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Histoire-Géographie 1ʳᵉ

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La France : la métropolisation et ses effets

Paris ville mondiale, métropoles régionales, périurbanisation, recompositions et inégalités des espaces français (programme de géographie de 1re)

À propos de cette page
Ce cours d'histoire-géographie en première sur « La France : la métropolisation et ses effets » suit le programme officiel d'histoire-géographie de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Qu'est-ce que la métropolisation ? La définir et la mesurer en France, Paris, ville mondiale, L'affirmation des métropoles régionales, Périurbanisation et étalement : la ville diffuse. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en histoire-géographie.

4 analyses de document, de nature différente, avec la réponse entièrement rédigée. C’est l’exercice le plus fréquent de l’épreuve : le document est donné en entier, tu travailles dessus sans rien ouvrir d’autre.

Document 1 — Les grandes aires d'attraction des villes françaises et leur accès à Paris

Facile

Tableau statistique · Tableau construit pour l'exercice d'après INSEE, zonage en aires d'attraction des villes 2020 (population 2017, valeurs arrondies), et d'après les meilleurs temps de parcours ferroviaires depuis Paris proposés par la SNCF au début des années 2020 (arrondis).

En 2020, l'INSEE remplace les aires urbaines par les aires d'attraction des villes pour mieux mesurer l'influence des pôles sur leur couronne. Les temps de trajet reflètent quarante ans de construction de lignes à grande vitesse, de 1981 à 2017.

Aire d'attractionPopulation (millions d'habitants, 2017)Meilleur temps de train depuis ParisLigne à grande vitesse décisive
Paris≈ 13,0——
Lyon≈ 2,3≈ 2 h1981 (LGV Sud-Est)
Marseille – Aix-en-Provence≈ 1,9≈ 3 h2001 (LGV Méditerranée)
Lille (partie française)≈ 1,5≈ 1 h1993 (LGV Nord)
Toulouse≈ 1,4≈ 4 h 10aucune LGV au-delà de Bordeaux
Bordeaux≈ 1,4≈ 2 h 052017 (LGV Sud Europe Atlantique)
Nantes≈ 1,0≈ 2 h1989-1990 (LGV Atlantique)
Strasbourg (partie française)≈ 0,8≈ 1 h 502007 et 2016 (LGV Est européenne)
Rennes≈ 0,7≈ 1 h 252017 (LGV Bretagne-Pays de la Loire)

Analysez ce document en montrant ce qu'il révèle de la hiérarchie urbaine française et du rôle des réseaux de transport dans la métropolisation.

  1. Présentez le document : nature, sources, informations fournies.
  2. Relevez les éléments qui montrent la domination de Paris sur le réseau urbain français.
  3. Montrez que la grande vitesse ferroviaire participe à la métropolisation, mais qu'elle n'explique pas tout.
  4. Quelles sont les limites de ce document pour comprendre la métropolisation ?
Voir la réponse rédigée

1. Ce document est un tableau statistique construit à partir de deux sources : le zonage en aires d'attraction des villes publié par l'INSEE en 2020 (population de 2017, arrondie) et les meilleurs temps de parcours en train depuis Paris proposés par la SNCF au début des années 2020. Il présente neuf des principales aires françaises, leur population, leur distance-temps à la capitale et la date de mise en service de la ligne à grande vitesse qui les a rapprochées de Paris. Il permet donc de croiser le poids démographique des villes et leur accessibilité.

2. La domination de Paris apparaît d'abord dans les chiffres : son aire compte environ 13 millions d'habitants, plus de cinq fois celle de Lyon (≈ 2,3 millions), qui est pourtant la deuxième du pays. Elle est même plus peuplée que les huit autres aires du tableau réunies (environ 11 millions au total). C'est la définition de la macrocéphalie, déjà dénoncée par Jean-François Gravier en 1947. Le tableau le montre aussi par sa construction : tous les temps de trajet sont mesurés depuis Paris, parce que le réseau ferroviaire à grande vitesse est organisé en étoile autour de la capitale.

