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Spécialité Physique-Chimie 1ʳᵉ

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Évolution d’un système : le tableau d’avancement

L’avancement d’une réaction et l’évolution des quantités de matière ; le tableau d’avancement établi à partir de l’équation ajustée et des quantités initiales ; l’avancement maximal, le réactif limitant et la composition de l’état final d’une transformation totale ; le mélange stœchiométrique ; l’avancement final, comparé à l’avancement maximal, pour distinguer transformation totale et non totale ; le bilan de matière programmé en Python.

À propos de cette page
Ce cours de physique-chimie de première spécialité explique l’évolution d’un système chimique en six parties : l’avancement x en mol et les quantités consommées et formées, l’établissement du tableau d’avancement à partir des quantités initiales, l’avancement maximal, le réactif limitant et la composition de l’état final, le mélange stœchiométrique, l’avancement final qui distingue transformation totale et non totale, et le bilan de matière programmé en Python.
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Avancement : décrire l’évolution d’un système

Ce qu’il faut savoir

Système chimique. C’est l’ensemble des espèces chimiques présentes, avec leur état physique, la température et la pression. Dans une équation, on note l’état physique de chaque espèce : (s) solide, (l) liquide, (g) gaz, (aq) espèce dissoute dans l’eau. L’état initial est l’état du système avant la transformation ; l’état final, celui où il n’évolue plus.

Équation ajustée (rappel de 2de). Réactifs à gauche, produits à droite ; les nombres stœchiométriques (on dit aussi coefficients) conservent les éléments et la charge ; les espèces spectatrices n’y figurent pas (voir Transformations chimiques, en seconde). Tout ce chapitre part d’une équation ajustée.

Avancement. L’avancement, noté x, est une quantité de matière, en mol, qui mesure la progression de la transformation : x = 0 à l’état initial. Pour la réaction a A + b B → c C + d D, quand l’avancement vaut x :

  • il a été consommé a × x mol de A et b × x mol de B ;
  • il s’est formé c × x mol de C et d × x mol de D.

Évolution qualitative. Les quantités des réactifs diminuent, celles des produits augmentent, d’autant plus vite que le nombre stœchiométrique est grand. Tracées en fonction de x, ce sont des droites de coefficient directeur −a et −b pour les réactifs, +c et +d pour les produits.

Exemples

Exemple 1 — l’aluminium dans le dibrome. L’aluminium réagit vivement avec le dibrome liquide : 2 Al(s) + 3 Br₂(l) → 2 AlBr₃(s). On part de 0,400 mol d’aluminium et de 0,450 mol de dibrome. Quand l’avancement vaut x = 0,050 mol, il a été consommé 2 × 0,050 = 0,100 mol d’aluminium et 3 × 0,050 = 0,150 mol de dibrome, et il s’est formé 2 × 0,050 = 0,100 mol de bromure d’aluminium. Il reste alors 0,400 − 0,100 = 0,300 mol d’aluminium et 0,450 − 0,150 = 0,300 mol de dibrome.

0,00,10,20,30,40,500,050,100,150,20n (mol)x (mol)xmaxAlBr₂AlBr₃

Sur le graphique, la droite du dibrome descend plus vite (coefficient directeur −3) que celle de l’aluminium (−2) : le dibrome est épuisé le premier, pour x = 0,150 mol, et la transformation s’arrête là (partie 3).

Exemple 2 — une évolution qui se voit. Une lame de zinc plonge dans une solution bleue de sulfate de cuivre(II) : Zn(s) + Cu²⁺(aq) → Zn²⁺(aq) + Cu(s). La couleur bleue, due aux ions Cu²⁺, pâlit à mesure que x augmente, et un dépôt rouge de cuivre se forme sur la lame : à chaque instant, la quantité d’ions Cu²⁺ a diminué de x et la quantité de cuivre a augmenté de x.

Réflexe — pour un avancement x, je multiplie x par le nombre stœchiométrique de chaque espèce : je le retranche de la quantité initiale d’un réactif, je l’ajoute à celle d’un produit.

