À propos de cette page
Ce cours d' en première sur « La métropolisation : un processus mondial différencié » suit le programme officiel d' de première. Il présente les définitions, les propriétés et les méthodes essentielles, accompagnées d'exemples résolus pour bien comprendre. Au programme : Les villes à l'échelle mondiale : un monde devenu urbain, Le poids croissant des métropoles : mégapoles et villes mondiales, Un réseau hiérarchisé : l'archipel des métropoles, Des métropoles inégales : un processus mondial différencié. Chaque notion est expliquée pas à pas, puis mise en pratique grâce à des exercices interactifs, un QCM et une évaluation corrigée. Idéal pour réviser à son rythme, combler ses lacunes et progresser, en autonomie ou avec un professeur. Cours rédigé par un professeur particulier à Marseille pour aider les élèves de première à réussir en .
2 sujets traités : l’analyse des termes, la problématique, le plan en trois parties avec ses appuis précis, et surtout l’introduction et la conclusion entièrement rédigées — les deux moments que les copies ratent le plus.
Sujet 1 — Les villes à l'échelle mondiale : le poids croissant des métropoles
Analyse des termes — Il faut définir la métropole (grande ville qui concentre population, activités et fonctions de commandement) et la métropolisation (le processus de cette concentration), sans confondre taille et pouvoir. Le sujet se place à l'échelle mondiale, de 1950 à nos jours, sans développer le cas français, et invite à mesurer un « poids » à la fois démographique, économique et politique.
Problématique — Comment les métropoles, dont le nombre et la taille explosent depuis 1950, en sont-elles venues à concentrer l'essentiel des richesses et du pouvoir, au point de former un réseau hiérarchisé qui organise le monde ?
Introduction rédigéeEn 1950, seules deux agglomérations dans le monde, New York et Tokyo, dépassaient 10 millions d'habitants ; l'ONU en comptait 33 en 2018. Ce changement d'échelle traduit l'urbanisation de la planète, mais aussi un processus plus sélectif : la métropolisation, c'est-à-dire la concentration des hommes, des activités et surtout des fonctions de commandement (finance, sièges sociaux, décision politique, recherche) dans les plus grandes villes, les métropoles. À l'échelle mondiale et depuis 1950, le poids de ces métropoles n'a cessé de croître, qu'on le mesure en habitants, en richesses ou en pouvoir. Comment les métropoles, dont le nombre et la taille explosent depuis 1950, en sont-elles venues à concentrer l'essentiel des richesses et du pouvoir, au point de former un réseau hiérarchisé qui organise le monde ? Nous verrons d'abord que le monde devient urbain et que les métropoles se multiplient, puis qu'elles concentrent richesses et fonctions de commandement, enfin qu'elles forment un réseau mondial hiérarchisé et en recomposition.
I. Un monde urbain, des métropoles toujours plus nombreuses et plus peuplées
- L'urbanisation devient la norme à l'échelle de la planète.Les citadins passent de 30 % de la population mondiale en 1950 à 55 % en 2018 ; le seuil de la moitié est franchi vers 2007 ; l'ONU projette 68 % en 2050.
- Les mégapoles se multiplient.2 agglomérations de plus de 10 millions d'habitants en 1950 (New York, Tokyo), 10 en 1990, 33 en 2018, 43 projetées en 2030 (ONU).
- La croissance se déplace vers les Suds.Lagos et Kinshasa passent de moins d'un million d'habitants en 1950 à environ 13 millions en 2018 ; l'Asie rassemble 54 % des citadins du monde.
II. Des métropoles qui concentrent richesses et fonctions de commandement
- Les métropoles produisent l'essentiel de la richesse mondiale.Environ 60 % du PIB mondial produit par les 600 premières villes, selon le McKinsey Global Institute (2011).
- Elles concentrent les fonctions de commandement.Bourses de New York, Londres, Tokyo, Shanghai ; Pékin, première ville pour les sièges du classement Fortune Global 500 dans les années 2010 ; siège de l'ONU à New York.
- Elles sont des vitrines qui attirent capitaux et talents.Burj Khalifa (828 m, 2010) à Dubaï ; Jeux olympiques de Pékin (2008) et de Londres (2012) ; universités de rang mondial.
III. Un réseau mondial hiérarchisé et en recomposition
- Au sommet, deux villes mondiales complètes.Londres et New York, seules au niveau Alpha++ du classement GaWC ; Saskia Sassen retient New York, Londres et Tokyo en 1991.
- Un archipel et des mégalopoles reliés par des flux.La BosWash décrite par Jean Gottmann en 1961 ; Dubaï International, premier aéroport pour les passagers internationaux depuis 2014 ; « archipel mégalopolitain mondial » d'Olivier Dollfus.
- Un basculement vers l'Asie, des marges persistantes.Hong Kong, Singapour, Shanghai, Pékin et Tokyo au second rang du GaWC ; Johannesburg, seule ville d'Afrique subsaharienne parmi les niveaux Alpha.