3. La grande vitesse rapproche les métropoles régionales de Paris : Lille est à environ une heure depuis 1993, Rennes à 1 h 25 et Bordeaux à un peu plus de deux heures depuis 2017. Ces gains permettent un aller-retour dans la journée, renforcent l'attractivité de ces villes pour les entreprises et les cadres et intègrent les métropoles au réseau national : c'est une dimension de la métropolisation, qui relie les grandes villes entre elles. Mais la vitesse n'explique pas tout : Toulouse, à plus de quatre heures faute de LGV au-delà de Bordeaux, compte parmi les aires les plus peuplées et les plus dynamiques grâce à sa spécialisation aéronautique et à son aéroport. Par ailleurs, les villes intermédiaires traversées sans arrêt subissent un « effet tunnel ».

4. Le document mesure la population, pas les fonctions de commandement : il ne dit rien des sièges sociaux, des emplois de cadres ou des universités, qui font la métropole. Il ne donne pas d'évolution dans le temps et ignore les inégalités internes aux aires, comme l'écart entre les quartiers aisés et la Seine-Saint-Denis. Enfin, un « meilleur temps » ne dit rien de la fréquence ni du prix des trains, ni de l'accès des villes moyennes, absentes du tableau.

Ce que cette analyse apprend — Faire parler un tableau en calculant des rapports simples (Paris et Lyon) et en le confrontant à ce qu'il ne montre pas.

Document 2 — Neuf Français sur dix vivent sous l'influence d'une ville

Moyen

Carte (description d'une carte schématique de la France métropolitaine) · Carte schématique construite pour l'exercice d'après INSEE, zonage en aires d'attraction des villes, 2020.

Ce zonage est publié par l'INSEE en octobre 2020 pour remplacer celui des aires urbaines (1996-2020) et s'aligner sur les définitions européennes. Il mesure l'influence des villes à partir des déplacements domicile-travail recensés.

Titre de la carte : Les aires d'attraction des villes en France métropolitaine (2020).

Légende : trois figurés de surface. En rouge, les pôles, communes denses et riches en emplois ; en orange clair, les couronnes, communes dont au moins 15 % des actifs travaillent dans le pôle ; en blanc, les communes hors attraction des villes. Un encadré indique : « 93 % de la population vit dans une aire d'attraction ».

Ce que montre la carte : l'aire de Paris forme une immense tache orange qui couvre presque toute l'Île-de-France et déborde largement sur les départements voisins, comme l'Oise ou l'Eure-et-Loir. Autour de Lyon, Toulouse, Bordeaux, Nantes et Rennes, de vastes couronnes s'étendent sur plusieurs dizaines de kilomètres. Le long du littoral méditerranéen, du sillon rhodanien et de la frontière du Nord, les aires se touchent presque et forment des bandes quasi continues. À l'inverse, les communes hors attraction dessinent de grandes taches blanches dans le Massif central, les Pyrénées, les Alpes du Sud, les plateaux de Bourgogne et de Champagne et l'intérieur de la Corse. De nombreuses petites aires, autour de villes moyennes, parsèment le reste du territoire.

En vous appuyant sur la carte et sur vos connaissances, montrez ce qu'elle révèle de l'emprise de la métropolisation sur le territoire français et de ses limites.

  1. Présentez le document et expliquez la notion d'aire d'attraction d'une ville.
  2. Décrivez la répartition des espaces sous influence urbaine en France.
  3. Expliquez ce que révèle l'étendue des couronnes autour des grandes métropoles.
  4. Montrez que la carte permet de nuancer l'opposition entre une « France des métropoles » et une « France périphérique ».
Voir la réponse rédigée

1. Il s'agit d'une carte schématique de la France métropolitaine construite d'après le zonage en aires d'attraction des villes adopté par l'INSEE en 2020. Une aire d'attraction associe un pôle, défini par sa densité et son nombre d'emplois, et une couronne de communes dont au moins 15 % des actifs vont travailler dans ce pôle. La notion ne mesure donc pas la ville bâtie, comme l'unité urbaine, mais l'influence d'une ville sur son espace environnant, à travers les mobilités pendulaires.