Attention — l’avancement n’est pas la quantité consommée d’un réactif : avec 2 Al + 3 Br₂, pour x = 0,050 mol, il a été consommé 0,150 mol de dibrome, pas 0,050 mol. Et x s’exprime en mol, jamais en g ni en mol·L⁻¹.

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Établir le tableau d’avancement

Ce qu’il faut savoir

Les quantités initiales, en mol. Un tableau d’avancement ne contient que des quantités de matière. On convertit d’abord les données (voir Quantité de matière et concentrations) : n = m ÷ M pour une masse ; n = c × V pour une espèce dissoute ; n = V ÷ Vm pour un gaz.

Le tableau. Une colonne par espèce de l’équation, une ligne par état. Pour a A + b B → c C + d D :

ÉtatAvancement (mol)a Ab Bc Cd D
initial0nA(0)nB(0)nC(0)nD(0)
en coursxnA(0) − a xnB(0) − b xnC(0) + c xnD(0) + d x
finalxfnA(0) − a xfnB(0) − b xfnC(0) + c xfnD(0) + d xf

Le plus souvent, il n’y a aucun produit au départ : nC(0) = nD(0) = 0. Quand l’eau est le solvant, ou qu’un réactif est en très large excès, on écrit « solvant » ou « excès » dans sa colonne au lieu d’une quantité. Les espèces spectatrices n’ont pas de colonne : elles ne sont pas dans l’équation.

Exemples

Exemple 1 — à partir de masses. On verse 71,9 g de dibrome (M = 159,8 g·mol⁻¹) sur 10,8 g d’aluminium (M = 27,0 g·mol⁻¹) : 2 Al(s) + 3 Br₂(l) → 2 AlBr₃(s). n(Al) = 10,8 ÷ 27,0 = 0,400 mol et n(Br₂) = 71,9 ÷ 159,8 ≈ 0,450 mol. Tableau, en mol :

ÉtatAvancement (mol)2 Al3 Br₂2 AlBr₃
initial00,4000,4500
en coursx0,400 − 2x0,450 − 3x2x
finalxf0,400 − 2xf0,450 − 3xf2xf

Exemple 2 — avec une solution. Un fil de cuivre de 0,635 g (M = 63,5 g·mol⁻¹) plonge dans 20,0 mL d’une solution de nitrate d’argent à 0,500 mol·L⁻¹ : Cu(s) + 2 Ag⁺(aq) → Cu²⁺(aq) + 2 Ag(s). n(Cu) = 0,635 ÷ 63,5 = 0,0100 mol, soit 1,00 × 10⁻² mol ; n(Ag⁺) = 0,500 × 20,0 × 10⁻³ = 1,00 × 10⁻² mol. Les ions nitrate NO₃⁻, spectateurs, n’ont pas de colonne. Tableau, en mol :

ÉtatAvancement (mol)Cu2 Ag⁺Cu²⁺2 Ag
initial01,00 × 10⁻²1,00 × 10⁻²00
en coursx1,00 × 10⁻² − x1,00 × 10⁻² − 2xx2x
finalxf1,00 × 10⁻² − xf1,00 × 10⁻² − 2xfxf2xf

Réflexe — je convertis tout en mol avant d’écrire la première ligne ; puis, dans la ligne « en cours », quantité initiale − (nombre stœchiométrique) × x pour un réactif, + (nombre stœchiométrique) × x pour un produit.

Attention — jamais de masse ni de volume dans le tableau. Et le nombre stœchiométrique multiplie x, pas la quantité initiale : on écrit 0,450 − 3x, et non 3 × 0,450 − x.

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Avancement maximal, réactif limitant et état final

Ce qu’il faut savoir

Transformation totale. Une transformation qui s’arrête parce qu’un réactif a entièrement disparu est dite totale : son avancement final est l’avancement maximal, xf = xmax.

Trouver xmax. Une quantité de matière ne peut pas devenir négative. Pour chaque réactif, je résous l’équation du premier degré « quantité restante = 0 » : nA(0) − a x = 0 donne x = nA(0) ÷ a, et nB(0) − b x = 0 donne x = nB(0) ÷ b. L’avancement maximal est la plus petite de ces valeurs.

