d'effet notable sur l'organisme.

Exemple. Un gène possède trois allèles de fréquences 0,78, 0,17 et 0,05 dans une population. L'allèle le plus fréquent atteint 78 % < 99 % : le gène est polymorphe.
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Méthodes

Méthode 1 — Interpréter un résultat de centrifugation d'ADN
  1. Associer chaque bande à une densité : lourde (¹⁵N/¹⁵N), intermédiaire (¹⁵N/¹⁴N), légère (¹⁴N/¹⁴N).
  2. Traduire chaque bande en composition des brins.
  3. Pour chaque modèle, prédire les bandes attendues à la génération étudiée.
  4. Confronter : rejeter tout modèle dont la prédiction diffère du résultat ; rester prudent si plusieurs modèles restent compatibles.
Exemple rédigé. Après une génération en ¹⁴N, on n'observe qu'une bande intermédiaire. Le modèle conservatif prévoyait deux bandes, lourde et légère : il est rejeté. Les modèles semi-conservatif et dispersif prévoient tous deux une bande intermédiaire unique : ce résultat ne permet pas de les départager, il faut examiner la génération suivante.
Méthode 2 — Identifier une mutation par comparaison de séquences
  1. Aligner la séquence étudiée sous la séquence de référence, nucléotide par nucléotide.
  2. Repérer la première position où elles diffèrent.
  3. Comparer longueurs et suites : même longueur et suite identique → substitution ; séquence plus courte → délétion ; plus longue → insertion.
  4. Rédiger : type, position, nucléotide(s) concerné(s).
Exemple rédigé. Référence 5'-GGATCCTA-3' (8 nucléotides), séquence étudiée 5'-GGACCTA-3' (7 nucléotides). Les trois premiers nucléotides sont identiques ; en position 4, la référence porte un T. Sans ce T, la référence s'écrit GGACCTA, identique à la séquence étudiée : délétion du T en position 4.
Méthode 3 — Déterminer si une mutation est transmissible
  1. Identifier la cellule où la mutation est apparue, ou les cellules qui la portent.
  2. Classer : cellule de la lignée germinale ou cellule somatique.
  3. Conclure : seule une mutation germinale peut passer à la génération suivante.
Exemple rédigé. Chez un chat, une mutation n'est présente que dans les cellules d'une tache de pelage de couleur inhabituelle. Elle est apparue dans une cellule de la peau, puis a été transmise au clone de cellules qui forme la tache : c'est une mutation somatique, que ce chat ne transmettra pas à ses chatons.
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Pièges et erreurs classiques

« Semi-conservative » ne signifie pas « chaque brin à moitié ancien ». Un brin est entièrement ancien, l'autre entièrement neuf ; c'est le modèle dispersif qui mélange fragments anciens et neufs dans un même brin.
Une bande intermédiaire unique à la génération 1 ne prouve pas le modèle semi-conservatif : elle rejette seulement le modèle conservatif.
Lésion ≠ mutation. Une lésion réparée avant la réplication ne laisse aucune trace ; elle devient une mutation seulement si elle est recopiée sans avoir été corrigée.
Un agent mutagène ne crée pas une mutation ciblée ou « utile ». Il augmente la fréquence de mutations aléatoires, partout dans le génome.
Toute mutation n'est pas héréditaire au sens familial. Une mutation somatique est transmise aux cellules filles, pas aux enfants ; seule une mutation germinale peut l'être.
Substitution : la longueur ne change pas. Ne pas la décrire comme une délétion suivie d'une insertion.
En bref
  • La réplication est semi-conservative : chaque molécule fille garde un brin de la molécule mère (Meselson et Stahl, 1958).
  • L'ADN polymérase assemble le nouveau brin selon la complémentarité A-T, G-C, à partir d'origines de réplication d'où partent deux fourches.
  • Une mutation (substitution, délétion, insertion) est spontanée (erreur de réplication) ou induite par un agent mutagène (UV, rayons X, substances chimiques).
  • Les systèmes de réparation corrigent la plupart des erreurs : les mutations sont rares et aléatoires.
  • Mutation somatique : clone de cellules, non transmise aux enfants ; mutation germinale : transmissible, source de nouveaux allèles et du polymorphisme.
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