2. L'influence urbaine couvre l'essentiel du territoire habité : l'encadré précise que 93 % de la population vit dans une aire. Elle est très inégale. Une aire écrase les autres : celle de Paris, qui déborde de l'Île-de-France vers l'Oise ou l'Eure-et-Loir. Viennent ensuite de vastes aires régionales (Lyon, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rennes) et des espaces presque continus le long de la Méditerranée, du sillon rhodanien et de la frontière du Nord. Les communes hors attraction, en blanc, se concentrent dans les montagnes et les plateaux peu denses : Massif central, Pyrénées, Alpes du Sud, Bourgogne et Champagne, intérieur de la Corse.

3. Les grandes couronnes traduisent la périurbanisation engagée depuis les années 1970 : des ménages s'installent de plus en plus loin du pôle, dans des communes d'aspect rural, pour accéder à une maison individuelle, mais continuent d'y travailler. Plus la métropole est puissante, plus son aire est vaste : c'est un effet direct de la métropolisation, qui concentre les emplois qualifiés dans le pôle et diffuse les habitants autour. Cette extension a un coût : allongement des navettes, dépendance à la voiture (près des trois quarts des actifs vont travailler en voiture en 2017) et artificialisation des sols, que la loi Climat et résilience de 2021 cherche à freiner.

4. La carte montre que l'opposition entre métropoles intégrées et France périphérique, popularisée par Christophe Guilluy en 2014, est trop simple. D'abord, les couronnes lient étroitement les métropoles et leurs campagnes : les périurbains vivent au rythme de la ville. Ensuite, de nombreuses petites aires de villes moyennes structurent le reste du territoire. Enfin, les espaces blancs ne concernent qu'environ 7 % de la population. La carte ne montre pas, en revanche, les inégalités sociales internes aux aires : la pauvreté est aussi forte dans des banlieues de métropoles, comme en Seine-Saint-Denis.

Ce que cette analyse apprend — Lire une carte en partant de la légende, décrire du plus au moins influencé, puis confronter l'image obtenue à une thèse en débat.

Document 3 — Le Grand Paris, un projet « d'intérêt national »

Moyen

Texte juridique (article de loi) · Loi n° 2010-597 du 3 juin 2010 relative au Grand Paris, article 1er (extraits), Journal officiel de la République française, 4 juin 2010.

La loi est votée en 2010, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, après une consultation internationale d'architectes lancée en 2008 sur l'avenir de l'agglomération parisienne. Elle s'adresse aux collectivités franciliennes et fonde le futur métro du Grand Paris Express.

« Le Grand Paris est un projet urbain, social et économique d'intérêt national qui unit les grands territoires stratégiques de la région d'Île-de-France, au premier rang desquels Paris et le cœur de l'agglomération parisienne, et promeut le développement économique durable, solidaire et créateur d'emplois de la région capitale. Il vise à réduire les déséquilibres sociaux, territoriaux et fiscaux au bénéfice de l'ensemble du territoire national. Les collectivités territoriales et les citoyens sont associés à l'élaboration et à la réalisation de ce projet.

Ce projet s'appuie sur la création d'un réseau de transport public de voyageurs dont le financement des infrastructures est assuré par l'État. […]

Ces contrats participent à l'objectif de construire chaque année 70 000 logements géographiquement et socialement adaptés en Île-de-France et contribuent à la maîtrise de l'étalement urbain. Le projet du Grand Paris favorise également la recherche, l'innovation et la valorisation industrielle au moyen de pôles de compétitivité et du pôle scientifique et technologique du plateau de Saclay dont l'environnement naturel est préservé.

Ce projet intègre un objectif de croissance économique afin de soutenir la concurrence des autres métropoles mondiales. »

Montrez que ce texte exprime l'ambition de faire de Paris une ville mondiale compétitive et solidaire, et discutez la conciliation de ces objectifs.