Réactif limitant. C’est le réactif qui donne cette plus petite valeur : il est entièrement consommé à l’état final. L’autre réactif est en excès : il en reste. S’il n’y a qu’un réactif (une décomposition, ou l’autre réactif est en excès), il est forcément limitant.

Composition de l’état final. Je remplace x par xmax dans toute la ligne finale, puis je reviens aux grandeurs demandées : m = n × M pour une masse ; V = n × Vm pour un gaz ; c = n ÷ V pour une espèce dissoute, avec le volume total de la solution.

Exemples

Exemple 1 — l’aluminium et le dibrome (suite). 0,400 − 2x = 0 donne x = 0,200 mol ; 0,450 − 3x = 0 donne x = 0,150 mol. Donc xmax = 0,150 mol et le dibrome est le réactif limitant, bien qu’on en ait introduit plus que d’aluminium. État final : n(Al) = 0,400 − 2 × 0,150 = 0,100 mol ; n(Br₂) = 0 ; n(AlBr₃) = 2 × 0,150 = 0,300 mol.

ÉtatAvancement (mol)2 Al3 Br₂2 AlBr₃
initial00,4000,4500
en coursx0,400 − 2x0,450 − 3x2x
finalxmax = 0,1500,10000,300

Avec M(AlBr₃) = 266,7 g·mol⁻¹, il se forme m = 0,300 × 266,7 ≈ 80,0 g de bromure d’aluminium. Contrôle : les 0,100 mol d’aluminium restant pèsent 2,70 g, et 2,70 + 80,0 = 82,7 g, comme 10,8 + 71,9 = 82,7 g au départ : la masse se conserve.

Exemple 2 — le cuivre et les ions argent (suite). 1,00 × 10⁻² − x = 0 donne x = 1,00 × 10⁻² mol ; 1,00 × 10⁻² − 2x = 0 donne x = 5,00 × 10⁻³ mol. Les ions argent sont limitants : xmax = 5,00 × 10⁻³ mol. Il reste 5,00 × 10⁻³ mol de cuivre ; il s’est formé 1,00 × 10⁻² mol d’argent, soit environ 1,08 g (M = 107,9 g·mol⁻¹), et 5,00 × 10⁻³ mol d’ions Cu²⁺ dans les 20,0 mL : c(Cu²⁺) = 5,00 × 10⁻³ ÷ 0,0200 = 0,250 mol·L⁻¹, et la solution bleuit.

Exemple 3 — un seul réactif. Le calcaire chauffé dans un four à chaux se décompose : CaCO₃(s) → CaO(s) + CO₂(g). Avec 0,75 mol de carbonate de calcium, 0,75 − x = 0 donne xmax = 0,75 mol. Il se forme 0,75 mol de dioxyde de carbone, soit V = 0,75 × 24,0 = 18,0 L (Vm = 24,0 L·mol⁻¹), et 0,75 mol de chaux vive CaO, soit environ 42,1 g (M = 56,1 g·mol⁻¹).

Réflexe — « quantité restante = 0 » pour chaque réactif ; la plus petite solution est xmax, son réactif est limitant ; puis je remplace x par xmax dans toute la ligne finale avant de convertir en masses, volumes ou concentrations.

Attention — le réactif limitant n’est pas forcément celui dont la quantité initiale est la plus petite : il faut diviser par le nombre stœchiométrique (0,450 mol de dibrome contre 0,400 mol d’aluminium, et c’est le dibrome qui manque). Une quantité finale négative signale un xmax mal choisi.

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Mélange stœchiométrique

Ce qu’il faut savoir

Définition. Le mélange initial est stœchiométrique quand les réactifs sont introduits dans les proportions de l’équation : nA(0) ÷ a = nB(0) ÷ b. Les équations « quantité restante = 0 » ont alors la même solution.

Conséquence. Si la transformation est totale, tous les réactifs sont entièrement consommés en même temps : l’état final ne contient plus aucun réactif, seulement les produits (et les espèces spectatrices ou le solvant).