Conclusion rédigéeLe poids croissant des métropoles est donc à la fois démographique, avec 55 % de citadins et 33 mégapoles en 2018, économique, avec une part écrasante du PIB mondial, et politique, avec la concentration des fonctions de commandement. Mais ce poids est inégalement réparti : Londres et New York dominent un réseau hiérarchisé dont le centre de gravité glisse vers l'Asie orientale, tandis que les mégapoles d'Afrique grandissent sans commander. Reste à savoir ce que cette concentration produit à l'intérieur même des métropoles : bidonvilles, quartiers fermés, gentrification font d'elles des espaces inégaux et en perpétuelle mutation.
Le piège — Réciter une liste de très grandes villes sans distinguer taille et fonction : beaucoup de copies présentent Lagos ou Dacca comme des « villes mondiales ». Le poids d'une métropole se mesure d'abord à ses fonctions de commandement, et chaque chiffre doit être daté et sourcé.
Sujet 2 — Des métropoles inégales et en mutation
Analyse des termes — Les inégalités se lisent à deux échelles : entre les métropoles (rang, rythme de croissance, intégration à la mondialisation) et à l'intérieur de chacune (ségrégation, fragmentation). Les mutations désignent les transformations des paysages, des fonctions et des populations urbaines depuis les années 1980 ; les exemples doivent venir de plusieurs continents, hors cas français.
Problématique — En quoi la métropolisation creuse-t-elle les inégalités entre les métropoles et en leur sein, tout en les obligeant à se transformer sans cesse ?
Introduction rédigéeEn 2004, le photographe Tuca Vieira saisit à São Paulo une image devenue célèbre : les maisons de brique de la favela de Paraisópolis au pied d'une tour de luxe du Morumbi, dont chaque balcon possède sa piscine. Tout le sujet est là. Les métropoles, ces grandes villes qui concentrent population, richesses et fonctions de commandement, sont inégales à deux échelles : entre elles, puisque toutes ne tirent pas le même profit de la mondialisation, et en leur sein, où se côtoient des groupes sociaux qui ne se rencontrent plus. Elles sont aussi en mutation permanente : leurs paysages, leurs quartiers et leurs habitants changent depuis les années 1980 à un rythme inédit. En quoi la métropolisation creuse-t-elle les inégalités entre les métropoles et en leur sein, tout en les obligeant à se transformer sans cesse ? Nous montrerons d'abord que les métropoles sont inégales entre elles, puis qu'elles sont fragmentées de l'intérieur, enfin que leurs mutations recomposent ces inégalités plus qu'elles ne les effacent.
I. Des métropoles inégales entre elles : un processus différencié
- Une hiérarchie du pouvoir urbain.Londres et New York au sommet du classement GaWC ; Kinshasa, environ 13 millions d'habitants en 2018, reste en marge des réseaux mondiaux.
- Des métropoles émergentes intégrées à marche forcée.Shenzhen, zone économique spéciale en 1980, plus de 17 millions d'habitants en 2020 ; Pudong ouvert en 1990 à Shanghai.
- Des villes qui déclinent.Detroit passe d'environ 1,85 million d'habitants en 1950 à 640 000 en 2020 et se déclare en faillite en juillet 2013.
II. Des métropoles inégales en leur sein : ségrégation et fragmentation
- L'habitat informel, réponse à une croissance trop rapide.924 millions d'habitants des bidonvilles en 2001 selon ONU-Habitat (2003), de l'ordre d'un milliard aujourd'hui ; Dharavi, à Mumbai.
- Les plus riches se retranchent.Alphaville, quartier fermé lancé en 1973 près de São Paulo ; Paraisópolis au pied des tours du Morumbi (photographie de Tuca Vieira, 2004).
- Les métropoles du Nord ne sont pas épargnées.La « ville duale » décrite par Saskia Sassen (1991) : cadres de la finance et travailleurs précaires à New York ou à Londres.
III. Des mutations qui recomposent les inégalités
- Reconvertir et verticaliser pour tenir son rang.London Docklands Development Corporation (1981), Canary Wharf (1991) ; Burj Khalifa (2010), Shanghai Tower (2015).
- La gentrification transforme les centres et évince les plus modestes.Mot forgé par Ruth Glass à Londres en 1964 ; High Line de New York (2009) et hausse des prix à Chelsea.
- Des politiques pour une métropole plus inclusive.Metrocable de Medellín (2004), TransMilenio de Bogotá (2000), objectif 11 des objectifs de développement durable (2015).
Conclusion rédigéeLes métropoles sont donc inégales à toutes les échelles : entre Londres et Kinshasa, entre Shenzhen et Detroit, entre le Morumbi et Paraisópolis. Leurs mutations (reconversion des friches, verticalisation, gentrification) sont la condition de leur rang dans la compétition mondiale, mais elles déplacent souvent les inégalités plutôt qu'elles ne les réduisent, même si des politiques comme celle de Medellín montrent qu'une autre voie est possible. L'enjeu des prochaines décennies sera d'accueillir environ 2,5 milliards de citadins supplémentaires d'ici 2050, selon l'ONU, pour l'essentiel en Asie et en Afrique, dans des villes à la fois durables et ouvertes à tous, comme le demande l'objectif 11 adopté par les Nations unies en 2015.
Le piège — Juxtaposer une partie « inégalités » et une partie « mutations » sans les relier : le sujet attend qu'on montre que les mutations elles-mêmes (quartiers d'affaires, quartiers fermés, gentrification) produisent ou déplacent des inégalités.