  1. Présentez le document dans son contexte.
  2. Relevez et expliquez les objectifs qui visent à renforcer Paris comme ville mondiale.
  3. Relevez et expliquez les objectifs de cohésion sociale et territoriale.
  4. Montrez que ces objectifs peuvent entrer en tension, en vous appuyant sur ce que l'on sait de la mise en œuvre du projet.
Voir la réponse rédigée

1. Ce document est un extrait de l'article 1er de la loi du 3 juin 2010 relative au Grand Paris, publiée au Journal officiel. C'est un texte normatif : il fixe le cadre d'un projet d'aménagement voulu par l'État, qui le qualifie « d'intérêt national ». Il intervient à un moment où l'État cherche, après la consultation d'architectes de 2008, à organiser une agglomération de plus de 10 millions d'habitants éclatée entre de nombreuses communes, et à la placer dans la compétition entre grandes villes du monde.

2. Le texte assume une ambition mondiale : la dernière phrase assigne au projet un « objectif de croissance économique afin de soutenir la concurrence des autres métropoles mondiales ». Paris est ainsi pensée comme une ville mondiale en rivalité avec les autres. Pour y parvenir, la loi mise sur la « recherche », l'« innovation » et les « pôles de compétitivité », en particulier le « pôle scientifique et technologique du plateau de Saclay », qui doit concentrer grandes écoles, universités et laboratoires. Le « réseau de transport public », financé par l'État, doit relier ces pôles d'excellence entre eux et aux aéroports : c'est le futur Grand Paris Express, environ 200 km de métro automatique et 68 gares.

3. Le texte affiche aussi des objectifs de cohésion. Il veut « réduire les déséquilibres sociaux, territoriaux et fiscaux », un aveu des fortes inégalités franciliennes entre l'Ouest aisé et des banlieues populaires du Nord et de l'Est. Il fixe un objectif chiffré de « 70 000 logements » par an, « géographiquement et socialement adaptés », pour répondre à la crise du logement, et veut contribuer « à la maîtrise de l'étalement urbain » en densifiant autour des gares. Il associe enfin les « collectivités territoriales » et les « citoyens », et affirme que le projet profite à « l'ensemble du territoire national ».

4. Les deux objectifs peuvent se contredire. La recherche de la compétitivité conduit à investir d'abord dans les pôles les plus attractifs (Saclay, aéroports, La Défense). À l'inverse, desservir des communes enclavées comme Clichy-sous-Bois et Montfermeil (ligne 16) répond à l'objectif de cohésion, mais l'arrivée d'une gare fait monter les prix et peut provoquer une gentrification qui éloigne les habitants modestes. La mise en œuvre est lente et coûteuse : le coût du réseau a été réévalué à plus de 35 milliards d'euros à la fin des années 2010, et seul le prolongement de la ligne 14 vers Orly et Saint-Denis Pleyel est ouvert en juin 2024. Enfin, l'idée que le projet profite à tout le pays reste discutée par les élus des autres régions.

Ce que cette analyse apprend — Analyser un texte de loi en distinguant ses objectifs affichés, puis en les confrontant à leur mise en œuvre datée.

Document 4 — Ce que la loi appelle une « métropole »

Difficile

Texte juridique (article du Code général des collectivités territoriales) · Code général des collectivités territoriales, article L5217-1, rédaction issue de la loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles (MAPTAM), extraits.

La loi MAPTAM, votée en janvier 2014 sous la présidence de François Hollande, ouvre une série de réformes territoriales (régions en 2015, loi NOTRe en 2015). Elle s'adresse aux élus des grandes intercommunalités, appelées à devenir des métropoles le 1er janvier 2015.

« La métropole est un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre regroupant plusieurs communes d'un seul tenant et sans enclave au sein d'un espace de solidarité pour élaborer et conduire ensemble un projet d'aménagement et de développement économique, écologique, éducatif, culturel et social de leur territoire afin d'en améliorer la cohésion et la compétitivité et de concourir à un développement durable et solidaire du territoire régional. Elle valorise les fonctions économiques métropolitaines, ses réseaux de transport et ses ressources universitaires, de recherche et d'innovation, dans un esprit de coopération régionale et interrégionale et avec le souci d'un développement territorial équilibré.