Préparer un mélange stœchiométrique. Pour une quantité nA(0) donnée, il faut nB(0) = (b ÷ a) × nA(0). Pour des gaz pris dans les mêmes conditions de température et de pression, les volumes sont proportionnels aux quantités de matière : ils sont aussi dans le rapport b ÷ a.

C’est la situation recherchée à l’équivalence d’un titrage (voir Titrage).

Exemples

Exemple 1 — juste ce qu’il faut de dioxygène. L’heptane C₇H₁₆, un constituant de l’essence, brûle : C₇H₁₆(l) + 11 O₂(g) → 7 CO₂(g) + 8 H₂O(g). Pour brûler 0,020 mol d’heptane sans reste, il faut n(O₂) = 11 × 0,020 = 0,22 mol de dioxygène. Alors xmax = 0,020 mol et l’état final ne contient que 7 × 0,020 = 0,14 mol de dioxyde de carbone et 8 × 0,020 = 0,16 mol d’eau.

Exemple 2 — reconnaître un mélange stœchiométrique. On brûle 4,86 g de magnésium (M = 24,3 g·mol⁻¹) dans un flacon contenant 2,40 L de dioxygène (Vm = 24,0 L·mol⁻¹) : 2 Mg(s) + O₂(g) → 2 MgO(s). n(Mg) = 4,86 ÷ 24,3 = 0,200 mol et n(O₂) = 2,40 ÷ 24,0 = 0,100 mol. Rapports : 0,200 ÷ 2 = 0,100 et 0,100 ÷ 1 = 0,100. Ils sont égaux : le mélange est stœchiométrique. Il se forme 2 × 0,100 = 0,200 mol d’oxyde de magnésium (M = 40,3 g·mol⁻¹), soit 0,200 × 40,3 = 8,06 g : toute la masse des réactifs, puisque les 0,100 mol de dioxygène pèsent 3,20 g et 4,86 + 3,20 = 8,06 g.

Réflexe — je compare les rapports quantité initiale ÷ nombre stœchiométrique : s’ils sont égaux, le mélange est stœchiométrique ; pour en préparer un, je calcule l’autre quantité dans la proportion des nombres stœchiométriques.

Attention — stœchiométrique ne veut pas dire « mêmes quantités » : avec 2 Mg + O₂, il faut deux fois plus de magnésium que de dioxygène, en moles. Et des masses égales ne font presque jamais un mélange stœchiométrique.

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Avancement final : transformation totale ou non totale

Ce qu’il faut savoir

Avancement final. L’avancement final xf est la valeur de x quand le système n’évolue plus. On le détermine à partir de la description expérimentale de l’état final : une quantité mesurée d’un produit ou d’un réactif, reliée à xf par la ligne finale du tableau.

  • Produit C formé, mesuré : nC(f) = c xf, donc xf = nC(f) ÷ c (s’il n’y avait pas de C au départ).
  • Réactif A restant, mesuré : nA(f) = nA(0) − a xf, donc xf = (nA(0) − nA(f)) ÷ a.

Totale ou non totale. On compare xf à xmax, calculé comme si la transformation était totale :

  • xf = xmax : la transformation est totale, le réactif limitant a disparu ;
  • xf < xmax : la transformation est non totale. À l’état final, réactifs et produits coexistent : aucun réactif n’a entièrement disparu.

On ne peut jamais trouver xf > xmax. Pour une transformation non totale, la composition de l’état final se calcule avec xf, jamais avec xmax.

Exemples

Exemple 1 — une transformation non totale. Dans une enceinte chauffée, 1,00 mol de dihydrogène et 1,00 mol de diiode gazeux réagissent : H₂(g) + I₂(g) → 2 HI(g). Si la transformation était totale, on aurait xmax = 1,00 mol. On mesure à l’état final 1,56 mol d’iodure d’hydrogène : xf = 1,56 ÷ 2 = 0,78 mol, inférieur à xmax. La transformation est non totale ; l’état final contient 1,00 − 0,78 = 0,22 mol de dihydrogène, 0,22 mol de diiode et 1,56 mol d’iodure d’hydrogène.

ÉtatAvancement (mol)H₂I₂2 HI
initial01,001,000
en coursx1,00 − x1,00 − x2x
final (mesuré)xf = 0,780,220,221,56
si totalexmax = 1,00002,00

Exemple 2 — une transformation totale. Pour le fil de cuivre plongé dans la solution d’ions argent (parties 2 et 3), on récupère et on pèse l’argent déposé : 1,08 g, soit 1,08 ÷ 107,9 ≈ 1,00 × 10⁻² mol. Donc xf = 1,00 × 10⁻² ÷ 2 = 5,00 × 10⁻³ mol : c’est xmax, la transformation est totale.

Réflexe — je repère ce qu’on a mesuré à l’état final, j’en tire xf grâce à la ligne finale du tableau, puis je compare à xmax.

Attention — dans une transformation non totale, il n’y a pas de réactif « épuisé » : il reste de chaque réactif. Et l’on ne calcule pas xf avec la quantité initiale d’un réactif : c’est la quantité finale mesurée qui le donne.

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Le bilan de matière en Python

Ce qu’il faut savoir

Capacité numérique du programme. Un programme peut déterminer la composition de l’état final d’une transformation totale à partir de l’équation et des quantités initiales. Il suit la méthode faite à la main : rapports n(0) ÷ nombre stœchiométrique, le plus petit est xmax, puis la ligne finale du tableau.

# a A + b B -> c C + d D, transformation totale
a, b, c, d = 2, 3, 2, 0
nA0, nB0 = 0.400, 0.450   # en mol
xmax = min(nA0 / a, nB0 / b)
nA = nA0 - a * xmax
nB = nB0 - b * xmax
nC = c * xmax
nD = d * xmax
print("xmax =", round(xmax, 3))
print(round(nA, 3), round(nB, 3))
print(round(nC, 3), round(nD, 3))
  • min(…) renvoie la plus petite des valeurs : c’est xmax.
  • Une ligne par espèce : quantité initiale − nombre stœchiométrique × xmax pour un réactif, nombre stœchiométrique × xmax pour un produit absent au départ.
  • Une espèce absente de l’équation reçoit le nombre stœchiométrique 0 (ici d = 0 : il n’y a qu’un produit).
  • round(…, 3) arrondit l’affichage au millième : Python stocke les décimaux en binaire et afficherait sinon 0.10000000000000003 au lieu de 0.1. Python écrit les décimaux avec un point.

Repérer le réactif limitant. On ajoute un test qui compare les deux rapports :

if nA0 / a < nB0 / b:
    print("A est limitant")
elif nA0 / a > nB0 / b:
    print("B est limitant")
else:
    print("stœchiométrique")
Exemples

Exemple 1 — l’aluminium et le dibrome. Avec les valeurs ci-dessus (2 Al + 3 Br₂ → 2 AlBr₃, 0,400 mol et 0,450 mol), le programme affiche :

xmax = 0.15
0.1 0.0
0.3 0.0

On retrouve le résultat de la partie 3 : xmax = 0,150 mol, 0,100 mol d’aluminium restant, plus de dibrome, 0,300 mol de bromure d’aluminium. Le test affiche « B est limitant », car 0,400 ÷ 2 = 0,2 est plus grand que 0,450 ÷ 3 = 0,15 : B est le dibrome.

Exemple 2 — changer seulement les données. Pour le cuivre et les ions argent, Cu + 2 Ag⁺ → Cu²⁺ + 2 Ag, on écrit a, b, c, d = 1, 2, 1, 2 et nA0, nB0 = 0.0100, 0.0100. Le programme affiche xmax = 0.005, puis 0.005 et 0.0 pour les réactifs, 0.005 et 0.01 pour les produits : 5,00 × 10⁻³ mol de cuivre restant, 5,00 × 10⁻³ mol d’ions Cu²⁺ et 1,00 × 10⁻² mol d’argent formés.

Réflexe — avant de lancer le programme, je prévois le résultat à la main ; je vérifie que a, b, c, d sont dans le même ordre que les espèces A, B, C, D.