Au 1er janvier 2015, sont transformés par décret en une métropole les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre qui forment, à la date de sa création, un ensemble de plus de 400 000 habitants dans une aire urbaine, au sens de l'Institut national de la statistique et des études économiques, de plus de 650 000 habitants. […] »

Analysez ce texte en montrant comment l'État définit et encourage les métropoles régionales, puis en discutant l'écart entre cette définition juridique et la réalité géographique de la métropolisation.

  1. Présentez le document et situez-le dans l'histoire des politiques d'aménagement.
  2. Selon le texte, qu'est-ce qu'une métropole et quelles fonctions doit-elle valoriser ?
  3. Expliquez la tension entre « compétitivité » et « cohésion » que révèle le texte.
  4. Montrez que la métropole juridique ne coïncide pas avec la métropole au sens géographique.
Voir la réponse rédigée

1. Ce document est un article du Code général des collectivités territoriales, dans la rédaction issue de la loi MAPTAM du 27 janvier 2014. C'est un texte juridique qui crée des obligations : il définit un type d'intercommunalité et fixe les seuils à partir desquels elle devient automatiquement métropole. Il s'inscrit dans une longue histoire : en 1964, la DATAR désignait déjà huit « métropoles d'équilibre » pour faire contrepoids à Paris ; la loi du 16 décembre 2010 avait créé un premier statut de métropole, peu utilisé. En 2014, le législateur le généralise, au moment où l'on considère les grandes villes comme les moteurs de la croissance.

2. Juridiquement, la métropole est un « établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre » : un regroupement de communes contiguës (« d'un seul tenant et sans enclave ») qui lève ses propres impôts. Elle doit porter un projet global, à la fois « économique, écologique, éducatif, culturel et social ». Le texte énumère les atouts qu'elle doit valoriser : les « fonctions économiques métropolitaines », les « réseaux de transport », les « ressources universitaires, de recherche et d'innovation ». On retrouve la définition géographique de la métropolisation : la concentration de fonctions de commandement rares et la mise en réseau.

3. Le texte associe deux objectifs dans une même phrase : améliorer « la cohésion et la compétitivité ». La compétitivité suppose d'attirer entreprises, cadres et étudiants, donc de concentrer les investissements dans la ville-centre et ses quartiers d'affaires. La cohésion suppose au contraire de réduire les écarts entre communes riches et pauvres de l'intercommunalité, et entre la métropole et le « territoire régional ». La mention d'un « développement territorial équilibré » et d'une « coopération régionale et interrégionale » montre que le législateur craint l'effet inverse : des métropoles qui captent les ressources. C'est tout le débat ouvert depuis, entre ceux qui voient dans les métropoles des moteurs pour tout le pays (Laurent Davezies souligne en 2012 que leurs revenus circulent) et ceux qui dénoncent une France périphérique délaissée (Christophe Guilluy, 2014).

4. La définition juridique repose sur des seuils de population (plus de 400 000 habitants dans une aire urbaine de plus de 650 000) et non sur le rayonnement réel. Des dérogations, puis la loi du 28 février 2017, ont assoupli ces critères : la France compte 22 métropoles en 2018, dont Brest, Dijon ou Metz, qui n'ont pas de fonctions de commandement de rang international. À l'inverse, Paris, seule ville mondiale du pays, relève d'un régime particulier (Métropole du Grand Paris, 1er janvier 2016), et Lyon est devenue une collectivité territoriale à part entière en 2015. La métropole de la loi est donc une institution, pas une mesure de la métropolisation : dans une copie, il faut toujours préciser dans quel sens on emploie le mot.

Ce que cette analyse apprend — Analyser un texte normatif en expliquant son vocabulaire technique, en repérant les tensions qu'il contient et en le confrontant à la réalité géographique.

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Moi c'est Ben, j'ai créé ce site pour aider le plus d'élèves possible, partout en France. Je peux aussi reprendre avec toi ce qui coince en cours particulier : en visio, ou à domicile si tu es à Marseille.

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