Attention — écrire min(nA0, nB0), sans diviser par les nombres stœchiométriques, donne une quantité finale négative dès qu’un réactif a un nombre stœchiométrique supérieur à 1 : c’est l’erreur classique. Et ce programme ne vaut que pour une transformation totale : pour une transformation non totale, il faut xf, qui se mesure.

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Pour aller plus loin

Dans les chapitres voisins. Masse molaire, volume molaire, concentration en quantité de matière et dilution : Quantité de matière et concentrations. Les transformations par transfert d’électrons, oxydant, réducteur, couples et demi-équations électroniques, que l’on suit ensuite avec un tableau d’avancement : Réactions d’oxydoréduction. Le changement de réactif limitant au cours d’un titrage et la relation à l’équivalence : Titrage. L’équation et l’énergie libérée par une combustion : Combustions.

Plus tard. En terminale, on comparera xf et xmax par leur quotient, le taux d’avancement final, et l’on expliquera pourquoi certaines transformations sont non totales.

À retenir
  • L’avancement x (en mol) mesure la progression : pour a A + b B → c C + d D, il a été consommé a x mol de A et b x mol de B, et il s’est formé c x mol de C et d x mol de D.
  • Tableau d’avancement : quantités en mol seulement ; ligne « en cours » = quantité initiale − (nombre stœchiométrique) × x pour un réactif, + pour un produit.
  • Transformation totale : « quantité restante = 0 » pour chaque réactif ; la plus petite solution est xmax, son réactif est limitant ; la ligne finale donne l’état final, puis m = n × M, V = n × Vm, c = n ÷ Vtotal.
  • Mélange stœchiométrique : rapports n(0) ÷ nombre stœchiométrique égaux ; tous les réactifs disparaissent ensemble si la transformation est totale.
  • L’avancement final xf se tire de l’état final mesuré : xf = xmax, transformation totale ; xf < xmax, non totale, réactifs et produits coexistent.
  • En Python : xmax = min(nA0 / a, nB0 / b), puis une ligne par espèce, affichage arrondi avec round.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’avancement d’une réaction chimique ?

C’est une quantité de matière, notée x et exprimée en mol, qui mesure la progression de la transformation : x vaut 0 à l’état initial. Pour a A + b B → c C + d D, quand l’avancement vaut x, il a été consommé a × x mol de A et b × x mol de B, et il s’est formé c × x mol de C et d × x mol de D.

Comment remplir un tableau d’avancement ?

On convertit d’abord toutes les données en quantités de matière. Une colonne par espèce de l’équation, trois lignes : état initial (x = 0, quantités initiales), en cours (quantité initiale moins nombre stœchiométrique × x pour un réactif, plus pour un produit) et état final (x remplacé par l’avancement final).

Comment trouver l’avancement maximal et le réactif limitant ?

Pour chaque réactif, on résout « quantité restante = 0 », par exemple n(A) − a x = 0, soit x = n(A) ÷ a. L’avancement maximal est la plus petite des solutions, et le réactif qui la donne est le réactif limitant : il est entièrement consommé si la transformation est totale.

Qu’est-ce qu’un mélange stœchiométrique ?

Un mélange dont les réactifs sont introduits dans les proportions de l’équation : les rapports quantité initiale ÷ nombre stœchiométrique sont égaux. Si la transformation est totale, tous les réactifs sont entièrement consommés en même temps et il n’en reste aucun à l’état final.

Comment savoir si une transformation est totale ?

On détermine l’avancement final x_f à partir de ce qu’on mesure à l’état final (quantité d’un produit formé ou d’un réactif restant), puis on le compare à l’avancement maximal. Si x_f = x_max, la transformation est totale ; si x_f < x_max, elle est non totale : réactifs et produits coexistent à l’état final.

Comment calculer un bilan de matière avec Python ?

Pour une transformation totale, le programme calcule xmax = min(nA0 / a, nB0 / b), puis chaque quantité finale : nA0 − a × xmax pour un réactif, c × xmax pour un produit. On arrondit l’affichage avec round, car Python stocke les décimaux en binaire.

Bloqué sur ce chapitre ?

Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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